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  • L’isolement croissant (Ujfp)

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    Il y a quelques jours on célébrait le Nouvel An juif, ce qui donnait l’occasion aux chroniqueurs ainsi qu’aux politiciens de faire un bilan de l’année qui venait de s’achever.

    Il n’est pas difficile de deviner le dénominateur commun à tout ce qui s’est dit et écrit d’intelligent dans les différents médias israéliens, tellement cela crève les yeux : l’isolement grandissant d’Israël sur la scène internationale, et son corollaire, la comparaison avec l’Afrique du Sud de l’apartheid.

    Il n’y a finalement que Benjamin Netanyahou qui s’obstine à fermer les yeux, obnubilé par le nouveau nazisme que serait la République Islamique d’Iran. Le fait qu’un accord historique ait été conclu entre Téhéran et les grandes puissances ne fait que conforter le Premier ministre israélien dans son délire obsessionnel pour qui il s’agit d’un second Munich, Barak Obama n’étant rien d’autre qu’un nouveau Chamberlain.

    Allant à contre-courant du monde entier, Netanyahou marque encore davantage l’isolement d’Israël.

    Certes, l’alliance stratégique avec les États-Unis est solide, et pour longtemps encore, mais entre la Maison Blanche et le chef du gouvernement israélien les relations sont exécrables, et l’auto-invitation de Netanyahou à parler devant le Congrès pour y dénoncer la politique d’Obama a confirmé une vraie rupture [au niveau personnel il s’entend], unique dans l’histoire des relations entre les deux États depuis près d’un demi siècle. Parallèlement, une partie des pays européens ne cachent pas ce qu’ils appellent dans leur jargon diplomatique leur "incompréhension" de la politique israélienne, alors qu’à leurs yeux la priorité devrait être le front uni contre la menace que représente Daesh.

    Isolement aussi d’une révolution arabe qui chamboule l’ordre établi il y a exactement un siècle par les puissances coloniales, et a constitué des États qui sont aujourd’hui en pleine décomposition (Syrie, Irak). Les dirigeants israéliens semblent ne s’être pas encore remis de la chute de Ben Ali et de Hosni Mubarak…

    Isolement surtout des opinions publiques à travers le monde qui identifient de plus en plus le régime colonial israélien à l’apartheid sud-africain. Le succès croissant de la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) et son élargissement à des entreprises étatiques ou multinationales (la Compagnie des Eaux néerlandaise, Orange) ne laissent plus indifferénte une partie importante de l’opinion publique locale.

    Certes, tant qu’Israël continuera à bénéficier du soutien états-unien et de l’amitié des partis socialistes (sic) européens, Netanyahou poursuivra sa politique de fuite en avant, y compris les provocations scandaleuses sur l’Esplanade des Mosquées qui risquent d’allumer un feu incontrôlable dans l’ensemble du monde musulman.

    À moins qu’une nouvelle Intifada n’explose dans une Cisjordanie de plus en plus lasse d’attendre la "reprise d’un processus de paix" dont Netanyahou reconnait qu’elle n’est pas à l’ordre du jour. Les confrontations de plus en plus violentes à Jérusalem laissent présager que cette Intifada est en train de prendre forme, même si la direction palestinienne fait encore de son mieux pour la freiner.

    jeudi 8 octobre 2015 par Michel Warschawski

    Publie dans Sine Mensuel, Octobre 2015

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4428

  • Israël et la Palestine au bord du gouffre (Politis)

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    L’Europe doit enfin prendre ses responsabilités, estime le président de l’Association France Palestine solidarité, Taoufiq Tahani.

    La politique de Benyamin Netanyahou a un mérite : elle produit des résultats. Au fil des semaines, les colonies s’agrandissent, ancrant toujours davantage dans le paysage la marque de la domination d’un peuple sur un autre. Rien à négocier, et Tzipi Hotovely, la vice-ministre des Affaires étrangères, l’a dit tranquillement sur le ton de l’évidence : « Le monde doit réaliser que la Judée-Samarie restera sous la souveraineté de facto d’Israël. Ceci n’est pas une monnaie d’échange et ne dépend pas de la bonne volonté des Palestiniens. C’est la terre de nos ancêtres. »

    Et voilà que de nouveaux résultats nous arrivent, eux aussi malheureusement annoncés. Après l’autorisation donnée à l’armée israélienne de tirer à balles réelles, une série de meurtres a été commise contre de jeunes Palestiniens, sans sommations ni explications. Il y a obligation de résultat : briser la résistance d’un peuple en multipliant les punitions collectives, avec toujours cette même devise : « Ce qu’on ne peut obtenir par la force, on peut l’obtenir par plus de force. » Sauf qu’arrive le retour de bâton. Jeudi, un couple de colons, dont le mari est officier de réserve dans l’armée israélienne, a été tué à la kalachnikov près de Ramallah (leurs quatre enfants ont heureusement été épargnés). À leurs obsèques, le président d’Israël, Reuven Rivlin, qui a la réputation d’être un « colon libéral », déclare à la famille : « Je vous ai répondu. Je vous ai dit que cette terre est à nous dans sa totalité, et sous notre souveraineté, il est de notre responsabilité d’assurer sa sécurité et celle de nos citoyens. »

    Dans la nuit de samedi à dimanche, ce sont deux autres Israéliens qui sont tués et deux blessés au couteau dans deux attaques à Jérusalem. Les auteurs supposés sont abattus par la police. Au petit matin, le jeune Fadi Elwan, du quartier Issawaya, est abattu par les soldats auxquels il allait demander protection pour échapper aux colons qui le pourchassaient. Version contestée ? Il suffit à la police de communiquer, comme le demande la famille de la victime, les enregistrements des nombreuses caméras disposées dans le quartier.

    Dans toute la Cisjordanie, les jeunes poussés à bout retrouvent les gestes de l’Intifada des pierres d’il y a vingt-huit ans. Ils estiment n’avoir rien à perdre. Qui oserait leur donner tort ? On attend la suite. Depuis le début des fêtes juives, c’est au nom de la « liberté de culte » évoquée par Mme Hotovely à l’ONU que les provocations s’ajoutent aux provocations pour en finir avec le statu quo qui garantit le culte dans la mosquée Al-Aqsa, sous responsabilité jordanienne. Tout est prêt pour l’explosion. Tout semble prêt pour qu’elle revête une dimension religieuse. Qui peut dire ce que sera alors l’onde de choc dans le monde musulman ?

    Voilà où nous ont menés des années de tergiversations et de complaisance face à une politique israélienne qui n’a d’autre but que de rendre impossible la solution à deux États. Cette fois, la France et les pays européens doivent choisir. Ils ne peuvent plus dire qu’ils sont pour la solution à deux États tout en continuant à n’en reconnaître qu’un, dont les dirigeants répètent qu’ils font et feront tout pour qu’il n’y ait pas d’État palestinien. C’est maintenant et d’urgence qu’il faut oser reconnaître l’État de Palestine et enfin prendre des sanctions contre les saboteurs de la paix. Si vous ne faites rien, Mesdames et Messieurs les dirigeant européens, vous serez coresponsables de la catastrophe vers laquelle nous poussent les apprentis sorciers de Tel-Aviv.

    http://www.politis.fr/