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Luttes ouvrières

  • Tunisie : les ouvrières du textile décidées à faire valoir leurs droits (TV5)


    Ouvrières d’une usine textile près de Tunis
    Ouvrières d’une usine textile près de Tunis
    Dag Terje Filip Endresen - Wikicommons

    Des ouvrières qui portent plainte contre leur ancien employeur belge. D’autres qui se regroupent en autogestion pour maintenir leur usine en activité. Dans l’industrie textile, pilier de l’économie tunisienne, mise à mal par les soubresauts sociaux et politiques, les ouvrières, galvanisées par la révolution, sont décidées à se battre. Une bonne nouvelle en arrière plan des "fashion weeks" qui se succèdent en cette fin d'hiver 2016, à Paris et ailleurs.

    Si les ouvrières tunisiennes du textile cousent pour les enseignes internationales, peu d’entre elles peuvent s’offrir ces vêtements. La confection textile a beau représenter une part importante de l’industrie, la concurrence s’y fait aussi au dépend des employés et de leur salaires. En 2013 une entreprise de textile belge a fermé mettant en chômage 2500 personnes. Plus de 300 se sont regroupées pour porter plainte. Une affaire qui illustre bien les non-sens et la précarité du monde du textile.

    En Tunisie, les fripes sont une institution. On y va en famille, entre amis ou seul, pour trouver des vêtements de seconde main. La fouille est rythmée par les voix fortes des vendeurs qui haranguent les acheteurs : "Dinar! Dinar! Alfïne!" Un ou deux dinars, cinquante centimes et un euro.
     
    Si les adultes cherchent plutôt un vêtement fonctionnel à un prix économique, les jeunes préfèrent les marques de prêt à porter internationales. C'est que peu de grandes enseignes ont pignon sur rue en Tunisie et que les prix sont exorbitants, par rapport au salaire moyen.

    Pourtant certains de ces vêtements ont parfois été confectionnés en Tunisie, avant d'être envoyés en Europe, puis vendus dans des grandes enseignes pour enfin revenir sur les étals des fripes tunisiennes.
     
    En Tunisie, en 2014, le secteur du textile et de la confection constituait le tiers des entreprises industrielles du pays, soit 34% des emplois de l'industrie manufacturière, selon l'Agence de la Promotion de l'Industrie et de l'Innovation.

    La région de Monastir  (à 162 kms au Sud de Tunis), sur la côté ouest du pays, rassemble un quart des industries du secteur. C'était le cas de plusieurs filiales d'un groupe textile belge, JBG, qui a fermé en 2013, mettant au chômage prés de 2500 employés.

    L'affaire JBG

    Emna Saidi a travaillé 27 ans pour JBG. Avant la fermeture elle était au contrôle final, pour vérifier qu’il n’y a pas de malfaçons. " Il y avait toujours une demande forte de rendement, un salaire faible et peu de droits..." se rappelle-t-elle. Du jour au lendemain, les employés se retrouvaient "dans la rue, sans salaire, indemnité ou prime." Aujourd'hui, elle ne travaille plus, et a des problèmes au dos et aux bras dus à son travail.
     
    Elle qui a travaillé cinq jours par semaine de 7h à 16h30 et le samedi matin, "avec 30 minutes de pause dans la rue pour déjeuner, été comme hiver", ne comprend pas comment le patron a pu partir en laissant derrière lui des employés qui travaillé pour lui depuis des années.

    Avec 310 autres employés du groupe, Emna a décidé d'aller obtenir ses droits en justice et a porté plainte contre l'entreprise, soutenu par le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux (FTDES). Naser Farhat fait partie du groupe. Lui a travaillé 27 ans pour JBG comme gardien et chauffeur. Son visage fermé, ses yeux cernés, son expression de colère, laissent comprendre que même si le temps passe, il n'oublie pas. Il a été floué et se retrouve lui aussi sans activité. "Beaucoup d'entre nous sont trop âgés pour être employés ailleurs. Il y a bien la récolte des olives mais moi je suis cardiaque..."

    Fast-fashion

    Au printemps 2014, le procès est reporté, mais l'entreprise ayant "fermé boutique" aucune indemnité n'a été  versée. Reste les cotisations sociales, qui auraient du être versées par l'Etat tunisien. Mais finalement sans que l'entreprise ne soit redevable.
     
    "Ce que soulève cette affaire c'est la faiblesse des droits dans la mondialisation. On manque d'un vrai cadre de protection des droits humains et il n'y a pas de chaîne de responsabilité", explique Antonio Manganella, directeur du bureau tunisien d'Avocats Sans Frontières, qui a accompagné la procédure juridique.
     
    Mais surtout c'est la rudesse du secteur textile qu'il pointe du doigt. En 2005, la fin de l'accord multifibre qui permettait de l'octroi de quotas de marché par pays a libéralisé le secteur et a eu pour conséquence du dumping social, "au point que la Tunisie n'était plus un pays attrayant dans le domaine", continue-t-il.

    Plus il y a de pièces, plus les ouvrières ont le temps de se faire la main et donc de produire plus rapidement
    Kais, ouvrière

    Une réalité que Kais, qui souhaite rester anonyme et dont la famille possédait des usines de confection, raconte :  "l'entrée de la Chine dans le secteur, avec sa capacité à baisser les coups, à produire en grande quantité a impacté le marché tunisien, qui ne semblait plus aussi rentable pour les donneurs d'ordre européens."
     
    Aujourd'hui dans les rayons, la "fast-fashion" a pris le pas : les collections se succèdent avec une temporalité plus rapide. Difficile de faire le poids en Tunisie : "Ce qui est rentable ce sont les grosses commandes, car quand il y a beaucoup de pièces, les ouvrières ont le temps de se faire la main et donc de produire plus rapidement", explique Kais. Aujourd'hui ce n'est plus le cas et après les pays asiatiques, c'est l'Ethiopie, plus au Sud, qui casse les prix de la confection.

    Éthique sur étiquette en Tunisie

    Nayla Ajaltouni, coordinatrice du collectif français Ethique sur étiquette a constaté, dans les résultats d'une étude réalisée par le FTDES, soutenue par son association, c'est que même s’il existe un code du travail sur lequel s'appuyer, l'univers de la confection est fait de nombreuses violations des droits des travailleurs, en Tunisie comme ailleurs.  "Le travailleur est une variable d'ajustement au service d'un modèle économique qui est simpliste : on minimise les coûts de production, à commencer par le salaire", décortique-t-elle.

    La législation nationale tunisienne garde les ouvrières dans une grande précarité
    Antonio Manganella, avocat

    L'étude, réalisée par le FTDES, intitulée "Violations des droits économiques et sociaux des femmes travailleuses dans le secteur du textile", première du genre, a été réalisée en 2013 et a permis d'interroger 260 employées, sur leurs conditions de travail. On y apprend que les ouvrières travaillent en moyenne 9 heures par jour, que pour 90% des femmes interrogées le salaire ne correspond pas au volume de travail, qu'un quart d'entre elles n'ont pas de couverture sociale, que les usines manquent dans un cas sur deux de salle de repos ou encore que les équipements de sécurité font défaut.
     
    Si la mondialisation a directement impacté le travail des ouvrières du textile en Tunisie, il ne faut pas négliger la législation nationale, qui "garde les ouvrières dans une précarité" perpétuelle, explique M. Manganella. Les CDD sont renouvelés au coup par coup, privant les employés de stabilité et donc de pouvoir de négociation.

    Des ouvrières futures "cas d'école" ?

    Il faudrait alors inventer un nouveau modèle. Le FTDES pense à la création d'une coopérative pour ces ouvrières lésées. De son côté, Antonio Manganella parle de former en prise de parole publique pour que ces femmes qui ont osé s'élever contre une entreprise étrangère  deviennent "un cas d'école", elles qui sont vues comme des parias par le reste de la société aujourd'hui.
     
    Du côté du partenariat entre le FTDES et Ethique sur étiquette, Nayla Ajaltouni explique qu' une étude va être lancée pour observer les grandes marques françaises qui font fabriquer en Tunisie et essayer d'alerter sur les réalité des conditions de travail. Le pays est le premier investisseur dans le textile en Tunisie.

    Pendant ce temps, autogestion à Chebba...

    Les ouvrières de l'usine Mamotex à Chebba, de la région de Mahdia (à environ 200 kms au sud de la capitale), ont choisi, elles, de tenter de sauver leur usine en continuant ses activités durant 4 à 5 mois, par la voie de l'autogestion. Une solution issue d'un compromis entre syndicat, salariées et patron. L'usine devait fermer après la mise faillite, à l'instar de dizaines d'autres dans le pays. "Les ouvrières ont gagné un procès engagé contre le propriétaire de l'usine. Elles ont préféré continuer de travailler au lieu d'attendre qu'il leur verse de l'argent. En fait s'il dépasse les délais, le seul moyen de récupérer leur dû est d'attendre une saisie judiciaire", explique Badii Mbarek, représentant du bureau régional de l'UGTT de Mahdia, au Huffpost Tunisie. "Chaque ouvrière connaît les tâches qui lui sont attribuées. Le système fonctionne et on voudrait même aller plus loin. Les discussions sont en cours pour trouver un moyen de perdurer l'expérience et de créer une sorte de coopérative pour que l'usine soit définitivement la propriété de ses ouvrières. L'usine sous traite actuellement pour une usine voisine dont le propriétaire est un proche du propriétaire de l'usine Mamotex. Si les ouvrières réussissent à s'approprier l'usine, il leur faudra trouver des contrats et un marché qui leur permettra de poursuivre leurs activités", s'inquiète Badii Mbarek.
    Nul doute que cette expérience sera attentivement suivie.

  • Tunisie: Action protestataire nationale menée par 59000 ouvriers de chantiers (Mosaique fm)

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    59 mille ouvriers de chantiers ont observé aujourd’hui 21 mars 2017 une action protestataire nationale conformément à un appel lancé dans ce sens par le groupement des coordinations régionales des ouvriers de chantiers.

    Les ouvriers protestataires ont réitéré leur appel à la régularisation de leur situation professionnelle ainsi que leur intégration progressive. Plus de détails dans cette déclaration de Sami Khelifi, membre de la coordination.

    21 Mars 2017

    http://www.mosaiquefm.net/

  • Algérie: Les chômeurs appellent au boycott des élections (Algeria Watch)

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    Ils annoncent une campagne nationale appelant les Algériens au boycott des élections du 4 mai prochain.

    Les leaders de la Coordination nationale de défense des droits des chômeurs (CNDDC) ont célébré, hier à Ouargla, le 4e anniversaire de la manifestation du 14 mars 2013 et ont déclaré publiquement devant des dizaines de militants et citoyens qu’ils n’entendaient pas faire marche arrière dans leur bataille contre les politiques du gouvernement jugées farfelues, notamment en matière d’emploi et de développement.

    Ce n’était pas une marche du million comme celle d’il y a quatre ans, celle qui a marqué, à l’époque, l’essor du Mouvement des chômeurs, taxé d’abord de sécessionniste, avant que ses revendications soient reconnues légitimes et fassent l’objet des directives de la circulaire du 12 mars 2012, donnant entre autres la priorité à l’emploi des jeunes du Sud dans les sociétés pétrolières, mais aussi l’éradication des disparités salariales, l’encouragement de la microentreprise et surtout la célébration symbolique d’une date devenue emblématique du Mouvement des chômeurs, qui a marqué, hier à Ouargla, l’événement et le souvenir vivace d’une manifestation qui fera encore date.

    La journée s’annonçait chaude et un léger vent de sable se levait sur la place du Peuple, alors que les gens vaquaient à leurs occupations habituelles. Bachir, le vendeur de thé, en était déjà à son troisième service. Des cohortes de jeunes se relayaient sur la placette, sirotant du thé en attendant que les préposés à la tribune placent l’équipement de sonorisation et les banderoles.

    Vers 8h30, ils étaient une vingtaine. A 10h, plus de 100 personnes rejoignaient les lieux et réclamaient Belabes qui est arrivé vêtu d’un boubou bordeau, saluant les uns et parlant aux autres. Naoufel Chekaoui, militant d’Oum El Bouaghi, désormais coordinateur général de la CNDDC, est là en compagnie d’une délégation de représentants des wilayas de l’Est.

    Inféodés

    «Notre coordination se déploie sur les 48 wilayas et comme le pouvoir accapare la capitale, Alger, nous occupons le reste du territoire», dit Naouefel, ajoutant que «la CNDDC donne aujourd’hui l’image d’une organisation non agréée qui tient à le rester pour son propre salut, elle est inféodée au gouvernement et résiste à son mépris, à sa répression et aux campagnes de dénigrement, en offrant aux chômeurs une lueur d’espoir en un futur meilleur».

    De jeunes tribuns se sont exprimés : «La principale leçon du 14 mars 2013 est l’adoption du rouage démocratique et de l’esprit du groupe, nous avons compris que, dans ce pays, ce sont les marginalisés qui produiront le changement.» Leur discours sans concession critique les appelle à faire des élections de mai prochain «une fête pour les Algériens».

    Pour Tahar, Naoufel, Mabrouk, Ahmed et des dizaines de jeunes chômeurs présents hier à Ouargla, «participer à cette mascarade est au contraire une consécration du fait accompli et un appui qui ne dit pas son nom à un système pourri». «Nous avons pris le pouls et nous savons que le rejet silencieux s’est mué en contestation active, qui démontre le fossé entre le pouvoir et le peuple et qu’il nous appartient de transformer en boycott effectif», déclare Tahar Belabes, qu’on donnait pour prisonnier suite à sa tentative avortée de ‘‘harga’’ au large de Annaba avec 27 personnes et sa condamnation à verser une amende de 20 000 DA, le mois dernier.

    Mascarade

    «J’ai été empêché de quitter l’aéroport d’Alger pour participer au Forum social maghrébin sur les migrations, qui se tenait en décembre 2016 à Tanger, au Maroc. Même la Tunisie m’est interdite depuis que la Police aux frontières (PAF) du pays de la révolution du Jasmin m’a refoulé», explique le porte-parole de la CNDDC, ajoutant que «les femmes sont la cible d’une campagne acharnée de dépouillement de volonté avec ces prétendus acquis qui titillent les aspirations de certaines et flattent les instances internationales des droits de l’homme».

    Et le coordinateur du mouvement, Naoufel Chekaoui, de déclarer : «Nous voulons que l’Etat algérien s’engage à respecter réellement les traités qu’il a signés en matière de garantie des droits fondamentaux à la liberté d’expression, de penser et de croire, mais aussi de cesser le musellement des élites de ce peuple et ses activistes». Pour lui, le gouvernement prône la bonne gouvernance et le respect des droits de l’homme, tout en faisant fi de ses propres engagements, réprimant la parole libre et emprisonnant ses opposants.

    De plus, poursuit Tahar Belabes, devant une assistance qui grossissait à vue d’œil malgré la présence des forces de l’ordre, «il est de notre devoir éthique de nous exprimer au nom de la frange à laquelle nous appartenons et qui est celle des chômeurs, le dernier rempart de la société devant l’hégémonie ambiante», considérant que la bataille des chômeurs symbolise la lutte des Algériens marginalisés, une classe de plus en plus importante dans une lutte sans merci, qui a transformé la revendication d’un emploi digne en une revendication politique.

    Dans cette optique, et en guise de réponse au wali de Ouargla qui déclarait, il y a quelques jours, que «le chômage était un problème factice et provoqué à Ouargla», les leaders de la CNDDC ripostent en chœur : «Certes, mais c’est le gouvernement qui le simule et le nourrit.» Tahar Belabes interpelle à cet effet le représentant de l’ONU en Algérie pour faire une tournée au Sud, à la rencontre des activistes et des opposants affiliés à des partis pour écouter ce qu’ils ont à dire, à l’instar des personnalités qu’il reçoit à Alger. 



    Houria Alioua El Watan, 16 mars 2017

    http://www.algeria-watch.org/

  • Protests in Egypt after regime 'steals daily bread' from the poor (Socialist Worker)

    A protest over bread subsidies in the Egyptian city Desouk

    A protest over bread subsidies in the Egyptian city Desouk

    Demonstrations swept across Egypt yesterday, Tuesday, after the government’s Supply Ministry slashed the amount of subsidised bread available to the poor.

    Working class areas in Egyptian cities such as of Cairo, Alexandria, Minya and Desouk saw hundreds of angry protesters take to the streets.

    New regulations mean that each bakery is allowed to distribute only 500 loaves of subsidised bread. Previously they had distributed between 1,000 and 4,000.

    Each person can receive only three loaves, whereas previously they could get five.

    People now also have to show plastic smart cards to prove they are eligible, rather than paper documents. Many of the poorest do not have the smart cards.

    Social media reports suggested police had fired warning shots over the heads of demonstrators in the Imbaba area of Cairo.

    Saed, a worker at a government supplies office, told the Middle East Eye news website his office was stormed by protesters chanting against the government.

    “There were about 100 men and women. I cannot blame them. We face the same problems at our houses,” he said.

    Hundreds protested in Alexandria’s Attarin neighborhood, and dozens in Manshiya, cutting off the tramway. Other protesters in Assafra train station in Alexandria also blocked the tracks.

    Starving

    Cheap bread is the difference between starving or eating for millions of desperately poor people.

    The Egyptian Revolutionary Socialists said, “The hundreds and thousands who took part in protests today are setting an example of how to challenge the regime.

    “The regime steals their daily bread in the interests of protecting the profits and dividends of big business. Its security apparatus stops anyone speaking out against the policies of impoverishment that the regime has imposed, thinking it will not face any popular resistance.”

    The authoritarian regime of Abdel Fattah el-Sisi has implemented a series of attacks on working class people. They’re part of a deal to secure a £10 billion IMF loan in recent months.

    The government introduced a Value Added Tax last September, then cut fuel subsidies in November. The devaluation of the Egyptian pound meant it lost almost half its former value.

    But there is international backing for Egypt’s neoliberalism.

    Egypt’s minister of foreign affairs, Sameh Shoukry, met European Union foreign ministers on Monday to explain “the nature of the reform process undertook by Egypt”.

    A few days before the bread protests, former Egyptian dictator Hosni Mubarak was cleared of any wrongdoing in relation to the murder of hundreds of protesters during the 2011 revolution.

    There is no nationally coordinated resistance to Sisi, and repression prevents large-scale protests. But there are still some strikes and outbursts of protest like the one we have seen this week.

    The lid will not stay on major revolt indefinitely.

    by Anne Alexander and Charlie Kimber

    https://socialistworker.co.uk

  • Vers une confédération des syndicats autonomes (Algeria Watch)

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    L'Intersyndicale a annoncé l'organisation d'une seconde grande marche nationale pour protester contre, notamment, la loi sur la retraite et le nouveau code du Travail.

    Dans un communiqué ayant sanctionné les travaux, tenus le 4 mars, au siège du CNAPEST, l'Intersyndicale a dénoncé la loi sur la retraite, qu'elle juge anticonstitutionnelle, le code du Travail et rappelé sa lutte pour la sauvegarde du pouvoir d'achat des travailleurs. Cette réunion, indique l'Intersyndicale, a été consacrée à l'examen de la situation actuelle, sur le front des revendications des travailleurs, relatives notamment à la retraite, le code du Travail, et la défense du pouvoir d'achat, ainsi que les perspectives de la lutte pour les droits des travailleurs. Les syndicats autonomes dénoncent «l'absence d'intervention du ministère du Travail pour redonner aux syndicalistes, injustement licenciés, leurs droits», et demandent «en urgence leur réintégration dans leurs postes de travail.» En outre, l'Intersyndicale dénonce «les pratiques répressives et policières des services de sécurité contre les étudiants en Pharmacie et les dentistes», comme elle refuse «les pratiques des représentants du ministère du Travail et leur double langage, dans leurs relations avec les syndicats autonomes et les autres organisations syndicales.»

    D'autre part, les syndicats autonomes ont dénoncé «l'ingérence de responsables du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, dans les affaires des syndicats du secteur». Par ailleurs, l'Intersyndicale a annoncé qu'elle va «entamer des actions auprès du Conseil constitutionnel, en coordination avec les groupes parlementaires, sur la non constitutionnalité de la loi 15-16 sur la retraite.» Ce sera, en fait, une saisine du Conseil constitutionnel, qui sera menée avec des parlementaires, pour invalider la loi 15-16 sur la retraite, qui supprime, notamment, la retraite proportionnelle et anticipée. La levée de boucliers des syndicats autonomes est née, justement, de cette décision de suppression de la retraite anticipée et proportionnelle, décidée par la 19ème tripartite avec l'assentiment de l'UGTA.

    Dans un communiqué commun, rappelle-t-on, les syndicats autonomes avaient averti le gouvernement contre la suppression de la retraite anticipée et proportionnelle, tout en faisant remarquer que les décisions de la tripartite ne les concernent pas, dès lors qu'ils n'ont pas été associés à ses réunions. «A l'heure où on attendait une amélioration des conditions socioprofessionnelles des travailleurs de la Fonction publique, le gouvernement nous surprend avec une décision prise en concertation, avec l'UGTA, qui ne représente nullement les travailleurs», avait relevé un des syndicats autonomes, l'UNPEF. Depuis, les choses sont allées très vite, et le gouvernement avait fait passer au Parlement le projet de loi sur le nouveau régime de retraite, ainsi que le nouveau code du Travail.

    Par ailleurs, les syndicats autonomes, ont également, annoncé l'organisation d'une journée d'étude sur le code du Travail, le 8 avril prochain, et la désignation d'une commission technique, le 11 mars, pour la constitution du projet d'une Confédération des syndicats autonomes.

    Pour maintenir la pression sur les pouvoirs publics, les syndicats autonomes annoncent, par ailleurs, l'organisation d'une autre grande marche nationale, après celle de Tizi Ouzou qui avait regroupé des milliers de syndicalistes et de manifestants, pour protester contre le code du Travail et la loi sur la retraite, qu'ils jugent «anticonstitutionnelle». La date et le lieu de cette marche nationale seront décidés, lors du regroupement des syndicats autonomes, prévu le 1er avril.

    Yazid Alilat, Le Quotidien d'Oran, 8 mars 2017

    http://www.algeria-watch.org/

  • Égypte : prêt du FMI, attaques redoublées contre la population (Lutte Ouvrière)

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    La Grande-Bretagne vient de se porter garante pour 150 millions de dollars, dans le cadre du plan d’aide de 12 milliards du FMI obtenu par le gouvernement égyptien en novembre dernier.

    Ce prêt est censé aider le pouvoir égyptien à faire face à la crise monétaire vécue par le pays, qui s’est traduite, en novembre 2016, par la décision de laisser flotter la livre égyptienne, à la demande des grandes puissances financières. La monnaie égyptienne a alors perdu 50 % de sa valeur, ce qui a entraîné une explosion des prix de certains produits importés, dont le sucre qui a augmenté de 80 %, le blé, l’essence ou le coton.

    Les milliards promis par le FMI et la Banque mondiale, dont une partie a déjà été versée, s’accompagnent en outre, comme toujours, de l’obligation de mener de prétendues réformes, comme la réduction des subventions d’État sur l’électricité et le carburant. Le poids à supporter par la population est évidemment lourd, d’autant plus que la moitié des 90 millions d’Égyptiens vivent sous le seuil de pauvreté. L’électricité, qui connaît des baisses de tension et des coupures, a augmenté d’un tiers en quelques mois. Pour les petits paysans indépendants, c’est l’engrais, fabriqué à partir de matières premières importées, qui a augmenté de 50 %. Depuis début 2017, une TVA longtemps retardée s’applique sur de nombreux produits, hors produits de première nécessité comme le pain, qui reste subventionné pour les plus modestes.

    Début février, une grève a touché cinq établissements de la Misr Spinning and Weaving Company, la plus grande usine textile étatique de Mahalla-al-Kubra, dans le delta du Nil. Deux mille ouvriers et ouvrières y ont arrêté le travail pour réclamer le paiement de leurs primes en retard, l’intégration de leur prime mensuelle de 220 livres égyptiennes (LE) dans le salaire (environ 1 500 LE par mois pour ceux qui ont un contrat, soit quelque 90 euros), l’augmentation de leur prime quotidienne de panier de 7 à 10 LE, en raison de l’inflation et du programme d’austérité mis en place par le gouvernement. Les grévistes ont également exigé l’arrêt des poursuites contre les cinq représentantes désignées pour porter les revendications.

    Les autorités semblent au demeurant craindre d’autres manifestations du mécontentement ouvrier, tant elles sont promptes à déployer les forces de police, au moindre signe de rassemblement. Mais la politique du bâton, Sissi le sait, comme Morsi et Moubarak avant lui, ne nourrit pas et ne fait pas toujours taire les mécontentements.

    V. L. 01 Mars 2017
     
  • Tizi-Ouzou: Des milliers de personnes à la marche de l'Intersyndicale (Algeria Watch)

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    Des milliers de personnes venues des différentes régions du pays ont pris part, hier, à la double marche de l'Intersyndicale organisée par au moins 12 syndicats autonomes.

    L'action de l'Intersyndicale a été entamée par une marche depuis l'ancienne place de la mairie de Tizi Ouzou vers le siège de la wilaya. Les manifestants ont scandé tout au long de la marche des slogans demandant le gel de la nouvelle loi sur la retraite, notamment dans sa disposition d'annulation de la retraite anticipée. Les protestataires ont également saisi l'occasion pour dénoncer l'exclusion des syndicats autonomes de la préparation de lois relatives au travail dont celle liée au régime de retraite. Nombreuses revendications écrites sur des banderoles ont été ainsi brandies par les manifestants. Une fois arrivés devant la cité administrative, les manifestants ont observé un rassemblement pendant plus d'une heure au cours duquel des représentants des différents syndicats ayant initié l'action ont pris tour à tour la parole pour réitérer les revendications. Certains intervenants ont appelé le président de la République à user de ses prérogatives pour faire annuler le nouveau texte de loi et associer les syndicats autonomes au débat des projets de loi relatifs au code du travail.

    Les représentants de l'Intersyndicale ont également affiché leur disponibilité et leur attachement au dialogue avec les pouvoirs publics. D'autres intervenants ont saisi l'occasion pour rappeler la saisine du Conseil constitutionnel pour dénoncer l'illégalité de la nouvelle loi sur la retraite. A l'issue de ce rassemblement, les manifestants se sont dispersés dans le calme tout en promettant de revenir à la charge jusqu'à l'aboutissement de leurs revendications.

    Pour sa part, le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Sécurité sociale a assuré hier, selon un communiqué transmis à l'APS, avoir transmis récemment une copie de l'avant-projet du nouveau code du travail, englobant 661 articles dont 40% nouveaux, aux différentes organisations syndicales. Cette mesure s'inscrit dans le cadre des réunions en cours avec les représentants des syndicats des différents secteurs, pour le renforcement du dialogue social, a affirmé à l'APS l'inspecteur général du travail, Akli Berkati. La transmission d'une copie de l'avant-projet du nouveau code du travail permettra aux syndicats de s'enquérir de son contenu et présenter par la suite leurs observations et leurs propositions en tant que partenaire social, a-t-il précisé.

    Evoquant certaines nouvelles dispositions, le responsable a expliqué que l'avant-projet incluait des propositions pour la consolidation du dialogue social à tous les nouveaux et d'autres sur la consécration et la préservation de la liberté d'exercice du droit syndical.

    Le ministère du Travail avait organisé en janvier dernier une journée d'information au profit des représentants des syndicats, en prélude d'une nouvelle étape sur la voie du renforcement du dialogue permanent entre les autorités et le partenaire social. L'inspecteur général du travail, Akli Berkati, a été choisi pour être le «coordonnateur» entre le ministère et les représentants des syndicats.

    Nait Ali H., Le Quotidien d'Oran, 26 février 2017

    Lire aussi:

    http://www.elwatan.com/

  • Tunisie: 60 mille ouvriers de chantiers en grève de la faim à partir du 9 février 2017 ( Tout DZ )

     

     

    60 mille ouvriers de chantiers entameront le 9 février 2017 une grève de la faim, annonce un communiqué publié, lundi, par le groupement des coordinations régionales des ouvriers de chantiers.


    Un mouvement de protestation devant les sièges de tous les gouvernorats sera organisé le même jour lit-on de même source.
    Le groupement indique que ces mouvements interviennent en réaction au silence du gouvernement qui, selon le groupement, n’a pas honoré ses engagements concernant la lute contre les formes d’emploi précaire.
    Selon la même source, tous les ouvriers et ouvrières de chantiers observeront le 9 mars 2017 une grève nationale et se rassembleront le même jour à la place du gouvernement à la Kasbah.

    Le groupement tient à informer l’opinion publique que les mesures annoncées par le gouvernement au profit des ouvriers de chantiers sont des mesures anciennes qui concernent, uniquement, l’intégration des ouvriers en exercice avant 2011.

    7 février 2017 

    https://www.toutdz.com/

  • Le Kef résiste contre la criminalisation des mouvements sociaux (Nawaat)

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    Le Tribunal de première instance du Kef, a ordonné, mercredi 25 janvier 2017, la libération conditionnelle de 15 détenus parmi les 22 personnes impliquées dans le mouvement social de Jérissa de janvier 2016, suite au décès de Ridha Yahyaoui à Kasserine. Le 8 février, 74 jeunes détenus de Tajerouine comparaîtront pour les mêmes accusations. Le même tribunal devrait se prononcer le 30 janvier, sur cinq élèves accusés de désobéissance civile et d’entrave à la circulation suite aux manifestations qui ont suivi l’assassinat de Chokri Belaid, 6 février 2013.

    Le Procès des jeunes de Jérissa n’est pas encore fini

    Dans la salle d’audience, les familles des accusés se serraient par dizaines sur les bancs alors que d’autres sont restés debout jusqu’à la porte. Les visages inquiets, chacun essaye de repérer de loin son proche parmi les 15 hommes tournant le dos à l’assistance. Depuis février 2016, le quotidien des familles est consacré aux visites en prison, les entretiens avec les avocats et la présence au tribunal. Six accusés sont pères de familles. « Leur seul tort était d’aller protester devant le poste de police de la ville. Quelques uns n’ont même pas protesté. Ils habitaient ou travaillaient devant le poste de police où ont lieu les confrontations. C’est le cas de Azouz Omr, par exemple, qui bossait dans la station de lavage des voitures » affirme Dorsaf Fadheli, épouse de Sami Fadhel, un autre détenu.

    Le 22 janvier 2016 à Jérissa comme à Regueb, Bouzayene, Kélibia, Jebiniana, Ksibet El Madouni et d’autres villes, des manifestants payent pour « les crimes de la foule que la Tunisie insiste à punir depuis l’occupation française » explique Charfeddine Kelili, avocat de la défense. Les 22 jeunes de Jérissa sont accusés de provocation d’incendie dans des locaux non habité, participation à une rébellion armée provoquée par plus de dix personnes et entrave à la circulation. « Malgré le sérieux des accusations, le dossier est vide de toute preuve qui pourrait affirmer la condamnation ! » s’indigne Slaheddine Hajri avant d’expliquer que « pour combler les lacunes de son enquête, la police judiciaire a confisqué un CD de 24 photos supposées être la preuve irréfutable des crimes. Mais nous ne savons rien sur l’origine de ces photos, leur date, les lieux où elles ont été prises. Pire, certains accusés n’y figurent même pas » insiste Hajri dans sa plaidoirie.

    Même si la police judiciaire n’a saisi aucune arme, les détenus sont officiellement accusés de désobéissance armée. Le juge interpelle Saber Nasraoui, au banc des accusés « Si tu étais en train de protester pacifiquement pour le travail, pourquoi tu étais cagoulé ? ». L’accusé répond qu’il avait mis son cache-coll sur le visage pour se protéger du gaz étouffant des bombes lacrymogènes tirées par la police. Pour maître Leila Haddad « Nous ne pouvons pas isoler cette affaire de son contexte politique et géographique. Si nous examinons les procès actuels contre les mouvements sociaux dans les régions les plus défavorisées comme Kasserine, Sidi Bouzid, Sened, Gafsa et le Kef. Le but est de punir pas seulement les jeunes contestataires mais leurs familles et toutes leurs communautés ! Nous exigeons que la justice ne soit pas impliquée dans cette manœuvre politique et défend la volonté du peuple ! » clame l’avocate dont la voix raisonne dans la salle religieusement silencieuse. Au milieu de la salle, une dame âgée éclate en sanglot. Adossé à un mur, le père d’un détenu, amaigri par le chagrin, cogne sa tête désespérément. L’émotion monte d’un cran avec les plaidoiries de Charfedine Kellil et de Ridha Radaoui chargé par le FTDES et d’autres avocats keffois qui suivent le dossier depuis une année.

    Tejerouine et le Kef : les détenus sont très jeunes

    Mohamed Mouelhi, 21 ans, était en train de rentrer chez lui quand la police l’a arrêté, le 8 février 2013. « Pourquoi tu as peur ? Tu cache certainement quelque chose, m’ont-ils dit avant de m’embarquer au poste de police puis au Tribunal de première instance du Kef » se rappelle le jeune homme. Le 7 février 2013, des manifestations ont eu lieu au Kef pour protester contre l’assassinat politique de Chokri Belaid. Mais Mohamed n’y était pas. « J’étais au lycée. Je ne fais partie d’aucun parti politique et je ne vais pas aux manifestations » affirme-t-il. Le 30 janvier, il comparaîtra libre devant le juge avec Mohamed Ali Jebali, Khalil Belarbi, Kamel Yahyaoui et Assil Yahyaoui, quatre bacheliers qui ont à peine 18 ans. Parmi les chefs d’inculpation des cinq jeunes ; provocation d’incendie dans des locaux non habité, participation à une rébellion armée provoquée par plus de dix personnes et entrave à la circulation.

    À Tajerouine, 74 jeunes dont deux enfants (Jihed Najlaoui 15 ans et Aymen Aouadi 16 ans au moment de leur arrestation) comparaîtront devant le Tribunal de première instance du Kef le 8 février 2016. En plus des chefs d’inculpation dont on cite la désobéissance civile armée, les détenus sont accusés du vol d’un magasin et du saccage d’un poste de police. Selon Fadel Bedhiafi, vice président de la section régionale de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, qui a rendu visite aux détenus en prison, la moyenne d’age des accusés est de 18 – 19 ans :

    Ils sont issus de familles très pauvres et sont tous presque au chômage. Il y a certains qui sont de frères et cousins ce qui complique encore la situation des familles en détresse depuis une année.

    Henda Chennaoui

    Journaliste indépendante, spécialiste en mouvements sociaux et nouvelles formes de résistance civile. Je m'intéresse à l'observation et l'explication de l'actualité sociale et économique qui passe inaperçue.
     
  • Tunisie : six ans après le 14 janvier 2011, la révolte gronde… (Anti-k)

    Tunisie : six ans après le 14 janvier 2011, la révolte gronde dans les régions déshéritées de l’intérieur du pays

     

    3 janvier : Mouvements de protestation dans toutes les régions

    http://www.webdo.tn/2017/01/03/mouvements-de-protestation-toutes-regions/

    A partir de ce mardi 3 janvier 2017, des mouvements de protestation seront organisés dans toutes les régions et tous les secteurs, a annoncé hier la coordination des mouvements sociaux dans un communiqué.
    La forme et la date de chaque protestation seront fixées en fonction de la nature du mouvement et de la région, précise-t-on de même source.
    Un représentant de la coordination, Abdelhalim Hamdi, détenteur d’une maitrise en Histoire et au chômage depuis 17 ans, a affirmé à l’Agence TAP que ces mouvements interviennent à la suite d’autres formes de protestation et à de multiples grèves de la faim, sit-in et manifestations.
    Il s’agit, a-t-il dit, d’une nouvelle escalade des protestations qui se poursuivent depuis près d’un an dans les régions, devant les délégations et les mairies, et qui seront réunies sous forme de journées de protestation à partir du 3 janvier.
    Une imposante marche sera organisée, mardi, à Menzel Bouzayane (Sidi Bouzid), et s’étendra aux autres gouvernorats qui choisiront, chacun, une date symbolique pour revendiquer ses droits, a-t-il encore expliqué.

    4 janvier : Mouvements sociaux : procès en cascade

    http://nawaat.org/portail/2017/01/04/mouvements-sociaux-proces-en-cascade/

    La Cour d’appel de Nabeul a reporté, ce matin, le procès des jeunes de Kélibia au 15 février 2017. Des dizaines de personnes se sont rassemblés devant le tribunal pour soutenir aux onze jeunes condamnés par contumace à 14 ans et un mois de prison ferme pour « provocation d’incendie dans des locaux non habités » et six autres chefs d’accusation. Hier, les ouvriers des chantiers, les discriminés politiques et la coordination nationale des mouvements sociaux déclarent une semaine de protestation sociale par des rassemblements, des manifestations et une désobéissance civile à Meknassi. Les prémisses d’un janvier chaud que les médias dominants ont déjà commencé à criminaliser.

    De Kélibia à Tajerouine

    L’affaire de Kélibia qui a soulevé une vive polémique concerne les violentes manifestations consécutives à l’assassinat de Chokri Belaid en février 2013. D’après Charfi Kellil, un des avocats de la défense, Meriem Jeribi et Rabii Abdeljaouad ne sont pas concernés par les actes de vandalisme survenus lors des manifestations. « Nous allons demander à la Cour de reprendre les investigations. Il faut noter que les accusations ne concernent pas le vandalisme du local d’Ennahdha uniquement mais aussi le vol d’un hôtel et de la fourrière municipale à Kelibia. Rappelons que mes clients n’ont été interrogés qu’une seule fois, en février 2013, par la police judiciaire » précise Charfeddine Kelil. Le comité de soutien rassemblé devant la Cour ce matin a dénoncé « la criminalisation des mouvements sociaux ».

    Jeudi 5 janvier, Imed Touta, Firas Hamda et Hafedh Karbaya, comparaîtront devant la Cour d’appel de Gafsa. Le 13 mai 2016, le Tribunal de première instance de la ville les a condamné à une année de prison ferme et mille dinars d’amende pour « soupçon de consommation de drogue ». Le même jugement a été confirmé, le 7 juin, par le même tribunal. Les trois jeunes militants, originaires d’El Guettar avaient participé au mouvement social de janvier 2016. D’après Wael Ammar, membre du comité de soutien « depuis 2011, les jeunes de la région sont la cible d’une série de procès iniques qui visent à réprimer les mouvements sociaux. Le procès de demain en fait partie ».
    Le 18 janvier 2017, dix sit-ineurs de Kasserine seront jugés pour « entrave à la liberté du travail et usage de la violence » passible de trois ans d’emprisonnement et de 720 dinars d’amende. Les 10 jeunes chômeurs avaient participé au sit-in du gouvernorat suite au suicide de Ridha Yahyaoui le 16 janvier 2016.
    Le 25 janvier 2017, 117 jeunes de Jérissa, Dahmani et Tajerouine en détention depuis février 2016 passeront devant le Tribunal de première instance du Kef pour entrave à la circulation, participation à une entente en vue de préparer et de commettre une agression contre les biens et les personnes, participation à une rébellion provoquée par plus de dix personnes durant laquelle il y a eu agression d’un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions et la participation à une désobéissance civile. Le comité de soutien des accusés compte une vingtaine d’avocats. Hichem Mejri, membre de ce comité affirme que « certains détenus ont été victimes de torture dans la prison de Mornaguia. Nous essayons de collecter les preuves pour porter plainte. Concernant le procès, les accusations n’ont aucun lien avec la réalité. Les jeunes accusés ne sont que des manifestants pacifistes que le pouvoir essaye de réprimer afin de faire taire les contestations dans la région ». À noter que trois accusés sont en fuite alors que les autres sont dispersés entre différentes maisons d’arrêt en attendant leur procès.

    La désobéissance civile à Meknassi

    Depuis vendredi 30 décembre 2016, les habitants de Meknassi ont appelé à la désobéissance civile en signe de protestation contre l’absence de dialogue et de réponses du gouvernement à leurs demandes d’emplois et de développement régional. Les diplômés chômeurs ont commencé en janvier 2016 le sit-in Harimna [On a vieilli] à la délégation. Abdelhalim Hamdi, porte parole du sit-in explique que la désobéissance civile est « la dernière forme de protestation pacifique que nous avons trouvé pour attirer l’attention du gouvernement et l’appeler à ouvrir le dossier de l’emploi dans la région. Nous exigeons aussi que le dossier de la mine de phosphate de Meknassi soit traité en partenariat avec les habitants et les chômeurs de la région ». L’ouverture de la mine de phosphate a été prévue en 2016. Par ailleurs, les chômeurs diplômés considèrent que le gouverneur de Sidi Bouzid et les autorités régionales en générale « sont responsables du pourrissement de la situation. Durant notre sit-in à la délégation, le gouverneur a refusé de nous recevoir. Il a même porté plainte contre les sit-ineurs et a déclaré que Meknassi ne fait plus partie de ses préoccupations » s’indigne Abdelhalim Hamdi.

    Justice sociale ou démission des incompétents

    La coordination nationale des mouvements sociaux, créée le 26 avril 2016, a annoncé dans un communiqué le début d’une série d’actions de contestation à partir du 3 janvier 2017. Ainsi, les ouvriers des chantiers se sont rassemblés dans 17 gouvernorats durant mardi 3 janvier. Le jour même, les diplômés chômeurs se sont rassemblés à Menzel Bouzayan et Sidi Bouzid. Le 5 janvier, un rassemblement aura lieu à la place de l’UGTT à Redayef. Le 8 janvier, des rassemblements auront lieu à Thala et Kasserine.
    Cette étape vient après plusieurs rassemblements, communiqués et manifestations dans différentes régions pour le travail et le développement. Le dernier rassemblement date du 10 décembre devant l’Assemblée des représentants du peuple où des centaines de militants venus de tout le pays ont rappelé l’urgence de traiter les dossiers économiques et sociaux.
    Selon le Forum tunisien des droits sociaux et économiques, l’année 2016 a enregistré 9887 mouvements sociaux, soit le nombre le plus élevés depuis 2011. La coordination nationale des mouvements sociaux appelle « tous les responsables locaux, régionaux et nationaux incapables d’apporter des solutions équitables aux demandes sociales et économiques de démissionner ».

    10 janvier : Le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid pris d’assaut

    http://www.jawharafm.net/fr/article/le-siege-du-gouvernorat-de-sidi-bouzid-pris-d-assaut/90/47660

    Des habitants de la ville de Meknassi ont fait irruption ce mardi matin au siège du gouvernorat de Sidi Bouzid.
    Les manifestants ont scandé le slogan « Dégage » au gouverneur.
    Selon le correspondant de Jawhara FM dans la région, des renforts sécuritaires ont été déployés sur place.
    Plusieurs protestataires ont été arrêtés par les forces de l’ordre tandis que le siège du gouvernorat a été saccagé, a-t-il ajouté.

    10 janvier : Sidi Bouzid : Les autorités appellent les protestataires de Meknessi au dialogue

    http://africanmanager.com/51_sidi-bouzid-les-autorites-appellent-les-protestataires-de-meknessi-au-dialogue/

    Des protestataires de Meknessi ayant envahi, mardi, le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid ont été arrêtés puis relâchés, dans la journée. Le gouverneur de la région, Mourad Mahjoubi, affirme, dans une déclaration de presse, que les autorités sont disposées à dialoguer avec les protestataires et à trouver des solutions aux problèmes de l’emploi, de l’activation du projet de mine de phosphate et des travailleurs de chantier.
    L’arrestation d’un groupe de jeune (7 manifestants), explique le gouverneur, était à titre provisoire afin de protéger le siège de la délégation contre les agressions.
    Les protestations qui se poursuivent depuis plus de deux semaines à Méknessi ont connu une escalade, mardi, lorsque des manifestants ont envahi le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid, défonçant la porte principale, avant d’être délogés de force par la police.
    Auparavant, les jeunes venus de la délégation de Meknessi se sont rassemblés devant le siège du gouvernorat, revendiquant leurs droits au développement et à l’emploi, outre la démission du gouverneur.
    Les forces de l’ordre ont fait évacuer de force les manifestants causant de légères blessures à quelques-uns. Des représentants de la société civile et des syndicalistes présents sur les lieux ont vivement condamné « l’intervention policière musclée ».
    L’Union Locale du Travail (UGTT) avait, depuis une dizaine de jours, appelé à la désobéissance civile dans la délégation jusqu’à la réalisation des revendications de la population locale se rapportant, essentiellement, à l’emploi et au développement.

    12 janvier : Protestations et grève générale à Meknessi

    http://www.businessnews.com.tn/protestations-et-greve-generale-a-meknessi,520,69570,3

    A Meknessi, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, la situation reste instable après des manifestations menées par des jeunes chômeurs réclamant l’emploi et le développement dans la région. Depuis quelques jours, des manifestations sillonnaient les rues de la ville.
    Parmi les protestataires, des jeunes chômeurs qui avaient réussi un concours leur permettant de travailler dans le secteur du phosphate, mais qui n’ont pas été recrutés à ce jour, selon ce que nous affirme une source bien informée.
    Des affrontements avec les forces de l’ordre ont eu lieu, notamment hier. Une situation qui a amené le syndicat régional, relevant de l’UGTT, et d’autres organismes de la société civile à appeler à une grève générale. Ainsi, toutes les activités commerciales à Meknessi sont à l’arrêt en ce jeudi 12 janvier 2017.

    13 janvier 2017 : Ça barde à Sidi Bouzid, Ben Guerdane, Kasserine… Calmer la situation ou trouver des solutions ?

    http://www.webdo.tn/2017/01/13/ca-barde-a-sidi-bouzid-ben-guerdane-kasserine-calmer-situation-trouver-solutions/

    Plusieurs villes du centre et du sud de la Tunisie vivent depuis deux jours des mouvements de protestations et des nuits agitées.
    Des actes de violences ont été observés durant les dernières nuit à Ben Guerdane, Meknassi et Sbeïtla, régions où les jeunes revendiquent encore et toujours l’emploi et le développement régional six ans après la révolution.

    Ben Guerdane et l’éternelle affaire de Ras Jedir

    La ville de Ben Guerdane a connu mercredi 11 janvier, une journée agitée avec des protestations qui ont abouti à des affrontements entres manifestants et forces de l’ordre et un blocage de plusieurs routes à l’aide de pneus brûlés.
    Les protestataires ont appelé le gouvernement à trouver une solution pour le poste frontalier de Ras Jedir qui connait des agitations depuis des mois, avec des fermetures et des ouvertures répétitives, d’où un blocage quasi-permanent des échanges commerciaux.
    Une grève générale a été décidée par l’Union régionale du Travail (UGTT). Le ministre des Relations avec les Instances constitutionnelles, la Société civile et les Droits de l’Homme, Mehdi Ben Gharbia et le ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance, Abid Briki se sont déplacés à Ben Guerdane pour essayer de calmer la situation et de trouver une solution rapide.
    En dépit de ce déplacement, des manifestants ont bloqué la Route Nationale N°1 au niveau de la zone Hassi Ferid en brûlant des pneus sur la route, la soirée du jeudi 12 janvier.

    Meknassi : Sidi Bouzid revendique encore l’emploi

    La délégation Meknassi de Sidi Bouzid est entrée dans une grève générale hier, en réponse à l’appel de l’UGTT. Le droit au développement et à l’emploi sont les revendications principales des protestataires.
    La délégation de Meknassi avait annoncé, depuis le 30 décembre dernier, une désobéissance civile à l’appel de l’Union locale du travail (UGTT). Les activités des différents établissements publics sont entravées jusqu’à la résolution du problème des ouvriers de chantiers et des candidats admis au concours de recrutement à la mine des phosphates de Meknassi en plus de la régularisation de la situation de certains jeunes diplômés de l’enseignement supérieur en chômage depuis une dizaine d’année, indique la TAP.
    Il faut savoir que cette grève vient après une nuit très agitée à Meknassi, hier soir, marquée par des confrontations violentes entre manifestants et forces de l’ordre.
    La grève générale a été accompagnée d’une marche citoyenne jusqu’au siège du gouvernorat de Sidi Bouzid.
    Dans la soirée du jeudi 13 janvier 2013, des jeunes de la région ont bloqué plusieurs rues et avenues de la villes à l’aide de pneus brûlés et des pierres.
    Pour les disperser, les forces de l’ordre ont eu recours au gaz lacrymogène ce qui a nécessité le transport de certains manifestants à l’hôpital régional. La ville a retrouvé son calme ce matin.

    Sbeïtla s’oppose à son délégué régional

    La délégation de Sbeïtla, dans le gouvernorat de Kasserine, connait depuis hier, mercredi 11 janvier 2017, des protestations organisées par des chômeurs qui revendiquent l’emploi et le développement de la région.
    Les protestataires qui se sont introduits de force dans le siège de la délégation, revendiquent également le limogeage du délégué régional. (…)

    13 janvier : Nouvelle nuit de violences à Meknassi et Ben Guerdane

    http://www.webdo.tn/2017/01/13/nouvelle-nuit-de-violences-a-meknassi-ben-guerdane/

    La ville de Meknassi, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, a connu une nouvelle nuit agitée. Dans la soirée du jeudi 13 janvier 2013, des jeunes de la région ont bloqué plusieurs rues et avenues de la villes à l’aide de pneus brûlés et des pierres.
    Pour les disperser, les forces de l’ordre ont eu recours au gaz lacrymogène ce qui a nécessité le transport de certains manifestants à l’hôpital régional, selon Shems fm. La ville a retrouvé son calme ce matin.

    De même, Ben Guerdane a vécu une longue nuit de violences. Des manifestants ont bloqué la Route Nationale N°1 au niveau de la zone Hassi Ferid en brûlant des pneus sur la route.

    http://www.anti-k.org/