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Luttes paysannes, alimentation...

  • Yémen : De la guerre à la famine (NPA)

    C’est une guerre largement oubliée ici mais qui sévit depuis plusieurs années. Mais les humanitaires y pensent, par la force des choses...

    Ainsi, dans ce pays d’environ 26 millions d’habitantEs, deux millions de personnes dépendaient d’une aide alimentaire d’urgence fin janvier. Fin février, c’est même le chiffre de 7,3 millions de personnes qui a été évoqué auprès des Nations unies, qui chiffraient le besoin d’aide urgentissime à 1,7 milliard de dollars. Le 26 janvier, le dirigeant des opérations humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, évoquait « la plus grande urgence pour la sécurité alimentaire dans le monde ». 14 millions de Yéménites ont par ailleurs besoin d’un soutien alimentaire venu de l’extérieur. Les réserves de blé du pays sont en train de s’épuiser, et 2,2 millions d’enfants souffrent de malnutrition, soit une augmentation de + 53 % par rapport à la situation de 2015.

    C’est essentiellement le blocage des ports du pays qui est responsable de cette situation catastrophique, ainsi qu’un arrêt des transactions des banques avec le Yémen, alors que ce pays dépend largement des importations. Dans un rapport élaboré par un groupe d’experts des Nations unies rendu public fin février, il est écrit que « toutes les parties (du conflit armé) ont fait obstacle à la distribution de l’aide alimentaire dans le pays »...

    Ces parties belligérantes sont essentiellement d’un côté une coalition menée par l’Arabie saoudite (soutenue par les monarchies arabes et notamment les Émirats arabes unis), et de l’autre une alliance de circonstance entre l’ex-président Ali Abdallah Saleh (déchu en 2012 suite à une révolte dans le contexte du « printemps arabe ») et des miliciens chiites.

    Alors que pendant ses années au pouvoir (1979 à 2012), Saleh s’était surtout appuyé sur l’Arabie saoudite voisine et les USA, une fois évincé, il s’est rappelé qu’il était lui-même chiite... Et alors qu’il avait combattu le groupe armé des houthistes, une rébellion de type intégriste issue de la minorité chiite du pays, il s’est rapproché de ces mêmes houthistes après son remplacement au palais présidentiel par son ancien vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi (élu en 2012 lors d’une élection où il fut le seul candidat...).

    Le jeu des puissants

    L’alliance Saleh-houthistes a conquis une large partie du pays en 2014, ce qui a déclenché en mars 2015 une intervention militaire de l’Arabie saoudite appuyée par des régimes arabes sunnites. La guerre, dont le nombre de morts civils était chiffré à 10 000 fin 2016, a donc pris des allures de conflit confessionnalisé. Mais c’est aussi une lutte d’influence entre le régime saoudien et son grand rival chiite, le régime iranien, soupçonné d’appuyer les houthistes.

    La coalition dirigée par le régime saoudien bloque les ports du pays, surtout ceux de la Mer rouge, ce qui empêche les importations alimentaires d’entrer. Le principal port, celui de Hodeida, est toujours tenu par les houthistes, alors que le président Rabo a pu reprendre celui de Moka.

    Les USA, qui se contentaient jusque-là d’appuyer les monarchies du Golfe (alors que l’Arabie saoudite est aussi armée par la France et l’Allemagne), se sont mêlés du conflit ces dernières semaines. Les Saoudiens sont soupçonnés de complaisance avec les forces djihadistes sunnites, Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) et dans une moindre mesure Daesh opérant dans le pays.

    Or, depuis l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, les USA ont bombardé les combattants d’AQPA. Le 29 janvier, un premier raid étatsunien contre une mosquée et un dispensaire à Yakla a tué 57 personnes... dont au moins 16 civils. Et le Yémen figure aussi sur la liste des pays – initialement sept, désormais six puisque l’Irak a été retiré de la liste – dont les ressortissants sont interdits d’entrée aux USA par l’administration Trump...

    Bertold du Ryon


  • Pêcheurs du Maroc

    maroc.jpg

     
    Organisé par le syndicat national des marins de pêche côtière et de pêche en haute mer du Maroc
    Grève de protestation au port d'Agadir

    Sous le slogan :

    "Non au marché noir, oui à la transparence de la vente de la pêche des bateaux de pêche côtière, oui à la distribution équitable de nos poissons "

    Lundi. 27 février 2017
    Devant le marché aux poissons. Port d'Agadir.
    À 9 h du matin.
     
     

     

  • Palestine : Les activités de colonisation israéliennes constituent une « violation flagrante » du droit international (Via Campesina)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Appel urgent de l'Union of Agricultural Work Committees (UAWC)

    (Ramallah, 7 février 2017) 

    Chers frères et sœurs de La Via Campesina,

    Le parlement israélien a voté en première lecture une loi légalisant les « avant-postes1 » construits illégalement en Cisjordanie, sur les terres palestiniennes classées par les accords d’Oslo de 1993 en zone « C », lesquelles représentent 62% de la Cisjordanie et sont placées sous le contrôle exclusif d’Israël.

    Cette loi permettrait à l’occupation israélienne d’autoriser des milliers de logements, et 53 avant-postes, mais aussi de mettre la main sur 8 000 dounams de terrains palestiniens privés. Cette loi permettrait en outre de nouvelles expropriations de terrains palestiniens privés sans aucune restriction, dès lors que l’objectif de ces expropriations est une expansion des colonies.

    Il est important de noter que depuis l’investiture de Donald Trump le 20 janvier 2017, l’occupation israélienne a donné le feu vert pour la construction de plus de 6 000 logements dans les territoires palestiniens occupés.

    Essentiellement, cette loi réaffirme les pratiques de l’occupation fasciste israélienne et son mépris pour le reste du monde, qui a adopté la décision 2334 à travers le Conseil de sécurité de l’ONU, laquelle stipule que les activités de colonisation israéliennes constituent une « violation flagrante » du droit international, et n’ont aucune « validité légale ».

    En tant que membres de La Via Campesina, nous comptons grandement sur le mouvement LVC et ses membres pour faire entendre leurs voix et faire pression sur leurs gouvernements, afin de pousser l’occupation israélienne à abandonner cette loi et à reconnaître à la Palestine le statut d’État indépendant. Nous appelons par ailleurs le monde libre à organiser là où faire se peut des manifestations massives devant les ambassades israéliennes afin de contrer cette loi fasciste.

    1  Les « avant-postes » israéliens sont de petites colonies ne faisant pas partie des principaux, vastes blocs de colonies qui se sont répandues à travers la Cisjordanie, y compris à Jérusalem, et dans lesquels vivent 700 000 colons ayant remplacé les habitants autochtones de ces terres. 

    https://viacampesina.org/

  • Maroc : Halte à l’exploitation ; Halte à l’humiliation (Via Campesina)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Appel à manifestation nationale RABAT le 15 février 2017 (FNSA)

     Pour dénoncer la souffrance des travailleurs(e)s agricoles et éradiquer toutes les formes de discrimination, la Fédération Nationale du Secteur Agricole (FNSA/UMT) a entamé une campagne de protestation le 18 Janvier dernier. Cette campagne sera couronnée par une manifestation nationale à Rabat le 15 Février 2017, sous le slogan : "Halte à l’exploitation ; Halte à l’humiliation (la hogra)". 

    La Fédération Nationale du Secteur Agricole (FNSA/UMT) entame une campagne de lutte, du 18 Janvier au 15 février 2017, pour protester contre l’exploitation accrue, les conditions sociales et économiques déplorables vécues par les ouvriers (es) agricoles et la discrimination juridique dont ils font l’objet en permanence. A travers cette campagne, les ouvrier(e)s agricoles visent à dénoncer la réalité de leur extrême pauvreté, l’intensité de l’exploitation qu’ils subissent et le bafouement de leurs droits élémentaires

     1. la discrimination au niveau des salaires

    Secteur

     

    Salaire minimum légal

    Salaire mensuel (Dh)

    Retenues(Dh)

    Salaire mensuel net(Dh)

    Industrie

     

    13,46 Dh/Heure

     

    2570,86

     

    173,27

    2398

    Agriculture

     

    69,73 Dh/jour

     

    1812,9

    (26 J/mois)

    122,19

     

    1691

    Le salaire minimum légal dans le secteur Industriel (SMIG) est supérieur de 42% au salaire minimum légal dans secteur Agricole (SMIG). La différence est de 700 Dh. La FNSA revendique, d’une part, de mettre fin à cette discrimination flagrante en unifiant le salaire minimum, comme convenu dans l’accord conclu lors du dialogue social du 26 avril 2011 entre syndicats, patronat et gouvernement et, d’autre part, d’augmenter sa valeur selon l’augmentation des prix et du niveau de vie.

    2. La Discrimination au niveau de la durée du travail

    Légalement, et selon le code du travail Marocain, les ouvrier (e)s agricoles doivent travailler 48 heures par semaine. La durée hebdomadaire pour les travailleur (se)s du secteur industriel, du commerce et des services est de 44 heures. En réalité, la durée du travail dans le secteur agricole est plus longue. Elle dépasse, dans la majorité des cas, 10 heures par jour et dans des conditions lamentables. Ils travaillent dans des serres à forte humidité et des températures élevées et utilisent des produits phytosanitaires très toxiques et sans protection.

    3. La grande faiblesse de la protection sociale

    A peine 16% sont des ouvriers agricoles déclarés à la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS) sur un total estimé par la FNSA à un million d’ouvriers et ouvrières agricoles. Une majorité d’entre eux sont privés de l’assurance maladie obligatoire et des allocations familiales. L’impunité dont bénéficie le patronat agricole accentue la défaillance des déclarations à la CNSS tout en amplifiant illégitimement leurs profits.

    4. Utilisation des moyens de transport dégradés et non appropriés 

    Les ouvrier(e)s agricoles sont transportés, entassés, vers les exploitations dans de vieux véhicules (remorques, pick up). Ces véhicules, généralement non assurés, mettent les vies des travailleurs agricoles en danger. Des accidents, souvent mortels se produisent régulièrement dans beaucoup de régions. La circulation de ce type d’engins est effectuée au vu et au su des autorités compétentes. Le transport demeure un des aspects cruels de l’exploitation des travailleur(se)s agricoles.

    5. La Précarité du travail et la généralisation de l'insécurité de l'emploi dans le secteur agricole. Le recours intensif aux entreprises d’emploi temporaire (sous traitance) détruit la stabilité du travail, érode les acquis relatifs à l’ancienneté et brise le syndicat.

    6. Droits syndicaux bafoués : Les ouvrier(e)s syndiqué(e)s sont souvent licencié(e)s juste après la formation du bureau syndical. Les délégué(e)s des salariés, censés être protégé(e)s par la loi, sont les premières victimes. Pour briser les luttes ouvrières le patronat agricole bénéficie de la bienveillance du gouvernement qui lui met à sa disposition les outils de répression. Les sit-in et les grèves sont souvent réprimés par l’intervention des forces de répression et l’utilisation de l’article 288 du code pénal qui condamne les grévistes pour leur soit disante entrave, à la liberté du travail.

    7. Absence du dialogue social avec la FNSA.  Contrairement à l’attitude bienveillante du gouvernement envers le patronat agricole, la FNSA est privée complètement de son droit à la négociation sociale prévue par le code du travail. Malgré la formulation de multiples demandes et la présentation des pétitions portant 6000 signatures d’ouvriers et ouvrières, le gouvernement est resté muet.

    ​Ce ne sont ici que quelques aspects des conditions d’oppression et d’exploitation des ouvrier(e)s agricoles, dont la responsabilité incombe à l’Etat et son gouvernement. Pour ce dernier, garantir la soumission des travailleur(se)s agricoles au profit des grands capitalistes agricoles et propriétaires terriens se justifie par la nécessité d’encourager des investissements.

    Par ailleurs, et en plus de l’exonération d’impôt, le patronat agricole bénéficie de subventions, qui atteignent des milliards de dirhams chaque année, et des facilités pour utiliser des terres agricoles cédées par l’Etat.

    Nous, militant(e)s de la Fédération Nationale du Secteur Agricole, lançons un appel à tou(te)s les démocrates et défenseur(se)s des intérêts de la classe ouvrière en vue de se mobiliser pour dénoncer ces violations flagrantes des droits humains et pour soutenir et participer au mouvement de protestation qui aura lieu devant les sièges du ministère de l'Agriculture et du Parlement à Rabat le MERCREDI 15 Février 2017 à partir de 9h.

    Nous appelons également tous les réseaux de solidarité ouvrière et rurale, tant à l’échelle régionale/nationale qu’internationale, à appuyer et soutenir cette initiative militante, de la faire connaître et de la médiatiser.  

    https://viacampesina.org/

  • Israël : main basse sur les terres palestiniennes (Lutte Ouvrière)

    israel-state-land-palestinians.jpg

    Une loi dite de régulation a été votée le 6 février par la Knesset, le Parlement israélien.

    Véritable provocation, elle permet de déclarer terres israéliennes des terrains privés palestiniens sur lesquels des colons israéliens ont construit sans autorisation en Cisjordanie occupée, « soit parce qu’ils ignoraient qu’ils étaient propriétés privées, soit parce que l’État les aurait laissé faire ». Les propriétaires palestiniens seraient toutefois, aux termes de la loi, compensés financièrement ou par d’autres terrains.

    Votée par 60 députés contre 52, cette loi scélérate légalise donc rétroactivement la construction de près de 4 000 habitations de colons israéliens sur des terrains appartenant à des Palestiniens de Cisjordanie.

    Même si la surface concernée ne représenterait que 800 hectares, l’équivalent du parc du château de Versailles, elle est hautement symbolique de la violence de la politique du gouvernement Netanyahou à l’égard des Palestiniens, de plus en plus privés de leurs droits et de leurs terres. Et même si la Cour suprême d’Israël l’invalide par la suite, le vote de la loi aura permis à Netanyahou de faire un geste en direction des colons, frange avancée de l’extrême droite religieuse, et aux partis de même couleur politique qui sont associés au Likoud au sein du gouvernement.

    Le Premier ministre aura, de toute façon, amplement fait étalage de ses choix politiques en faveur de la poursuite de la colonisation et du soutien aux plus réactionnaires de ses ministres. De plus Netanyaou avait besoin d’un dérivatif facile à la colère des colons israéliens d’Amona, colonie sauvage évacuée par la police début février, suite à une plainte des propriétaires palestiniens spoliés, exceptionnellement entendus. Il l’a trouvé dans les prétendues habitations illégales des Arabes israéliens.

    En effet, devant la quasi-impossibilité pour les Arabes israéliens (moins d’un cinquième de la population du pays) d’obtenir un permis de construire, certains bâtissent tout de même et sont donc devenus la cible des attaques racistes de Netanyahou. Un millier de manifestants ont d’ailleurs protesté, le 4 février au soir à Tel-Aviv, aux cris de « Juifs et Arabes tous ensemble », contre les démolitions par la police de ces maisons arabes.

    Si pour l’instant le gouvernement américain n’a pas émis de commentaires après le vote de la loi, Netanyahou et son gouvernement peuvent se sentir encouragés à continuer le vol de terres palestiniennes sur la voie de l’annexion de la Cisjordanie.

    Viviane LAFONT 08 Février 2017
     
  • Tunisie : six ans après le 14 janvier 2011, la révolte gronde… (Anti-k)

    Tunisie : six ans après le 14 janvier 2011, la révolte gronde dans les régions déshéritées de l’intérieur du pays

     

    3 janvier : Mouvements de protestation dans toutes les régions

    http://www.webdo.tn/2017/01/03/mouvements-de-protestation-toutes-regions/

    A partir de ce mardi 3 janvier 2017, des mouvements de protestation seront organisés dans toutes les régions et tous les secteurs, a annoncé hier la coordination des mouvements sociaux dans un communiqué.
    La forme et la date de chaque protestation seront fixées en fonction de la nature du mouvement et de la région, précise-t-on de même source.
    Un représentant de la coordination, Abdelhalim Hamdi, détenteur d’une maitrise en Histoire et au chômage depuis 17 ans, a affirmé à l’Agence TAP que ces mouvements interviennent à la suite d’autres formes de protestation et à de multiples grèves de la faim, sit-in et manifestations.
    Il s’agit, a-t-il dit, d’une nouvelle escalade des protestations qui se poursuivent depuis près d’un an dans les régions, devant les délégations et les mairies, et qui seront réunies sous forme de journées de protestation à partir du 3 janvier.
    Une imposante marche sera organisée, mardi, à Menzel Bouzayane (Sidi Bouzid), et s’étendra aux autres gouvernorats qui choisiront, chacun, une date symbolique pour revendiquer ses droits, a-t-il encore expliqué.

    4 janvier : Mouvements sociaux : procès en cascade

    http://nawaat.org/portail/2017/01/04/mouvements-sociaux-proces-en-cascade/

    La Cour d’appel de Nabeul a reporté, ce matin, le procès des jeunes de Kélibia au 15 février 2017. Des dizaines de personnes se sont rassemblés devant le tribunal pour soutenir aux onze jeunes condamnés par contumace à 14 ans et un mois de prison ferme pour « provocation d’incendie dans des locaux non habités » et six autres chefs d’accusation. Hier, les ouvriers des chantiers, les discriminés politiques et la coordination nationale des mouvements sociaux déclarent une semaine de protestation sociale par des rassemblements, des manifestations et une désobéissance civile à Meknassi. Les prémisses d’un janvier chaud que les médias dominants ont déjà commencé à criminaliser.

    De Kélibia à Tajerouine

    L’affaire de Kélibia qui a soulevé une vive polémique concerne les violentes manifestations consécutives à l’assassinat de Chokri Belaid en février 2013. D’après Charfi Kellil, un des avocats de la défense, Meriem Jeribi et Rabii Abdeljaouad ne sont pas concernés par les actes de vandalisme survenus lors des manifestations. « Nous allons demander à la Cour de reprendre les investigations. Il faut noter que les accusations ne concernent pas le vandalisme du local d’Ennahdha uniquement mais aussi le vol d’un hôtel et de la fourrière municipale à Kelibia. Rappelons que mes clients n’ont été interrogés qu’une seule fois, en février 2013, par la police judiciaire » précise Charfeddine Kelil. Le comité de soutien rassemblé devant la Cour ce matin a dénoncé « la criminalisation des mouvements sociaux ».

    Jeudi 5 janvier, Imed Touta, Firas Hamda et Hafedh Karbaya, comparaîtront devant la Cour d’appel de Gafsa. Le 13 mai 2016, le Tribunal de première instance de la ville les a condamné à une année de prison ferme et mille dinars d’amende pour « soupçon de consommation de drogue ». Le même jugement a été confirmé, le 7 juin, par le même tribunal. Les trois jeunes militants, originaires d’El Guettar avaient participé au mouvement social de janvier 2016. D’après Wael Ammar, membre du comité de soutien « depuis 2011, les jeunes de la région sont la cible d’une série de procès iniques qui visent à réprimer les mouvements sociaux. Le procès de demain en fait partie ».
    Le 18 janvier 2017, dix sit-ineurs de Kasserine seront jugés pour « entrave à la liberté du travail et usage de la violence » passible de trois ans d’emprisonnement et de 720 dinars d’amende. Les 10 jeunes chômeurs avaient participé au sit-in du gouvernorat suite au suicide de Ridha Yahyaoui le 16 janvier 2016.
    Le 25 janvier 2017, 117 jeunes de Jérissa, Dahmani et Tajerouine en détention depuis février 2016 passeront devant le Tribunal de première instance du Kef pour entrave à la circulation, participation à une entente en vue de préparer et de commettre une agression contre les biens et les personnes, participation à une rébellion provoquée par plus de dix personnes durant laquelle il y a eu agression d’un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions et la participation à une désobéissance civile. Le comité de soutien des accusés compte une vingtaine d’avocats. Hichem Mejri, membre de ce comité affirme que « certains détenus ont été victimes de torture dans la prison de Mornaguia. Nous essayons de collecter les preuves pour porter plainte. Concernant le procès, les accusations n’ont aucun lien avec la réalité. Les jeunes accusés ne sont que des manifestants pacifistes que le pouvoir essaye de réprimer afin de faire taire les contestations dans la région ». À noter que trois accusés sont en fuite alors que les autres sont dispersés entre différentes maisons d’arrêt en attendant leur procès.

    La désobéissance civile à Meknassi

    Depuis vendredi 30 décembre 2016, les habitants de Meknassi ont appelé à la désobéissance civile en signe de protestation contre l’absence de dialogue et de réponses du gouvernement à leurs demandes d’emplois et de développement régional. Les diplômés chômeurs ont commencé en janvier 2016 le sit-in Harimna [On a vieilli] à la délégation. Abdelhalim Hamdi, porte parole du sit-in explique que la désobéissance civile est « la dernière forme de protestation pacifique que nous avons trouvé pour attirer l’attention du gouvernement et l’appeler à ouvrir le dossier de l’emploi dans la région. Nous exigeons aussi que le dossier de la mine de phosphate de Meknassi soit traité en partenariat avec les habitants et les chômeurs de la région ». L’ouverture de la mine de phosphate a été prévue en 2016. Par ailleurs, les chômeurs diplômés considèrent que le gouverneur de Sidi Bouzid et les autorités régionales en générale « sont responsables du pourrissement de la situation. Durant notre sit-in à la délégation, le gouverneur a refusé de nous recevoir. Il a même porté plainte contre les sit-ineurs et a déclaré que Meknassi ne fait plus partie de ses préoccupations » s’indigne Abdelhalim Hamdi.

    Justice sociale ou démission des incompétents

    La coordination nationale des mouvements sociaux, créée le 26 avril 2016, a annoncé dans un communiqué le début d’une série d’actions de contestation à partir du 3 janvier 2017. Ainsi, les ouvriers des chantiers se sont rassemblés dans 17 gouvernorats durant mardi 3 janvier. Le jour même, les diplômés chômeurs se sont rassemblés à Menzel Bouzayan et Sidi Bouzid. Le 5 janvier, un rassemblement aura lieu à la place de l’UGTT à Redayef. Le 8 janvier, des rassemblements auront lieu à Thala et Kasserine.
    Cette étape vient après plusieurs rassemblements, communiqués et manifestations dans différentes régions pour le travail et le développement. Le dernier rassemblement date du 10 décembre devant l’Assemblée des représentants du peuple où des centaines de militants venus de tout le pays ont rappelé l’urgence de traiter les dossiers économiques et sociaux.
    Selon le Forum tunisien des droits sociaux et économiques, l’année 2016 a enregistré 9887 mouvements sociaux, soit le nombre le plus élevés depuis 2011. La coordination nationale des mouvements sociaux appelle « tous les responsables locaux, régionaux et nationaux incapables d’apporter des solutions équitables aux demandes sociales et économiques de démissionner ».

    10 janvier : Le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid pris d’assaut

    http://www.jawharafm.net/fr/article/le-siege-du-gouvernorat-de-sidi-bouzid-pris-d-assaut/90/47660

    Des habitants de la ville de Meknassi ont fait irruption ce mardi matin au siège du gouvernorat de Sidi Bouzid.
    Les manifestants ont scandé le slogan « Dégage » au gouverneur.
    Selon le correspondant de Jawhara FM dans la région, des renforts sécuritaires ont été déployés sur place.
    Plusieurs protestataires ont été arrêtés par les forces de l’ordre tandis que le siège du gouvernorat a été saccagé, a-t-il ajouté.

    10 janvier : Sidi Bouzid : Les autorités appellent les protestataires de Meknessi au dialogue

    http://africanmanager.com/51_sidi-bouzid-les-autorites-appellent-les-protestataires-de-meknessi-au-dialogue/

    Des protestataires de Meknessi ayant envahi, mardi, le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid ont été arrêtés puis relâchés, dans la journée. Le gouverneur de la région, Mourad Mahjoubi, affirme, dans une déclaration de presse, que les autorités sont disposées à dialoguer avec les protestataires et à trouver des solutions aux problèmes de l’emploi, de l’activation du projet de mine de phosphate et des travailleurs de chantier.
    L’arrestation d’un groupe de jeune (7 manifestants), explique le gouverneur, était à titre provisoire afin de protéger le siège de la délégation contre les agressions.
    Les protestations qui se poursuivent depuis plus de deux semaines à Méknessi ont connu une escalade, mardi, lorsque des manifestants ont envahi le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid, défonçant la porte principale, avant d’être délogés de force par la police.
    Auparavant, les jeunes venus de la délégation de Meknessi se sont rassemblés devant le siège du gouvernorat, revendiquant leurs droits au développement et à l’emploi, outre la démission du gouverneur.
    Les forces de l’ordre ont fait évacuer de force les manifestants causant de légères blessures à quelques-uns. Des représentants de la société civile et des syndicalistes présents sur les lieux ont vivement condamné « l’intervention policière musclée ».
    L’Union Locale du Travail (UGTT) avait, depuis une dizaine de jours, appelé à la désobéissance civile dans la délégation jusqu’à la réalisation des revendications de la population locale se rapportant, essentiellement, à l’emploi et au développement.

    12 janvier : Protestations et grève générale à Meknessi

    http://www.businessnews.com.tn/protestations-et-greve-generale-a-meknessi,520,69570,3

    A Meknessi, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, la situation reste instable après des manifestations menées par des jeunes chômeurs réclamant l’emploi et le développement dans la région. Depuis quelques jours, des manifestations sillonnaient les rues de la ville.
    Parmi les protestataires, des jeunes chômeurs qui avaient réussi un concours leur permettant de travailler dans le secteur du phosphate, mais qui n’ont pas été recrutés à ce jour, selon ce que nous affirme une source bien informée.
    Des affrontements avec les forces de l’ordre ont eu lieu, notamment hier. Une situation qui a amené le syndicat régional, relevant de l’UGTT, et d’autres organismes de la société civile à appeler à une grève générale. Ainsi, toutes les activités commerciales à Meknessi sont à l’arrêt en ce jeudi 12 janvier 2017.

    13 janvier 2017 : Ça barde à Sidi Bouzid, Ben Guerdane, Kasserine… Calmer la situation ou trouver des solutions ?

    http://www.webdo.tn/2017/01/13/ca-barde-a-sidi-bouzid-ben-guerdane-kasserine-calmer-situation-trouver-solutions/

    Plusieurs villes du centre et du sud de la Tunisie vivent depuis deux jours des mouvements de protestations et des nuits agitées.
    Des actes de violences ont été observés durant les dernières nuit à Ben Guerdane, Meknassi et Sbeïtla, régions où les jeunes revendiquent encore et toujours l’emploi et le développement régional six ans après la révolution.

    Ben Guerdane et l’éternelle affaire de Ras Jedir

    La ville de Ben Guerdane a connu mercredi 11 janvier, une journée agitée avec des protestations qui ont abouti à des affrontements entres manifestants et forces de l’ordre et un blocage de plusieurs routes à l’aide de pneus brûlés.
    Les protestataires ont appelé le gouvernement à trouver une solution pour le poste frontalier de Ras Jedir qui connait des agitations depuis des mois, avec des fermetures et des ouvertures répétitives, d’où un blocage quasi-permanent des échanges commerciaux.
    Une grève générale a été décidée par l’Union régionale du Travail (UGTT). Le ministre des Relations avec les Instances constitutionnelles, la Société civile et les Droits de l’Homme, Mehdi Ben Gharbia et le ministre de la Fonction publique et de la Gouvernance, Abid Briki se sont déplacés à Ben Guerdane pour essayer de calmer la situation et de trouver une solution rapide.
    En dépit de ce déplacement, des manifestants ont bloqué la Route Nationale N°1 au niveau de la zone Hassi Ferid en brûlant des pneus sur la route, la soirée du jeudi 12 janvier.

    Meknassi : Sidi Bouzid revendique encore l’emploi

    La délégation Meknassi de Sidi Bouzid est entrée dans une grève générale hier, en réponse à l’appel de l’UGTT. Le droit au développement et à l’emploi sont les revendications principales des protestataires.
    La délégation de Meknassi avait annoncé, depuis le 30 décembre dernier, une désobéissance civile à l’appel de l’Union locale du travail (UGTT). Les activités des différents établissements publics sont entravées jusqu’à la résolution du problème des ouvriers de chantiers et des candidats admis au concours de recrutement à la mine des phosphates de Meknassi en plus de la régularisation de la situation de certains jeunes diplômés de l’enseignement supérieur en chômage depuis une dizaine d’année, indique la TAP.
    Il faut savoir que cette grève vient après une nuit très agitée à Meknassi, hier soir, marquée par des confrontations violentes entre manifestants et forces de l’ordre.
    La grève générale a été accompagnée d’une marche citoyenne jusqu’au siège du gouvernorat de Sidi Bouzid.
    Dans la soirée du jeudi 13 janvier 2013, des jeunes de la région ont bloqué plusieurs rues et avenues de la villes à l’aide de pneus brûlés et des pierres.
    Pour les disperser, les forces de l’ordre ont eu recours au gaz lacrymogène ce qui a nécessité le transport de certains manifestants à l’hôpital régional. La ville a retrouvé son calme ce matin.

    Sbeïtla s’oppose à son délégué régional

    La délégation de Sbeïtla, dans le gouvernorat de Kasserine, connait depuis hier, mercredi 11 janvier 2017, des protestations organisées par des chômeurs qui revendiquent l’emploi et le développement de la région.
    Les protestataires qui se sont introduits de force dans le siège de la délégation, revendiquent également le limogeage du délégué régional. (…)

    13 janvier : Nouvelle nuit de violences à Meknassi et Ben Guerdane

    http://www.webdo.tn/2017/01/13/nouvelle-nuit-de-violences-a-meknassi-ben-guerdane/

    La ville de Meknassi, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, a connu une nouvelle nuit agitée. Dans la soirée du jeudi 13 janvier 2013, des jeunes de la région ont bloqué plusieurs rues et avenues de la villes à l’aide de pneus brûlés et des pierres.
    Pour les disperser, les forces de l’ordre ont eu recours au gaz lacrymogène ce qui a nécessité le transport de certains manifestants à l’hôpital régional, selon Shems fm. La ville a retrouvé son calme ce matin.

    De même, Ben Guerdane a vécu une longue nuit de violences. Des manifestants ont bloqué la Route Nationale N°1 au niveau de la zone Hassi Ferid en brûlant des pneus sur la route.

    http://www.anti-k.org/

  • La Commune de Jemna Tunisie (Anti-k)

    Intervention du président de l’association de Jemna, lors de la réunion publique de soutien du 6 décembre 2016 à Paris.

    Permettez-moi d’emprunter un titre employé par le DrAyman Hussein, en parlant de l’expérience de Jemna : « la Commune de Jemna ». Même si nous ne prétendons pas atteindre quoi que ce soit des réalisations de la Commune de 1871, nous aspirons à suivre les traces de nos ancêtres les Communards.

    Avant d’entrer dans le vif du sujet – la gestion et l’auto-financement dans l’expérience de Jemna – je vais vous présenter sommairement l’historique de la palmeraie.

    Historique de la palmeraie

    Notre oasis est le symbole de la spoliation, de la corruption et de la malversation. Elle est d’ailleurs l’exemple régional pour ne pas dire national le plus frappant et le plus ancien.

    * Le problème a commencé avec la colonisation lorsqu’en 1912 M. Maus De Rolley s’est accaparé les terres fertiles appartenant à nos ancêtres. Il a d’ailleurs arrêté et emprisonné ceux qui s’y opposaient, et avec l’effort, la sueur et la force musculaire des indigènes il a planté des palmiers produisant des dattes de la meilleure qualité appelées Deglet Noor (Noor signifiant en arabe « lumière »).

    * Avec l’indépendance, nos parents ont conclu un marché avec les nouvelles autorités pour l’achat des palmiers. Ils leur ont versé en 1963 quarante mille dinars, soit la moitié de la somme totale. Avec notre argent versé sur le compte du gouverneur de la région de Gabès, l’Etat a réalisé des projets économiques rentables, tel qu’une société de transport, un hôtel et une société commerciale.

    * Avec le système coopératif (1964-1969) le gouvernement a mis la main sur l’oasis.

    * En 1974 la STIL, société étatique appartenant à Mzali Ben Osman Belkouja et autres ministres et hauts responsables, vient exploiter les richesses de Jemna.

    * Avec la faillite de la dite société, le gouvernement de l’ex-dictateur a loué en cachette, de gré à gré, la palmeraie :
    - 111 hectares à un grand entrepreneur de travaux publics contre la minime somme de 9 000 dinars et quelques,
    - 74 hectares au frère d’un commandant du ministère de l’Intérieur qui d’ailleurs a réprimé les émeutes de la région minière de Gafsa en 2008 et qui sera arrêté pendant la révolution.

    * Deux jours avant l’éviction de Ben Ali les jeunes de Jemna avaient repris ce qu’ils ont toujours considéré comme étant leurs terres.

    L’oasis aujourd’hui

    L’oasis compte à présent :
    - 306 hectares enregistrés comme propriété foncière d’Etat, dont les 185 hectares loués auparavant et qui sont à présent gérés par l’Association de la sauvegarde des oasis de Jemna
    - une centaine d’hectares loués aux anciens ouvriers de la STIL lors de l’assainissement de la dite société,
    - une vingtaine d’hectares non encore plantés.
    L’oasis compte aujourd’hui 7 puits artésiens dont 2 creusés par l’association.

    Le rapport d’un comité étatique, venu sur les lieux en mars 2011, prouve que les anciens locataires avaient totalement détruit et ruiné la palmeraie.
    Un autre rapport, quatre ans plus tard, vante la mise en valeur et le développement de l’oasis. Cela s’explique certes par la bonne gestion, mais surtout par le changement des mentalités des ouvriers qui suent, s’échinent, peinent et travaillent durement dans ce qu’ils ne considèrent plus comme bien public, mais plutôt comme un bien personnel. L’auto-gestion, la gouvernance locale, y sont aussi pour quelque chose.
    Chiffre à l’appui je dirai que la récolte a atteint ces dernières années des montants alléchants et vertigineux : 1,8 million de dinars en 2014, puis 1,6 million en 2015, et enfin 1,7 million cette année.
    Nous faisons travailler, en tant qu’association (à but non lucratif), de 120 à 130 travailleurs sans tenir compte des ouvriers occasionnels et saisonniers dans un domaine contenant 10 800 Palmiers. (Sans tenir compte des palmiers qui sont au début du stade de la production, ainsi que des toutes nouvelles plantations s’élevant à 2 000 nouveaux palmiers qui ne seront productifs que 7 à 8 ans plus tard).

    Le problème est que tous les responsables politiques étaient au courant. Nous avons toujours cherché à négocier une solution avec tous les ministres de l’agriculture et de la propriété domaniale. Les hauts responsables des partis, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont tous été contactés. Leurs promesses n’ont malheureusement pas été tenues, la langue de bois demeure la même.
    Toutefois si les précédents nous avaient laissé faire, ce gouvernement d’unité nationale nous empêche de continuer sur la bonne voie : celle qui sert les citoyens, qui construit, qui innove, qui embauche.
    Les locataires précédents avaient traduit devant la justice quelques militants pour des accusations insensées comme l’utilisation de la violence, la formation d’un gang, la saisie intentionnelle et violente de la propriété d’autrui, la diffamation, la volonté de mettre le feu.
    Ce gouvernement, en gelant nos comptes bancaires, nous empêche de vendre nos dattes et de continuer notre travail.

    L’organisation de notre lutte

    Pour revenir à notre lutte, j’ajouterai que lorsque, le 12 janvier 2011, les jeunes avaient repris leur terre on était en pleine campagne de récolte des dattes et il a fallu agir rapidement.

    Nous avons fondé le Comité pour la protection de la révolution, et nous avons été en toute modestie exceptionnels :
    - Ce comité n’est pas organisé de façon hiérarchique : il n’a ni président, ni trésorier, ni secrétaire général. Nous sommes tous chefs, et nous sommes tous membres.
    - Notre association a organisé l’une de premières élections libres et démocratiques puisque nous avons organisé l’élection du maire de Jemna-Nord et celle de Jemna-Sud, avant même les élections du 23 octobre 2011.
    - Nous avons demandé aux gens de choisir les membres du conseil municipal,
    - Nous avons organisé des réunions sur une place publique pour discuter et prendre les décisions qui s’imposaient.

    Notre association, héritière du Comité de protection de la révolution, poursuit le même chemin. A partir du 27 février 2011, nous avons organisé un sit-in qui a duré 96 jours, sans barrer des routes ni incendier des pneus. Ces derniers jours, on a manifesté notre refus par la musique, la poésie et le sport.

    Nous étions donc en 2011 face à la saison agricole qui nécessite beaucoup d’argent :
    - Nous avons demandé aux citoyens de payer chacun 30 dinars de contribution à la pollinisation, et le total des dons a atteint 33 100 dinars ;
    - Les associations nous ont prêté la somme de 22 500 dinars ;
    - Deux grands commerçants de dattes ont prêté la somme de 120 000 dinars.
    - Un groupe d’amis français qui ne connaissaient même pas Jemna, dirigé par le Dr Pierre Clément professeur universitaire, nous ont envoyé la somme de 2 252 dinars. Même si cette somme peut paraître minime, nous la considérons comme la plus importante, car elle relève de l’humanisme, de l’altruisme et de la solidarité.
    Tous ces fonds nous ont permis de faire face aux travaux que nécessitent les palmiers, sans oublier le travail bénévole effectué pour quelques jours par les jeunes de la région.

    Ainsi, grâce aux efforts déployés, la récolte a connu des chiffres qui ont à maintes reprises dépassé le million de dinars : 969 500 dinars en 2011, 941 000 dinars en 2012, et 847 600 dinars en 2013.
    Puis on a dépassé de loin le million avec 1,8 million en 2014 puis 1,6 million en 2015 et 1,7 million cette année.

    Je vous rappelle que les locataires précédents payaient aux environs de 16 000 dinars. Ils empochaient le reste et n’embauchaient qu’une vingtaine d’ouvriers. On dépense aujourd’hui dans le village, pour les salaires, l’achat de matériel et de l’engrais de 40 à 50 000 dinars par mois.

    La gouvernance locale de la gestion et de l’auto-financement

    Nous avons dépensé des sommes énormes pour métamorphoser l’infrastructure de la ville en construisant :
    - Un marché couvert, qui est le seul du gouvernorat de Kébili, et dont le coût s’élève à presque 600 000 dinars ;
    - Trois salles de classe et quatre blocs sanitaires, une clôture avec une belle façade, la restauration de l’équipement électrique et sanitaire dans les deux écoles primaires avec des dépenses totales de 350 000 dinars ;
    - Une salle de sport bien équipée au lycée, et qui a nécessité 360 000 dinars ;
    - Un terrain de football dont les travaux sont encore en cours, et qui devrait dépasser les 250 000 dinars, avec surtout le gazon synthétique de 6e génération que l’on attend encore.
    - Des subventions aux associations sportives et culturelles (Théâtre de la Ville, festivals de la région, équipes sportives) ;
    - Des subventions pour la section de l’Union tunisienne d’aide aux insuffisants mentaux qui a bénéficié aussi d’une ambulance et de 50 palmiers dattiers ;
    - Une aide financière très importante pour l’école des autistes, les sourds-muets, les cancéreux, ainsi que les associations nationales comme l’Union tunisienne de la femme et la section locale de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme ;
    - Une aide également pour un centre d’instruction religieuse, les mosquées et l’association caritative qui donne des subventions mensuelles pour 27 étudiants, ce qui montre que nous n’avons pas de problème avec notre identité arabo-musulmane ;
    - L’équipement bureautique pour le dispensaire, la bibliothèque publique et le poste de police
    (ordinateur climatiseurs fontaines fraiches matelas orthopédiques).

    En ce qui concerne la palmeraie que nous exploitons :
    - L’achat d’un ensemble d’équipements et de moyens d’outils et de matériels : pompe, tracteur et diverses machines.
    - La réparation et l’entretien des puits, avec le forage de deux nouveaux puits, de nouvelles plantations et le désherbage de mauvaises herbes.
    - La restauration d’un bâtiment administratif.

    Nos dépenses se font en toute transparence et un expert-comptable s’occupe de ce dossier financier. Chaque centime dépensé est facturé et documenté.
    Nous avons maintenu la propriété unifiée. Elle n’est pas fragmentée et morcelée comme c’est le cas à Tozeur près de chez nous.
    Nous veillons au respect des slogans de la révolution (travail, liberté et dignité), ainsi qu’aux principes et idéaux de solidarité, de coopération, de compassion et d’altruisme.

    Enseignements et leçons tirer de notre expérience

    En tant que responsables de l’association, nous sommes des bénévoles, et durant ces 6 ans nous avons beaucoup donné de nous-mêmes, physiquement et moralement. Nous avons exprimé le désir de nous retirer, mais cela nécessiterait l’émergence de dignes successeurs qui poursuivraient l’expérience.

    Nous considérons que notre expérience s’insère dans le cadre de l’économie sociale et solidaire, ainsi que dans la gouvernance locale, nous sommes même des pionniers dans ce domaine. Notre action est une réponse aux partisans de la privatisation. Elle est une forme d’économie sociale et solidaire qui va à l’encontre du capitalisme sauvage, système économique périmé et qui a montré ses faiblesses.

    - Avec l’exercice de la démocratie locale et la tenue de réunions publiques nous avons pris l’avis du citoyen, et nous avons pu prendre les bonnes décisions.
    - L’intérêt public unit tout le monde
    - Accorder à l’agriculture beaucoup d’importance, en raison de la nature de la région.
    - Nous sommes tenus d’œuvrer pour la coordination avec les habitants d’autres régions qui souffrent des mêmes problèmes et vivent sur les mêmes terres « domaniales », pour trouver des solutions au profit des gens démunis de toute autre richesse que celle de leurs terres.

    Nous continuons, en dépit des difficultés et des obstacles, d’accomplir ce que nous croyons utile pour le domaine et le village.
    Nous sommes toutefois surpris de la position des partis nationaux, tel que le Front populaire qui aurait dû donner à l’expérience l’intérêt qu’elle mérite. Cela ne veut pas dire que nous sommes prêts à accepter l’ingérence de ces partis dans nos affaires.
    A un certain moment, nous ne nous étions pas intéressés non plus aux médias, quoique les amis du site Nawaat aient réalisé des documentaires très intéressants.
    Si nous n’avons pas fait une campagne médiatique importante pour expliquer davantage notre expérience, la responsabilité en incombe à l’association
    Il n’y a pas que du côté des médias que nous avons connu un échec relatif. Du côté judiciaire, nous aurions dû nous adresser aux tribunaux. C’est d’ailleurs ce que nous allons faire maintenant pour exiger l’application d’un jugement de la cour de première instance refusant d’accorder un titre de propriété foncière domaniale pour une partie de la palmeraie. L’application logique de ce jugement devrait être que l’Etat nous verse des indemnités pour s’être accaparé un terrain ne lui appartenant pas de par la loi.
    Nous serons également obligés de saisir la Justice pour remettre en cause le qualificatif de « domanial » attribué aux terres. Il doit y avoir une solution politique à ce sujet, et c’est une certitude, car le domaine nous a été volé suite à une décision politique.
    Aujourd’hui les négociations avec le gouvernement traînent mais elles continuent.

    Malheureusement chaque ministre présente une amorce différente de solution :
    - l’un évoque la mise sur pied d’une SIVAM (société de mise en valeur et de développement agricole),
    - l’autre propose la création d’une coopérative,
    - tantôt on entend parler d’une faible représentation de l’Etat au sein de la société, tantôt de sa détention d’une majorité des actions,
    - parfois, il est question d’appliquer l’article 16 de la loi 95 relatif aux coopératives, parfois l’article 14 de la même loi relatif aux associations,
    Chaque ministre prétend tenir le dossier entre les mains. Nous exigeons une solution écrite noir sur blanc, pour pouvoir la discuter avec les nôtres.
    Nous exigeons aussi le dégel des comptes bancaires comme preuve de bonnes intentions.

    Nous comptons sur vous pour faire pression sur le gouvernement, afin que nous puissions reprendre très prochainement notre activité. Merci de m’avoir permis d’expliquer l’affaire de Jemna. Jemna qui vous remercie infiniment d’avoir soutenu sa cause.

    NB : au 1er janvier 2017, 1 dinar équivaut à 0,41 euro.

    ETAHRI Tahar

    Intervention du président de l’association de Jemna, lors de la réunion publique de soutien du 6 décembre 2016 à Paris.

    * Professeur de français pendant 36 ans, Tahar Etahri est à la retraite depuis 2013.
    Il était avant cette date le secrétaire général du syndicat UGTT régional de l’enseignement secondaire.
    Militant de longue date de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), Tahar en est actuellement le président régional.

    http://www.anti-k.org/2017/01/06/la-commune-de-jemna-tunisie/
  • Eau en Palestine

    Hommage à  Jean-Christophe Victor, présentateur du Dessous des cartes, décédé hier

    Israël - Palestine, la guerre de l'eau (Dessous des cartes Arte du 17/03/2010)

  • Marins du Maroc

    marins.jpg

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    النقابة الوطنية لبحارة الصيد الساحلي والصيد بأعالي البحار تنتزع حق الإعتراف القانوني.
    هنيئا لبحارة الصيد الساحلي والصيد بأعالي البحار المنضوون تحت لواء النقابة ...

    mar.jpg

    El Sindicato Nacional de los marineros de la pesca costera y la pesca en alta mar arrogar el derecho de reconocimiento jurídico.

    Felicidades, marineros de la pesca costera y la pesca en alta mar se asuntos bajo la bandera del Sindicato Nacional de los marineros de la pesca costera y la pesca en alta mar, que victoria y extraer el reconocimiento legal del sindicato, tras la reciente sentencia del tribunal de casación de Rabat, día 8 Diciembre de 2016, ratifica núcleos del Sindicato Nacional.

    Vivió una lucha marineros de Marruecos
    Saludo de alta a la defensa que representa el profesor ahmed agujas de shell.
    " el tribunal de casación rechazó la solicitud de cordones el recurso de casación presentado por un factor de empleo agadir kit de gratitud día 08 de diciembre de 2016, lo que significa que el fallo del Tribunal Administrativo de baca monasterio de derogar la resolución tácita de autoridades locales baca der rechazar reconoce el archivo Legal del Sindicato Nacional de los marineros de la pesca costera y la pesca en alta mar en Marruecos y la entrega final de interfaces de assis. La fuerza de cosa juzgada "
     
     
     
     
  • O Limoeiro

    "O Limoeiro"

    Salma, uma viúva Palestina, vê a sua plantação de limoeiros [herdada do seu falecido pai] ser ameaçada quando o novo vizinho, o Ministro da Defesa de Israel, se muda para a casa ao lado.

    A Força de Segurança Israelita logo declara que os limoeiros de Salma colocam em risco a segurança do Ministro e, por isso, precisam ser derrubados. Salma, após muitas recusas, leva o caso ao Supremo Tribunal de Israel para tentar salvar a plantação, e com isso assegurar e manter em paz a sua vida, a sua história, o seu passado e futuro.