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Yemen

  • Nouveautés sur "Amnesty International"

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    Oumou Kane

    Mauritanie. La condamnation d’une jeune manifestante vise à intimider les défenseurs des droits humains

    Le Qatar ne doit pas expulser vers l'Arabie saoudite les militants des droits humains qui risquent d'y être torturés et persécutés

    Yémen. Le journaliste Yahia al Jubaihi condamné à mort par les forces houthies

  • Nouveautés sur "Amnesty International"

    Résultat de recherche d'images pour "amnesty prisons israel"

    Israël doit mettre fin à sa politique « illégale et cruelle » à l’égard des prisonniers palestiniens

    Égypte. La condamnation à 10 ans de prison pour outrage au président est une attaque éhontée contre la liberté d'expression

    Yémen. Le journaliste Yahia al Jubaihi condamné à mort par les forces houthies

  • Yémen : deux ans après, la guerre et la famine(JDD)

    Au Yémen, les orphelins sont laissés à leur sort

    Au Yémen, les orphelins sont laissés à leur sort (Reuters)

    Plongé dans la guerre civile depuis deux ans, le Yémen est frappé également par la famine. Rien ne semble apaiser les deux parties qui s'opposent

    Le Yémen est un trou noir que seuls des chiffres effrayants viennent tristement éclairer. Deux ans après avoir été chassé de la capitale Sanaa par les rebelles Houthis , Abd Rabbo Mansour Hadi reste le président "légitime" mais réside le plus souvent à Ryad, en Arabie saoudite. Il est devenu le spectateur impuissant et lointain de ce que certains appellent "le bourbier yéménite". Selon les toutes dernières estimations de l'ONU, les combats auraient fait plus de 10.000 morts, majoritairement des civils dont au moins 1.546 enfants,dans un pays où près de 50% des 27 millions d'habitants ont moins de 18 ans. De son côté le Haut Commissariat aux Réfugiés (UNHCR), rappelle que 21 millions de Yéménites, soit 82% de la population, sont dans un besoin urgent d'assistance humanitaire. Il y aurait en outre près de trois millions de déplacés.

    A l’initiative de Handicap International, six organisations humanitaires françaises non gouvernementales (ONG) - Médecins du Monde, Care, Solidarités international, Première urgence internationale et Action contre la Faim - sont montées au créneau cette semaine, après l’annonce de l’ONU invoquant  "la pire crise humanitaire" et "un grave risque de famine" pour ce pays, déjà l’un des plus démunis au monde. Onze millions de personnes vivent dans les zones disputées où les combats font rages. Les Nations-Unies font état de 325 attaques, soit près d’un bombardement par jour que Jean-Pierre Delomier, directeur de l’action humanitaire de Handicap, dénonce comme "la preuve d’un mépris absolu pour la vie des civils". L’organisation CARE s’alarme "des zones grises" où la famine aurait frappé et Médecins du Monde rappelle que "les humanitaires sont confrontés chaque jour à la détresse des civils sans accès aux soins". Aujourd'hui, vingt et un million de Yéménites vivent sous assistance humanitaire et près de 3,5 millions de jeunes sont déscolarisés. Soit le double en deux ans. "Toute une génération risque de voir son avenir compromis", a prévenu la porte-parole du Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) pour le Yémen, Shabia Mantoo.

    Sept trêves depuis le début du conflit

    Les frappes aériennes n'épargnent pas les pêcheurs nombreux dans la région. Toujours selon le UNHCR, les petites embarcations sont visées sans sommation. Le 15 mars, un hélicoptère Apache a pilonné un bateau de pêcheur près de la côte de Al Hudaydah, faisant deux morts et en blessant cinq autres. Un autre bateau a été pulvérisé par un missile, dans la même région et le même jour cinq pêcheurs ont péri, touchés par un missile de la Coalition, commandée par l'Arabie saoudite et parti-prenante du conflit depuis le 26 mars 2015, près de la côte de Ad Durayhimi, toujours dans le district de Al Hudaydah.

    Il y a eu sept trêves arrangées par l'ONU depuis le début du conflit et l'ex-Secrétaire d'Etat américain John Kerry. Mais selon l'ONU, les belligérants refusent de négocier. L'enjeu est crucial pour les Saoudiens qui cherche ainsi à contrer leur grand rival iranien, accusé de soutenir les rebelles Houthis. Barack Obama n'était pas très bien disposé à leur égard et ils semblent compter davantage sur Donald Trump qui semble mieux disposé à leur encontre. Jusqu'à présent, Washington fournit les armes à la coalition et l'assiste en ravitaillement aérien et en renseignements. La question est de savoir si l'administration Trump va augmenter cette aide. Ce qui serait perçu selon Joost Hiltermann et April Alley de l'International Crisis Group, "comme un signal fort de sa déterminationface à l'Iran".

    L'ancien Président Ali Abdallah Saleh s'est rallié aux Houthis alors que pendant longtemps il les a combattus.

    Saleh avait été obligé de laisser sa place en 2012, après un accord politique passé avec les Saoudiens qui lui garantissaient en échange l’immunité à vie. Il n'a clairement pas abandonné l'idée de revenir au centre du jeu politique yéménite. Pendant ce temps-là, le Président "légitime" Hadi campe sur ses positions et affirme qu'il ne remettra le pouvoir qu'à un "président élu". Deux ans, jour pour jour, après le début du conflit, il persiste à exiger une reprise du processus politique.

    Karen Lajon - leJDD.f

    Lire aussi :

    Yémen : lourdes pertes pour la coalition arabe

    Le Yémen, la guerre oubliée?

    http://www.lejdd.fr/

  • Guerre au Yémen : la France finance le conflit… et empoche 455 millions d’euros (Anti-k)

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    François Hollande vient de donner son accord pour vendre à l’Arabie saoudite des armes en masse dans le cadre de la guerre au Yémen où sunnites et chiites se déchirent.

    Un contrat de près de 455 millions d’euros suffisant pour fermer les yeux sur l’horreur de la situation… et de l’intervention saoudienne.

    Yémen : un conflit entre sunnites et chiites

    Depuis près de deux ans, le Yémen est en proie à un conflit interne entre le gouvernement de Sanaa et les rebelles houtis. Ce conflit dépasse largement les frontières nationales puisque les puissances présentes au Moyen-Orient alimentent le conflit de leur soutien et se livrent une guerre par procuration. Dans le camp des houtis, c’est l’Iran chiite qui finance la guerre tandis que la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et soutenue par les États-Unis entend remettre en selle le président Abd Rabbo Mansour Hadi, d’obédience sunnite.

    Les conflits au Yémen font rage et touchent sans distinction les combattants, les populations civiles, les hôpitaux et les écoles.

    Le nombres de victimes de raids aériens sur des hôpitaux est astronomique à l’image de celui qui a fait 140 morts et 500 blessés en octobre 2016 ou celui perpétré par les États-Unis au mois de janvier dernier. Alors que les violations des droits les plus élémentaires sont monnaie courante dans ce conflit, que de nombreuses associations comme Amnesty International dénoncent l’implication des États-Unis et du Royaume-Uni dans la coalition, la France fait la sourde oreille à propos des souffrances des civils et n’écoute que l’appel des profits que la vente d’armes peut lui rapporter. Avec près de 20 milliards d’euros de matériel vendu en 2016, la France a battu son précédent record de 17 milliard atteint en 2015. Elle entend donc consolider sa place dans le trio mondial d’exportateurs d’armes.

    Saudi-French Military Contract : 455 millions d’euros de contrat d’armement

    Les relations commerciales en matière d’armement entre la France et la pétromonarchie du golfe remontent, pour la période récente, à 2014. Le contrat Donas, signé par l’Arabie saoudite et la France au profit du Liban s’est finalement mué en achat direct d’armes pour le compte du principal pays de la péninsule arabique. D’un montant de 3 milliard d’euros, il a déjà fait la joie des industriels français. Aujourd’hui le contrat a été rebaptisé SFMC pour Saudi-French Military Contract. C’est sur ce nouveau contrat que les saoudiens ont entrepris de refaire leur stock d’armement pour une somme qui atteint actuellement les 455 millions d’euros mais qui pourrait, à terme, représenter 1,2 à 1,4 milliard d’euros.

    Dans ces conditions, pas question de faire perdre de juteux contrats en munitions et canons à Nexter et Thalès TDA Armements. Pourtant, la procédure de transfert des armes dans le golfe n’a pas été facile et il a finalement fallu qu’Hollande mette un terme aux réticences de Cazeneuve et du Quai d’Orsay et tranche en faveur de l’autorisation de la vente d’armes à l’Arabie saoudite. C’est donc la ligne du ministère des Finances, toujours près à rendre service aux grands groupes, et de celle Le Drian, toujours près à combattre le terrorisme en finançant les pires dictatures, qui l’a emporté.

    Pour masquer un financement ouvert du conflit, le contrat a été rédigé dans des termes qui ne laissent pas entendre qu’il finance une guerre d’influence locale, alors que les armes une fois livrées y serviront sans aucun doute. Une partie des fournitures est directement destinée à la garde nationale qui n’intervient pas en dehors du pays et les munitions livrées le seront sans qu’on s’inquiète de leur usage, bien que la quantité commandée indique un besoin supérieur aux demandes ordinaires de Riyad.

    Dans le domaine des règles commerciale comme dans celui des droits démocratiques, la France fait une fois de plus la démonstration qu’elle se moque éperdument de celles qu’elle s’enorgueillit de respecter et de promouvoir. En dépit de la ratification du traité sur le commerce des armes qui interdit la vente d’équipements militaires s’il est avéré qu’ils serviront à perpétrer des violences contre les civils, la France finance bel et bien une guerre ouverte qui la conforte dans sa position de puissance industrielle et militaire d’envergure internationale.

    Boris Lefebvre mercredi 22 mars

    http://www.anti-k.org/

    http://www.revolutionpermanente.fr/

    Commentaire:

    Anti-k est le site de la Commission Economie du NPA. Révolution Permanente est un courant interne du NPA.

     

     

  • Yémen : De la guerre à la famine (NPA)

    C’est une guerre largement oubliée ici mais qui sévit depuis plusieurs années. Mais les humanitaires y pensent, par la force des choses...

    Ainsi, dans ce pays d’environ 26 millions d’habitantEs, deux millions de personnes dépendaient d’une aide alimentaire d’urgence fin janvier. Fin février, c’est même le chiffre de 7,3 millions de personnes qui a été évoqué auprès des Nations unies, qui chiffraient le besoin d’aide urgentissime à 1,7 milliard de dollars. Le 26 janvier, le dirigeant des opérations humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, évoquait « la plus grande urgence pour la sécurité alimentaire dans le monde ». 14 millions de Yéménites ont par ailleurs besoin d’un soutien alimentaire venu de l’extérieur. Les réserves de blé du pays sont en train de s’épuiser, et 2,2 millions d’enfants souffrent de malnutrition, soit une augmentation de + 53 % par rapport à la situation de 2015.

    C’est essentiellement le blocage des ports du pays qui est responsable de cette situation catastrophique, ainsi qu’un arrêt des transactions des banques avec le Yémen, alors que ce pays dépend largement des importations. Dans un rapport élaboré par un groupe d’experts des Nations unies rendu public fin février, il est écrit que « toutes les parties (du conflit armé) ont fait obstacle à la distribution de l’aide alimentaire dans le pays »...

    Ces parties belligérantes sont essentiellement d’un côté une coalition menée par l’Arabie saoudite (soutenue par les monarchies arabes et notamment les Émirats arabes unis), et de l’autre une alliance de circonstance entre l’ex-président Ali Abdallah Saleh (déchu en 2012 suite à une révolte dans le contexte du « printemps arabe ») et des miliciens chiites.

    Alors que pendant ses années au pouvoir (1979 à 2012), Saleh s’était surtout appuyé sur l’Arabie saoudite voisine et les USA, une fois évincé, il s’est rappelé qu’il était lui-même chiite... Et alors qu’il avait combattu le groupe armé des houthistes, une rébellion de type intégriste issue de la minorité chiite du pays, il s’est rapproché de ces mêmes houthistes après son remplacement au palais présidentiel par son ancien vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi (élu en 2012 lors d’une élection où il fut le seul candidat...).

    Le jeu des puissants

    L’alliance Saleh-houthistes a conquis une large partie du pays en 2014, ce qui a déclenché en mars 2015 une intervention militaire de l’Arabie saoudite appuyée par des régimes arabes sunnites. La guerre, dont le nombre de morts civils était chiffré à 10 000 fin 2016, a donc pris des allures de conflit confessionnalisé. Mais c’est aussi une lutte d’influence entre le régime saoudien et son grand rival chiite, le régime iranien, soupçonné d’appuyer les houthistes.

    La coalition dirigée par le régime saoudien bloque les ports du pays, surtout ceux de la Mer rouge, ce qui empêche les importations alimentaires d’entrer. Le principal port, celui de Hodeida, est toujours tenu par les houthistes, alors que le président Rabo a pu reprendre celui de Moka.

    Les USA, qui se contentaient jusque-là d’appuyer les monarchies du Golfe (alors que l’Arabie saoudite est aussi armée par la France et l’Allemagne), se sont mêlés du conflit ces dernières semaines. Les Saoudiens sont soupçonnés de complaisance avec les forces djihadistes sunnites, Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA) et dans une moindre mesure Daesh opérant dans le pays.

    Or, depuis l’arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, les USA ont bombardé les combattants d’AQPA. Le 29 janvier, un premier raid étatsunien contre une mosquée et un dispensaire à Yakla a tué 57 personnes... dont au moins 16 civils. Et le Yémen figure aussi sur la liste des pays – initialement sept, désormais six puisque l’Irak a été retiré de la liste – dont les ressortissants sont interdits d’entrée aux USA par l’administration Trump...

    Bertold du Ryon


  • Yémen. La coalition dirigée par l’Arabie saoudite utilise des armes à sous-munitions brésiliennes contre des zones résidentielles (Amnesty)

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    Amnesty International a confirmé de nouveaux éléments qui attestent que la coalition dirigée par l'Arabie saoudite a récemment tiré des roquettes fabriquées au Brésil qui contiennent des armes à sous-munitions interdites, frappant trois zones d'habitation et les terres agricoles alentour au centre de la ville de Saada. Cette attaque a blessé deux civils et causé des dégâts matériels.

    Elle s'est déroulée le 15 février 2017 à 22h30. Il s'agit de la troisième utilisation confirmée d'armes à sous-munitions de fabrication brésilienne, recensée par Amnesty International au cours des 16 derniers mois.

    « La coalition dirigée par l'Arabie saoudite justifie de manière absurde l’usage d'armes à fragmentation en affirmant qu'elle respecte le droit international, malgré les preuves concrètes de pertes en vies humaines parmi la population civile prise au piège du conflit, a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches au bureau régional de Beyrouth.

    « Les armes à sous-munitions sont non-discriminantes par nature et infligent des pertes inimaginables aux civils. Le droit international humanitaire coutumier en interdit l'usage en toutes circonstances. À la lumière des preuves qui s'accumulent, il est urgent que le Brésil adhère à la Convention sur les armes à sous-munitions et que l'Arabie saoudite et les membres de sa coalition cessent d'utiliser ces armes. »

    Les armes à sous-munitions sont non-discriminantes par nature et infligent des pertes inimaginables aux civils.
    Lynn Maalouf, directrice des recherches au bureau régional de Beyrouth

    Au lendemain des tirs de roquettes, Amnesty International a interrogé huit habitants, dont deux témoins – dont l'un a été blessé au cours de l'attaque. Elle s'est également entretenue avec un militant local et a analysé des preuves photos et vidéos fournies par l'organisme national de déminage, le Yemen Executive Mine Action Centre (YEMAC), qui a inspecté le site dans la demi-heure qui a suivi l'attaque.

    Les employés du YEMAC ont confirmé l'utilisation du même type d'armes à sous-munitions lors d'une autre attaque qui s'est déroulée fin janvier dans le directorat d'Abdeen, à cinq kilomètres au sud de la ville de Saada.

    Des zones d’habitation touchées

    Selon des témoins et des habitants, les roquettes ont frappé des zones d'habitation à Gohza, al Dhubat et al Rawdha, et des sous-munitions ont également atterri sur des maisons d'al Maallah et d'Ahfad Bilal, ainsi que sur l'ancien et le nouveau cimetière situés au centre de la ville, et sur les fermes environnantes.

    Latifa Ahmed Mueed, 22 ans, a raconté l'attaque contre Ahfad Bilal, qui s'est déroulée alors qu'elle se trouvait chez elle. Elle dormait avec son époux Talal al Shihri, son bébé de trois mois Hasan et son fils de trois ans Hussain.

    « La bombe s'est abattue sur la maison, et a pénétré dans la chambre par le plafond. Elle a laissé un grand trou rond dans le plafond. À ce moment-là, nous avons entendu une forte explosion et quelques secondes plus tard, la bombe explosait dans la chambre et nous avons été blessés. Trois autres bombes ont explosé à l’extérieur... Les enfants n'ont pas été blessés, mais étaient sous le choc... Mon mari a été blessé au pied par des éclats d'obus, et moi au pied gauche, et nous sommes allés le soir-même à l'hôpital d'al Salam. »

    La bombe s'est abattue sur la maison, et a pénétré dans la chambre par le plafond. Elle a laissé un grand trou rond dans le plafond. [...] Trois autres bombes ont explosé à l’extérieur... Les enfants n'ont pas été blessés, mais étaient sous le choc... Mon mari a été blessé au pied par des éclats d'obus, et moi au pied gauche
    Latifa Ahmed Mueed, rescapée d'une attaque aux armes à sous-munitions

    Il y a quatre mois, lorsque leur maison de Baqim, à 12 kilomètres au sud de la frontière saoudienne, avait été touchée par une bombe, la famille avait fui, parcourant 78 kilomètres pour rejoindre la ville de Saada.

    « Nous avons dû fuir notre maison de Baqim lorsqu'elle a été bombardée. La bombe est arrivée directement dans notre salon et a détruit l’habitation. Tout le monde a dû quitter la zone. Les bombardements étaient incessants. Nous sommes partis deux-trois mois après la frappe sur notre maison... Nous sommes partis à pied vers Saada et avons marché 20 kilomètres. J'étais enceinte de six mois à ce moment-là, et une voiture s'est arrêtée pour nous conduire jusqu'à Saada. »

    Un habitant d'al Maallah, l'une des zones touchées par l'attaque, a raconté à Amnesty International avoir entendu une forte explosion.

    « J'ai entendu une détonation très forte. Et juste après, j'ai entendu des sons très intenses, comme si quelque chose se répandait. C'était très rapide, cela a duré 20 à 30 secondes. »

    Le responsable de la 12e équipe du YEMAC, Yahya Rizk, a raconté à Amnesty International la visite de son équipe dans les quartiers d'al Rawdha et d'Ahfad Bilal.

    « Nous avons trouvé un disperseur et une sous-munition non explosée à al Rawdha. Al Rawdha est un quartier à forte population, où des bombes [sous-munitions] ont fracassé les toits de deux maisons. Une bombe a transpercé le toit et a blessé un homme et son épouse à Ahfad Bilal – l’engin est tombé dans leur chambre [vers] 23 heures. Ils ont été conduits à l'hôpital pendant la nuit. Ce sont surtout les propriétés, les maisons et les voitures qui ont subi des dégâts. Nous avons constaté 12 traces d'impact à al Rawdha, à côté des fermes fruitières. Et 12 ou 13 à Ahfad Bilal. Nous avons découvert une bombe [sous-munition] non explosée à al Rawdha qui est tombée d'un arbre et a atterri sur le sol ; nous l’avons photographiée. »

    L'équipe du YEMAC a confirmé avoir fait des recherches dans des zones à forte population de Gohza, où elle a constaté des traces d’impact et des dégâts sur les maisons. Yahya Rizk a déclaré : « Les bombes [sous-munitions] ont atterri sur les porches et entre les maisons. Elles ont toutes explosé et personne n'a été blessé. Cependant, toutes les fenêtres étaient brisées et jusqu'à 30 voitures endommagées. »

    En se fondant sur la description de l'équipe du YEMAC et après avoir examiné des photos et des vidéos des suites de l'attaque, notamment les photos de disperseurs et d'une sous-munition non explosée, Amnesty International a pu identifier les fragments de l’arme utilisée lors de l'attaque : il s’agit d’un missile sol-sol ASTROS II.

    L’ASTROS II, un système de lance-roquettes multiple monté sur un camion, est fabriqué par l'entreprise brésilienne Avibrás. L’ASTROS II peut tirer plusieurs roquettes de suite à brefs intervalles, et chaque roquette peut être équipée au maximum de 65 sous-munitions et possède un rayon d’action pouvant atteindre les 80 kilomètres, selon le type de roquette.

    Le site Internet de l’entreprise le décrit comme « un système d’armement stratégique ayant un fort pouvoir dissuasif. »

    Des preuves qui s'accumulent

    Amnesty International a recensé la première utilisation connue de ces types d'armes à sous-munitions au Yémen le 27 octobre 2015 à Ahma, au nord de Saada. Elles ont blessé au moins quatre personnes, dont une fillette de quatre ans.

    En mai 2016, Amnesty International a découvert de nouveaux éléments attestant de l’utilisation du même type d'armes à sous-munitions dans des villages à 30 kilomètres au sud de la frontière saoudienne à Hajjah. Pas plus tard qu'en décembre 2016, Human Rights Watch a également recueilli des informations sur l'utilisation d'armes à sous-munitions fabriquées au Brésil dans la ville de Saada.

    À ce jour, Amnesty International et Human Rights Watch ont recensé l'utilisation de sept types d'armes à sous-munitions libérées dans l’air ou tirées depuis le sol, fabriquées aux États-Unis, au Royaume-Uni et au Brésil. La coalition a reconnu utiliser des armes à sous-munitions britanniques et américaines dans le cadre d'attaques au Yémen.

    « Combien de civils doivent-ils encore être tués et blessés ou voir leurs biens détruits par ces armes interdites par le droit international, avant que la communauté internationale ne condamne l'utilisation d'armes à sous-munitions par la coalition que dirige l'Arabie saoudite et ne fasse pression sur les membres de cette coalition pour qu'ils adhèrent immédiatement à la Convention sur les armes à sous-munitions ? »

    COMPLÉMENT D’INFORMATION

    Les munitions à fragmentation contiennent entre des dizaines et des centaines de sous-munitions, qui sont libérées dans l’air, et se répandent sans discrimination sur une large surface pouvant mesurer des centaines de mètres carrés. Elles peuvent être larguées ou tirées depuis un avion ou, comme dans ce cas, projetées depuis des roquettes sol-sol.

    Les sous-munitions ont par ailleurs un taux de non explosion élevé – ce qui signifie qu’un fort pourcentage d’entre elles n’explosent pas à l’impact, et deviennent de fait des mines antipersonnel qui représentent une menace pour les civils des années après leur déploiement. L’utilisation, la production, la vente, et  le transfert de munitions à fragmentation sont prohibés par la Convention de 2008 sur les armes à sous-munitions, signée par près de 100 États.

    Le 19 décembre 2016, l'agence de presse étatique saoudienne a déclaré que le gouvernement saoudien avait décidé d'arrêter l'utilisation des  armes à dispersion BL-755 de fabrication britannique, tout en affirmant que « le droit international n'interdit pas l'utilisation des armes à sous-munitions » et que, si certains États sont parties à la Convention sur les armes à sous-munitions, « le royaume d'Arabie saoudite et tous les alliés au sein de la coalition ne sont pas membres » de cette Convention. Il a ajouté que la coalition avait utilisé des armes à sous-munitions britanniques contre des « cibles militaires légitimes », que ces armes n'étaient « pas déployées dans des zones résidentielles civiles » et que la coalition « a pleinement respecté les principes du droit international humanitaire de distinction et de proportionnalité ».

    Amnesty International a connaissance de la présence d'un objectif militaire, la base de Kahlan, à trois kilomètres au nord-est de la ville de Saada, mais la présence d'un objectif militaire ne saurait justifier l'utilisation d'armes à sous-munitions interdites par le droit international – particulièrement dans des quartiers civils fortement peuplés. S’il est vrai que le Brésil, le Yémen, l'Arabie saoudite et les membres de sa coalition qui prennent part au conflit au Yémen ne sont pas parties à la Convention, ils sont tenus aux termes du droit international humanitaire coutumier de ne pas utiliser d'armes qui par nature frappent sans discrimination et représentent toujours un danger pour les civils. La règle du droit coutumier qui interdit l'usage d'armes non-discriminantes par nature s'applique en toutes circonstances, y compris lorsque l'intention est de cibler un objectif militaire. 

    Selon le Landmine and Cluster Munition Monitor, qui effectue un suivi sur les mines terrestres et les munitions à fragmentation,Avibrás a vendu ce type d'armes à l’Arabie saoudite par le passé, et Human Rights Watch a recueilli des informations sur leur utilisation par les forces saoudiennes à Khafji en 1991.

    9 mars 2017

    https://www.amnesty.org/

  • Nouveautés sur "Amnesty International"

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    Halte à la torture des détenus en Syrie

    Israël et territoires palestiniens occupés. Le regain d’activité de colonisation témoigne d'un mépris flagrant pour le droit international

    Royaume-Uni. La Haute Cour va examiner les transferts d’armes britanniques vers l’Arabie saoudite durant la guerre du Yémen

    Syrie. Une enquête dévoile les pratiques secrètes du gouvernement à la prison de Saidnaya : pendaisons de masse et extermination

  • Symptômes morbides (Actes Sud)

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    Trois ans après Le peuple veut. Une exploration radicale du soulèvement arabe, Gilbert Achcar analyse le blocage du processus révolutionnaire déclenché en 2010 et le contre-choc régional.


    En Syrie d’abord, il montre comment le soulèvement populaire a été noyé dans les conflits régionaux et souligne l’écrasante responsabilité internationale dans le désastre, qu’il s’agisse des alliés du régime ou de Washington.

    La consolidation des assises du pouvoir et la montée d’un djihadisme dont Daech est le prototype le plus spectaculaire ont contracté l’espace dans lequel s’exprimaient les revendications populaires et imposé l’image d’un pays pris entre deux barbaries. L’intervention militaire russe, épaulant l’offensive terrestre du régime et des milices pro-iraniennes, a rétréci davantage cet espace.

    En Égypte ensuite, le coup d’État du général Sissi, tirant profit de la gestion calamiteuse par les Frères musulmans de leur victoire électorale, a réinstallé au pouvoir les forces dominantes sous Moubarak. L’armée, la police et les services de renseignement prennent leur revanche en réprimant les révolutionnaires, en étouffant les libertés et en acquittant les hommes de l’ancien régime. Mégalomanie, culte de la personnalité, répression de plus en plus féroce, néolibéralisme économique forcené, les ingrédients d’une crise future s’accumulent.

    L’auteur conclut par une réflexion sur les guerres civiles en Libye et au Yémen, sur le compromis tunisien et une évaluation sans complaisance de la situation de la gauche dans le monde arabe.

    Wikipedia

    Gilbert Achcar

    Vendredi 03 février 19h 

    Librairie l'Arbre à Lettres Bastille

    62, rue du Fb. Saint-Antoine

    75012 Paris

    http://www.arbrealettres.com/

    http://www.actes-sud.fr/

  • Yémen. Les hôpitaux et personnels de santé sont attaqués par les forces anti-Houthis à Taizz (Amnesty)

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    Les forces hostiles aux Houthis dans la ville de Taizz (sud du Yémen) mènent une campagne de harcèlement et d’intimidation contre le personnel hospitalier et mettent les civils en danger en postant des combattants et établissant des positions militaires près de centres médicaux, a déclaré Amnesty International mercredi 23 novembre.

    Lors d’une mission à Taizz ce mois-ci, des délégués de l’organisation se sont entretenus avec 15 médecins, ainsi qu’avec d’autres professionnels de la santé, qui ont expliqué que les forces armées anti-Houthis les ont régulièrement harcelés, arrêtés, voire menacés de mort ces six derniers mois.

    « Certains éléments convaincants montrent que les forces anti-Houthis mènent une campagne de peur et d’intimidation contre les professionnels de la santé à Taizz. En postant des combattants et en établissant des positions militaires près de centres médicaux, elles compromettent la sécurité d’hôpitaux et font fi de l’obligation qui leur est faite, aux termes du droit international, de protéger les civils », a déclaré Philip Luther, directeur des recherches et des actions de plaidoyer pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

    « Il est impossible de justifier le fait de harceler des professionnels de la santé ou d’empêcher des médecins d’accomplir leur travail vital. Prendre pour cible des établissements médicaux ou des professionnels de la santé est interdit par le droit international, et ces agissements pourrait constituer des crimes de guerre. »

    Les forces anti-Houthis, aussi connues sous le nom de forces de la Résistance populaire, sont alliées au président Abd Rabbu Mansour Hadi et à la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite.

    Fermeture d’hôpitaux

    Dans au moins trois cas, des hôpitaux ont été fermés à cause de menaces proférées contre leurs personnels. Dans le cas le plus récent, lundi 21 novembre, une faction des forces anti-Houthis a effectué une descente à l’hôpital al Thawra, le plus grand hôpital public de Taizz, en représailles semble-t-il contre le fait que des membres du personnel hospitalier aient prodigué des soins d’urgence à trois combattants houthis blessés.

    Selon les témoins, trois hommes armés ont fait irruption dans un bureau de l’hôpital et menacé de tuer le personnel médical si l’établissement ne fermait pas immédiatement. Ils ont aussi essayé de traîner les deux combattants houthis ayant survécu hors de l’unité des soins intensifs et de la salle de réveil, mais en ont été empêchés par le personnel. Le troisième combattant houthi avait succombé alors qu’il recevait des soins. Cet hôpital ne fonctionne plus que partiellement à l’heure actuelle, ne fournissant que des services d’urgence et de dialyse, malgré la reprise de combats nourris depuis la première semaine de novembre

    « La possibilité pour les blessés - civils ou combattants - d’être secourus et soignés est un principe fondamental du droit international humanitaire. Il est choquant et inacceptable que les forces anti-Houthis s’en prennent au personnel médical parce qu’il fait son travail », a déclaré Philip Luther.

    Les personnels médicaux menacés

    Plusieurs des médecins ont déclaré à Amnesty International que le chaos qui s’est emparé de Taizz a créé un vide sécuritaire les exposant à un danger accru face aux forces anti-Houthis, qui essaient d’exercer le contrôle dans les hôpitaux.

    Un membre du personnel administratif a décrit les forces anti-Houthis comme « l’autorité de fait ». Il a déclaré qu’elles viennent souvent à l’hôpital pour demander que des combattants présentant des blessures de guerre soient soignés. Des médecins ont signalé à Amnesty International que si des combattants anti-Houthis ne sont pas acceptés à l’hôpital en raison d’un manque de place, ils deviennent violents ou insultants. Dans d’autres cas, des professionnels de santé ont indiqué que des médecins ont été forcés à faire leur travail sous la menace d’une arme.

    Selon un docteur de l’hôpital al Jamhouri ayant parlé à Amnesty International, un homme a ouvert le feu à l’intérieur de l’hôpital après avoir appris que son fils, un combattant anti-Houthis présentant une blessure mineure à la jambe, n’avait pas besoin de recevoir de soins d’urgence et qu’un infirmier pouvait s’occuper de lui. Il a blessé des professionnels de santé et tué un patient.

    Des membres du personnel hospitalier ont également indiqué que les hommes armés refusaient de laisser leurs armes dehors et causaient généralement des problèmes à l’intérieur, en insultant les médecins et en ayant des altercations physiques avec le personnel.

    « À des centaines de reprises, [des combattants anti-Houthis] nous ont menacés et ont entravé le fonctionnement de l’hôpital et notre prise de décisions. Lorsque nous nous élevons contre eux, ils menacent de nous tuer », a déclaré un employé administratif placé en détention avec un médecin par des hommes armés après avoir essayé de les empêcher de s’ingérer dans les affaires de l’hôpital.

    Le personnel de l’hôpital al Thawra a par ailleurs déclaré que les forces anti-Houthis ont détourné leur alimentation électrique pour leur utilisation personnelle, perturbant l’approvisionnement en électricité de certains services essentiels.

    Dans d’autres cas, des combattants ont exigé des médicaments et des fournitures, et confisqué certains équipements dans les hôpitaux.

    Des positions militaires proches d’hôpitaux

    Le personnel de l’hôpital al Thawra a déclaré à Amnesty International que des combattants ont établi des positions défensives, notamment en garant des tanks autour de l’établissement, ignorant les demandes du personnel et des autorités locales visant à les en dissuader. Tout cela expose des bâtiments hospitaliers, des professionnels de la santé et des patients à un risque grave d’attaques en représailles de la part des Houthis.

    Le directeur d’al Thawra a déclaré que les agents de sécurité de l’hôpital n’étaient pas en mesure de s’opposer aux membres des forces armés :

    « On compte des dizaines d’hommes armés à l’intérieur de l’hôpital. Est-ce que je dirige un hôpital ou un bataillon ? [...] Ces hommes armés vous créent toutes sortes d’ennuis en dehors de l’hôpital si vous refusez de les laisser entrer. »

    Un médecin qui vivait et travaillait à l’hôpital jusqu’au mois de juillet a déclaré que des combattants lançaient des attaques depuis une zone située juste à côté de l’établissement au moins deux fois par semaine en moyenne.Cela se soldait en retour par de féroces attaques contre l’hôpital et ses alentours par les Houthis.

    Le 28 septembre, un mortier tiré par des combattants houthis a atteint l’hôpital, endommageant ses panneaux solaires, réservoirs d’eau et canalisations, ce qui a amené l’établissement à suspendre temporairement les interventions chirurgicales.

    Un médecin de l’hôpital al Jamhouri a déclaré à Amnesty International :

    « Aucun projectile n’a été tiré depuis [l’intérieur] [...] Il y a trois portails avant d’atteindre l’hôpital - des hommes armés y tiennent la garde. À l’intérieur de l’hôpital, ils ont des hommes mais ils ne sont pas armés [...] Les hommes qui sont dehors ont des armes et des grenades. »

    Il a également déclaré que début novembre une attaque au mortier avait endommagé le toit de l’hôpital et traversé un des étages.

    « À peine 12 mètres séparaient l’endroit où il est tombé du secteur où nous travaillons », a-t-il indiqué, ajoutant qu’une cinquantaine de membres du personnel étaient présents dans la zone à ce moment-là.

    « En postant des combattants et des véhicules militaires à l’intérieur et aux alentours des centres médicaux de Taizz, les forces anti-Houthis mettent en danger civils et personnels hospitaliers, portant ainsi atteinte à un principe fondamental du droit international humanitaire », a déclaré Philip Luther.

    « Les parties au conflit doivent mettre un terme aux attaques ne faisant pas de distinction entre civils et cibles militaires. Elles doivent cesser d’employer de l’artillerie et des mortiers aux alentours des zones civiles, et faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter de positionner des objectifs militaires près de zones densément peuplées, et en particulier des hôpitaux et des centres médicaux. »

    Amnesty International a demandé à plusieurs reprises un embargo total sur les transferts d’armes susceptibles d’être utilisées par l’une des parties au conflit au Yémen. Les forces anti-Houthis sont soutenues par la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite, qui est armée par les États-Unis et le Royaume-Uni.

    L’organisation demande aussi aux autorités yéménites de renforcer la sécurité des établissements médicaux et de protéger le personnel et les patients contre les attaques.

    Complément d’information

    Le manquement au devoir de protéger les hôpitaux et les infrastructures civiles s’avère systématique dans le cadre du conflit au Yémen. En 2015, Amnesty International a vu des combattants des deux camps lancer des attaques depuis l’intérieur ou les alentours d’hôpitaux, et lors d’une mission en juillet 2015 a pu constater les dégâts causés à l’hôpital al Thawra par les bombardements des combattants houthis.

    Aux termes du droit international humanitaire, les centres médicaux doivent bénéficier d’une protection spéciale contre les attaques, et ne doivent pas servir à des fins militaires ni être pris pour cible par les parties au conflit. Ils ne perdent leur droit à cette protection que s’ils sont utilisés à des fins autres qu’humanitaires, pour commettre des actes nuisibles à l’ennemi.

    Soigner des soldats ou combattants blessés correspond au rôle humanitaire que doivent remplir les hôpitaux, et les établissements médicaux ne doivent jamais être attaqués pour cela. Même si un hôpital est utilisé à mauvais escient pour mener des attaques contre l’ennemi, il convient d’émettre une mise en garde préalable, accordant un délai raisonnable, et l’attaque ne peut avoir lieu que si l’avertissement n’a pas été pris en considération.

    Amnesty International a recueilli des informations sur des attaques illégales, y compris des crimes de guerre, commises par toutes les parties au conflit. Lors de leur mission dans l’est de Taizz en novembre 2016, des délégués de l’organisation ont parlé à des témoins - notamment à des professionnels de la santé - et à des victimes d’une attaque lancée par les forces anti-Houthis début octobre ayant visé un marché local connu sous le nom de Sofitel, dans une zone contrôlée par les Houthis. L’attaque a fait au moins trois morts et quatre blessés parmi la population civile.

    23 novembre 2016

    https://www.amnesty.org/