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Révolutions Arabes

  • Algérie : Gagner la bataille des retraites ! (PST)

    Crédit Photo: TSA

    Présentée comme une mesure incontournable pour préserver l’avenir de la Caisse nationale des retraites (CNR), la suppression de la retraite proportionnelle et sans condition d’âge constitue en réalité un choix de classe, celui de faire payer les travailleurs.

    Cette attaque ne se limite pas à la retraite proportionnelle et anticipée, mais annonce la remise en cause future d’autres acquis sociaux des travailleurs et des masses populaires. La veille de la tripartite du 5 juin, le président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) annonçait fièrement à la télévision publique : « Nous allons augmenter l’âge de départ en retraite de 60 ans à 65 ans ».

    Si le gouvernement n’a finalement pas suivi Ali Haddad, c’est par crainte de la réaction des travailleurs qui se sont spontanément mobilisés à Rouiba, Hassi R’Mel, Hassi Messaoud… pour exiger l’annulation de la décision de suppression de la retraite proportionnelle et de la retraite anticipée. Leur protestation a été relayée par 16 syndicats autonomes regroupés au sein d’une coordination nationale pour faire face à la contre-réforme du gouvernement. Les Fédérations nationales de l’UGTA ont refusé la suppression de la retraite anticipée entérinée par le Secrétariat national de leur organisation. Soumis aux pressions de la direction qui relaie les exigences du gouvernement, les responsables de ces Fédérations risquent d’accepter la retraite proportionnelle et la définition des « postes de haute pénibilité » qui diviseront les travailleurs.

    L’enjeu de la bataille des retraites est énorme. La perdre, c’est ouvrir la voie à une remise en cause de l’âge de départ en retraite et, plus généralement, de tout le Code du travail. A l’inverse, remporter la bataille des retraites permettrait d’affaiblir l’offensive des classes dominantes, de renforcer le camp populaire et sa confiance en ses propres forces. Cela est possible.

    Il faut se donner les moyens de remporter la bataille des retraites.

    Cela passe par :

    l’élargissement de la mobilisation des travailleurs à la base par la tenue d’Assemblées générales sur les lieux de travail pour expliquer les enjeux de la contre-réforme des retraites, par l’adoption de motions et déclarations, par des rassemblements publics, par la signature de pétitions…

    le soutien et l’élargissement de la coordination des 16 syndicats autonomes contre les attaques du gouvernement contre les retraites, le Code du travail, le pouvoir d’achat…

    une bataille au sein de l’UGTA pour faire échec aux manœuvres de la bureaucratie syndicale qui tente de faire accepter la suppression de la retraite proportionnelle et la définition de « postes de haute pénibilité ».

    la construction d’une convergence des syndicats autonomes et de l’UGTA autour du refus de la contre-réforme des retraites et du Code du travail. La bataille des retraites doit être l’occasion de rebâtir l’unité des travailleurs et de leurs organisations que les classes dominantes se plaisent à diviser.

    la défense des libertés syndicales et démocratiques qui permettent aux travailleurs et aux masses populaires de résister au rouleau compresseur de la politique néolibérale du pouvoir. Cela passe par la construction d’une convergence de résistance démocratique, antilibérale et anti-impérialiste rassemblant le plus largement possible syndicats, mouvements, associations…

    Lamine Torki

    Extraits, reproduits El Khatwa avec l’autorisation de l’auteur, de la conférence de Nouredine Bouderba intitulée : Du code du travail à la retraite en passant par les transferts sociaux. La remise en cause de l’État social. Alger, le 16 juin 2016.

    Offensive contre les retraites

    Le gouvernement, le patronat et l'UGTA viennent de décider de supprimer la retraite proportionnelle et sans condition d'âge. Les Algériens ne pourront plus faire valoir leur droit à la retraite avant l'âge de 60 ans. […] La retraite anticipée n'est pas supprimée pour

    tous les Algériens puisque les cadres supérieurs de l'Etat et les députés continueront de bénéficier de la retraite sans condition d'âge après seulement 20 ans de cotisation dont 10 à un poste supérieur avec une pension égale à 100 % du meilleur salaire de la carrière qui évoluera au même rythme que ce salaire. Cette décision de suppression a été précédée par une campagne médiatique bien orchestrée menée par le patronat et les experts attitrés des néolibéraux

    sur le vieillissement de la population algérienne et le déséquilibre structurel du système de retraite que seule une "réforme anticipée et courageuse" pourra solutionner.

    Par réforme ils n’entendent pas une augmentation des ressources dont le potentiel est loin d’être épuisé, ce qui aurait mis à contribution les entrepreneurs, mais plutôt une diminution des pensions à travers le relèvement de l’âge de départ à la retraite accompagnée de la suppression ou la restriction de la retraite avant l’âge légal (Retraite proportionnelle et retraite sans condition d’âge). Certains experts proposent même la privatisation graduelle de la retraite à travers l’introduction de la retraite à trois (03) piliers, chère à la banque mondiale et/ou la souscription à des assurances privées.

    La suppression de la retraite avant l’âge légal, une mesure injuste

    Elle va pénaliser avant tout ceux qui ont commencé à travailler tôt. Un travailleur ayant entamé sa carrière professionnelle à l’âge de 16 ans, sera obligé de travailler durant une période allant jusqu’à 44 ans avant de pouvoir partir en retraite. Et comme il a commencé à travailler tôt, cela veut dire qu’il n’a pas eu la chance de poursuivre ses études et sa carrière sera une somme d’emplois d’exécution dans la plupart des cas.

    Or les études internationales montrent que l’espérance de vie à la naissance des ouvriers est inférieure, en moyenne, de sept (7) ans à celle des cadres supérieurs. Au final on sera face à une discrimination indiscutable puisque cet ouvrier va cotiser en moyenne 10 années de plus qu’un diplômé du supérieur pour toucher une pension de retraite durant une période inférieure, en moyenne, de 07 ans à celle de ce cadre. Dans la quasi-totalité des pays, la retraite anticipée permet aux travailleurs d’en bénéficier à un âge, en moyenne, inférieur de 05 à 10 ans avant l’âge légal. Elle est destinée à ceux qui ont commencé à travailler tôt comme […] mais aussi aux travailleurs qui ont occupé des postes pénibles durant une période de leur carrière et aux femmes qui ont élevé plusieurs enfants.Elle est destinée aussi aux travailleurs âgés mis en chômage etc.

    La discrimination sera d’autant plus inacceptable à digérer pour les travailleurs que la deuxième retraite sans conditions d’âge destinée aux cadres supérieurs de l’état et aux députés ne sera pas supprimée. Ces derniers pourront continuer d’en bénéficier après uniquement 20 ans d'activité (dont10 dans un poste supérieur) avec une pension égale à 100 % du dernier salaire (ou le meilleur salaire de la carrière) et qui sera revalorisée dans les mêmes termes que les salaires des titulaires de postes qui sont toujours en activité. Autrement dit un salaire à vie.

    Dans une récente contribution publiée par El Watan et plusieurs autres médias,j'avais souligné : « […] les véritables défis qui s’annoncent pour l’Algérie d’ici 2030 ne seront pas ceux des personnes âgées mais seront liés à la santé, la scolarisation, l’emploi et au logement des nouvelles générations avec une natalité de nouveau galopante. Il ne s’agira pas de faire travailler plus les Algériens mais de les faire travailler tous et il y aura suffisamment d’actifs pour prendre en charge tous les retraités dans le cadre du système actuel basé sur la solidarité et la répartition d’ici 2050 et même au-delà. » J'ajouterais aujourd'hui que nos décideurs seraient plus inspirés d'écouter les cris de détresse de ceux qui triment dans les chantiers pétroliers du sud à 50 °c, ceux de la SNVI qui peinent dans les postes pénibles et au travail à la chaine et les enseignants qui sont fatigués après 32 années de dur labeur avec des classes scolaires surchargées que d'écouter des patrons qui à force de vouloir tirer fort sur la corde risque de la casse ou certains experts qui ne sont motivés que par le désir de faire plaisir au patronat et aux institutions financières internationales mais qui ne connaissent rien de l'Algérie profonde.

    Déséquilibre financier de la retraite : Ni structurel ni lié à l’âge de départ

    En 2015 la CNR n’a pu faire face à ses engagements vis-à-vis des retraités qu’après une ponction de 125 milliards DA sur le Budget de la CNAS (entre autres) dans le cadre de la « solidarité inter-caisses » et l’augmentation de la part des cotisations affectée à la retraite de 17.25 % à 18.25 % au détriment des assurances sociales de la CNAS dont le taux est passé de 14 à 13 % (un différentiel de 27 milliards DA).

    En 2016, sur injonction des pouvoirs publics, la CNAS devra encore verser à la CNR 200 milliards DA soit un manque à gagner total de 230 milliards DA représentant l’équivalent de 61 % du montant des prestations sociales de la CNAS. Ces ponctions se font bien sûr au détriment de la couverture médicale des assurés sociaux et du remboursement des actes médicaux et des médicaments.

    Sans apporter une réponse durable au problème d’équilibre des comptes de la CNR, ces transferts mettent à rude épreuve l’équité de la solidarité intergénérationnelle qui caractérise le système de sécurité sociale en Algérie. En 2015 le nombre de salariés selon l’ONS est de 7.4 millions alors que le nombre de cotisants, selon les chiffres de la CNAS, n’est que de 5.1 millions. Soit un déficit de cotisations pour 2.3 millions de salariés. Une autre approche basée sur la masse salariale nationale de 2015 dont le montant avoisine les 4 670 milliards DA nous donnent des recettes potentielles pour la CNR de l’ordre de 850 milliards DA (taux de cotisation 18.25 %). Ce qui aurait largement couvert l'ensemble des dépenses de la CNR dont les prestations qui se sont élevées à 625 milliards DA en 2015 sans compter les recettes provenant du trésor pour couvrir les dépenses de solidarité nationale. Pour l’année 2015, le manque à gagner (différence entre les recettes potentielles et les recettes réelles) pour la CNAS et la CNR (pour le secteur formel uniquement) s'élève à 400 milliards DA.

    Vieillissement de la population algérienne : Un mensonge

    Le discours sur le « vieillissement » de la population et le « choc démographique » qui guetterait l’Algérie en 2025 « avec l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération « baby‐boom » née dans les années 1970‐1980 » est un discours de propagande et n'est appuyé par aucune étude récente quiintègre les dernières évolutions démographiques qui mettrait en évidence ce vieillissement. […] S'il est vrai que l’espérance de vie de la population algérienne s'est améliorée dans notre pays (77.1ans en 2015) elle ne peut être comparée à celle observée dans les sociétés « vieillissantes » à l'exemple du Japon, la France, l’Espagne, l’Italie etc.… ou sa moyenne dépasse les 82 ans. […]

    En 2015 la proportion de la population algérienne âgée de plus de 60 ans était de 8.7 % soit trois fois moins la proportion de ce groupe d’âge dans les pays de l'Union européenne ou de l'OCDE. […] En 2015 toujours pour une personne âgée de plus de 60 ans, l’Algérie compte 07 personnes âgées de15 à 59 ans contre 2,5 dans les pays développés. Pourtant dans ces derniers pays on observe, sur lapériode 1960‐2000, une baisse continue de l’âge de départ à la retraite alors que l'indicateur de dépendance des personnes âgées était, durant cette période, plus défavorable que celui projeté pour l'Algérie à l’horizon 2030

    Consolidation du système des retraites : Un autre choix est possible

    Premièrement,[…] il ne s’agit pas de faire travailler plus les Algériens mais de les faire travailler tous. En 2015 avec 10.6 millions d’occupés le taux d’emploi global est seulement de 37.1 % et celui des femmes particulièrement bas (13.6 %). Le nombre officiel des chômeurs est de 1.34 millions auxquels il faut ajouter 1.94 millions de « découragés » mais néanmoins désirant travailler et non classés comme chômeurs par l’ONS.

    La population « inactive» s’élève à 16.6 millions dont 3.7 millions d’étudiants et 3.5 millions âgés de plus de 60 ans. Ce qui nous donne 9.4 millions d’«inactifs » (dont 8 millions de femmes) âgés entre 15 et 59 ans qui ne sont ni étudiants, ni dans l’emploi, ni dans le chômage. Voilà un réservoir de forces potentiellement actives mais inexploitées qui montre que le profil démographique de l’Algérie est une aubaine à saisir et non celui d’une société vieillissante. Seule la relance de la croissance boostée par les investissements productifs et créateurs de richesses pourra valoriser ce potentiel.

    Deuxièmement : Sur les 10.6 millions d’occupés les salariés, avec 7.4 millions, en représentent 69.8% et « les indépendant » 30.2 % (soit 3.2 millions). En 2015 seulement cinq (5.1) millions de salariés cotisaient à la CNAS et 300 000 indépendants cotisaient à la CASNOS. Soit 5 millions de non cotisants selon les chiffres des caisses et 4.1 millions de non affiliés selon les statistiques de l’ONS.

    L’année 2015 devait être celle du recouvrement selon le ministre du Travail. Des mesures législatives ont été prises dans ce sens. Depuis malgré l’expiration des délais aucun bilan n’est fourni et les prévisions budgétaires des caisses ne reflètent pas une amélioration. Seule une volonté réelle de lutte contre la non déclaration des salariés les sous-déclarations des salaires accompagnée de l‘élimination des différences exonérations de cotisations accordées aux entrepreneurs peut améliorer le taux de couverture et les équilibres du système de sécurité sociale.

    En sus des dépenses de revalorisation et de solidarité nationale (Indemnités complémentaires des pensions Minimum et complémentaires dont celles des moudjahidines) et de revalorisation la contribution de l’Etat à la prise en charge des dépenses de la CNR pourrait être envisagée pour couvrir notamment les pensions de retraite avant l’âge (servies avant 60 ans) avec remboursement à la CNR des sommes servies dans ce cadre par le passé. Dans tous les pays au monde la contribution des Etats aux dépenses de sécurité sociale est réelle et souvent importante.

    Des ressources fiscales additionnelles pourraient être instituées au profit des caisses des salariés : impôts sur les fortunes et le patrimoine, impôt sur les dividendes, sur-taxations des activités économiques polluantes ou sources de maladies professionnelles et d’accidents de travail ainsi que celles à faible intensité de main d’œuvre, affectation à la S.S. d’une partie de la TVA et des droits de douane institués par la loi de finances 2016 pour protéger la production nationale…

    Mettre fin au financement par la CNAC (elle-même financée par les cotisations des salariés) de la politique de l’emploi qui relève de l’Etat. Le hic est que la totalité des bénéficiaires du dispositif CNAC ne sont pas affiliés à la CNAS. L’arrêt de ces transferts pervers permettra aux caisses des salariés d’économiser annuellement 40 milliards DA. De plus le remboursement par l’Etat des dépenses passées pourrait être envisagé. Le taux des cotisations sociales dans 12 pays européens au moins dépasse 35 % et la part patronale y est supérieure à 25 % dans au moins 08 d’entre eux. Aucune étude sérieuse n’est venue étayer les affirmations qu’une éventuelle augmentation de ce taux mettrait en péril l’emploi en Algérie. Une augmentation progressive (sur 05 ans) de trois (03) points (dont 2 à la charge de l’employeur)pourrait être envisagée. L’impact sur le pouvoir d’achat des travailleurs aux revenus moyens pourrait être compensé par une réduction de l’IRG.

    Au 31 décembre 2014 les créances totales des caisses des salariés s’élevaient à 251 milliards DA dont l’état devait être garant. Le recouvrement de ces créances dans l’immédiat permettra de renflouer les réserves des caisses.

  • Algérie : “Comment sortir de l’impasse libérale, antisociale et antinationale” (PST)


    Abdelatif Rebah lors des rencontres-débats du PST.

    “Comment sortir de l’impasse libérale, antisociale et antinationale est l’intitulé de la conférence débat présentée le jeudi 30 juin 2016, au siège national du PST à Alger, par Abdelatif Rebah, enseignant chercheur en économie et militant de l’ex-PCA, le Parti communiste algérien.

    Le conférencier a hypnotisé l’assistance qui lui était tout acquise. Dans un silence de cathédrale, les invités du PST tendaient une oreille très attentive à l’exposé de Rebah qui était méthodique et précis. Programmée à 22h jeudi, la conférence, et les débats enflammés qui s’en sont sui- vis, ne s’est achevée qu’après 2h du matin (le vendredi). Une soirée des plus réussies du PST dont les activités ramadanesques ont drainé plein de monde avide de débat et d’échange dans cette conjoncture difficile.

    Abdelatif Rebah, économiste, a fait œuvre de déconstruction des politiques et discours libéraux dont l’impasse structurelle entraîne, à ses dires, inexorablement, le pays vers l’apocalypse. «Les libéraux nous disent qu’il n’y a pas de plan B, professe-t-il, que c’est le sentier libéral qui est dans l’impasse et non pas le libéralisme lui-même (…). Ils nous imposent un débat circulaire pour éviter de toucher à l’essentiel et de continuer à agir par parades, par rajouts, par mesures conjoncturelles. Car ce qui se pra- tique aujourd’hui en Algérie n’est rien d’autre qu’une politique de gestion de l’impasse. Le gouverne- ment fait tourner le ballon. Et à trop gérer l’impasse, on risque de perdre aussi bien le ballon que l’Algérie.» Pour Rebah, l’impasse structurelle du choix libéral incite les libéraux algériens à forcer le passage : «La contrainte extérieure est instrumentalisée par le gouvernement.

    Elle sert de prétexte à la normalisation, au retour des ces bons samaritains que sont les FMI et Banque mondiale (…). Ce qu’ils nous proposent, c’est de discuter des marges de manœuvre comme s’il pouvait y en avoir dans cette configuration libérale ; le gouvernement demande un autre chèque en blanc or l’impasse est structu- relle et ce que celle-ci nous an- nonce comme scénario catastrophe est pire que la Libye ou la Syrie, c’est la dislocation du tissu social et de cet espace national en forma- tion.» Auteur — entre autres — de Economie algérienne : le développement national contrarié (Inas Editions, 2011), Rebah analysera les «mutations systémiques» opérées et mettra à nu ces «transitions masquées» vers le libéralisme effectuées dans le sang et les larmes.

    «Le summum de ces transitions masquées fut atteint durant les années 1990, la décennie noire où un pouvoir de l’ombre, un pouvoir dans l’ombre a piloté un train de transformations libérales.» Aujourd’hui encore, souligne-t-il, il s’agit encore d’achever l’œuvre de « déconstruction » de l’entreprise de développement national. «Parler des réformes chez nous n’est qu’un paravent du Consensus de Washington», appellation donnée à ce corpus de mesures standard pour économie en difficultés prescrites par le FMI et la BM. Puisant profond dans l’histoire, l’universitaire épiloguera sur les limites objectives du mouvement national.

    «Le PPA, le Parti du peuple algérien a été un parti plébéien, mais ses dirigeants étaient pour la plupart des moyens et/ou de petits propriétaires.» «Et l’Algérie, ajoute-t-il, n’est venue au socialisme qu’à reculons. Et à la mort de Boumediène, son entourage était pressé de démanteler l’option socialiste qui a été et demeure un véritable casse- tête pour eux car seul le socialisme est à même de défendre l’indépendance nationale alors que la mondialisation capitaliste n’offre à l’Etat national que le suicide comme choix.»

    L’entrave au projet libéral, réitère Rebah, a été l’histoire. «132 ans de colonisation, de libéralisme n’ont pas développé l’Algérie (…)», oppose-t-il en argument massue aux divagations d’un gouvernement Sellal se voulant plus royaliste que le roi. «Et jusqu’à aujourd’hui, l’histoire, Novembre 1954 constituent l’entrave au libéralisme. La force motrice de la libération a été, ne l’oublions pas, la paysannerie. C’est la paysannerie qui a libéré l’Algérie.»

     

     
  • Mahmoud Rechidi. Secrétaire général du Parti socialiste des travailleurs «La rentrée sociale se fera sous le signe des luttes unitaires» (PST)

    Mahmoud Rechidi. Secrétaire général du Parti socialiste des travailleurs (PST) «La rentrée sociale se fera sous le signe des luttes unitaires»

    Mahmoud Rechidi. Secrétaire général du Parti socialiste des travailleurs (PST)

    «La rentrée sociale se fera sous le signe des luttes unitaires»

    Dans cet entretien, le secrétaire général du PST qualifie les dernières lois du gouvernement relatives au remodelage du code électoral et au système des retraites, ainsi que la multiplication des atteintes aux libertés démocratiques, de la presse et d’organisation, de «dérives autoritaires». Pour lui, elles participent d’une escalade qui «intervient dans un contexte de crise de succession à la tête du régime». Rencontré en marge de la tenue de l’université d’été du PST à Aokas (Béjaïa), Mahmoud Rechidi invite à une convergence des luttes et à travailler «patiemment» pour l’éveil des consciences et au dépassement du corporatisme.

     

    On assiste depuis quelque temps à une multiplication des actes de répression et d’atteinte à la libre expression dans le pays, où la presse indépendante est particulièrement ciblée. Comment peut-on qualifier ce verrouillage du champ des libertés démocratiques ?

    La répression et les atteintes aux libertés démocratiques auxquelles nous assistons ces derniers temps constituent une escalade supplémentaire dans la dérive autoritaire qui a marqué tout le règne du régime «monarchique» de Bouteflika. Cette escalade intervient dans un contexte de crise de succession à la tête du régime et de luttes ouvertes entre les différentes factions du pouvoir, exacerbées par l’approche des échéances électorales de 2017. La presse qui permet encore l’expression de positions politiques diverses en paye le prix.

    Mais, sur le plan économique, le contexte est marqué par la chute des prix du pétrole et son instrumentalisation outrancière pour accélérer la mise en œuvre du programme libéral. C’est tout un nouvel arsenal juridique qui est mis en branle pour faire payer la crise aux travailleurs et aux couches populaires. Pour le pouvoir, la remise en cause de nos acquis sociaux passe par la remise en cause de nos acquis démocratiques.

    Il faut se rappeler que depuis la répression sanglante de 2001 et l’interdiction du droit de manifester, nous avons assisté à la mise en place de dispositifs administratifs et juridiques entravant l’exercice effectif des libertés démocratiques dans notre pays. Les quelques acquis démocratiques arrachés de haute lutte par la jeunesse d’Octobre 1988 ont été réduits et remis en cause. Les droits et les libertés d’expression, d’organisation, de manifestation, de grève, etc. n’existent que dans les textes.

    Sinon, leur exercice est tributaire du bon vouloir de l’administration ou du rapport de forces qu’imposent les mobilisations et les luttes démocratiques et sociales. En revanche, la nouvelle classe de la bourgeoisie algérienne, ces oligarques et autres prédateurs, qui accaparent de plus en plus le centre de la décision politique, bénéficient de tous les droits et des libertés de piller notre économie et d’amasser des fortunes qu’ils placent aussitôt dans les paradis fiscaux et chez leurs amis et complices des puissances impérialistes.       

    La répression s’accompagne par l’adoption en peu de temps de lois restrictives, à l’exemple des nouvelles dispositions apportées au code électoral. Peut-on aller jusqu’à parler de dérive autoritaire ?

    Evidemment, il y a dérive autoritaire. Ce que vous appelez lois restrictives participe de cette escalade qui traduit, dans ce contexte, une volonté de mettre les bouchées doubles afin de parer à toute mauvaise surprise aux élections de 2017, qui constituent un enjeu majeur dans les préparatifs de la succession, anticipée ou pas, de Bouteflika. Mais cette escalade cache mal une situation d’incertitude et de contradiction dans laquelle se trouve le régime. Contrairement à ses promesses de réformes démocratiques proclamées lors de l’amendement de la Constitution, le pouvoir s’est empressé d’imposer la pire des lois électorales depuis l’époque du parti unique. L’exigence d’un seuil minimal de 4% aux élections de 2012, sous lequel les partis politiques doivent rassembler des milliers de signatures, est une négation du multipartisme.

    Cette disposition contredit non seulement un principe de droit, puisqu’elle est imposée avec effet rétroactif, mais elle piétine aussi la Constitution et la souveraineté du peuple algérien du moment qu’elle recompose le champ politique national de façon autoritariste et non pas par des élections démocratiques et transparentes. Seuls les partis du pouvoir et des milliardaires qui se sont illustrés lors des élections passées par la fraude, la corruption et l’achat des sièges pourront participer à la future mascarade.

    En éliminant du jeu électoral toutes les autres expressions politiques, comme celle du PST qui n’est financé que par les cotisations de ses militant(e)s, le pouvoir réduit sa façade démocratique déjà insignifiante et enfonce un clou supplémentaire dans le cercueil du taux de participation déjà alarmant. La nouvelle loi électorale élimine les débats d’idées sur les programmes politiques et les projets de société et décrète la course aux signatures individuelles, consacrant le clientélisme, le régionalisme et le tribalisme.

    Au lieu d’apporter des amendements démocratiques afin de rendre les prochaines élections plus crédibles par l’introduction d’un mode de scrutin à la proportionnelle intégrale et nationale par exemple, le pouvoir rate une opportunité de mobilisation du peuple algérien autour d’un débat politique national que constituent les prochaines élections. Ainsi, le pouvoir fragilise nos capacités de résistance aux pressions extérieures de plus en plus menaçantes et contredit son discours pompeux sur «le front intérieur» et autre «mur national ».

    Des mesures prises dernièrement, telles que la suppression de la retraite partielle adoptée quasiment en catimini, font jaser mais pas au point de susciter une vive riposte du monde du travail. Est-ce seulement le calme avant la tempête ?

    L’annonce de la suppression des retraites anticipée et proportionnelle à la veille des départs en congé annuel (tripartite du 5 juin) traduit la volonté du pouvoir et du patronat de désamorcer toute mobilisation du mouvement ouvrier. Mais la réaction des travailleuses et travailleurs et des organisations syndicales, y compris au sein de l’UGTA, ne s’est pas fait attendre. Les grèves entamées à SNVI se sont propagées aux champs pétroliers et gaziers dans le Sud.

    La mobilisation des syndicats autonomes de l’Education nationale s’est élargie à d’autres secteurs, comme la santé et l’administration publique. Sous la pression des travailleuses et des travailleurs, les fédérations UGTA menacent de recourir à la grève et désavouent publiquement Sidi Saïd et la direction bureaucratique de leur organisation.

    L’exemple de la création d’une intersyndicale, qui a regroupé 16 syndicats le 30 juillet dernier, témoigne de la nécessité de l’unité syndicale qui se fait sentir plus que jamais. En un mot, la résistance s’organise et la rentrée sociale se fera sous le signe des luttes et des mobilisations unitaires. Mais la reconstruction du mouvement ouvrier et du syndicalisme démocratique indépendant et combatif ne se fera pas en un jour. Il faut travailler patiemment pour éveiller la conscience de la classe du mouvement ouvrier et des masses populaires dans notre pays afin de dépasser les divisions et les expériences corporatistes.

    La bataille pour la défense de la retraite ne sera qu’un prélude à la cristallisation de cette perspective. Car d’autres batailles décisives nous attendent. Le programme du libéralisme économique qu’on veut imposer aux travailleurs et aux masses populaires, préconisé régulièrement par le FMI et la Banque mondiale, vise la remise en cause de nos acquis sociaux, de notre souveraineté sur nos richesses et de notre indépendance nationale. L’offensive libérale, qui se décline sous forme d’une transformation radicale de l’édifice juridique actuel, est en réalité une tentative sans précédent du pouvoir pour imposer les intérêts du patronat et de l’oligarchie contre ceux de la classe ouvrière et des masses populaires. Oui, c’est une séquence des plus évidentes de la lutte des classes.

    Au moment où le nouveau code de l’investissement multiplie les facilités financières et les cadeaux fiscaux au patronat national et étranger, facilite la privatisation du secteur public et réduit les quelques mesures de protection de notre économie…, le nouveau code du travail se charge de généraliser les CDD, faciliter les licenciements, permettre l’allongement de la durée du travail et limiter les libertés syndicales et le droit de grève. Quant au nouveau code de la santé, il se charge de démanteler la politique de la santé publique basée sur la prévention, ouvre la voie à la privatisation du secteur et remet en cause la médecine gratuite. En d’autres termes, comme à l’époque coloniale, on veut réduire les travailleuses et les travailleurs ainsi que les masses populaires à l’esclavagisme et la misère.

    Le PST a lancé un appel pour une «convergence démocratique, antilibérale et anti-impérialiste». Où en est cette initiative, sachant que la situation en Algérie, marquée par des attaques itératives contre des acquis durement arrachés, invite, justement, à plus de cohésion dans les rangs de l’opposition ?

    Pour le PST, la conjoncture actuelle nécessite un large front de lutte des forces politiques, syndicales et sociales pour résister à cette offensive libérale sans précédent d’un pouvoir antidémocratique, gangrené par la corruption et inféodé aux intérêts du patronat et des multinationales. Un large front qui se construit dans les luttes démocratiques et sociales réelles et non pas entre des appareils seulement, ou entre des leaders autoproclamés.

    C’est un front démocratique parce qu’il regroupera tous ceux qui luttent pour la défense des libertés démocratiques, notamment la défense des libertés syndicales et le droit de grève, la défense du droit des femmes à l’égalité et à l’émancipation. C’est un front antilibéral parce qu’il regroupera tous ceux qui luttent contre l’injustice sociale, la politique d’austérité et de précarité imposée aux travailleuses et travailleurs et aux masses populaires. C’est un front anti-impérialiste parce qu’il regroupera tous ceux qui luttent pour la défense de notre économie nationale, de nos richesses nationales et de notre souveraineté et l’indépendance de notre pays.

    Nous faisons face aujourd’hui à un projet de démantèlement du modèle social de l’Etat algérien hérité du combat historique de notre peuple pour l’indépendance nationale, la justice sociale et la dignité humaine. Voilà pourquoi le PST appelle à un large front de résistance dans le cadre d’une convergence démocratique, antilibérale et anti-impérialiste.  

    Mohand Hamed-Khodja 25 Août 2016

    Source: El Watan Jeudi 25 août 2016

    http://elkhatwa-eloumalia.over-blog.com/2016/08/mahmoud-rechidi-secretaire-general-du-pst

  • Nouveautés sur "Amnesty International"

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    Égypte. Le refus de remettre en liberté un homme victime d'actes de torture et d'une disparition est scandaleux

    Les Nation unies demandent une enquête internationale sur de présumées violations des droits humains au Yémen

    Irak. Les exécutions ne permettront pas de résoudre les menaces à la sécurité

  • Cisjordanie : Israël démolit méthodiquement la solution à deux Etats (El Watan.dz)

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    Après avoir pratiquement réglé ses comptes avec la bande de Ghaza, l’occupation israélienne concentre ses efforts sur la Cisjordanie occupée, dont les villes et villages sont gouvernés par l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, qu’elle n’arrive pas à taxer de terroriste, comme c’est le cas du mouvement Hamas dans l’enclave palestinienne.

    Dans la bande de Ghaza, trois guerres successives en moins de 6 ans, un blocus sévère depuis plus de dix ans, des frappes à n’importe quel moment, facilement justifiées au niveau international, où le mouvement Hamas est considéré comme organisation terroriste, du moins par les grandes nations influentes de la communauté internationale — Etats-Unis et nombre de pays européens —, ont pratiquement fait sortir cette enclave des Territoires palestiniens occupés des craintes israéliennes de le voir rattaché, un jour, au reste par un moyen ou un autre.

    La preuve, Israël a récemment lourdement frappé plusieurs sites dans le nord et le centre de la bande de Ghaza, avec plus de 30 raids aériens en un quart d’heure, faisant 5 blessés et beaucoup de dégâts matériels, sans que cela ne suscite de réactions régionales ou internationales.

    Seule la Ligue arabe a condamné cette nouvelle agression à laquelle n’a pas répondu la résistance palestinienne, pour éviter une escalade qu’elle ne souhaite pas actuellement. La dernière guerre israélienne dans la bande de Ghaza, dont les souvenirs sont encore vivaces, a eu lieu au cours de l’été 2014. Une sale guerre avec un grand massacre de civils palestiniens et de vastes destructions. Plus de 2 000 morts, plus de 12 000 blessés et des dizaines de milliers de maisons démolies par des bombardements aveugles.

    Depuis la fin de cette guerre, en août 2014, les brigades Ezzeddine Al Qassam, la branche armée du Hamas, seul maître des lieux, n’a pas tiré une balle en direction de l’Etat hébreu et empêche quiconque de le faire.

    Parfois, certaines factions arrivent à lancer une roquette, comme celle tombée cette semaine dans la localité israélienne de Sderot, qui n’a fait ni victime ni dégât matériel, mais qui a néanmoins suscité une très forte réponse de l’armée de l’occupation contre des positions de la branche armée du Hamas, tenue responsable par Israël de tout acte provenant de l’enclave palestinienne.

    En Cisjordanie occupée, où le contact est direct entre l’armée de l’occupation et les colons israéliens d’un côté et la population de l’autre, les moyens utilisés pour annihiler toute possibilité d’indépendance et de souveraineté sont différents. Dans cette partie des Territoires palestiniens occupés après la guerre de 1967, y compris la ville sainte d’El Qods, la machine de guerre israélienne préfère les assassinats individuels, sous n’importe quel prétexte. Le dernier du genre a eu lieu hier près de la colonie de Itshar, proche de Naplouse, où un jeune Palestinien de 24 ans a été tué par des tirs de soldats israéliens sous le prétexte d’attaque à l’arme blanche menée contre l’un d’entre eux.

    Une mesure de répression largement utilisée est la détention sous toutes ses formes.

    La plus dure est la détention administrative qui permet aux autorités de l’occupation de jeter en prison n’importe quel citoyen palestinien pour une période de 4 mois indéfiniment renouvelable, sans avoir besoin d’inculpation ni de jugement par un tribunal. Une mesure généralement utilisée contre l’élite palestinienne, député, ministre, journaliste, etc. Le journaliste et membre du Syndicat des journalistes palestiniens, Omar Nazzal, avait été arrêté et mis en détention administrative en avril. Au lieu d’être libéré le 22 août, sa détention a été prolongée de 3 mois. Il est actuellement en grève de la faim depuis plus de 15 jours et personne n’est au courant de sa situation sanitaire, même pas sa femme, interdite de visite. Bilal Kayed, un autre prisonnier en détention administrative, mène une grève de la faim depuis 72 jours et peut mourir à tout instant.

    Bilal proteste pour avoir été placé en détention administrative, après avoir purgé une peine de prison de 14 ans et demi, au lieu d’être libéré.

    Des dizaines d’autres prisonniers palestiniens sont actuellement en grève de la faim en soutien à leurs camarades qui refusent de s’alimenter. En Cisjordanie occupée, il y a aussi les punitions collectives, comme par exemple démolir la maison familiale de tout Palestinien auteur d’un acte de résistance. Il y a aussi, les démolitions à grande échelle et le déplacement de citoyens, comme l’a indiqué, lundi, le coordonnateur des Nations unies pour l’aide humanitaire et les activités de développement dans les Territoires palestiniens, Robert Piper. Il a averti que de nombreuses communautés palestiniennes en Cisjordanie occupée sont confrontées à un risque accru de transfert forcé. On relève que 64 Palestiniens, dont 24 enfants, ont été déplacés la semaine dernière par les autorités israéliennes après avoir démoli 29 structures sur 8 sites, a déclaré M. Piper. Cela s’est passé dans la région d’El Qods, Jérusalem-Est occupée et annexée en 1967 par Israël. El Qods, où la mosquée d’Al Aqsa subit des agressions quotidiennes de la part des colons sous la protection de forces sécuritaires israéliennes.

    Le but avoué par ces extrémistes est la démolition du troisième Lieu Saint de l’islam pour bâtir leur temple présumé à la place.

    Les colons ne se suffisent pas de cela. Ils ne manquent aucune occasion de porter atteinte aux Palestiniens et à leurs biens. Ils ont déversé, hier, de grandes quantités d’eaux usées sur des dizaines d’hectares de terres agricoles dans la région de Bethlehem. Enfin, les plus graves des méthodes de l’occupation sont bien sûr l’expansion coloniale et la confiscation quotidienne de terres palestiniennes. Tout cela pour empêcher la création d’un Etat palestinien indépendant et viable sur les terres occupées en 1967, y compris la ville sainte d’El Qods, dont les Palestiniens veulent en faire leur capitale selon la solution à deux Etats adoptée par la communauté internationale. Tout ce que permet Israël est l’établissement de bantoustans isolés sur une partie de la Cisjordanie occupée, sans El Qods, avec une gouvernance locale ne disposant d’aucune souveraineté.

    A cause de tout cela, ce conflit est loin d’être résolu, et les Palestiniens, en position défavorable actuellement, font le serment qu’ils n’abdiqueront jamais.

    Fares Chahine   25.08.16

    http://www.elwatan.com/international/cisjordanie-israel-demolit-methodiquement-la-solution-a-deux-etats

  • Algérie-Maroc : les photos du mur du côté marocain (El Watan.dz)

    Les deux pays maghrébiens rivalisent d’ardeur dans l’art de se barricader.

    En effet, après le grillage de 3,5 mètres de hauteur érigé sur plus de 100 km par le royaume chérifien, les autorités algériennes, comme une réponse du berger à la bergère, ont creusé des tranchées de 11 mètres de profondeur et de 7 mètres de largeur. Officiellement, cette barrière métallique est justifiée par le gouvernement chérifien «pour se prémunir contre le terrorisme».

    Un argument fallacieux, en ce sens que dans les années 1990, période de la décennie noire en Algérie, le Maroc n’avait jamais songé à se protéger contre l’hydre sanguinaire.

    Quant à la décision de l’Algérie de lutter contre la contrebande, particulièrement contre le trafic de drogue, là aussi l’argument ne tient pas la route, puisque jamais le trafic des stupéfiants n’a été aussi important depuis que ces fossés ont été creusés.

    Et comme ni les tranchées, encore moins le grillage n’ont «convaincu» leurs propres concepteurs, les responsables algériens ont entrepris, il y a une vingtaine de jours, d’élever un mur en acier haut de 7 mètres et large de 5 mètres au lieu-dit Lala Aïcha, dans la daïra de Bab El Assa (100 km de Tlemcen). Concernant ce mur de la honte, des sources sécuritaires ont précisé qu’il s’agit d’une «clôture sur un espace bien défini ne dépassant pas les 50 mètres.

    Sur les lieux, il y a un cimetière commun qui accueille les morts des deux pays, et donc on ne pouvait se permettre de creuser des tranchées ou ériger un grillage….». Des associations marocaines opposées à ces réalisations de la honte déplorent que «des expériences mondiales similaires démontrent que le mur séparant les Etats-Unis et le Mexique aurait coûté de 10 à 20 milliards de dollars et que la barrière de Melilla a été estimée à 33 millions d’euros.

    Des sommes faramineuses, sans compter les frais de maintenance et de fonctionnement», estiment des spécialistes marocains. Et de s’interroger : «Le royaume a-t-il les moyens de ses ambitions ?» Quelles que soient les raisons des uns et des autres, deux pays frères que tout rapproche se cadenassent et s’éloignent de plus en plus. Au détriment des populations.

    Chahredine Berriah  26.08.16

    http://www.elwatan.com/actualite/algerie-maroc-les-photos-du-mur-du-cote-marocain

  • Gaza : Voie sans issue (UJFP)

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    Dimanche 21 août : en 20 minutes, la bande de Gaza a subi 70 raids aériens touchant essentiellement le nord (Beit Lahia et Beit Hanoun).

    « Je me souviens en 2014 avant la guerre. C’est la même chose qui est arrivée. Alors, je pense qu’une nouvelle guerre s’annonce. Ils ont juste besoin d’un peu de temps » nous écrit un militant de Khan Younis.

    Tout commence toujours et seulement par une roquette sur Israël (sur Sdérot cette fois) qui entraîne des représailles totalement disproportionnées, posant ainsi Israël toujours en victime d’agressions sans causes, et validant la « stratégie de la force » israélienne, taper toujours plus fort, si la première frappe ne suffit pas.

    Le message de Netanyahou à la population de Gaza vivant en cage est clair : « si tu bouges, je t’écrabouille. Il n’y aura pas de limite et personne ne viendra t’aider. » Le gouvernement de Gaza a pourtant annoncé avoir arrêté ceux qui ont lancé la roquette.

    Dans cette économie on en est aujourd’hui à une roquette lancée = 70 raids aériens.

    Or il y aura toujours des roquettes, parce qu’il y a une population assiégée, deux millions d’hommes, de femmes et d’enfants pris au piège.

    • Piège d’Oslo qui définit une infra-direction nationale et installe la sous-traitance par les Palestiniens eux-mêmes de leur occupation.
    • Piège de la division palestinienne (Hamas contre Fatah) voulue et programmée par l’occupant.
    • Piège de la définition néo-conservatrice de Gaza considérée comme « entité hostile » au moment de l’accession au pouvoir du Hamas, par les urnes faut-il le rappeler. Gaza, entité hostile, devient ainsi un parfait « alien » sur qui on peut, on doit, taper sans scrupule ni limite.
    • Piège aussi de la volonté israélienne d’effacer la colonisation, de requalifier le conflit en guerre de religions (d’où l’intérêt du Hamas au pouvoir à Gaza) et de tenter d’assimiler la résistance inévitable et légitime d’un peuple enfermé au terrorisme de Daech.

    Le fait que les grands médias français ne mentionnent même pas les 70 raids aériens, et ne les mentionneront que pour parler des prochaines roquettes contre Israël afin de justifier la prochaine opération sanguinaire, ne fait que démontrer que la stratégie israélienne est celle de nos gouvernants.

    Il n’y aura pas d’issue ni pour Gaza, ni pour les Palestiniens, ni pour les Israéliens tant que la diplomatie européenne et occidentale soutiendra la stratégie de la force et l’assassinat de civils.

    Il n’y aura pas d’issue tant que l’occupant ne sera pas sanctionné.

    Mais en réalité il n’y a d’issue pour personne : Gaza, après avoir été le laboratoire, est devenu l’emblème de la non-politique d’aujourd’hui.

    Si les gouvernants et les médias font semblant d’y croire, la population française ne devrait pas s’y tromper, et commencer à mesurer avec inquiétude les effets de l’importation de ce système d’écrasement et d’enfermement de masse en France. Gaza est le signe du retour de l’époque des camps.

    Le Bureau national de l’UJFP, le 24 août 2016

    http://www.ujfp.org/

  • Au Yémen, la stratégie mortifère des belligérants (Orient 21)

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    En 2011, le Che ...

    Après une accalmie pendant les négociations de paix de Koweït, le conflit au Yémen a repris de plus belle.

    Les bavures de la coalition emmenée par l’Arabie saoudite se multiplient et la communauté internationale accroît, bien qu’encore timidement, la pression sur celle-ci. Les États-Unis réduisent leur coopération avec Riyad, alors que les Russes s’impliquent dans une guerre qu’ils ont longtemps négligée. Parallèlement, les parties yéménites en conflit tentent d’avancer leurs pions, chacun cherchant à affirmer sa légitimité.

    Le 6 août 2016, l’envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed a annoncé la fin du cycle de pourparlers de paix sur le Yémen. Ces négociations avaient débuté le 21 avril 2016, après deux premières sessions en Suisse. Malgré la longueur de ce troisième round et la grande variété des questions et des propositions avancées par les délégations, aucun accord n’a été conclu. L’envoyé spécial a promis de nouvelles négociations, sans qu’une date ait été convenue. En même temps, les deux parties au conflit, le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi et l’alliance entre les houthistes et l’ex-président Ali Abdallah Saleh ont chacune laissé entrevoir les actions qui leur garantiront, espèrent-elles, une meilleure position dans le prochain round.

    Étrangler l’alliance houthistes/Saleh

    Le gouvernement Hadi devrait agir sur deux fronts : militaire et économique. Les forces du gouvernement et leurs alliés tribaux ont lancé une nouvelle offensive1 sur le front de Nihm (à l’est de la capitale Sanaa). En outre, peu de temps après la fin des négociations au Koweït, le porte-parole de la coalition menée par l’Arabie saoudite a annoncé une relance de son opération «  Restaurer l’espoir  »2. En plus du front de Nihm, on s’attend à ce que les forces gouvernementales et leurs alliés, soutenus par la coalition, tentent de progresser sur le front de Marib et de Midi, (voir ce rapport de Chatham house pour comprendre ces différents fronts).

    Les lignes de front en avril 2016
    In Peter Salisbury, «  Yemen : Stemming the Rise of a Chaos State  », Chatham House, mai 2016.

    2016 بيتر ساليزبيري، شاتام هاوس،أيار/ مايو

    Sur le plan économique, le gouvernement et les pays de la coalition vont essayer d’étrangler l’alliance houthistes/Saleh en augmentant la pression sur l’accès à leurs ressources financières. La Banque centrale du Yémen (BCY), qui reste basée dans la capitale Sanaa — contrôlée par l’alliance houthistes/Saleh — a réussi à éviter l’effondrement total de l’économie en gardant sa neutralité et son indépendance vis-à-vis des belligérants, et en continuant à verser les traitements des fonctionnaires, y compris ceux des militaires sans se préoccuper de savoir de quel côté ces derniers combattent3. Après de nombreuses menaces de «  relocaliser  » la Banque, et malgré l’opposition de la communauté internationale à toute initiative mettant en danger l’indépendance de la BCY, le gouvernement d’Abd Rabbo Mansour Hadi a envoyé le 30 juin une lettre officielle au Fonds monétaire international (FMI). Il lui demande de geler les réserves du Yémen et de cesser d’accepter la signature du gouverneur et du gouverneur adjoint actuels de la BCY. Après que la lettre a «  fuité  » dans la presse, et à quelques heures de la cérémonie de clôture des pourparlers du Koweït, le gouvernement Hadi a déclaré à l’agence de presse officielle Saba news Agency qu’il avait non seulement écrit au FMI, mais aussi à toutes les banques et institutions financières, pour leur demander la même chose. Les mandats du gouverneur et du gouverneur adjoint expirent en août 2017. Toutefois le mandat des trois autres membres du conseil des gouverneurs prend fin en ce mois d’août 2016, et le gouvernement Hadi a fait savoir clairement son intention de remplacer les membres actuels par d’autres plus loyaux, favorables à une position anti-houthistes/Saleh.

    Face au tarissement rapide des réserves yéménites, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont fait savoir qu’ils n’avaient aucune intention d’injecter des fonds dans la Banque centrale pour sauver l’économie de l’effondrement. Le gouvernement Hadi et la coalition saoudienne semblent vouloir mettre ainsi la pression sur l’alliance houthistes/Saleh. Ils espèrent que ces derniers ne pourront plus payer les salaires du secteur public, entraînant la chute de l’économie et le mécontentement populaire.

    Le «  Conseil politique suprême  » de l’opposition

    L’opposition agira pour sa part sur le front politique et sur le front militaire. Sur le front militaire, elle a lancé une offensive en profondeur dans les zones rurales du gouvernorat de Taëz4, en bordure de celui de Lahej, pour tenter de prendre le contrôle de la dernière route logistique connectant Taëz au sud. En outre, l’alliance déploie de nouvelles forces sur le front de Marib, tout en essayant de tenir ses positions sur les fronts d’Al Jawf, Shabwa et Al-Bayda.

    L’alliance houthistes/Saleh a également redonné le nom de Garde républicaine à l’unité d’élite que Hadi avait rebaptisée «  forces de réserve  ». Cette troupe recevra des financements supplémentaires pour mieux la préparer au combat. L’initiative est symbolique, cependant le message est clair : les anciennes structures du temps de Saleh vont être réorganisées afin de prendre part à la guerre.

    Plus important sans doute, l’alliance houthistes/Saleh devrait prendre des initiatives politiques importantes. Elle a commencé en annonçant la création d’un Conseil politique suprême de dix membres, issus du Congrès général du peuple (CGP, le parti de Saleh) et des houthistes. Après avoir nommé les membres de ce conseil le 6 août dernier, le jour même de la fin des négociations, l’alliance prépare un certain nombre de mesures. En premier lieu, l’installation du Conseil suspend de facto la déclaration constitutionnelle des houthistes de février 2015, ainsi que le comité révolutionnaire suprême installé alors dans la foulée. Le texte créant le Conseil précise qu’il travaillera selon la Constitution, une façon de contester la légitimité de Hadi et de son gouvernement. La prochaine étape sera de convoquer une session du parlement.

    Finalement, le nouveau Conseil politique suprême pourrait désigner son propre conseil des gouverneurs de la Banque centrale, dans le but d’annuler toute nomination de la part de Hadi. Si chacune des deux parties nomme son propre conseil d’administration, on assistera à la création de deux banques centrales, comme en Libye.

    Le plan B de La communauté internationale

    Jusqu’ici la communauté internationale est restée unie dans son approche de la situation au Yémen, soutenant sans équivoque le gouvernement Hadi et les efforts déployés par l’envoyé spécial de l’ONU pour aboutir à un accord de paix. Toutefois en l’absence de succès des négociations, la pression monte pour rechercher un «  plan B  »5 . Celui dont on parle le plus consisterait à abandonner l’idée d’un accord de paix national et de commencer à travailler avec des forces locales dans les différentes régions du Yémen, pour établir la sécurité et la stabilité partout où c’est possible. Le point de départ le plus vraisemblable est l’Hadramout, où les États-Unis par exemple envisagent de créer, en partenariat avec les Émirats arabes unis, un modèle de règlement qui devrait réussir, car il serait soutenu par les communautés tribales et d’affaires de la région. Mais contrairement à une éventuelle présence militaire et à une influence émiratie ou saoudienne dans l’Hadramout ou à Aden, qui ne rencontrerait pas d’opposition sur le plan international, toute initiative unilatérale d’une grande puissance pour établir son influence dans toute région du Yémen ouvrira la porte à d’autres grandes puissances qui chercheront alors à exercer leur propre influence dans d’autres régions (en premier lieu la Russie, qui soutiendrait l’alliance houthistes/Saleh au nord).

    Les deux belligérants savent qu’ils ne peuvent obtenir une victoire totale d’ici le prochain cycle de pourparlers. Il est déchirant de savoir que des centaines — sinon des milliers de vies seront perdues entre-temps — simplement pour s’assurer une position légèrement plus favorable à la table des négociations.

     Orient XXI  Rafat Al-Akhali  23 août 2016
     
     
  • Quel accueil en Europe pour les enfants syriens qui ont échappé à la guerre ? (Amnesty)

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    La terrible situation des enfants en Syrie, notamment illustrée par les images montrant le petit Omran Daqneesh, cinq ans, le visage ensanglanté et hagard, à l'arrière d'une ambulance alors qu'il vient d'être extrait des décombres de sa maison, permet de comprendre aisément pourquoi les parents emmènent avec eux leurs enfants quand ils entreprennent un périple dangereux et incertain vers l'Europe.

    Or, les enfants qui survivent à ce voyage et atteignent les rivages de l'Europe ne sont pas pour autant au bout de leurs épreuves.

    Lors d'une visite sur l'île de Lesbos, en Grèce, j'ai vu de mes yeux ce qui les attend.

    Dans un centre de détention à Lesbos, j'ai fait la connaissance d'Ahmed, un bébé d'un an, malade quasiment depuis le début de sa vie en raison de ce que sa mère a décrit comme étant une attaque chimique. Elle m'a raconté qu'une bombe a détruit sa maison peu après la naissance d'Ahmed, qui a reçu un éclat d'obus dans le cou. Peu après, il a été atteint d'une forme aiguë d'asthme et a développé d'autres symptômes correspondant à l'inhalation de chlore gazeux. Quand j'ai vu ce bébé, un an environ après le bombardement, son petit corps présentait des cicatrices et il avait du mal à respirer.

    Sa famille, des Palestiniens de Syrie, a d'abord fui les horreurs du siège du camp de Yarmouk, à Damas, où les gens souffraient notamment de la faim.

    Mais la famille a été poursuivie par la guerre quand elle a fui à Idlib, dans le nord du pays. Quand un obus a frappé sa maison, la mère a emmené sa famille de l'autre côté de la frontière, en Turquie, où ils ont payé des passeurs pour effectuer une dangereuse traversée à bord d'une embarcation surpeuplée à destination des îles grecques.

    Quand ils ont débarqué, ils n'ont pas été accueillis à bras ouverts. Ils sont arrivés après l'entrée en vigueur, le 20 mars, de l'accord entre l'Union européenne et la Turquie, qui a de fait transformé ces îles en lieux de détention massive.

    La famille d'Ahmed s'est retrouvée enfermée, avec plus de 3 000 autres personnes, dans le centre de détention de Moria, séparée du monde extérieur par des clôtures en fil de fer barbelé. Quand j'ai rencontré ces personnes, elles ne bénéficiaient d'aucune intimité et n'avaient aucune idée de ce qui allait leur arriver par la suite. Au lieu de prodiguer rapidement à Ahmed les soins médicaux dont il avait besoin d'urgence, un médecin a donné une boîte de paracétamol à la famille.

    Elles ont depuis été déplacées hors du centre de détention mais restent bloquées en Grèce, tout comme près de 60 000 autres réfugiés et migrants. Les routes permettant de rejoindre les autres pays d'Europe sont pour la plupart coupées. Si cela ne tenait qu'à certains dirigeants européens, la majorité de ces personnes seraient tout simplement renvoyées en Turquie.

    Cette situation critique se retrouve à travers toute l'Europe, en Hongrie, en Serbie, en Grèce et à Calais, entre autres.

    Omran me rappelle tant d'enfants que nous avons rencontrés dans tout le continent, et les épreuves qu'ils doivent endurer.

    Un tiers environ des réfugiés et des migrants qui traversent la méditerranée pour rejoindre l'Europe sont des enfants. La plupart d'entre eux voyagent seuls, exposés à l'exploitation, ou ont été séparés de leur famille en chemin, parfois par les autorités elles-mêmes.

    Ceux qui ont été traumatisés par la guerre ne reçoivent quasiment pas de soutien psycho-social.

    Il y a peu de lieux où ils peuvent jouer en toute sécurité, et encore moins étudier ou aller à l'école.

    Certains des enfants que nous avons rencontrés ne vont plus à l'école depuis si longtemps qu'ils ne savent plus lire ni écrire.

    Un adolescent de 16 ans, qui se trouve dans un camp en Grèce continentale, nous a dit : « Nous sommes ici depuis 423 jours et nous n'avons aucun espoir, nous ne recevons aucune éducation et n'avons pas d'écoles. J'ai besoin qu'on me donne la possibilité de terminer mes études. »

    Ces enfants ont besoin de sécurité, de soins particuliers, d'éducation, et d'un toit au-dessus de leur tête. Ils ont besoin que les gouvernements permettent et facilitent le regroupement familial.Ils ont besoin que les pays respectent leurs engagements concernant la relocalisation et la réinstallation des familles comme celle d'Ahmed. En Europe, les gouvernements sont loin d'accéder à ces besoins. Par exemple, les dirigeants de l'Union européenne n'ont relocalisé que 5 % des réfugiés qu'ils avaient promis d'accueillir en juin dernier.

    Le monde entier s'est ému du sort d'Omran, et de celui d'Alan Kurdi avant lui, mais la pitié et l'indignation ne suffisent pas. Ces images ont ému les gens à travers le monde, mais pas les dirigeants. Tant qu'ils n'agiront pas, des milliers d'enfants continueront de subir le même sort qu'Omran, Alan et Ahmed.

    Cet article a été publié pour la première fois par CNN.

    Gauri van Gulik,

    https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/08/after-escaping-war-what-awaits-syrian-children-in-europe/

  • Nouveautés sur Association France Palestine Solidarité

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