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Qatar

  • Nouveautés sur "Amnesty International"

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    Oumou Kane

    Mauritanie. La condamnation d’une jeune manifestante vise à intimider les défenseurs des droits humains

    Le Qatar ne doit pas expulser vers l'Arabie saoudite les militants des droits humains qui risquent d'y être torturés et persécutés

    Yémen. Le journaliste Yahia al Jubaihi condamné à mort par les forces houthies

  • Nouveautés sur "Amnesty International"

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    Des éléments de preuve mettent en évidence des crimes de guerre imputables aux forces de l'Armée nationale libyenne

    Émirats arabes unis. Un raid nocturne surprise conduit à l'arrestation d'un éminent défenseur des droits humains

    Bahreïn. Une figure majeure de l’opposition poursuivie pour des tweets «incitant à la haine» envers le gouvernement

    Émirats arabes unis. La décision de maintenir Osama al Najjar en détention est «indéfendable»

    Soudan. La nomination à l’organe directeur de l’OIAC est un affront aux victimes d’attaques chimiques

    L'agence de l'ONU doit maintenir la pression sur le Qatar, car sa réforme sur le travail des migrants n'est pas à la hauteur

  • Nouveautés sur "Amnesty International"

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    L'agence de l'ONU doit maintenir la pression sur le Qatar, car sa réforme sur le travail des migrants n'est pas à la hauteur

    Accord UE-Turquie : une tache honteuse sur la conscience collective de l’Europe

    Syrie. Il est temps que les dirigeants mondiaux fassent en sorte que les millions de victimes de la guerre obtiennent justice, vérité et réparation

    Palestine. Des éléments prouvent que les forces de sécurité palestiniennes ont violemment réprimé une manifestation pacifique à Ramallah

    Libye. Le coût humain de l’hypocrisie européenne par Matteo de Bellis

  • Nouveautés sur "Amnesty International"

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    Qatar. Les travailleurs migrants restent en danger malgré les réformes

    Bahreïn. Un responsable de l'opposition condamné à neuf ans d'emprisonnement à l'issue d'un jugement inique et arbitraire

    Égypte. Il faut traduire en justice les responsables de l'attentat visant une église, le plus meurtrier depuis des années

    Égypte. Libérez un journaliste détenu depuis plus de trois ans pour avoir pris des photos

    Égypte. Une défenseure des droits des femmes est arrêtée sur fond d’intensification inquiétante de la répression

  • Sommet du Conseil de coopération du Golfe (Amnesty)

    King of Bahrain, Hamad bin Issa al-Khalifa, attends a Gulf Cooperation Council (GCC) summit on December 6, 2016, in the Bahraini capital Manama. British Prime Minister Theresa May was to join Gulf Arab leaders at the summit in Bahrain for talks on trade after Britain's exit from the European Union. (Stranger/AFP/Getty Images)

    Répression systématique de la liberté d’expression dans le Golfe

    Le bilan déplorable des droits humains dans les États du Golfe ne doit pas être balayé sous le tapis lorsque les États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se réuniront dans la capitale bahreïnite, Manama, les 6 et 7 décembre, à l’occasion de leur sommet annuel, a déclaré Amnesty International lundi 5 décembre 2016.

    Il est à noter que les droits humains seront absents de l’ordre du jour du sommet annuel, qui réunira les six États du CCG – Bahreïn, Koweït, Oman, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis – pour débattre de la coopération en matière de commerce et de sécurité, sans évoquer la vague de répression qui balaie la région pour des motifs de sécurité.

    « Depuis quelques années, à travers les pays du Golfe, nous constatons que les militants des droits humains, les opposants politiques pacifiques et les détracteurs des autorités sont systématiquement pris pour cibles au nom de la sécurité. Des centaines d’entre eux sont harcelés, poursuivis illégalement, déchus de leur nationalité, détenus de manière arbitraire ou dans certains cas emprisonnés voire condamnés à mort à l’issue de procès iniques, dans le cadre d’une initiative concertée visant à les intimider et à les réduire au silence, a déclaré Randa Habib, directrice régionale du bureau d’Amnesty International pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

    « Le recours à ces méthodes pour piétiner les droits des citoyens dans les États du CCG doit prendre fin sans délai. »

    La Première ministre britannique Theresa May, qui doit assister au sommet du CCG, a une occasion unique d’évoquer les préoccupations relatives aux violations des droits humains relevant d’une pratique bien établie dans la région.

    « Depuis des années, les alliés occidentaux des États du CCG, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, répugnent à parler franchement des violations endémiques des droits humains dans le Golfe. Ils tournent ainsi le dos aux innombrables victimes dans la région. Il est grand temps que les alliés du CCG cessent de faire passer le commerce et la coopération en matière de sécurité avant les droits humains et Theresa May doit saisir cette occasion d’aborder des problèmes clés en matière de droits », a déclaré Randa Habib.

    Dans les années qui ont suivi les soulèvements de 2011 dans le monde arabe, plusieurs pays du Golfe ont adopté des lois répressives relatives au terrorisme, à la cybercriminalité et aux rassemblements publics, en vue de restreindre la liberté d’expression et de sanctionner ceux qui critiquent les politiques gouvernementales, leurs dirigeants ou ceux d’autres États du CCG.

    Dans les pays du CCG, se dégage clairement une tendance qui consiste à s’appuyer sur des lois générales et vagues relatives à la sécurité afin de condamner des militants et détracteurs pacifiques à l’issue de procès d’une iniquité flagrante.  

    « Si les tensions sont vives dans la région depuis la montée du groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI) et le risque d’attentats meurtriers, ce n’est pas une excuse pour se déchaîner en écrasant toute forme de dissidence pacifique. Les gouvernements du CCG doivent cesser d’utiliser la sécurité comme un prétexte pour justifier la répression », a déclaré Randa Habib.

    Parmi ceux qui sont pris dans les filets de la répression figurent des défenseurs des droits humains, des leaders de l’opposition, des journalistes, des avocats et des universitaires.

    Citons entre autres en Arabie saoudite l’avocat et défenseur des droits humains Waleed Abu al Khair, dont le cas illustre parfaitement l’usage de la loi antiterroriste pour sanctionner ceux qui exercent leur droit à la liberté d’expression. Il purge actuellement une peine de 15 ans de prison après avoir été condamné à l’issue d’un procès inique aux termes de la loi antiterroriste de 2014, pour diverses infractions liées à son travail en faveur des droits fondamentaux et pour un acte qui ne devrait même pas être criminalisé. Il a défendu de nombreux militants pacifiques et a critiqué haut et fort le terrible bilan de l’Arabie saoudite en termes de droits humains.

    Le 1er décembre, le tribunal antiterroriste de Riyadh a alourdi à l’issue d’un procès iniqueen appel la peine prononcée à l’encontre d’Issa al Hamed, défenseur saoudien, de neuf à 11 années de prison.

    Cas emblématique aux Émirats arabes unis, l’avocat spécialiste des droits humains Mohammed al Roken purge une peine de 10 ans de prison. Il a été déclaré coupable d’infractions liées à la sécurité nationale à l’issue du procès collectif, et inéquitable, de 94 accusés.

    Dans la région, des citoyens se retrouvent à purger de lourdes peines de prison simplement pour avoir osé exprimer leurs opinions librement sur les réseaux sociaux. Le célèbre militant bahreïnite Nabeel Rajab compte parmi plusieurs militants dans les pays du CCG qui ont été poursuivis illégalement pour avoir posté des commentaires sur Twitter.

    Au Koweït, Abdallah Fairouz, militant des droits humains arrêté en novembre 2013, purge une peine de cinq ans et demi de prison pour des tweets dans lesquels il affirmait que nul ne devrait bénéficier d’une immunité de poursuites au seul motif qu’il réside dans un palais royal. Cet homme est un prisonnier d’opinion.

    S’exprimer librement pour critiquer les politiques mises en œuvre par le gouvernement et appeler à des réformes pacifiques a valu à Ali Salman, responsable de la principale formation d’opposition à Bahreïn, la Société islamique nationale Al Wefaq, une condamnation à neuf ans de prison. Ce fut une atteinte choquante à la liberté d’expression. En outre, ce parti a été fermé.

    À Bahreïn, aux Émirats arabes unis et au Koweït, depuis quelques années, des centaines de personnes sont illégalement déchues de leur nationalité, ce qui les rend souvent apatrides et les prive de droits majeurs. Fait inquiétant, cette méthode semble de plus en plus utilisée pour punir les dissidents.

    « Dans les États du CCG aujourd’hui, exercer vos droits fondamentaux ou exprimer librement vos opinions peut très facilement vous conduire derrière les barreaux. Ces États doivent cesser de considérer les militants indépendants et les détracteurs pacifiques comme des criminels. Au lieu d’enfermer ces citoyens pendant de longues périodes sous le faux prétexte de défendre la sécurité nationale, ils doivent accepter l’examen de leurs bilans en termes de droits humains », a déclaré Randa Habib.

    Complément d’information

    Les violations des droits humains dans les États du CCG vont au-delà de la répression de la liberté d’expression et se traduisent par des arrestations arbitraires, des actes de torture et des mauvais traitements en détention, des procès iniques, l’insuffisance de protection des droits des travailleurs migrants et le recours à la peine de mort. Par ailleurs, la coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite, qui englobe plusieurs pays du CCG, a lancé une série d’attaques illégales au Yémen, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre.

    https://www.amnesty.org/

  • Qatar: près de 60% de la population vit dans des camps de travail (Anti-k)

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    Plus de 58 % de la population du Qatar vit dans ce que le gouvernement appelle des « camps de travail », selon le ministère de la Planification du développement et des statistiques.

    Sur les 2.4 millions d’habitants du Qatar (chiffre 2015), 1,4 million d’entre eux vivent dans un camp de travail selon un recensement du gouvernement qatarien. Le pourcentage met en évidence la grande part de migrants parmi la main d’oeuvre de l’émirat.

    Au moment de l’étude, en avril 2015, la population était de 2.4 millions. Le chiffre a augmenté pour atteindre aujourd’hui 2.5 millions d’habitants, une hausse qui s’explique en partie par l’arrivée de migrants, venus en grande majorité d’Asie du sud. La plupart d’entre eux vient à la demande du gouvernement du Qatar afin d’effectuer des travaux d’infrastructure.

    Des conditions d’accueil déplorables

    Les logements fournis aux migrants qui travaillent comme ouvriers sur les nombreux projets d’infrastructures du pays sont largement critiqués. Le Qatar, qui accueillera la Coupe du monde de football en 2022 a été condamné par Amnesty International pour fournir des « logements insalubres et étroits » à sa main d’oeuvre importante de migrants.

    La semaine dernière, 11 personnes ont été tués et 12 blessés quand un incendie a ravagé un camp d’ouvriers travaillant sur un projet touristique dans le sud-ouest du pays.

    Fin mars, Amnesty International a publié un rapport basé sur des entretiens avec 132 migrants qui travaillaient sur des infrastructures pour la Coupe du monde. Le bilan est inquiétant, l’ONG a constaté des conditions de vie médiocres, la présence de travail forcé et de violences en dépit des promesses des organisateurs et du Qatar d’améliorer les conditions de travail.

    11 Juin 2016 Afp

    http://www.anti-k.org/qatar-pres-de-60-de-la-population-vit-dans-des-camps-de-travail

  • Nouveautés sur "Lutte Ouvrière"

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  • Rapport Ruggie : les travailleurs migrants au Qatar n'en peuvent plus des engagements non tenus de la FIFA (Amnesty)

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    Le président de la FIFA, Gianni Infantino, n'est plus à même de préserver l'indifférence de son organisation face aux atteintes aux droits humains commises au Qatar, a déclaré Amnesty International jeudi 14 avril, à la suite de la publication d'un rapport mettant en lumière de graves failles concernant la politique et les pratiques de la FIFA.

    La FIFA a demandé en décembre 2015 à John Ruggie, enseignant à la Kennedy School de Harvard, d'examiner les pratiques commerciales de cette organisation et de présenter un rapport. Ce rapport présente des réformes de grande ampleur en matière de droits humains, mais il ne pointe pas spécifiquement du doigt la crise des droits humains au Qatar, où des milliers de travailleurs embauchés sur des chantiers de la Coupe du monde sont exposés à des abus.

    « La FIFA pratique la politique de l'autruche en ce qui concerne les abus commis au Qatar depuis plus de cinq ans, et préfère se dire et déclarer à la face du monde que les autorités qatariennes vont régler les problèmes. Il n'en est rien, et à présent seule une action concertée de la FIFA visant à empêcher les abus sur les sites de la Coupe du monde permettra de sauver l'âme de la Coupe du monde Qatar 2022, a déclaré Mustafa Qadri, chercheur sur les droits des migrants dans les pays du Golfe à Amnesty International.

    « Le rapport Ruggie souligne que la FIFA a "un long chemin à parcourir" pour que soit respecté son "engagement initial en matière de droits humains". Mais les travailleurs migrants au Qatar ne peuvent plus attendre. Ils ont besoin maintenant d'une protection de leurs droits humains. Alors que la FIFA tarde à réagir, ils sont exposés à toute une série d'abus, y compris au travail forcé. Gianni Infantino ne peut pas se réfugier derrière ce rapport. Il doit sans plus tarder prendre des mesures concrètes pour remédier aux abus commis au Qatar. »

    Un ensemble de mesures claires ont déjà été formulées à l'intention de la FIFA

    Le 31 mars 2016, Amnesty International a rendu public un rapport exposant des abus commis contre des ouvriers des chantiers de construction du Khalifa international stadium à Doha, au Qatar, qui accueillera une demi-finale de la Coupe du monde en 2022. La FIFA a réagi avec indifférence face à ces abus, qui dans certains cas constituaient du travail forcé.

    Ce rapport, intitulé Le revers de la médaille. Exploitation sur un site de la Coupe du monde de football Qatar 2022 (Synthèse), exhortait la FIFA à :

    • rendre public un cadre pour les droits humains comprenant des mesures concrètes et des comptes rendus périodiques permettant de veiller à ce que la Coupe du monde 2022 ne soit pas bâtie par des travailleurs exploités ;
    • mener ses propres inspections indépendantes et régulières des conditions de travail au Qatar, et rendre publics les activités d'enquête, les résultats de ces enquêtes et les mesures prises pour remédier aux problèmes ;
    • appeler publiquement les autorités qatariennes à publier un calendrier de réformes systématiques à mettre en œuvre en amont du pic d'activité prévu pour mi-2017, où le nombre d'ouvriers travaillant sur les chantiers de la Coupe du monde devrait alors atteindre les 36 000.

    La FIFA n'a pas encore mis en œuvre ces recommandations.

    Une longue liste d'abus mis en lumière

    Le rapport d'Amnesty International présentait des informations sur les conditions de vie des travailleurs, qui vivaient dans des logements sordides et surpeuplés, faisaient l'objet de menaces visant à les dissuader de se plaindre au sujet de ces conditions, et étaient privés de paie pendant plusieurs mois. Des employeurs ont également confisqué des passeports de travailleurs, ou refusé de leur remettre un permis de séjour ou de sortie du Qatar, ce qui signifie que ces derniers ne pouvaient pas quitter le pays ou leur travail, sous peine d'être arrêtés ou expulsés du pays en tant que travailleurs « fugueurs ».

    Amnesty International a également rassemblé des éléments prouvant qu'une entreprise de fourniture de main-d'œuvre a menacé des migrants de leur imposer des pénalités afin de les obliger à travailler ; elle a notamment menacé de retenir leur salaire, de les livrer à la police ou de les empêcher de quitter le Qatar. De telles pratiques constituent une forme de travail forcé aux termes du droit international.

    14 avril 2016

    https://www.amnesty.org/fr/migrant-workers-in-qatar-cannot-afford-more-broken-promises-from-fifa

  • Nouveautés sur "Amnesty"

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  • Qatar. Des ouvriers du chantier de la Coupe du monde de football sont victimes d’abus (Amnesty)

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    Les travailleurs migrants employés sur le chantier du Khalifa International Stadium à Doha pour la Coupe du monde de football de 2022 sont victimes d’abus, y compris de travail forcé dans certains cas, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public jeudi 31 mars.

    Intitulé Le revers de la médaille. Exploitation sur un site de la Coupe du monde de football Qatar 2022, ce rapport met en lumière l’indifférence de la FIFA face au traitement révoltant réservé aux travailleurs migrants. Le nombre de personnes travaillant sur les sites de la Coupe du monde va presque être multiplié par 10 pour atteindre le chiffre de 36 000 environ au cours des deux prochaines années.

    « Les abus dont sont victimes les travailleurs migrants entachent la conscience du football mondial. Pour les joueurs et les fans de football, un stade de coupe du monde est un lieu qui fait rêver. Mais pour certains des ouvriers qui se sont entretenus avec nous, c’est un cauchemar, a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

    « Après avoir fait des promesses durant cinq ans, la FIFA a en grande partie manqué à son devoir d’empêcher que la Coupe du monde ne soit bâtie sur un socle d’atteintes aux droits humains. »

    Graves abus incluant la pratique du travail forcé

    Le rapport est basé sur des entretiens réalisés auprès de 132 ouvriers migrants des chantiers de rénovation du stade Khalifa, qui doit selon les prévisions être le premier stade terminé en vue du tournoi et accueillir la demi-finale de la Coupe du monde de 2022. Des entretiens ont également été réalisés auprès de 99 migrants travaillant sur l’aménagement paysager des espaces verts entourant le complexe sportif de l’Aspire Zone, où le Bayern Munich, l’Everton et le Paris Saint-Germain se sont entraînés cet hiver.

    Chacun des ouvriers employés sur les espaces verts et sur les chantiers de construction qui a parlé à Amnesty International a fait état d’abus de diverses sortes, notamment :

    • des logements sordides surpeuplés ;
    • avoir versé de grosses sommes (allant de 500  à 4 300 dollars) à des recruteurs dans leur pays pour obtenir un travail au Qatar ;
    • avoir été trompés quant à la rémunération ou au type de travail offerts (tous à l’exception de six d’entre eux ont perçu à leur arrivée un salaire inférieur à celui qu’on leur avait promis, parfois moitié moins) ;
    • ne pas avoir été payés pendant plusieurs mois, ce qui fait peser une forte pression financière et émotionnelle sur ces travailleurs qui ont déjà de lourdes dettes ;
    • des employeurs ne leur donnent pas de permis de séjour ou ne le renouvellent pas, ce qui leur fait courir le risque d’être arrêtés et expulsés en tant que travailleurs « fugueurs » ;
    • des employeurs confisquent les passeports des travailleurs et ne leur donnent pas de permis de sortie du territoire, ce qui les empêche de quitter le pays ;
    • des travailleurs ont reçu des menaces parce qu’ils s’étaient plaints de leur situation.

    Amnesty International a rassemblé des éléments prouvant que des cadres d’une entreprise de fourniture de main-d’œuvre ont menacé des migrants de leur imposer des pénalités afin de les obliger à travailler ; ils ont notamment menacé de retenir leur salaire, de les livrer à la police ou de les empêcher de quitter le Qatar. De telles pratiques constituent une forme de travail forcé aux termes du droit international.

    Les ouvriers, qui viennent pour la plupart du Bangladesh, d’Inde et du Népal, se sont entretenus avec Amnesty International au Qatar entre février et mai 2015. Quand les chercheurs d’Amnesty International sont retournés au Qatar en février 2016, certains ouvriers avaient été relogés dans de meilleures conditions et des entreprises ayant répondu aux observations d’Amnesty International leur avaient rendu leur passeport, mais d’autres abus n’avaient pas été réglés.

    « La situation des travailleurs migrants, qui sont endettés, qui vivent dans des campements sordides dans le désert et qui sont payés une misère,  tranche résolument avec celle des footballeurs de haut niveau qui vont jouer dans ce stade. Ces ouvriers ne veulent qu’une chose, que leurs droits soient respectés : recevoir leur salaire en temps voulu, pouvoir quitter le pays si nécessaire et être traités avec dignité et respect », a déclaré Salil Shetty.

    Du fait du système de parrainage en vigueur au Qatar, les travailleurs subissent des menaces et vivent dans la peur

    Les menaces utilisées pour faire travailler les ouvriers sont axées sur le système de parrainage en vigueur au Qatar appelé « kafala » ; en vertu de ce système, les travailleurs migrants ne peuvent changer de travail ou de pays que si leur employeur (ou « parrain ») les y autorise. La réforme de ce système de parrainage qui a été annoncée fin 2015 et qui a fait beaucoup de bruit ne va guère modifier les rapports de force entre les travailleurs migrants et leurs employeurs.

    Des ouvriers népalais ont expliqué à Amnesty International qu’ils n’avaient pas été autorisés à rendre visite à leurs proches après le séisme qui a frappé leur pays en avril 2015 et qui a fait plusieurs milliers de morts et provoqué le déplacement de millions de personnes.

    Quand Nabeel (son nom a été modifié afin de protéger son identité), ouvrier métallurgiste venu d’Inde qui a travaillé sur le chantier de rénovation du stade Khalifa, s’est plaint de ne pas avoir été payé pendant plusieurs mois, son employeur a réagi en le menaçant :

    « Il m’a insulté et m’a dit que si je me plaignais de nouveau je ne pourrais jamais quitter le pays. Depuis, je fais attention à ne pas me plaindre au sujet de mon salaire ou de quoi que ce soit d’autre. Bien sûr, si c’était possible je changerais de travail et je partirais du Qatar. »

    Deepak (son nom a été modifié afin de protéger son identité), ouvrier métallurgiste venu du Népal, a déclaré :

    « Ici, je vis comme si j’étais en prison. Le travail est difficile, on a travaillé de nombreuses heures sous un soleil de plomb. La première fois que je me suis plaint au sujet de ma situation, peu après mon arrivée au Qatar, le chef m’a dit "si tu veux te plaindre, tu peux, mais cela aura des conséquences. Si tu veux rester au Qatar, reste tranquille et continue de travailler" »

    Les normes relatives au bien-être des travailleurs sur les chantiers de la Coupe du monde ne sont pas appliquées

    Le Supreme Committee for Delivery and Legacy (SC), qui est l’instance responsable de l’organisation de la Coupe du monde de 2022 et de la rénovation du stade, a publié en 2014 des Normes de bien-être des travailleurs. Ces normes obligent les entreprises travaillant sur les chantiers de la Coupe du monde à accorder aux travailleurs de meilleures conditions de travail que celles prévues par la législation du Qatar.

    « Le SC a fait montre de son engagement en faveur des droits des travailleurs et ses normes de bien-être sont susceptibles d’apporter une solution. Mais il a du mal à faire appliquer ces normes. Compte tenu de l’apathie du gouvernement qatarien et de l’indifférence de la FIFA, il est presque impossible que la Coupe du monde puisse avoir lieu sans que des abus soient commis », a déclaré Salil Shetty.

    Il est temps pour la FIFA et les sponsors d’intensifier la pression

    Amnesty International demande aux principaux sponsors de la Coupe du monde tels qu’Adidas, Coca-Cola et McDonald’s de faire pression sur la FIFA pour qu’elle s’attaque au problème de l’exploitation des travailleurs sur le chantier du stade Khalifa, et pour qu’elle révèle son projet de prévention des abus sur les chantiers de la Coupe du monde.

    La FIFA devrait pousser le Qatar à rendre public un plan de réforme exhaustif avant que les travaux réalisés en vue de la Coupe du monde n’atteignent leur point culminant mi-2017.

    Il est notamment essentiel de retirer aux employeurs le pouvoir d’empêcher les travailleurs étrangers de changer de travail ou de quitter le pays ; de mener des enquêtes sérieuses sur les conditions de travail des ouvriers ; d’infliger des sanctions plus sévères aux entreprises qui commettent des abus. La FIFA devrait elle-même mener de manière régulière et indépendante ses propres inspections des conditions de travail au Qatar, et en rendre publics les résultats.

    « Le fait d’accueillir la Coupe du monde de football a permis au Qatar de se présenter comme une destination privilégiée pour certains des plus grands clubs du monde. Mais le football mondial ne peut pas fermer les yeux sur les abus commis dans les infrastructures et les stades où se joueront les rencontres », a déclaré Salil Shetty.

    « Si la nouvelle direction de la FIFA veut réellement tourner une page de son histoire, elle ne peut pas laisser un événement de cette ampleur se dérouler dans des stades construits par des travailleurs migrants soumis à des abus. »

    Les infrastructures au cœur du football mondial

    Le stade Khalifa fait partie du complexe sportif de l’Aspire Zone, où se situent le centre d’entraînement de l’Aspire Academy et le centre médical Aspetar qui ont été utilisés par certains des plus grands clubs de football du monde (voir le document d’information).

    « Certaines des plus grandes stars du football mondial s’entraînent peut-être déjà sur des terrains aménagés et entretenus par des travailleurs migrants exploités. Elles joueront probablement bientôt dans des stades construits par ces mêmes personnes », a déclaré Salil Shetty.

    « Il est temps que les dirigeants du football dénoncent à voix haute ces abus s’ils ne veulent pas être salis indirectement, qu’il s’agisse de marques mondiales comme le Bayern Munich ou le PSG, ou de sponsors de premier plan comme Adidas ou Coca-Cola. » 31 mars 2016

    Pour en savoir plus