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Luttes paysannes, alimentation... - Page 3

  • Nouveautés sur Europe Solidaire Sans frontières

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    • Gauche radicale
      Préparation des législatives au Maroc : Répression sur fond de mascarade électorale

      , par NPA

      Le samedi 1er Octobre, la manifestation nationale contre la réforme des retraites au Maroc a été interdite et violemment dispersée occasionnant des dizaines de blessés. Cet évènement s’est déroulé dans le contexte de la campagne ouverte pour les élections législatives qui auront lieu le 7 Octobre.
      La (...)

    • Gauche radicale
      Elections parlementaires au Maroc : voter ou devenir ingouvernables ?

      , par CHAWQUI Lotfi

      MAROC : VOTER OU DEVENIR INGOUVERNABLES ?
      Il est nécessaire de discuter l’argumentation de la participation qui sous-tend le choix de la Fédération de la Gauche Démocratique (FGD). Le premier élément avancé est que le refus de participer revient à laisser la place aux corrompus et aux forces (...)

     

     

     

  • Droits humains (Via Campesina)

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    Mettre fin aux crimes de guerre en Syrie, aux bombardements des citoyens, des cultures alimentaires et des marchés

    La guerre en Syrie est devenue l’une des plus importantes de notre histoire récente avec le plus grand nombre de personnes déplacées depuis la Seconde Guerre Mondiale. A ce jour, on estime le nombre de personnes tuées à environ un demi-million ; Le nombre de déplacés à environ 12 millions ; Ceux souffrant de la faim dans les dénommés “sièges de la faim” autour de 1 million (53 villes et communautés dont 50 assiégées par le régime syrien). Par ailleurs, au moins 100 000 prisonniers ont disparu dans les prisons du régime (1)

    Des actions, véritables crimes de guerre, sont menées quotidiennement de façon délibérée par les forces aériennes syriennes contre des hôpitaux, des écoles et des endroits vitaux comme les boulangeries ou marchés de légumes. Ces bombardements ciblés constituent des campagnes systématiques contre les civils : parfois plus de trois hôpitaux civils sont bombardés en un seul jour, souvent en utilisant la “double frappe”, à savoir un premier bombardement, puis un second une fois les secours arrivés, tuant souvent les secouristes en mission. (2)

    Au cours de ces dernières années, certaines campagnes de frappes ont visé des boulangeries et les personnes qui faisaient la queue devant. Ces attaques ciblant les grands rassemblements de personnes en train d’attendre pour acheter du pain occasionnent d’horribles massacres. Des milliers de boulangeries ont été détruites et les quelques-unes restantes sont maintenant souterraines. Parmi les autres cibles se trouvent les marchés de légumes très fréquentés. Toutes ces campagnes de frappe visent des infrastructures vitales pour la population.

    Pour comprendre ce que signifie réellement ce « bombardement en tapis », prenons l’exemple d’une ville qui avait une population d’environ 120 000 habitants. Elle s’appelle Maarat Al Numan, située dans la province d’Idlib:

    Au cours de l'année passée, tous ses quartiers ont été visés : ses écoles autogérées, la boulangerie nouvellement construite par les acteurs unis de la société civile (produisant 300 000 miches de pain par jour pour toute la région), les systèmes de traitement d’eau fournissant de l’eau propre à 50 000 personnes dans la région, ainsi que les installations de stockage des céréales des paysans. Selon un membre du « 15th Garden » tout dans la ville a été constamment et entièrement bombardé pendant ces quatre dernières années.

    Ces attaques délibérées sont menées partout en Syrie dans les régions libérées. Elles sont toutes bien documentées et portent sur des centaines de kilomètres. Ces attaques systématiques visant des sites peuplés et nécessaires pour couvrir les besoins de base des populations civiles, constituent des crimes de guerre.

    Les bombardements ont lieu chaque jour en Syrie, et entraînent un carnage implacable. Ces derniers jours, la route menant à la grande ville d’Alep a été fermée mettant en situation de siège et de guerre une population de 300 000 personnes sans aucune autre voie d’évacuation.

    Lors de la préparation de ce siège plusieurs hôpitaux ont été réduits à l'état de ruines et plusieurs douzaines de civils ont été tués chaque jour.

    A la suite de quoi, en avril, des initiatives internationales pour défendre les droits de l'Homme et la libération de la Syrie ont été prises et l’une des plus grandes campagnes depuis le début de la révolution syrienne a été lancée : la campagne #AleppoIsBurning campaign. Dans de nombreuses villes, les gens ont organisé des manifestations avec des slogans communs très simples et en portant des vêtements rouges. Cette campagne a débouché sur une trêve de quelques jours et a prouvé pour la première fois aux Syriens qu’ils ne sont pas seuls. Or, ce cessez-le-feu n’a duré que le temps où l’attention publique était forte. Aujourd’hui, Alep est de nouveau assiégée et la solidarité internationale devrait à nouveau se manifester. (3)

    Nous avons plus que jamais besoin de solidarité pour les paysans et le peuple de Syrie.

    Le « 15th Garden » continue à résister contre cette misérable guerre qui nous est imposée. Malgré les milliers de paysans arrêtés, disparus, torturés ou tués et les sièges de la faim infligés par le régime à leurs communautés, malgré l’usurpation du contrôle sur les marchés locaux et sur certains territoires par des intérêts étrangers résultant de l’aide au développement, malgré l’exploitation minière des terres agricoles par les factions en guerre et les forces de combat, malgré les exécutions de jardiniers et de paysans, malgré le déplacement de centaines de milliers de bergers, il y a des femmes qui cultivent des jardins alors que toute la ville est assiégée. Elles produisent des aliments dans tous les coins possibles hors de portée des snipers. Il existe des jardins communautaires qui ont la capacité de nourrir des milliers de personnes, il existe des réseaux de paysans qui travaillent et échangent leurs compétences, il existe des producteurs et obtenteurs de semences, des boulangeries construites et reconstruites, des moulins à grain mobiles et des réseaux pour former les communautés aux méthodes en circuit-fermé comme le recyclage des ordures, la production de biogaz à petite échelle et les cycles locaux de fertilisation.

    Partout en Syrie, la nourriture est utilisée comme arme contre le peuple et un outil pour obtenir le contrôle politique et soumettre la population. Les paniers alimentaires distribués par les ONG sont rarement livrés aux endroits déterminés par les peuples affectés eux-mêmes. Ils sont souvent stockés en dehors de la Syrie et aboutissent la plupart du temps dans les régions où les paysans continuent à travailler ce qui entraîne pour ces derniers la perte du maigre revenu qui leur restait. De nombreuses régions où les gens sont confrontés à la famine ne reçoivent absolument rien pour diverses raisons : parce que la communauté internationale n’agit pas si le régime ne le permet pas ou parce que les communautés ne sont pas administrées par un pouvoir politique ayant les faveurs des donateurs. Le développement ou l’aide d’urgence, au nom de la sécurité alimentaire, sont maintenant généralisés en Syrie, ce qui va entraîner à long terme une dépendance. Cette aide se compose d'une grande quantité de semences hybrides et les produits chimiques sont souvent envoyés sans aucune indication qui pourraient permettre aux travailleurs agricoles de les utiliser en limitant les risques pour leur santé. Ils arrivent par le biais de structures nationales et internationales très centralisées qui travaillent uniquement avec de gros organismes et non avec les paysans ou les communautés de base dont l'objectif est d'assurer une production alimentaire continue pour le peuple syrien.

    Il est capital que la pression politique soit plus forte afin de mettre fin aux bombardements de la population syrienne, pour arrêter les bombardements ayant pour cible les hôpitaux, les écoles, les jardins potagers et les marchés de légumes, pour stopper l’extermination de milliers de civils et le déplacement de millions de gens. Nous, paysans syriens, essayant de survivre et de produire des aliments pour nourrir notre peuple, avons besoin en toute urgence d’aide et de solidarité.  jeudi 21 juillet 2016 

    1) L’ONU ne compte plus les personnes tuées depuis 2014, donc l’estimation est maintenant fondée sur des données collectées par différentes organisations de défense des droits humains.

    Campagne syrienne sur les défaillances, la perte de partialité, d'indépendance et de neutralité des Nations unies en Syrie: http://takingsides.thesyriacampaign.org/

    Campagne syrienne sur les sièges de la faim: www.breakthesieges.org/en

    Le nombre de prisonniers varie beaucoup selon l’accès des organisations à l’information et les normes, nous mentionnons le nombre le plus bas possible de 100 000 personnes, les estimations les plus hautes sont d’environ 500 000. https://www.amnesty.org/en/countries/middle-east-and-north-africa/syria/report-syria/

    2) http://www.msf.org/en/article/syria-statement-dr-joanne-liu-international-president-m%C3%A9decins-sans-fronti%C3%A8res

    3) Pour voir comment les manifestions se sont déroulées partout dans le monde: https://www.facebook.com/break.hunger.siege/?fref=ts

    https://viacampesina.org/fr

  • Nouveautés sur Association France Palestine Solidarité

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    Sur les abeilles lire aussi:

    L’idée de donner vie à une initiative « CooBEEration » a vu le jour à Beyrouth en 2010 - année des Biodiversités –  à la conclusion du IVème Forum de l’Apiculture méditerranéenne, où, pour la première fois, le rôle fondamental de l’abeille et de l’apiculture pour la défense et le maintien de la biodiversité a été clairement mis en évidence.

    La campagne a été activée dans le cadre du projet Mediterranean CooBEEration, né en 2014, qui se fixe de soutenir l’apiculture et le rôle stratégique qui est le sien pour la sauvegarde de la biodiversité, l’amélioration de la sécurité alimentaire et le développement socioéconomique de l’aire méditerranéenne.

    Le projet, cofinancé par l’Union européenne, est promu par : le Fondo di Enti Locali per la Cooperazione Decentrata e lo Sviluppo Umano Sostenibile (FELCOS Umbria), chef de file de l’initiative ; la Fédération des Apiculteurs de la Méditerranée (APIMED); le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) ; l’Université de Bologne/Département de Sciences et Technologies agro-environnementales (DIPSA) ; l’Université de Turin/ Département de Sciences agronomiques, forestières et alimentaires (DISAFA) ; l’Institut National Agronomique de Tunisie (INAT).

    http://www.coobeerationcampaign.org/fr/

  • Egypte

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    La main d'un paysan El Kalubia au NE du Caire

  • Printemps de la Palestine en Centre Bretagne (Afps)

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    France-Palestine : un mois de mai bien rempli

    La section centre-bretonne de France-Palestine solidarité propose pour la 2e fois un cycle d’animations.

    Entre films, débats, concerts et expositions, il s’étendra du 1er au 29 mai.L’an dernier, il s’agis- sait d’une semaine. Cette année, on prend le modèle au-dessus : ce sera un mois. Pour la deuxième fois, l’Association France-Palestine solidarité (AFPS) en Centre-Bretagne organise son printemps de la Palestine, qui s’étendra donc cette année du 1er au 29 mai.

    Le fil conducteur de cette deuxième édition sera l’agriculture en Palestine. « Le fait que les Palestiniens soient surtout des cultivateurs est un aspect méconnu, souligne Nazim Khalfa, président d’honneur de l’AFPS Centre-Bretagne. Les exploitations sont souvent de toutes petites parcelles, qui sont laissées en friche et confisquées par les colons, en vertu d’une loi qui date de l’Empire ottoman. »

    Autre problème, qui touche l’agriculture palestinienne, selon lui : le mur de protection érigé en Cisjordanie. « Ce mur a été réalisé en englobant dans les territoires contrôlés par Israël, des oliveraies qui appartiennent aux Palestiniens. Du coup, le passage des agriculteurs dépend de l’humeur des soldats. » L’agriculture sera notamment évoquée dans l’exposition Palestine, l’eau confisquée, qui sera inaugurée le 2 mai à 18 h à Ti ar Vro et qui restera en place durant tout le mois.

    «L’eau est un enjeu important non seulement en Palestine, mais dans toute la région », insiste Jean-Pierre Jeudy, président de l’association dans le Kreiz-Breizh. Sur un registre plus ludique, des séances d’initiation à la cuisine palestinienne se tiendront, toujours à Ti ar Vro, les jeudi 5 et vendredi 20 mai à 17 h. Ce Printemps se conclura le 20 mai à 17 h 30 à la salle polyvalente de Motreff, par le concert du groupe Safara Safar (concert et buffet : 10 €).

    Les films au programme

    Plusieurs films sont au programme, suivis chacun d’un débat après la projection.

    Dimanche 1er mai, à 16 h à la Maison des syndicats de Carhaix :

    L’Eau de chez nous, l’eau de chez eux, de Frédéric Vigné.

    Mercredi 4 mai, au cinéma Arthus d’Huelgoat à 20 h 30 :

    Just Play, de Dimitri Chimenti (prix d’une place de cinéma, débat ensuite à l’Autre rive).

    Vendredi 6 mai, à 20 h 30 au Foyer du chêne de Carhaix,

    La Résistance des agriculteurs, de Dominique Le Duff.

    Mardi 10 mai à 20 h 30 au Grand Bleu de Carhaix :

    Dégradé, des frères Nasser.

    Jeudi 12 mai, à 18 h à la médiathèque de Rostrenen :

    2000 ans d’histoire, diaporama sur la Palestine.

    Lundi 16 mai, à 20 h 30 au Ciné Breizh de Rostrenen :

    Les 18 fugitives, d’Amer Shomali et Paul Cowan (tarif cinéma).

    Mercredi 18 mai, à 20 h à la salle multifonctions du collège de Landeleau :

    Dans les collines au sud d’Hébron, de François-Xavier Gilles.

    Jeudi 19 mai, à la médiathèque de Carhaix à 18 h :

    Cultivons la paix, de Denys Piningre.

    Lundi 23 mai, au cinéma L’Argoat de Callac à 20 h 30 :

    This is my land, de Tamara Erde (tarif cinéma).

    Mercredi 25 mai, à 20 h au FJT de Carhaix :

    Omar, de Hany Abu-Assad.

    Carhaix-Plouguer 22/04/2016  William LECOQ
     
  • Paris huile d'olive

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    Vendredi 8 avril  Cinéma l’Entrepôt Paris 14ème 20HOO.

    Dossier de Presse

     

  • Maghreb-Proche-Orient, une dépendance alimentaire toujours plus impitoyable (Orient 21)

    Tunis, marché central. Alexandre Moreau, 2009.

    Poussée démographique fulgurante, production agricole poussive, meilleurs régimes diététiques ont provoqué une formidable hausse de la demande alimentaire qui a profité aux grands exportateurs internationaux. L’extérieur fournit déjà 45 % des besoins de la région ; cela pourrait monter à 70 % en 2050 si un changement radical n’intervient pas d’ici là.

    Plus de 40 % de sa consommation provient des marchés internationaux. Et, à l’horizon 2050, les choses pourraient s’aggraver encore, compte tenu notamment des changements climatiques. Une telle fragilité est devenue l’un des risques majeurs d’une région qui n’en manque pas.

    Les politiques de soutien pour contenir les prix à la consommation des produits de base atteignent déjà leurs limites budgétaires. En 2012, rappelle Sébastien Abis, secrétaire général du Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes (Ciheam), 40 milliards de dollars ont été consacrés aux subventions alimentaires dans la région. En Égypte, plus de 3 % du produit intérieur brut (PIB) sont mobilisés à cette fin1. Une importante étude de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra)2 menée pour le compte de Pluriagri3 contribue à clarifier ces enjeux. Une rétrospective portant sur la période allant de 1961 à 2011, publiée début 2015, a été suivie en octobre d’une étude prospective sur les trajectoires à l’œuvre à l’horizon 2050 et sur les possibilités de freiner l’accentuation de la dépendance de la région aux importations alimentaires.

    Une demande multipliée par six, une production qui ne suit pas

    Du côté de la demande, entre 1961 et 2011, l’explosion démographique s’est accompagnée d’une évolution sensible des régimes alimentaires. Le développement économique et les politiques de maintien à des niveaux bas des prix à la consommation ont permis un rapprochement avec les niveaux européens.

    La part des huiles végétales et des produit sucriers a augmenté. Mais le régime alimentaire de la région garde des traits spécifiques, comme la place importante des céréales, particulièrement du blé, et la faible part des produits animaux. Le poids relatif des produits laitiers recule cependant au profit de la viande de volaille et des œufs.

    Au total, la demande de produits agricoles a été multipliée par six en un demi-siècle.

    La production, quoique en augmentation spectaculaire, n’a pas pu suivre. La production animale, multipliée par cinq, soit une croissance de 50 % de la production par habitant, a suivi globalement la demande en volume. L’évolution structurelle s’est adaptée à celle de la demande. Elle suggère, selon les chercheurs de l’Inra, «  une remise en cause de la tradition pastorale de la région  ». Multipliée par quatre, la production végétale n’arrive à suivre la demande intérieure ni en volume, ni en structure. Les productions de fruits et légumes soutenues par les politiques publiques visent pour leur part principalement la demande extérieure. Cette limitation relative des performances des agriculteurs de la région tient d’abord aux contraintes qui pèsent sur les ressources naturelles. L’aridité est forte. Les terres cultivables et l’eau sont rares.

    Sur les 1 300 000 millions d’hectares que compte la région, 84 millions seulement sont cultivés, soit déjà plus que les terres considérées comme cultivables. Les surfaces équipées pour l’irrigation ont globalement doublé (de 15 à 30 %), mais la concurrence avec les usages industriels et urbains de l’eau est de plus en plus forte. Le seuil de 80 % d’utilisation des ressources renouvelables en eau est fréquemment atteint. Parfois c’est pire. L’étude rappelle les expériences de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis qui ont mis en place au cours des années 1980 et 1990, grâce à la rente pétrolière, des programmes d’agriculture «  clé en main  », irrigués par leurs ressources en eau souterraine. Ils ont dû être abandonnés «  du fait de restrictions budgétaires, mais aussi à cause de la concurrence exercée par les villes et les industries sur la ressource en eau  ».

    Les défaillances des politiques agricoles notamment en matière d’investissement ont aussi leur part. Les industries agroalimentaires ont été largement délaissées. Elles sont toujours constituées principalement de micro-entreprises, limitées à la première transformation et les investissements étrangers sont particulièrement faibles.

    Une dépendance multipliée par quatre

    Un recours de plus en plus massif aux importations comble le déséquilibre entre offre et demande. La dépendance alimentaire nette de la région est passée de 10 à 40 % en cinquante ans. Elle est devenue l’un des plus gros importateurs mondiaux de céréales. Les importations de blé sont passées de 5 à 44 millions de tonnes. Les autres produits phares des régimes alimentaires ne sont pas en reste. Le volume des importations de plantes sucrières a été multiplié par quinze, celui des produits oléoprotéagineux par trente.

    La région ANMO polarise ainsi le tiers des achats mondiaux de blé. Tous les pays exportateurs de produits alimentaires, notamment de blé, lorgnent dans sa direction pour leurs surplus. Les États-Unis, les pays de l’Union européenne, l’Australie ont été rejoints par le Brésil et par les riverains de la mer Noire (Russie, Ukraine, Roumanie). Du côté des acheteurs, chaque pays agit seul et l’hypothèse d’une organisation d’achats solidaires permettant une taille critique semble «  farfelue  » (Sébastien Abis). Certains pays du Golfe (Arabie saoudite, Émirats arabes unis et Qatar), développent cependant une stratégie d’influence par la mise en place de hubs (centres de tri et d’aiguillage de la marchandise) logistiques pour l’agroalimentaire de la région.

    Une calorie sur deux est importée

    Au-delà de ces caractéristiques communes, l’étude met en relief des différences importantes entre sous-régions et pays. La Turquie fait figure d’exception, aussi bien pour sa production végétale que pour son industrie agroalimentaire. Sa dépendance globale, quatre fois moindre que la moyenne régionale, n’a pas augmenté. Son autosuffisance est assurée pour de nombreux produits. La Turquie exporte une part non négligeable de sa production. Pour les chercheurs de l’Inra, «  cette force de l’économie agricole turque liée au succès des politiques d’intensification agricole lancées depuis les années 1950  » donne cependant des signes d’essoufflement.

    À l’inverse, les autres pays de la Méditerranée qui avaient également une dépendance alimentaire de 10 % importent maintenant une calorie sur deux. La productivité du travail agricole reste limitée, particulièrement au Maghreb (mais elle a triplé en Égypte). L’équipement pour l’irrigation est faible, à l’exception des cultures intensives de fruits et légumes, largement tournées vers l’exportation. Les gaspillages et les pertes sont importantes, faute d’équipements et d’entretien pour les réseaux, les moyens de conservation, la logistique. La transformation industrielle de l’agriculture est également particulièrement faible. Mais la population rurale reste nombreuse compte tenu de la faible capacité globale de l’emploi dans les autres secteurs. «  L’agriculture, expliquent les chercheurs de l’Inra, devient alors, et notamment pour les jeunes générations, une situation professionnelle subie, ce qui limite l’attrait des agriculteurs pour les innovations et la modernisation de la production agricole  ». Cette spirale négative est une cause majeure de pauvreté d’une grande partie du monde rural et renforce les inégalités de revenus entre ruraux et urbains.

    Perspective alarmante

    À partir de cette analyse rétrospective, les chercheurs ont simulé les évolutions tendancielles à l’horizon 2050. Elles montrent que la dépendance aux importations risque de s’accentuer, notamment si les effets du changement climatique se font plus prégnants.

    Du côté de la demande, les projections ont pris pour hypothèse la simple poursuite de la tendance passée d’évolution des régimes alimentaires. La population devrait pour sa part augmenter de 50 % environ4.

    Du côté de l’offre, la réponse peut venir de l’amélioration des rendements, de l’extension des terres cultivées ou de l’augmentation de la dépendance. Si les rendements ne sont pas améliorés, la stabilisation de la dépendance supposera une augmentation de 71 % des terres cultivées à l’horizon 2050. C’est évidemment impossible.

    Les tendances concernant les rendements illustrent le poids du facteur climatique. Si le changement est modéré, l’évolution prévisible des rendements n’empêcherait pas une augmentation globale de la dépendance. Mais pas partout. Au Maghreb la production pourrait croître plus vite que la demande. À l’inverse, le Maghreb et le Moyen-Orient seraient particulièrement pénalisés par une accentuation des changements climatiques. Dans ce scénario, en 2050, la dépendance approcherait 70 % au Maghreb, au Proche et au Moyen-Orient.

    Les leviers possibles

    L’étude prospective montre la crise de la productivité agricole. À l’exception de la Turquie, elle continuerait à stagner dans le scénario climatique favorable et baisserait même dans le scénario défavorable. «  Ce résultat, alertent les chercheurs, met en évidence la possibilité d’un maintien, voire d’un renforcement, de la pauvreté (relative ou absolue) en milieu rural dans les différentes zones de la région  ».

    L’étude teste l’impact de trois leviers utilisables pour infléchir ces tendances : le progrès technique pour accroître encore les rendements, une amélioration des régimes alimentaires et une limitation des pertes et gaspillages en ligne de la production à la consommation. Pris isolément, chacun de ces leviers aurait un impact relativement faible. Conjugués dans une réforme d’ensemble, qui suppose des politiques publiques ambitieuses et des investissements coûteux, leur impact serait évidemment démultiplié. Néanmoins, ces mesures se perdraient dans les sables en cas de réchauffement climatique accéléré. C’est pourquoi, conclut l’étude, «  le levier le plus efficace pour limiter cette dépendance serait d’œuvrer pour freiner ce changement global, objectif que seuls des accords internationaux et des politiques climatiques vigoureuses seraient en mesure d’atteindre  ».

    La contradiction avec des stratégies de développement dominantes dans la région qui restent axées sur l’extraction pétrolière et gazière est évidemment un obstacle majeur, comme on a pu le vérifier encore lors de la COP 215.

    1Sébastien Abis, Géopolitique du blé, Armand Colin, 2015.

    2Pauline Marty, Stéphane Manceron, Chantal Le Mouël, Bertrand Schmitt, Système agricole et alimentaire de la région Afrique du Nord - Moyen-Orient, Inra, décembre 2014.

    3Pluriagri est une association formée par des acteurs des grandes cultures (Avril, Confédération des planteurs de betteraves, Unigrains) et par le Crédit agricole SA pour mener des études prospectives sur les marchés ou les politiques publiques.

    4La population de l’ANMO passerait de 460 millions d’habitants en 2008 à 700 millions en 2050

    5Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, Paris, décembre 2015.

    http://orientxxi.info/magazine/maghreb-proche-orient-une-dependance-alimentaire-toujours-plus-impitoyable,1144

  • L’accord agricole entre l’Union Européenne et le Maroc annulé (Afriques en lutte)

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    Enfants saharaouis

    Le Sahara occidental et ses richesses ne font pas partie du Maroc.

    La Cour de justice de l’Union européenne vient de le reconnaître au terme d’une longue bataille juridique.

    "Par un jugement rendu ce 10 décembre 2015, le Tribunal de l’Union européenne (Luxembourg) a prononcé l’annulation de l’acte du 8 mars 2012 du Conseil de l’Union européenne relatif à la conclusion de l’accord agricole entre l’Union européenne et le Maroc. Cette annulation est à effet immédiat.

    Depuis toujours, le Front Polisario dénonce et conteste les accords internationaux conclus par le Maroc dans la mesure celui-ci les applique sur le territoire du Sahara occidental, qui ne relève en aucun cas de sa souveraineté. Depuis 1975, le Maroc est puissance occupante à la suite d’une opération militaire illégale, et la politique d’annexion qu’il conduit sape le droit international dans ses fondements.

    Alors que l’accord agricole conclu entre l’Union européenne et le Maroc avait été de manière flagrante appliquée sur le territoire du Sahara occidental, contre la volonté toujours affirmée des dirigeants du Front Polisario, le renforcement de l’accord décidé le 18 mai 2012 était strictement inadmissible. C’est pour cette raison que le Front Polisario avait décidé de former une demande d’annulation devant le Tribunal l’Union européenne et cette démarche est aujourd’hui saluée du succès, par le jugement d’annulation.

    Il résulte de cette décision de justice deux éléments majeurs.

    Tout d’abord, le Front Polisario, seul représentant du peuple Sahraoui, est en mesure d’agir en tant que sujet de droit international devant la juridiction européenne et les juridictions des 28 Etats européens. Le Front Polisario a toujours placé son action sous l’angle du droit international, et, encouragé par cette décision de justice, il entreprendra de manière systématique toutes les démarches juridiques, par la négociation ou l’action en justice, pour parvenir à son but qui est le respect de la souveraineté sahraouie et le référendum d’autodétermination.

    Ensuite, et sur le fond, le tribunal de l’Union européenne s’appuie sur le fait que "la souveraineté du royaume du Maroc sur le Sahara occidental n’est reconnue ni par l’Union et ses Etats membre ni, plus généralement, par l’ONU" et sur "l’absence de tout mandat international susceptible de justifier la présence marocaine sur ce territoire".

    Ainsi, ce jugement qui établit la capacité de Front Polisario à agir en justice, consacre les positions politiques du Front Polisario, seul habilité à décider des conditions d’exploitation des ressources naturelles.

    Il faut maintenant se tourner vers l’avenir.

    1/ Le Front Polisario rappelle qu’il a engagé un recours similaire pour l’accord de pêche, et il aborde cette deuxième procédure avec confiance.

    2/ Le Front Polisario a toujours recherché et privilégie la négociation, mais il agira en justice chaque fois qu’il sera nécessaire. Aujourd’hui, le Front Polisario réitère au Conseil de l’Union européenne et à la Commission européenne sa disponibilité pour engager des négociations immédiates et sans conditions.

    3/ Alors que l’Europe est une communauté de droit, le Front Polisario s’adresse à toutes les capitales européennes pour respecter les règles posées par cette décision de justice.

    4/ Le Front Polisario lance un appel solennel à toutes les entreprises qui exercent leur activité sur le territoire du Sahara occidental et dans les eaux relevant de sa souveraineté. Il ressort de la décision de justice que ces activités sont toutes illégales. Ces entreprises doivent prendre contact avec les autorités du Front Polisario pour régulariser leur situation, faute de quoi celui-ci engagera les recours nécessaires pour imposer le respect de cette décision de justice.

    5/ Ce jugement important va nécessairement avoir un fort impact sur les négociations générales conduites sous l’égide de l’ONU. Il est temps de sortir de l’illégalité imposée depuis 40 ans par le Maroc. Cet arrêt du Tribunal de l’Union européenne de 2015 est une suite de l’avis rendu par la Cour internationale de justice en 1975. La force du droit vaincra la violence et l’illégalité du Maroc.

    Le Maroc doit admettre qu’aucune solution ne peut être imposée contre un peuple, au mépris de la légalité internationale." 15 décembre 2015

    http://www.afriquesenlutte.org/accord-agricole-entre-l-union

  • Ces villages palestiniens qui vivent dans la peur des attaques des colons (Basta)

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    Alors que la Palestine s’embrase, les villages de Cisjordanie font face aux attaques quasi quotidiennes de colons israéliens installés sur leurs terres. Menaces, jets de pierres ou de cocktails Molotov, incendies de terres agricoles ou de maisons : ils rendent la vie impossible à leurs voisins arabes, jusqu’à brûler vive une famille palestinienne, fin juillet. Un harcèlement qui s’inscrit dans une logique de conquête de territoire et contribue à alimenter le cycle de violence actuel. Malgré des déclarations de principes, qualifiant les colons d’extrême droite de « terroristes », le gouvernement israélien les laisse perpétrer leurs exactions dans l’impunité la plus totale.

    « Nous intervenons dans 27 villages [environ 100 000 habitants en tout], que nous avons notamment sélectionnés en fonction du nombre d’attaques de colons dont ils étaient victimes chaque année », explique Mahmud Isleem, coordinateur pour Médecins du Monde. Depuis 2012, l’organisation a lancé un programme de soutien psychosocial aux populations victimes de violences dans le nord de la Cisjordanie, autour de Naplouse, suite au constat de l’intensification des agressions.

    Une attaque de colons toutes les 36 heures

    Jets de pierres ou de cocktails Molotov, incendies de terres agricoles ou de maisons : selon les chiffres des Nations Unies, les attaques des colons contre des Palestiniens ont été multipliées par quatre entre 2006 et 2014, atteignant un total de 2100 attaques sur ces huit ans. Soit une attaque toutes les 36 heures.

    Les agressions visent autant les personnes que les biens : maisons, voitures, écoles… Dans le village de Qusra, on compte au moins un incident par mois. A Urif, à 13 km au sud de Naplouse, une maison a été visée 18 fois. Jusqu’à ce qu’une ONG les aide à construire une clôture autour de la propriété. Certaines maisons se mettent à ressembler à des prisons, mais c’est la seule solution pour les protéger. « Les colons s’en prennent aussi beaucoup aux oliviers, en les coupant ou en les brûlant, car nous sommes dans des communautés rurales, qui économiquement, dépendent largement de la récolte des olives », précise Patricia Grillo, chargée de plaidoyer à l’ONG Première urgence internationale (PUI).

    Des attaques pour récupérer illégalement des terres

    Principales victimes : les villages situés à proximité des colonies, ou des avant-postes, les implantations qui n’ont pas été approuvées par le gouvernement israélien. Les colonies israéliennes sont illégales au regard du droit international puisque la Convention de Genève interdit strictement le transfert de population civile d’un État vers un territoire occupé, mais Israël n’en tient pas compte en autorisant une grande partie des colonies en Cisjordanie. Les avant-postes s’y installent sans autorisation du gouvernement, et violent donc également les lois israéliennes, mais ils bénéficient pourtant souvent d’une validation rétroactive. « Ils attaquent pour gagner du terrain, récupérer des terres », analyse Mahmud Isleem.

    Autre moteur des violences : la vengeance, avec le mouvement « le prix à payer », un mouvement informel dont se revendique les colons d’extrême droite. Ces colons ripostent ainsi à toute décision du gouvernement israélien qui ne leur serait pas favorable en s’en prenant au hasard aux Palestiniens. C’est notamment le cas après des évacuations d’avant-postes, qui sont illégaux même au regard de la loi israélienne.

    « On voit des gosses qui jouent aux colons et aux Palestiniens »

    « C’est la première fois que je vois autant d’incidents critiques en terme de fréquence. Au nord de la Cisjordanie, il y en a toutes les semaines. Et puis ce conflit dure depuis 60 ans », constate Maximilien Zimmerman, psychologue clinicien et coordinateur des programmes de santé mentale de Médecins du Monde en Palestine. Dans les villages où intervient l’organisation, un état de stress aigu semble être devenu la norme. Les familles évitent de sortir le soir, car c’est à ce moment-là que les risques sont les plus grands. Les parents ne laissent plus les enfants jouer librement dehors. Le climat de violence est présent dans tous les esprits, dès le plus jeune âge : « Dans ces endroits on voit des gosses qui jouent aux colons et aux Palestiniens, et on les voit imiter les incidents violents. »

    « La répétition des attaques impacte la vie des habitants de ces communautés, leur manière d’éduquer leurs enfants, leur sentiment de sécurité. Quand ils élèvent leurs enfants, la question se pose : pour quel avenir ? Tout peut arriver n’importe quand. Même quand ils ne sont pas directement impliqués, c’est ancré dans leur tête et dans leur esprit », observe Maximilien Zimmermann. Dans une culture où exprimer ses émotions est encore perçu comme une faiblesse, les gens somatisent beaucoup. Les tensions au sein des familles augmentent. Les parents sont souvent plus affectés, car ils se sentent responsables de leurs enfants, qu’ils ne sont pas toujours sûrs de pouvoir protéger.

    Une famille brûlée vive par des colons : « Un impact sans précédent »

    Le 31 juillet dernier, de nuit, deux colons s’introduisent dans le village de Duma (2000 habitants) et mettent le feu à la maison de la famille Dawabsheh, surprenant les parents et leurs deux enfants dans leur sommeil. Ali, un bébé de 18 mois, est brûlé vif. Ses parents, Sa’ad et Reham, mourront de leurs blessures dans les semaines suivantes. Ahmad, son frère de 4 ans, est toujours hospitalisé, victime de brûlures à 60%. Tout indique une attaque du « prix à payer ». Les auteurs ont laissé des graffitis derrière eux : « Vengeance » et « longue vie au Messie ». Le crime intervient alors que le gouvernement vient de démolir deux bâtiments de l’influente colonie de Beit El, suite à une décision de justice reconnaissant qu’ils étaient construits illégalement sur un terrain privé palestinien.

    Pour Médecins du Monde, l’impact de ce triple meurtre est sans précédent et va bien au-delà de Duma. « Duma, c’est incompréhensible en terme d’inhumanité. Insulter, jeter des pierres, c’est quelque chose. Mais brûler vif des gens dans leur sommeil… on passe un cap », analyse Maximilien Zimmermann. Jamais autant de victimes directes et indirectes n’auront sollicité une assistance psychologique. Près de la moitié des 70 personnes visitées a eu besoin d’une intervention psychologique d’urgence. Tout le monde se connait à Duma. Personne n’était préparé à entendre les cris de Sa’ad et Reham, à voir leurs corps presque totalement brûlés, à attendre avec eux l’ambulance, à sortir un enfant calciné de la maison. Dans les villages voisins, et jusqu’à 50 kilomètres à la ronde, l’attaque hante les Palestiniens. Tous se disent qu’ils auraient pu être la famille Dawabsheh, et qu’il pourrait y avoir une autre famille décimée à l’avenir. D’après les psychologues intervenus sur le terrain, Duma a un effet boule de neige, encore difficile à évaluer.

    Plus de 98% des crimes restent impunis

    L’incendie de Duma a été condamné de toutes parts, y compris par le gouvernement israélien qui l’a qualifié d’acte terroriste. Problème : à ce jour, les responsables n’ont pas été arrêtés, alors même qu’ils auraient été identifiés. Selon le ministre de la Défense israélien Moshe Ya’alon, une arrestation mettrait en danger les services de renseignement [1]. Dans ce climat d’impunité, malgré l’appel de Benjamin Netanyahu pour une « tolérance zéro » envers les colons violents, les attaques ont connu une recrudescence. Après Duma, Médecins du Monde en compte deux par semaine dans les villages où l’ONG est présente, davantage que les mois précédents.

    L’absence de sanction, là encore, n’a rien d’exceptionnel. D’après les chiffres de Yesh Din, une organisation israélienne de protection des droits humains, seuls 1,9% des cas de plaintes pour agressions par des colons aboutissent à une condamnation des auteurs des attaques. Dans bien des cas, les victimes renoncent à se signaler : porter plainte semble vain et beaucoup craignent de le payer en perdant, par exemple, leur permis de travail en Israël. Pour les ONG, cette impunité encourage la répétition des agressions. Les colons n’ont presque jamais à assumer les conséquences de leurs actes.

    Des Palestiniens sans protection, des colons accompagnés par l’armée

    Le contraste avec le traitement des Palestiniens auteurs d’attaques contre des israéliens est saisissant : eux sont exécutés sur le coup par l’armée, ou arrêtés dans les jours qui suivent, avec leurs complices, après des vagues d’incursions et de perquisitions dans toute la Cisjordanie. Leurs maisons font également l’objet de « démolitions punitives », qui touchent ainsi toute leur famille sans discrimination.

    Autre différence majeure : les colons, y compris pendant leurs attaques, sont protégés par les forces de sécurité israéliennes, qui n’hésitent pas à tirer sur les Palestiniens à coup de bombes lacrymogènes, balles en caoutchouc voire balles réelles si ceux-ci répliquent face aux agresseurs. Côté palestinien, aucune force de sécurité officielle. Les accords d’Oslo ne les autorisent pas à gérer la sécurité dans les zones B et C de la Cisjordanie, qui représentent 98% du territoire. Ce serait donc à Israël de protéger les populations dans ces zones. Et aux États tiers de faire pression sur l’État hébreu pour respecter cette obligation en vertu du droit international. En l’absence de réaction des uns et des autres, les violences des colons se perpétuent.

    La colonisation par l’instauration de « zones de peur »

    Les acteurs humanitaires s’entendent pour dire que ces actes violents doivent être mis en lien avec la politique de colonisation de la Cisjordanie. D’après l’organisation israélienne Yesh Din, ils font partie des stratégies d’accaparement de ce territoire par ceux qui le considèrent comme la Judée et Samarie, une terre israélienne. Cela passe par l’installation des colonies et avant-postes, la déclaration de zones de sécurité ou zones militaires autour de ces implantations, l’appropriation de terrains pour leurs infrastructures… puis l’instauration de « zones de peur » où en raison des violences et du harcèlement les Palestiniens n’oseront plus aller [2]

    Le mouvement du « prix à payer », quant à lui, contribue à faire pression sur le gouvernement israélien pour obtenir des politiques favorables à la colonisation. En 2013 la ministre de la justice israélienne Tzipi Livni propose de les sanctionner comme des terroristes, proposition qui sera rejetée par Benjamin Netanyahu. L’absence de fermeté d’Israël à l’encontre de ces factions – ils ne représentent qu’une partie des 340 000 colons – est souvent perçue comme un soutien implicite à la colonisation. Impression alimentée par la poursuite des implantations en Cisjordanie et la légalisation a posteriori des avant-postes.

    Les gens qui vont mieux sont souvent ceux qui sont actifs dans la lutte

    Selon Mahmud Isleem, « les Palestiniens restent parce qu’ils ne veulent pas devenir des réfugiés ». Mais pour Maximilien Zimmerman, « dans une situation pareille, il est difficile de se projeter dans l’avenir, de donner du sens à l’existence, de faire des projets ». Dans la région, les sources de frustration sont multiples : expansion des implantations israéliennes illégales en Cisjordanie, conflit autour de la mosquée d’Al Aqsa, démolitions, restrictions de mouvements, arrestations, impossibilité de développer l’économie, enfermement et bombardements de Gaza, radicalisation d’une frange de plus en plus importante de la société israélienne à l’encontre des Palestiniens…

    La cohabitation avec des colons agressifs et les confrontations avec l’armée sont à replacer dans un contexte de sentiment d’oppression et d’injustice plus large, à l’échelle de tout un territoire, et sur des décennies. « Ce qu’on fait est un sparadrap sur une plaie qui ne se refermera pas tant que le conflit est là », conclut Maximilien Zimmermann. « Finalement, on constate que les gens qui vont mieux sont souvent ceux qui sont actifs dans la lutte : ils gèrent mieux d’un point de vue psychologique. Les gens désespérés, passifs, ont une souffrance plus grande que ceux qui vont s’engager dans un mouvement, une ONG, ou une forme d’expression artistique pour transformer ces émotions négatives. » Avec la montée des tensions dans toute la Cisjordanie, les attaques se sont intensifiées et les acteurs de terrain peinent à tenir les comptes. L’issue de cette escalade est pour le moins incertaine mais les impacts sur les communautés seront forcément significatifs.

    Antoine Besson 20 octobre 2015

    Notes

    [1Lire ici.

    [2Voir Yesh Din, Under the radar, mars 2015.

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    http://www.bastamag.net/Palestine-ces-villages-qui-vivent-sous-la-menace-des-colons-violents

  • Foncier agricole : L’UNPA appelle à l’arrêt des agressions sur les terres (Algeria Watch)

     

    Le secrétaire général de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Mohamed Alioui, a appelé, hier, à mettre fin aux différentes formes d’«agression» que subissent les terres agricoles, commises sous le prétexte de l’«utilité publique».

    Saisissant l’occasion d’une rencontre de concertation avec le nouveau ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Sid Ahmed Ferroukhi, le représentant des fellahs a demandé que la notion d’«utilité publique» soit perçue comme étant, prioritairement, celle devant renvoyer à la nécessité de garantir la sécurité alimentaire du pays.

    Selon lui, beaucoup de terres à vocation agricole sont aujourd’hui menacées, notamment le long de la bande littorale, où il a fallu, dans plusieurs cas, l’intervention des plus hautes autorités du pays pour arrêter des massacres qui allaient être commis au nom de l’utilité publique.

    Et de rappeler à ce propos que le programme d’extension des terres agricoles devant aboutir à la création d’un million d’hectares supplémentaires, en irrigué, doit nécessairement aller au bénéfice de la culture des pâturages et aliments de bétail pour renforcer la filière lait et ainsi diminuer la facture d’importation des produits laitiers.

    L’UNPA n’a pas manqué, non plus, d’attirer l’attention du premier responsable en charge du secteur sur d’autres problèmes auxquels le monde agricole fait face, notamment ceux liés à la couverture sociale des agriculteurs, à la délivrance des actes de concession, au manque de main-d’œuvre, ou encore à la représentation des fellahs dans les instances agricoles élues. L’Union a appelé aussi à accélérer la mise en place du conseil supérieur de l’agriculture qui tarde à voir le jour, depuis sa création officielle en 2010, en l’absence de textes d’application.

    Pour sa part, Sid Ahmed Ferroukhi a indiqué que la nouvelle feuille de route tracée pour le secteur s’appuie essentiellement sur «la mobilisation de toutes les forces», y compris celle représentée par l’UNPA, longtemps marginalisée en raison des conflits qui l’opposaient souvent aux différents ministres qui se sont succédé dans le secteur.

    Aujourd’hui, le nouveau ministre, étant un ancien cadre du ministère de l’Agriculture et un fin connaisseur du secteur, semble avoir gagné la confiance de l’ensemble des intervenants dans le monde agricole, y compris celle de l’UNPA dont le secrétaire général s’est dit, hier, entièrement engagé à soutenir son travail, sans que cela puisse paraître comme une complaisance envers un commis de l’Etat : «Nous n’avons jamais manié ‘‘la brosse’’ pour quelqu’un, mais les compétences de l’actuel ministre parlent d’elles-mêmes», a affirmé Mohamed Alioui.
    Il reste, tout de même, que beaucoup de tâches fastidieuses attendent, en perspective, le nouveau ministre de l’Agriculture.

    L’héritier de l’ex-ministre Rachid Benaïssa, puisque c’est sous la responsabilité de ce dernier qu’il s’est forgé la réputation de «connaisseur des dossiers agricoles», est appelé aujourd’hui à dynamiser un secteur qui a, certes, connu des avancées considérables, sans pour autant atteindre des objectifs facilement réalisables, comme la substitution des importations par l’amélioration des rendements et le développement local de plusieurs cultures.

    En s’installant dans ses nouvelles fonctions, la semaine écoulée, Sid Ahmed Ferroukhi s’est dit, en tout cas, conscient des défis qui l’attendent. Pour lui, l’une des priorités de son secteur est désormais «l’investissement privé, qui constitue la locomotive du développement pour la concrétisation des objectifs tracés». 

    Lyes Malki El Watan, 3 août 2015

    http://www.algeria-watch.org/fr/article/eco/terres/appel_unpa.htm

    Un autre éclairage:

    http://www.algeriepatriotique.com/article/corruption-les-enquetes-touchent-l-unpa

    et aussi:

    http://www.leconews.com/fr/actualites/nationale/agriculture/le-ton-se-durcit-entre-les-agriculteurs-et-l-administration-11-04-2015-173920_291.php