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  • Algérie: violences contre des migrants dans la ville de Béchar (Anti-k)

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    Vendredi 25 mars, à l’heure de la prière, des dizaines d’habitants attaquent un ancien marché couvert où vivent des migrants subsahariens. Les migrants sont nombreux dans la ville, notamment parce qu’il y a beaucoup de travail sur les chantiers de construction.

    Les habitants déclarent à plusieurs journalistes que des migrants ont essayé d’agresser une petite fille. Mais aucune source judiciaire ou sécuritaire n’est en mesure de confirmer. Une centaine de migrants sont blessés, par arme blanche. Leurs habitations sont pillées puis incendiées.

    « Ils nous jetaient tout ce qu’ils ramassaient. Ils étaient tellement nombreux et nous aussi on leur a relancé les pierres, témoigne Vidal, un Camerounais qui fait partie des victimes. Ils ont commencé à casser tout ce qu’ils voyaient. Et tout cela se passait en la présence de la police. Il y a même certains policiers qui jetaient des cailloux sur nous. »

    Selon plusieurs témoignages, les migrants ont tenté d’appeler la police à l’aide, mais leurs appels n’ont pas été pris en considération. Lors de l’intervention des forces de l’ordre, c’est du côté des habitations de migrants que sont tombés les gaz lacrymogènes.

    Dans l’après-midi, le calme revient, mais plus d’une centaine de migrants sont emmenés par la police. On leur demande de quitter la ville. Certains partent vers la ville saharienne d’Adrar, d’autres prennent le bus vers la ville du nord d’Oran, sans passer par l’hôpital, de crainte d’être agressés à nouveau.

    La ligue des droits de l’homme dénonce la montée d’un racisme et d’une xénophobie insupportable. Début mars, des violences similaires ont eu lieu dans la ville de Ouargla, à 700 kilomètres de là. C’est ce qui avait poussé les autorités à expulser de la ville plus de 2 000 migrants.

  • Syrie, EI, Russie... : « Les habitants de Palmyre dorment sur le sable et se couvrent avec le ciel » (ESSF)

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    Samira Walnabi : Mohamed Taha, archéologue et habitant de la ville de Palmyre, soyez le bienvenu parmi nous sur les ondes de Monte Carlo International.

    Mohamad Taha : Bonjour à vous et à ceux qui nous écoutent.

    S.W. : Dites-nous ce qui se passe maintenant dans la ville de Palmyre. Ce témoignage est celui de l’un des fils de la ville.

    M.T. : Ce qui se passe maintenant dans la ville de Palmyre n’a pa commencé hier, cela dure depuis plus d’un mois. Les bombardements de l’aviation, les missiles, y compris des missiles Scud et des bombes à sous-munitions bombardent continuellement Palmyre depuis un mois.

    En commun accord avec la Russie, le régime syrien a décidé de récupérer la ville après l’avoir remise à Daech il y a trois cent sept jours. Le but est d’envoyer le message qu’il est capable de récupérer des territoires, de vaincre Daech, et de protéger le patrimoine syrien, dont les antiquités de Palmyre, qui constituent une partie importante du patrimoine de l’humanité. Rien n’est plus faux, car le régime a contribué lui même a détruire Palmyre la ville antique et Daech n’a fait que compléter la destruction ensuite. Aujourd’hui les batailles, que le régime mène avec l’artillerie lourde et les chars , se déroulent au cœur de la ville antique, et se concentrent maintenant dans la vallée des tombes. Tout ce qui n’avait pas été pillé ou détruit auparavant est pillé et détruit en ce moment même.

    L’avancement des troupes terrestres du régime est le fruit de la campagne de bombardements aériens constants depuis plus d’un mois. Depuis quinze jours, les activistes de Palmyre ont documenté plus de mille deux cents raids de bombardements aériens, de missiles à longue portée et de Scuds.

    Les habitants de la ville avaient déjà commencé à fuir Palmyre et il ne restait plus que 200 familles en ville. Daech a ordonné hier à tout le monde de quitter la ville et les a emmenés dans une zone désertique, à 15 km de Palmyre, appelée la Vallée Rouge, et il les a laissés là-bas où ils ont passé la nuit. Les gens qui ont tenté de louer des voitures, ont été bombardés par l’aviation russe et beaucoup parmi eux ont trouvé la mort ou ont été blessés. En conséquence les propriétaires de voitures n’osent plus déplacer ces gens jetés en plein désert vers Raqua, qui est la seule destination possible pour eux.

    Pour la situation militaire, bien sûr, nous avons vu beaucoup de choses et beaucoup entendu. C’est une guerre médiatique entre le régime et Daech … Le régime publie des photos et des vidéos sur ses progrès et Daech y répond et chacun d’eux publie des images prouvant qu’il contrôle toujours la ville …

    Lors du dernier contact que j’ai eu avec Palmyre, avant que les communications ne soient coupées complètement avec la ville, il y a trois heures, j’ai obtenu les informations suivantes :

    • Le régime tente d’avancer vers la ville depuis l’ouest, le sud-ouest et le sud.

    • De l’ouest et du sud-ouest, le régime est arrivé durant la nuit à atteindre le palais de Musa dans la région d’Al-Eweyneh, à environ cinq kilomètres de la ville. Et puis il a avancé vers la ville, mais Daech a fait une contre-attaque militaire et a forcé le régime à se replier sur la région d’Al-Eweyneh. Il est donc à cinq kilomètres de la ville.

    • Le régime contrôle le mont Hayan, côté sud-ouest à 8 km de la ville. Et le mont Tar au nord-ouest de la ville à 3 km.

    • Il y a des combats très féroces qui ont lieu dans la vallée antique des tombes avec usage d’ artillerie lourde, d’explosifs et des bombardements de l’aviation. La ville est presque complètement vide à l’exception de ceux qui ne peuvent pas en sortir.

    La plupart des quartiers et des maisons de la ville ont été minées par Daech. Son plan est de faire exploser la ville si les forces du régime réussissent à la prendre. Ils l’ont déjà fait dans plusieurs régions du nord de la Syrie.

    Il n’y a plus d’habitants à Palmyre. Il y a 200 familles abandonnées depuis hier dans le désert à 15 km de la ville, sans nourriture, sans tentes et sans abri, qui dorment à la belle étoile.

    S.W. : Quel est l’appel que vous, Mohamed Taha archéologue de Palmyre et fils de cette ville antique, souhaitez adresser aujourd’hui au monde entier ?

    M.T. : En fait nous sommes fatigués de faire des appels au secours auxquels personne ne répond jamais. La tragédie du peuple de Palmyre fait partie de celle que le peuple syrien tout entier vit depuis plus de cinq ans et devant laquelle la communauté internationale ferme les yeux et bouche les oreilles. Personne ne veut résoudre le problème vraiment et nous ne savons pas ce que cette communauté internationale attend pour agir. Les gens sur place nous ont même demandé de ne plus lancer d’appels, parce qu’ ils savent qu’ils ne donneraient aucun résultat.

    Mais la communauté internationale doit arrêter d’appliquer deux poids, deux mesures et doit au moins regarder la souffrance humaine en face . Les gens là-bas sont des êtres humains et les êtres humains sur la terre sont tous égaux. La vie d’un être humain à Palmyre n’a pas moins de valeur que celle d’un être humain en France ou en Belgique ou ailleurs. Ce ci dit avec tout notre respect pour tous les êtres humains et notre condamnation de chaque action qui affecte les civils partout dans le monde.

    Mais ce qui se passe en Syrie n’a pas de précédent dans l’histoire et ce qui se passe à Palmyre en particulier fait pleurer même ses pierres. Ces pierres qui ont fait se soulever des voix du monde tout entier quand Daech a détruit une partie d’entre elles. Ces même voix qui s’étaient tues lorsque les forces du régime syrien avaient détruit certaines de ces pierres. Comme si ces crimes étaient pardonnables si le criminel est le régime syrien et ne le seraient pas si le criminel est Daech. Les deux, le régime syrien et Daech, sont des criminels, nous sommes tous d’accord sur cela, mais nous ne devrions pas tolérer le deux poids ,deux mesures.

    En tant qu’archéologue j’aime bien sûr mon métier, tout comme j’aime ma ville ville natale où j’ai grandi au milieu de ses antiquités. Toutefois, je me soucie aujourd’hui des habitants de Palmyre qui sont les miens qui se trouvent actuellement dans la vallée Rouge et qui sont sans rien et dont la seule couverture est le ciel. Tous ceux qui peuvent leur faire parvenir de l’aide, aussi minime soit elle, nous les en remercions. Un mot de solidarité est aussi le bienvenu, parce que ce qu’ils ont vécu est indescriptible avec des mots et aucune photo ou vidéo n’est capable d’exprimer leur souffrance. Parmi eux des enfants qui, pendant des mois, n’ont entendu que les voix des roquettes. Mais aussi des femmes qui ont perdu leurs enfants et leurs maris. Ces gens ne sont en aucun cas coupables de quoi que ce soit. Ils n’ont pas choisi Daech. Le régime diffuse, par ses médias et à tort, des propagandes qui stipulent que les habitants de Palmyre sont tous des membres de Daech, ce qui est dénué de la moindre véracité. Les habitants de Palmyre n’avaient pas choisi la d’être dominés par le régime Assad qui les tuait et les arrêtait, et en moins de trois jours, le régime a remis la ville à Daech. Ceci malgré la présence de 15’000 militaires, de l’aéroport militaire de Palmyre, mais aussi la présence de deux autres aéroports militaires à une distance qui ne dépasse pas 40 km. Malgré tout cela, Daech a pu prendre le centre de Palmyre facilement.

    , par TAHA Mohamed, WALNABI Samira

    S.W. : Merci beaucoup Mohamad Taha.

    http://www.mc-doualiya.com/chronicles/interviews-mcd/20160324-%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A%D8%A7

    http://www.europe-solidaire.org/

  • Les pays riches n'ont réinstallé que 1,39% des réfugiés syriens (Europe1)

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    L'ensemble des pays à économie forte pourraient accueillir directement 500.000 réfugiés syriens, selon les estimations de l'Oxfam. 

    Les pays riches n'ont réinstallé qu'une fraction des près de cinq millions de réfugiés qui ont fui la Syrie, a indiqué dans un rapport mardi l'ONG britannique Oxfam, leur lançant un appel pour en prendre plus. L'ONG demande aux pays riches de prendre au moins 10% des 4,8 millions de réfugiés syriens enregistrés dans la région entourant le pays déchiré par la guerre. Mais à ce jour les pays riches n'ont réinstallé que 67.100 personnes, soit 1,39% des réfugiés, selon elle.

    Sixième année de conflit. L'ONG a publié son rapport avant la tenue d'une conférence internationale le 30 mars sous l'égide de l'ONU à Genève, durant laquelle les pays seront priés de prévoir des places de réinstallation pour les réfugiés syriens. La grande majorité restent dans les pays proches, alors que le conflit entre dans sa 6ème année. La conférence de l'ONU, qui sera ouverte par son Secrétaire général, Ban Ki-moon, a pour objectif de faire "partager le responsabilité globale" liée à crise des réfugiés, provoquée par la guerre dans ce pays, qui a fait plus de 270.000 morts.

    1.000 réfugiés en France. Selon Oxfam, seuls trois pays riches, le Canada, l'Allemagne et la Norvège, ont fait plus que ce qu'ils étaient censés faire, par rapport à leur situation économique, en matière d'accueil permanent des réfugiés. Cinq autres (Australie, Finlande, Islande, Suède et Nouvelle-Zélande) se sont également engagés à faire 50% de plus que leur part, alors que les 20 autres pays examinés par Oxfam sont en-dessous des attentes. Ainsi, la France s'est engagée à ce jour à prendre 1.000 réfugiés syriens, soit 4% des 26.000 qu'elle devrait en principe accueillir.

    Une question de volonté. Les États-Unis, qui ont réinstallé 1.812 réfugiés syriens, et ont indiqué en prendre 10.000 autres, se sont engagés sur 7% des près 171.000 considérés comme étant leur part. Les Pays-Bas sont également arrivés à 7%, le Danemark à 15% et la Grande-Bretagne à 22%, selon l'Oxfam. Pour Winnie Byanyima, directrice d'Oxfam, "les pays à économie forte, avec des services performants et des infrastructures développées, peuvent immédiatement réinstaller 500.000 réfugiés, s'ils en font le choix".

    29 mars 2016

    http://www.europe1.fr/les-pays-riches-nont-reinstalle-que-1%39-des-refugies-syriens