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Le village Azrou n’Svah rend hommage à Lounès Kaci (Liberté)

 

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Militant berbériste de la première heure impliqué dans l’affaire “des poseurs de bombes”

Le comité du village et l’association culturelle Azrou n’Svah, relevant de la commune de Yakourène (Tizi Ouzou), en collaboration avec la Direction de la culture de la wilaya, ont rendu un vibrant hommage au fils du village, Lounès Kaci, militant berbériste durant les dures années 1970, lors d’une cérémonie mémorable à laquelle ont pris part de nombreux militants de l’époque qui luttaient pour l’identité et la culture amazighes.


Cette cérémonie se voulait une reconnaissance à celui qui, avec ses compagnons, ont ébranlé l’État algérien à une époque où les libertés étaient quasiment verrouillées. L’affaire dite “des poseurs de bombes” a fait couler beaucoup d’encre en 1976. Pour le pouvoir de l’époque sous la présidence de Houari Boumediene, de nombreux militants de la cause berbère, tels que Haroun Mohamed, Cheradi Houcine, Kaci Lounès, Ahcène Chérifi, Medjber Mohamed ou Smaïl, furent taxés de saboteurs et injustement accusés de trahison, d'atteinte à la sûreté de l'État, de complicité avec l’étranger, de trafic de devises et de jets d'explosifs. Mais pour beaucoup d’autres observateurs, ce sont des exemples de courage, d’engagement et de patriotisme.


Arrêtés, ces jeunes “berbéristes” furent déclarés “ennemis de l’Algérie”, “agents de services spéciaux nostalgiques de la colonisation” et longuement soumis par les médias étatiques à la vindicte populaire, et leur “cause” clouée au pilori. Leur procès devant la cour de sûreté de l’État a fait, pendant des semaines, l’actualité nationale et leurs “aveux” mis en exergue ; ils seront condamnés par le tribunal de Médéa, le 2 mars 1976, à de lourdes peines. Trois peines capitales, deux condamnations à perpétuité et d'autres peines allant de 10 à 20 ans de prison. Le quotidien El Moudjahid titrait en grandes manchette, à l’époque, “Un châtiment exemplaire, demande l’opinion publique”.


Durant son témoignage poignant, Lounès Kaci a mis en exergue la répression qui s’est abattue, depuis et jusqu’aux années 1980, sur les militants berbéristes. Des arrestations, des emprisonnements, des membres fondateurs de la première Ligue des droits de l’Homme ont été  condamnés dans un simulacre de procès à la cour de sûreté de l’État, des provocations et des intimidations. Le chanteur et compositeur kabyle, Lounis Aït Menguellet, tout comme le chanteur engagé, Ferhat Imazighen-Imoula, n’ont pas échappé à cette campagne de dénigrement du pouvoir en place. Les membres du réseau des poseurs de bombes ont été toutefois libérés en 1987, après avoir passé 11 ans dans les geôles de Lambèse.


Lounès Kaci qui vit, depuis 1992, au Canada, a été invité expressément par le comité de son village à assister à l’hommage qui lui a été rendu. De nombreux berbéristes des années 1970 et du mouvement de 1980 ont répondu présent.


Un programme alléchant a été concocté par les villageois : exposition de coupures de presse du journal El Moudjahid, El Djeïch, Ech Chaâb et des photos. De nombreux militants berbéristes dont Lounès Kaci et sa famille, ainsi que le chanteur Ouzib Mohand Ameziane ont été récompensés à l’occasion et un gala artistique auquel ont pris part de nombreuses stars de la chanson kabyle, s’est tenu dans la soirée jusqu’aux premières heures de la matinée. Par : C. Nath Oukaci

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