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  • Orange doit vite rompre son contrat avec Partner communication ! (Sud Ptt)

     

     

    Communiqué de la fédération SUD PTT

    Stéphane Richard, le PDG d’Orange a annoncé hier son intention de revoir les liens de sa compagnie avec l’opérateur israélien Partner.  La fédération Sud dénonce depuis plusieurs années les atteintes aux droits humains commises par Partner. Elle a interpellé à plusieurs reprises la direction du groupe à ce sujet pour lui demander de rompre son contrat avec Partner.

    Nous constatons avec satisfaction que pour la première fois, la direction d’Orange exprime une volonté de mettre fin à ce partenariat. Maintenant, il est temps de passer aux actes. La marque et l’image d’Orange ne peuvent plus rester associées à une société qui officie en dehors des règles du droit international.

    La fédération SUD suivra attentivement les suites que réservera Orange à cette affaire. Jusqu’à sa fin, on ne lâchera rien.

    jeudi 4 juin 2015, par Philippe Crottet

    http://iphonespip.sudptt.org/spip.php?article3

  • Contractuels : le refus de la précarité (El Watan)

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    Avec la crise économique qu’a connue l’Algérie dans les années 1990, une nouvelle forme d’emploi avec des contrats à durée déterminée a vu le jour, une situation qui perdure jusqu’à aujourd’hui.

    A l’inverse des enseignants qui ont vu leur situation débloquée, pour les contractuels des autres secteurs, la régularisation tarde à se concrétiser, plongeant ces derniers dans une grande précarité.

    Ils n’ont pas le droit à la création des syndicats comme le stipule la loi, mais la mobilisation des travailleurs contractuels  n’a pas laissé les autorités indifférentes à leur égard, comme cela été le cas pour de nombreux syndicats. «La mobilisation des enseignants contractuels tire sa force principalement de la situation précaire qu’ils vivent quotidiennement : travail sans perception de salaire pendant deux à trois ans», explique Idir Achour, secrétaire général du Conseil des lycées Algérie (CLA). Cet ex- enseignant contractuel estime que la précarité était à l’origine de cette prise de conscience.

    «Le salaire d’un enseignant contractuel représente la moitié de celui d’un permanent», déplore Idir Achour. A cela s’ajoute «la corruption dans l’organisation des concours de recrutement et l’instabilité dans leurs affectations dans les divers  établissements». De l’avis du syndicaliste du CLA, «la persistance de cette situation  pour un contractuel le met devant deux alternatives : le premier et celui d’abandonner le métier et changer de vocation, le deuxième est la voie de la lutte pour la régularisation de sa situation.» Vu le peu d’opportunités proposées par le marché de l’emploi en Algérie, la plupart des jeunes diplômés aspirent à arracher un poste de travail permanent.

    Et ce, non seulement dans le secteur de l’Education mais pratiquement dans tous les secteurs ayant opté pour les contrats à durée déterminée. A titre d’exemple, le secteur  de l’Education fonctionne, selon les statistiques du CLA, avec un taux de 10 à 20% des contractuels depuis 1988. Cet état de fait a donné lieu à plusieurs mouvements de protestation des enseignants contractuels. Soit un mouvement tous les 5 ans pour réclamer leur intégration dans les postes qu’ils occupent depuis plusieurs année.

    Ainsi, plusieurs décrets d’intégration de ces enseignants ont été promulgués de 1989 à 2011. A présent, 20 000 enseignants protestent depuis trois mois pour réclamer encore une fois des postes permanents.  Idem pour les ouvriers professionnels et les corps communs de l’enseignement supérieur dont les contractuels représentent 60% selon la fédération nationale des travailleurs du supérieur affiliée au Snapap.

    Contractuels pour gérer la masse salariale

    Les jeunes recrutés  dans le cadre de pré-emploi ne cessent d’investir la rue pour réclamer leur intégration dans les postes qu’ils occupent depuis des années. 90 000 travailleurs ont été recensés à l’échelle nationale alors qu’environ 3000 travailleurs se sont déjà structurés en comité affilié au Snapap. La durée moyenne pour ces travailleurs contractuels est estimée à 4 ans, tandis que les plus anciens ont déjà travaillé pendant plus de 10 ans avec des CDD.

    Idem pour les autres contractuels du secteur de la santé affilié au Snapap dont le nombre dépasse 24 700. Ces derniers luttent depuis 2010 pour leur intégration. Ni les protestations sur le terrain, encore moins les négociations avec leur tutelle n’ont pu satisfaire leurs doléances. Tandis que leur nombre ne cesse d’augmenter. «On s’attend à avoir 50 000 travailleurs contractuels en 2015», estime M. Ben Messaoud, président de la Fédération nationale de la santé publique affiliée au SNAPAP.

    Rahmani Djedjiga le 04.06.15 | 10h00

    http://www.elwatan.com/hebdo/magazine/contractuels-le-refus-de-la-precarite-04-06-2015-296489_265.php

  • Gennevilliers Palestine

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  • Pourquoi et comment le boycott culturel de l’apartheid israélien (UJFP)

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    Partout dans le monde progresse le boycott de l’apartheid israélien, comme hier le boycott du régime d’apartheid d’Afrique du Sud.

    Exemple tout récent : ce mardi 2 juin, l’Union nationale des étudiants du Royaume-Uni a voté une motion "Justice pour la Palestine" qui décide l’adhésion des étudiants du Royaume-Uni à la campagne de boycott BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) !

    Le boycott se développe dans tous les domaines, et en particulier dans le domaine culturel. Là, il est nécessaire de préciser de quoi il s’agit. C’est ce qui est en cours à propos du prochain Festival de cinéma de Locarno, en Suisse, qui s’ouvre début août et donne une "carte blanche au cinéma israélien" (Sept films en phase de postproduction seront présen­tés aux professionnels pour faciliter leur finalisation et distribution).

    En avril, PACBI (Palestinian Campaign for the Academic and Cultural Boycott of Israel) a publié un appel titré « Ne donnez pas carte blanche à l’apartheid israélien » signé par plus de 200 cinéastes, artistes et acteurs culturels [1].  Signataire de cet appel, et de passage en Suisse, Eyal Sivan a expliqué au journal "Le Courrier" pourquoi et comment le boycott culturel d’Israël...

     

    Boycott contre propagande... "Ne donnez pas carte blanche à l’apartheid israélien"

    (...) Relayée par le mouvement international BDS (Boycott, désinvestissement, sanc­tions) et en Suisse par le Comité des artis­tes et acteurs culturels solidaires avec la Palestine, cette lettre ouverte exhorte Locarno à recon­si­dérer son partenariat avec le Fonds israélien du cinéma, organe national de financement et de promotion. Parmi les signataires figure le documentariste israélien Eyal Sivan, qui a réalisé Un Spécialiste, portrait d’un criminel moderne (1999) avec Rony Brauman, Route 181, fragments d’un voyage en Palestine-Israël (2004) avec le Palestinien Michel Khleifi, ou encore Jaffa, la mécanique de l’orange (2009).
    De passage cette semaine à Genève pour débattre du sujet, le cinéaste défend avec véhémence le principe controversé du boycott culturel.

    L’appel de PACBI dénonce la collaboration entre Locarno et le Fonds israélien du cinéma. En quoi est-elle problématique ?

    Eyal Sivan : En 2005, l’Etat hébreu a lan­­cé une grande campagne nommée « Branding Israël ». Elle formule la néces­si­té de re­dorer l’image du pays, ternie dans le monde, selon trois axes : promouvoir la culture dite progressiste, recourir à des personnalités publiques en tant qu’ambassadeurs de bonne volonté et vendre Tel Aviv comme une ville accueillante pour les homosexuels. Faute de pouvoir défendre sa politique, le gouvernement envoie donc à l’étranger des artistes - qu’il tient par ail­leurs pour des traîtres - afin de présenter une vitrine positive du pays. Dans son discours au Fes­ti­val de Haïfa, Shimon Peres s’est adres­­sé ainsi aux ci­­néastes israéliens : « L’Amé­ri­que a imposé sa culture à travers le cinéma, nous allons imposer notre image à travers le cinéma, c’est votre devoir. »

    Tout cinéaste qui montre son film à ­l’étranger sous la bannière officielle d’Israël serait de fait récupéré à des fins de propagande. Même s’il exprime un point de vue critique

    Eyal Sivan : Sachant que 85 % de la société juive israélienne a soutenu l’attaque sur Gaza l’été dernier et que 70 % de la société israélienne vote à droite ou à l’extrême droite, comment se fait-il que la majorité des films dont on soutient la diffusion à l’étranger soient critiques ? Ils ne le sont en fait pas tant que ça. A y regarder de plus près, leur propos peut souvent se résumer en une phrase : nous sommes misérables parce que nous sommes obligés d’opprimer les autres. La figure victimaire par excellence, c’est le pauvre soldat de Tsahal contraint de participer au massacre de Sabra et Chatila - vous voyez certainement de quel film je parle (le documentaire animé Valse avec Bachir, ndlr). En déchirant ce voile progressiste, que voit-on ? Que des films plus radicaux comme ceux d’Avi Mograbi ou les miens ne sont pas vus dans le pays, pas distribués dans le circuit commercial. Le public israélien s’en fout ou nous insulte !

    Le boycott culturel vise donc les cinéastes qui participent à la campagne « Branding Israël » ?

    Eyal Sivan : Ce moyen de pression a été défini par BDS de manière très précise. Tout n’est pas noir ou blanc, nous sommes dans une « zo­ne grise ». Ce n’est pas une censure thématique, nous n’entrons pas en matière sur le contenu des œuvres. Pas question non plus d’exiger des cinéastes qu’ils renoncent aux fonds israéliens qui leur permettent de financer leurs films. Le boycott concerne les institutions nationales et les personnes qui agissent en leur nom. Si Locarno invite demain les mêmes réalisateurs en récusant toute collaboration avec l’Etat israélien, je soutiendrai ces cinéas­tes sans avoir vu leurs films !

    Dans les faits, même si les institutions sont visées, des cinéastes appellent à ­boycotter d’autres cinéastes. N’est-ce pas déplorable d’en arriver là ?

    Eyal Sivan : BDS existe parce que les pays occidentaux refusent d’imposer à Israël des sanctions diplomatiques pour son non-respect du droit international. Nous réclamons la fin de l’occupation militaire, de la discrimination envers les Arabes israéliens qui re­­présentent 20 % de la population, et l’ap­plication de la résolution 194 de l’ONU sur le droit de retour des réfugiés. Le boycott est un aveu d’impuissance et un appel à la solidarité. Aidez-nous à faire peser sur la société israélienne le poids de l’occupation. Celle-ci paraît bien lointaine depuis Tel Aviv. Or on ne peut pas vivre dans cette normalité sans accepter d’en payer le prix. Il y a parfois aussi une hypocrisie de classe. Ceux qui s’opposent au boycott culturel et académique sont souvent favorables au boycott économique, qui va peser sur l’ou­vrier israélien. On considère donc que ce dernier peut en faire les frais, mais pas les artistes et les professeurs d’université.

    Comment interprétez-vous la réaction de Locarno ?

    Eyal Sivan : Le festival, qui a donné carte blanche au Fonds israélien du cinéma et pas « au cinéma israélien », nous répond qu’il est contre le boycott de la culture. C’est de la mauvaise foi, car notre lettre dit clairement : « Si le but du festival est d’appuyer certains cinéastes israéliens ou de diffuser des films israéliens, il existe de multiples façons de le faire sans accepter de financement ou toute autre forme de soutien de la part d’organismes étatiques et gouvernementaux israéliens ». Locarno aurait pu contacter directement des cinéastes ou des associations de producteurs, lancer un appel à candidatures pour choisir lui-même des projets. Quand il invite un réalisateur iranien opprimé par le régime islamique, il ne s’adresse pas au ministère des Affaires étrangères ! Le cinéma n’est certes pas censuré en Israël, mais instrumentalisé. Les organisateurs du festival le savent et prétendent pourtant ne pas mélanger culture et politique. Ils en appellent à la fonction sociale et politique de la culture, mais ne créent pas les conditions du dialogue. Celui-ci ne peut exister qu’entre interlocuteurs égaux, pas sous la bannière d’un Etat oppresseur. Cela dit, je prends le pari que Locarno rejoindra un jour le boycott, quand ce sera dans l’air du temps.

    L’Etat soutient souvent le cinéma et aucun gouvernement n’est irréprocha­ble. Ne faudrait-il pas boycotter aussi le cinéma suisse, comme le propose ­ironiquement le cinéaste lausannois Lionel Baier ?

    Eyal Sivan : Je vous répondrai en citant Hannah Arendt : « Si tout le monde est coupable, plus personne ne l’est. » C’est la défense du dignitaire nazi Adolf Eichmann à son procès à Jérusalem en 1961.

    Pourquoi si peu de cinéastes israéliens soutiennent l’appel ?

    Eyal Sivan : Le courage politique est toujours minoritaire. De nombreux réalisateurs palestiniens d’Israël ont signé la lettre envoyée à Locarno, mais seulement trois cinéastes juifs : Simone Bitton, Rachel Leah Jones et moi. Notre position est très précaire. Les réalisateurs israéliens ont souvent besoin de la caution étatique, car les producteurs européens réclament désormais des fonds israéliens par crainte d’être accusés d’antisémitisme. Ils préfèrent donc ne pas s’exposer, mais beaucoup approuvent notre démarche. On peut parler de boycott gris. Plusieurs cinéastes ne veulent pas devenir des ambassadeurs pour le prix d’un billet d’avion. Avi Mograbi sollicite l’argent des fonds israéliens, mais refuse celui du ministère des Affaires étrangères.

    Et vous, en tant que cinéaste, quelle est votre ligne de conduite ?

    Eyal Sivan : Je ne me considère pas cinéaste et citoyen, mais les deux à la fois. Je veux pouvoir me regarder dans la glace, voilà ma ligne de conduite. J’ai la chance d’avoir pu jusqu’à présent réaliser mes films sans faire appel aux fonds israéliens. Tout ce que je dis là me met dans une situation délicate. Beaucoup de festivals se diront que je ris­que de leur créer des ennuis. Ma marge de manœuvre pour réaliser des films se restreint. Et la Cour suprême israélienne vient de valider une loi contre le boycott. Quand je vais rentrer samedi en Israël, je pourrai donc être traduit devant un tribunal pour avoir signé cet appel. Mais j’ai le devoir de monter au créneau alors que les jeunes réalisateurs ne peuvent pas encore le faire.

    Interview réalisée par Mathieu Loewer

     

    [1Lancé par les cinéastes palestiniens Annemarie Jacir et Elia Souleiman, l’appel est également soutenu par Ken Loach, Mira Nair ou encore les réalisateurs romands Francis Reusser, ­ Frédéric Choffat et ­Nicolas Wadimoff.

    UNE INTERVIEW D’EYAL SIVAN AU JOURNAL SUISSE "LE COURRIER"

    jeudi 4 juin 2015

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4201