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  • Contribution au débat L’islamisme sous le prisme de fascisme : le cas algérien (Essf)

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    Au chapitre V du texte « Mondialisation capitaliste, impérialismes, chaos géopolitique et leurs implications » est abordée la question de « nouvelles extrêmes droites et nouveaux fascismes » [1].

    L’islamisme qui traverse les sociétés où dominent la religion musulmane, et notamment les pays arabes en pleine ébullition révolutionnaire, est directement concernés par cette caractérisation. Peut-on qualifier cet islamisme, ou ces islamismes - car ils sont de différentes obédiences même s’ils puisent tous du même moule culturel en guise d’arguments d’autorité idéologique et doctrinale - de fascisme ? Où doit-on plutôt chercher une explication dans l’univers historique et culturel de ces sociétés ?

    La nécessaire analogie avec le fascisme

    La caractérisation politique de l’islamisme revêt dans les conditions de lutte d’aujourd’hui une importance capitale pour saisir les enjeux de luttes politiques. Ceci n’est pas un exercice de l’ordre de la scolastique à des fins universitaire où on appliquerait sur le phénomène islamiste telle ou telle définition du fascisme reconnue comme valide. Le but est surtout de nous aider à se positionner sur le terrain. La véritable question est donc de savoir si ce mouvement si violent est porteur d’une quelconque légitimité émancipatrice qu’il faut soutenir d’une certaine manière et en faire un partenaire de lutte ! Ou bien est-il porteur d’une barbarie régressive qu’il faut combattre.

    Ce qu’il faut admettre, comme le souligne d’ailleurs le texte de Pierre Rousset, c’est que cet « islamisme » n’est pas une simple réplique du passé, mais il exprime le temps présent. C’est un phénomène des temps modernes. Et les temps modernes ce sont des temps capitalistes. Il est la conséquence directe des contradictions et des impasses, autrement-dit de crises, que vivent les différents capitalismes de la région à culture musulmane. Étant l’enfant des politiques capitalistes et libérales qui engendrent oppression, misère et inégalité, il est donc logique de chercher à le comprendre à travers le prisme du fascisme, phénomène politique aussi violent et barbare plus connu dans l’histoire du capitalisme européen dans un moment de crise et d’impasse révolutionnaire. L’intérêt d’une telle analogie est d’éviter de tomber dans des analyses culturalistes et essentialistes où on ne verrait que la résurgence des fantômes du passée.

    Il est vrai toutefois que dans sa forme d’expression, l’islamisme prône la « Oumma » (communauté des croyants) dirigée par une seule loi, la charia, par un seul parti incarné par un chef suprême, le calife, c’est-à-dire une réincarnation d’un passé mythique. Ensuite nous pouvons trouver des variantes de cette forme qui vont de l’expression modérée qui accepte tactiquement et selon les cas les règles du jeu démocratiques dans leur expressions bourgeoises (les Frères musulmans) jusqu’à la pratique radicale la plus violente qui frise la barbarie (les Djihadistes). Chaque islamiste peut passer d’un « islam modéré » vers une logique meurtrière où toute attitude culturelle comportementale ou politique jugée éloignée de la charia est punissable de mort, ce qui peut aller, nous l’avons vu dans différents cas, jusqu’au meurtre, l’enlèvement des femmes pour en faire des esclaves sexuels, la légalisation du viol, etc. Et il est facile de trouver un justificatif idéologique dans la longue tradition coranique, comme d’ailleurs dans d’autres traditions au besoin.

    Mais ceci ne nous permet pas de dire que la religion est par essence porteuse de comportement fasciste ou que les islamistes restent des fascistes ou des barbares par définition. La mutation comportementale dans un moment de crise à l’échelle individuelle est à chercher au niveau psychologique. La mutation à l’échelle collective ou de masse est à chercher au niveau politique. Et ici il faut dépasser l’analyse formelle pour aller regarder la fonction que l’islamisme tente de remplir à l’intérieur d’une structure donnée. Et quand la structure est capitaliste, comme nous l’avons souligné, il s’agit de l’aborder avec les catégories sociales, économiques et culturelles de l’ordre du capitalisme, c’est-à-dire regarder ou en est le capital, ou en sont les différentes classes qui composent cet ordre.

    Processus de fascisation dans le cas de l’islamisme algérien

    Boosté par la révolution iranienne de 1979 et la « campagne Afghanne », aidé par le soutien ou l’alliance officieuse contractée avec le régime de Chadli Ben Jeddid engagé dans une ouverture économique (appelé Infitah) après les années Boumedienne, l’islamisme va pouvoir construire une assise militante importante durant les années 1980. Ce qui lui donnera rapidement une force de frappe décisive et une aura parmi la population au lendemain de la crise ouverte par la révolte d’Octobre 88.

    Pendant ces années de formation militante, l’islamisme récupère et organise par un long travail de proximité et de moralisation dans les quartiers, autour des mosquées et dans les universités une composition sociale, massivement petite bourgeoise en crise. Elle va constituer l’essentiel du personnel de la direction et de l’encadrement des formations islamistes.

    Dès octobre 88, dans le sillage de la révolte populaire qui secoua l’Algérie, l’islamisme algérien, organisé essentiellement autour du FIS, se fera le porte-voix des couches sociales essentiellement membres de la petite bourgeoisie (commerçant, artisans, petits et moyens paysan, professions libérales, professeurs, cadres, employés, fonctionnaires, étudiants). Bloqués dans leur procès d’accumulation par une économie dominée par une gestion étatique où la régulation s’opère par le biais des relations clientélistes d’une bureaucratie qui a le monopole du pouvoir, apeuré par une possible prolétarisation face à la crise qui s’installe, des franges de la petite bourgeoisie défilent dans un mouvement ascendant dans les mosquées dans l’espoir que la « solution islamique » leur assure un état fort dans un capitalisme sans contradictions !

    Le processus de fascisation commence. Mais, c’est surtout le caractère social de cette crise et la place politique que l’islamisme va occuper qui peut nous permettre de comprendre la violence fascisante dans laquelle s’est engouffrée la société en guise d’issue à la crise.

    Sociologiquement, l’idée fondamentale qui caractérise le fascisme selon Trotski est son caractère de classe petite bourgeoise. « Le fascisme est, au fond un programme de courant petit bourgeois. Rien que cette particularité montre quelle importance énorme- mieux, quelle importance décisive- l’autodétermination des masses populaires petite-bourgeoises prend pour le sort de toute société bourgeoise » [2].

    Politiquement, le FIS agite le drapeau d’un Etat islamique qui ne serait ni capitaliste ni socialiste (ni Est, ni Ouest, mais islamique, scandaient les manifestants islamistes). Dans la réalité, il défend une sorte de capitalisme de juste milieu qui avec un Etat fort qui pourrait concilier les intérêts de toutes les classes dans une attitude anti-impérialiste couvert d’un discours plus anti-Occident qu’anticapitaliste.

    Bien sûr, à trop pousser la comparaison, on trouvera des différences entre les deux phénomènes, non pas tant sur le plan culturel et civilisationnel, mais au niveau du développement inégal des deux structures capitalistes. Il s’agit surtout de voir ce qui est fondamental. Et ce qui est fondamental c’est l’impasse dans laquelle se retrouve l’évolution du capitalisme, l’absence d’une alternative révolutionnaire sociale et démocratique et la tentative de modifier par la force et la violence barbare les conditions de reproduction du capital, et dans le cas de l’Algérie, ce fut en faveur d’une bourgeoise qui voulait s’émanciper de la tutelle de la bureaucratie bourgeoise. C’est ce qui explique les tergiversations tactiques des deux factions qui composaient le pouvoir algérien : entre d’un coté un président Chadli et son gouvernement Hamrouche qui se disaient réformateurs, et qui voulaient engager le capitalisme d’Etat algérien sur la voix du libéralisme, et de l’autre la faction bureaucratique derrière les militaires qui ne voulaient surtout pas finir sur l’échafaud ; le souvenir iranien était encore dans les esprits. Le processus est ainsi stoppé par un coup d’Etat militaire en janvier 92. Une autre phase s’engage et la contradiction trouva son issue dans une guerre civile.

    L’islamisme dans le jeu démocratique ?

    L’émergence d’un processus de fascisation sous la forme d’une expression politique islamiste dans les conditions particulières que nous venons de voire d’une manière succincte ne signifie pas pour autant que tous ceux qui se réclament de l’islamisme sont des fascistes. Pour rester dans le cas algérien, d’autres formations politiques se réclamaient du Coran et de la Charia, et se projetaient dans la construction d’un état islamique mais différent de celui du FIS. Elles sont différentes non pas dans leur rapport au Coran et à la « Chariâa », mais dans leur rapport au capitalisme.

    Le MSP (le Hammas algérien) d’obédience « frère musulman », le parti islamiste le plus important après le FIS se distinguait de celui-ci par une adhésion totale au libéralisme économique, au refus de l’intervention de l’Etat dans la gestion économique, une acceptation de la soumission à l’économie mondiale et à l’impérialisme et ne cherchait pas à s’implanter dans les couches populaires.

    La différence est aussi au niveau politique. Le FIS rejetait la démocratie considérée comme matérialiste et irréligieuse. Il opposait la souveraineté de dieu à la souveraineté populaire. Il menait la guerre contre le pluralisme politique y compris à ses adversaires islamistes considérés comme des diviseurs de la « Oumma ». Il refusait le travail aux femmes, leur impose le port du voile et use de la violence pour imposer son ordre à toute la société notamment aux grèves des travailleurs, aux manifestations syndicales, politiques et culturelles jugées contraires à la religion.

    Tout le contraire de Hammas. Celui-ci prônait en revanche une démocratie islamique désigné par le néologisme « Chouracratie » où il ne voyait pas d’un mauvais œil l’existence d’autres partis, ni le travail des femmes et où il rejetait l’obligation de porter le hidjab (voile). Autant d’attitudes qui montrent des divergences et des différences politiques, idéologiques et sociales entre ces courants se réclamant de l’islamisme et de « l’Etat islamique ». Elles sont peut être d’ordre tactiques ! Elles révèlent surtout des différences dans la nature de leurs projets politiques et leurs stratégies de conquête du pouvoir. Le MSP (Hammas) refusa par exemple la grève insurrectionnelle du FIS en juin 91.

    Ceci nous amène à ne pas confondre tous ces partis se réclamant de l’islamisme et à éviter de faire une lecture unilatérale de ces courants aussi disparates que le sont les contextes où ils interviennent et évoluent.

    Où on en est aujourd’hui ? Défait militairement et politiquement après une guerre civile qui a failli emporter la société algérienne dans une régression profonde, l’islamisme reste aujourd’hui présent idéologiquement dans la société et au sein du pouvoir. Une remontée de ce courant à l’avenir n’est pas à exclure sans pour autant suivre le même chemin ni reproduire le même scénario. Son évolution dépend autant des conditions objectives et des rapports de force politique mais aussi, et en dernière instance, de l’action subjective, c’est-à-dire de l’action politique. Cela dépend d’une compréhension dialectique du phénomène au cas par cas en analysant la fonction qu’il remplit à l’intérieur d’une structure qui est toujours capitaliste au-delà forme de son expression.

    La crise révolutionnaire qui traverse la région arabe et musulmane place ces différents « islamistes » dans un jeu démocratique en Tunisie, dans une guerre barbare en Syrie, en nous limitant à ces deux cas antagonistes. Cela découle non pas d’un différent culturel entre les deux sociétés, ou d’un soit disant rapport différent à l’islam. Il découle de la nature et de l’ampleur de la crise et de la réaction politique de la société. La présence de l’UGTT qui organise un tant soit peu une résistance sociale, l’émergence du « front populaire » qui donne une voix au camp des travailleurs participent dans la construction d’un rapport de force qui met le courant fascisant de l’islamisme tunisien en sourdine. Ce qui ne fut pas le cas dans l’Algérie des années 90.

    Nadir Djermoune

    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37282

  • Sáhara: 40 años de un gobierno entre el exilio y la diáspora (Pùblico)

    Manifestación frente al muro.
     
     
    La presse espagnole fournit plus d'informations sur le Sahara Occidental. Ici le choix du régime monarchiste absolu marocain entraîne un certain nombre de silences! (note du Blog)
     
     

    El 27 de febrero de 1976, el pueblo del Sáhara cavó su trinchera de resistencia política proclamando la República Árabe Saharaui Independiente (RASD). Tres generaciones de habitantes del desierto relatan, cuatro décadas después, temores y anhelos de una lucha prolongada más tiempo del esperado.

    MADRID.- Jatri llegó con el aliento contenido a Bir Lehlu, tras un largo viaje, para asistir al acontecimiento político más importante de su pueblo. Trabajaba de periodista en la radio de Argel, en 1976, y aquel 27 de febrero no sólo le movía el interés por informar, sino por ser testigo del nacimiento de la República Árabe Saharaui Democrática (RASD): un gobierno alumbrado en el exilio a eso de las doce de la noche y abrigado por la oscuridad del desierto más hostil, entre su tierra, ya invadida por Marruecos, y Argelia.

    En esa zona que hoy el Frente Polisario [representante político del pueblo del Sáhara] denomina “territorios liberados”, se firmó la proclamación de independencia de la RASD, mientras los allí presentes observaban el episodio con un ojo puesto en el cielo, en alerta para esquivar los bombardeos de la aviación marroquí. “Eran momentos difíciles, de sufrimiento en plena invasión”, recuerda Jatri Aduh en conversaciones telefónicas con Público desde los campamentos de refugiados, en Tinduf (Argelia), donde esta semana se celebran diferentes actos para conmemorar el aniversario.

    Este saharaui de 61 años es el actual presidente del Parlamento de la RASD y del Consejo Nacional. Reside en los asentamientos de desplazados de la ‘hamada’, un trozo de desierto pedregoso que el gobierno argelino cedió a quienes huyeron de la guerra. El conflicto bélico estalló en noviembre de 1975, cuando España abandonó el Sáhara Occidental cediéndolo a Marruecos y a Mauritania. El Frente Polisario se resistió y reclamó su derecho a la autodeterminación. Mauritania renunció a sus pretensiones anexionistas, pero el reino de Hassán II continuó bombardeando la zona, en ocasiones, con napalm y fósforo blanco. El resultado: 16 años de hostilidades que finalizaron con el alto el fuego auspiciado por Naciones Unidas en 1991, cientos de víctimas y una cuestión de soberanía aún por resolver.

    Pero en febrero de 1976 se abrió una puerta a la esperanza. Los primeros campamentos de refugiados del Sáhara se instalaron, de forma precaria, en el área de tránsito de las tierras liberadas. “Se trataba de garantizar la supervivencia y organizar la vida entre el hostigamiento de la aviación marroquí en Tifariti, Bir Lehlu y otros lugares. Era una zona expuesta a la guerra”, enfatiza Aduh.

    Con todo, la idea de recuperar su territorio les daba aliento. “Se trataba de la vida y la muerte de personas pero también de la vida y la muerte de toda una causa”, advierte el político saharaui. Por ello, a la hora de planificar la vida en el exilio, no sólo se centraron en hacer frente a la invasión del territorio. También buscaron que no se desnaturalizara el conflicto ante la propaganda enemiga. “Después del abandono de España, se quiso demostrar que esto no se trataba de una cuestión de descolonización, ni de territorio autónomo ni de un pueblo que tiene derecho a ejercer su autodeterminación”, lamenta Aduh. “No estaba en nuestra voluntad vivir ese destino”, remacha.

    Saharauis con DNI español

    Al igual que Jatri Aduh, los saharauis que pudieron salir de su territorio tras la Marcha Verde [la invasión organizada por el rey marroquí en noviembre de 1975, poco antes de estallar la guerra] conservan su documento de identidad español como residentes de la 53 provincia española, zona que el franquismo nunca llegó a descolonizar. “Eso demuestra la envergadura de la responsabilidad de los distintos gobiernos de España”, señala. En 2013, un equipo español de forenses y arqueólogos rescató de una fosa común los cuerpos de ocho pastores. Tres de ellos llevaban encima sus DNI españoles. “Todos los saharauis que figuran en el censo de 1974, el ultimo que hizo España, llevaban la documentación y la nacionalidad española. También las víctimas de la exterminación física por parte del ejército marroquí”, apunta Aduh.

    Pese a los 40 años de vida en el exilio, el presidente del Parlamento del Sáhara no teme que su pueblo se haya habituado a la vida en los campamentos hasta el punto de abandonar la lucha. “No se trata de refugiados víctimas de cualquier otro género que no sea la invasión de su territorio. Estamos aquí para seguir resistiendo. Y la forma de resistir en los campamentos durante 40 años, con temperaturas extremas, con escasez de medios y en un territorio tan inhóspito es una manera de demostrar el rechazo de la invasión y la determinación de seguir luchando”, sentencia. “La gente que tuvo la posibilidad de salir del Sáhara Occidental lo hizo para no vivir bajo la ocupación marroquí; y aún se mantiene esa voluntad”, añade.

    La mujer saharaui, clave en la organización de los desplazados

    Tras la proclamación de la RASD, comenzó la construcción de la administración civil del gobierno en el exilio, una tarea que lideraron las primeras refugiadas. Ellas trasladaron a niños y ancianos por el desierto hasta Argelia durante un penoso éxodo de tres meses caminando de noche, y escondiéndose por el día para evitar los ataques del ejército de Marruecos. Jira Bulahi (El Aaiún, 1965) recuerda el momento en que recibieron una partida de leche. “Era un día precioso; la gente estaba en el reparto y de pronto nos asustó un ruido que ya conocíamos, el que hace un regimiento militar al acercarse. Al día siguiente, a las seis de la mañana cayeron bombas del cielo”, deplora.

     
    Mujeres saharauis en el campamento Bojador. J. BERIGISTAIN

    Mujeres saharauis en el campamento Bojador. J. BERIGISTAIN

    Jira Bulahi es la actual delegada del Frente Polisario en España, recién elegida en el cargo que ostenta, por primera vez, una mujer. Pertenece a la primera generación de jóvenes saharauis que escolarizó Argelia, en 1977. Ella continuó formándose en Cuba, donde estudió ingeniería electrónica.

    La política saharaui estaba a punto de cumplir los 10 años cuando estalló el conflicto, y mantiene vivos sus recuerdos. “Durante el éxodo, cuando querías beber agua no podías porque algunos pozos estaban envenenados”. A finales de febrero de 1976, concluyeron su viaje con las manos vacías. “Cada vez que llegabas a un lugar y te reponías luego tenías que huir con lo puesto. Algunos no tenían ni calzado”, detalla. La organización empezó en los comités por sector de actividad, presididos por mujeres. “Estaba el de alimentación, producción agrícola, artesanal, sanidad, educación y asuntos sociales. Y hasta hoy en día, el consejo de la Daira [equivalente a un ayuntamiento] está formado por unas 29 personas, y 27 de ellas son mujeres”, subraya.

    Celebraciones clandestinas en el Aaiún ocupado

    Una parte del pueblo del desierto vive dividido por el muro fortificado de más de 2.500 kilómetros levantado por Marruecos y sembrado de minas antipersona en sus alrededores. Como una cicatriz que marca la piel, esta construcción, custodiada por 180.000 soldados, es ya un símbolo del tormento sufrido. De un lado quedan los campamentos de refugiados. De otro, las ciudades ocupadas, donde estos días celebran a puerta cerrada el 27 de febrero.

    El pasado fin de semana, en una casa de El Aaiún, se organizaron unas charlas sobre el aniversario de la RASD. La policía marroquí rodeó la vivienda para impedir entrar a más invitados, boicoteando la iniciativa. El joven activista Hassanna Aalía ya no se sorprende cuando narra estos episodios. Residente en la capital del Sáhara Occidental hasta hace cuatro años, sabe de la persecución que sufren estos vecinos de las ciudades ocupadas. Él llegó a España para participar en un curso en 2012. Al poco, Marruecos abrió juicio contra 25 saharauis acusados de organizar el campamento de protesta pacífica Gdeim Izik, en octubre de 2010, y de la muerte de 11 militares. Hassanna Aalía fue uno de los acusados contra quienes se dictó cadena perpetua en un juicio militar plagado de irregularidades, según denunciaron los observadores internacionales allí presentes.

    Un ex soldado del Polisario señala una mina antipersona en las cercanías del muro levantado por Marruecos.

    Un ex soldado del Polisario señala una mina antipersona en las cercanías del muro levantado por Marruecos.

    Tras una primera denegación, por parte del Gobierno del PP, de su petición de asilo político, el activista de 27 años espera ahora que la Audiencia Nacional resuelva de forma favorable su recurso. “No sé hasta cuándo voy a seguir esperando. Es una situación complicada porque no puedo cruzar fronteras, ni estudiar, ni trabajar. Ya son cuatro años sin poder salir del estado español ni ver a mi familia, es un poco duro”, denuncia Aalía, defensor de la resistencia pacífica de su pueblo pese a las inquietudes que dominan a gente de su generación.

    “Hay jóvenes que se plantean volver a las armas porque ven que la comunidad internacional solo interviene en los conflictos en los que hay guerra”, analiza. “Esperemos no tener que llegar a esta situación; ya hemos perdido a muchas personas y no queremos sufrir más, pero se ve que los derechos humanos están por debajo de los intereses económicos, y es complejo. Ojalá algún día podamos reunirnos en nuestra tierra libre”, anhela.

    Más de 80 países, en su mayoría, de África y América Latina reconocen actualmente al gobierno de la RASD. El único estado europeo que apoyó en su parlamento la independencia del Sáhara, Suecia, revocó esta iniciativa el mes pasado después de que Marruecos bloqueara la apertura de una conocida tienda de muebles suecos en Casablanca.

    Con todo, la visión optimista impera en el mensaje de este pueblo que vive entre la ocupación, el exilio en el desierto y la diáspora. "Ahora somos mucho más fuertes que hace 40 años", resume Jatri Aduh.

    http://www.publico.es/internacional/sahara-40-anos-gobierno-exilio.html