Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Nouveautés sur Chronique de Palestine

    Exploitation Palestine

    Les colonies israéliennes asphyxient l’économie palestinienne (2)

    Al-Shabaka – Il faudrait passer de l’étiquetage des produits coloniaux à la cessation de toutes transactions avec les colonies. Les pays européens devraient envisager une…

    samedi 8 octobre 2016 /
     
    Harkis

    Les excuses de François Hollande ne dégageront pas la France de ses responsabilités envers les Harkis

    Robert Fisk – Maintenant que la France s’est suffisamment repentie de sa collaboration avec les nazis, il est temps de clore le chapitre algérien. Mais…

    jeudi 6 octobre 2016 / 
     
    Hillary Clinton

    Hillary Clinton joue à fond la carte du lobby sioniste, mais le retour de bâton sera rude…

    Robert Fisk – Alors que Clinton a été absolument et volontairement pro-Israël et anti-boycott tout au long de sa campagne, Sanders a payé le prix…

    jeudi 6 octobre 2016 / 
     
    Réfugiés

    Réfugiés et responsabilités

    Abdel Bari Atwan – Si les États-Unis et leurs alliés sont sérieux au sujet de juguler la crise des réfugiés, ils pourraient commencer par mettre…

    mercredi 5 octobre 2016 / 
     
    Ban Ki-moon

    Ban Ki-moon : un bilan en négatif, en paroles comme en actes

    Ramzy Baroud – Le second mandat de Ban Ki-moon en tant que secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) se termine en décembre. Pour…

    mardi 4 octobre 2016 /
     
    Hypocrisie

    Leçon d’hypocrisie

    Michael Lesher – « Ils ne comprennent pas, » dit un jeune homme à l’extérieur d’une synagogue orthodoxe du New Jersey où je vais souvent prier, en…

    lundi 3 octobre 2016 / 
     
    BDS

    La guerre secrète du gouvernement israélien contre le BDS

    Ali Abunimah – Un groupe de citoyens israéliens cherche à obtenir des informations sur les activités secrètes de leur gouvernement contre le mouvement pour le…

    dimanche 2 octobre 2016 /
     
    Amman

    Boycott : manifestation à Amman contre l’accord sur la fourniture de gaz par l’État sioniste

    Al-Jazeera – Un rassemblement à Amman a suivi la signature du contrat entre la société américaine et la compagnie jordanienne d’électricité, pour des importations de…

    samedi 1 octobre 2016 / 
     
    Boycott

    Normaliser l’anormal (4) : pour un boycott systématique

    Azmi Bishara – Rejeter la normalisation avec Israël est un concept qui va au-delà du boycott comme indiqué dans les articles précédents de cette série.…

    vendredi 30 septembre 2016
     
    a1

    Facebook collabore activement avec l’État de l’apartheid pour censurer les Palestiniens

    Glenn Greenwald – Facebook collabore actuellement avec le gouvernement israélien pour déterminer ce qui devrait être censuré. La semaine dernière, une grosse polémique liée à…

    jeudi 29 septembre 2016 / 
     
    Massacre de Qana

    Le criminel de guerre Shimon Peres échappe à la justice humaine

    Ben White – Shimon Peres, décédé mercredi à l’age de 93 ans après avoir subi un accident vasculaire cérébral le 13 septembre, incarne la disparité…

    mercredi 28 septembre 2016 / 
     
    Crimes israéliens

    Obama livre à Israël les outils du prochain bain de sang à Gaza

    Ben White – La dernière tranche d’aide américaine est une « superbe récompense » à la droite dure israélienne. L’accord est une aubaine pour l’armée israélienne dont…

    mardi 27 septembre 2016 / 
     
    Théatre Norvège

    Le Théâtre National de Norvège présente publiquement ses excuses pour avoir collaboré avec le pays de l’Apartheid

    Ali Abunimah – Cette courte vidéo montre les excuses émouvantes du Théâtre National de Norvège pour sa collaboration au cours des dernières années avec le…

    lundi 26 septembre 2016
     
    Yasser Thiyab Hamduna

    Yasser Thiyab Hamduna, prisonnier palestinien tué par la négligence médicale

    Ma’an News – Les prisonniers palestiniens détenus par Israël ont annoncé une grève de la faim de trois jours en signe de protestation et de…

    lundi 26 septembre 2016 /
  • Mauritanie (Amnesty)

    Ma révolte contre le système esclavagiste


    L’image est archaïque et semble être venue d’une époque révolue. Des hommes appelés à servir d’autres sans avoir le droit de partager le repas de ceux qui se prétendent leurs maîtres.

    Cette image persiste pourtant dans un pays, la Mauritanie, où la liberté nécessaire à chaque citoyen pour exercer pleinement ses droits fait encore trop souvent défaut. Dans ce pays, le mien, où l’esclavage est aboli depuis 35 ans, des citoyens continuent d’être victimes d’esclavage et de discrimination.

    Cette réalité révoltante a motivé et nourri mon envie de me lever pour dire non à une pratique discriminatoire d’un autre âge, dans une société pourtant égalitaire dans sa Constitution. J’ai dédié ma vie, aux côtés d’autres hommes et femmes, à la lutte contre l’esclavage et contribuer à rendre leur dignité à ceux qui sont péjorativement appelés harratines ou descendants d’esclaves en Mauritanie.

    A travers l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA Mauritanie), une organisation anti-esclavagiste, j’ai trouvé l’espace nécessaire pour exprimer librement ma révolte. Mais cet engagement demande des sacrifices et, dans un pays comme la Mauritanie, vous expose à la répression et aux arrestations arbitraires. J’en ai récemment fait l’amère expérience.

    Aujourd’hui, je vous écris de la prison de Dar Naïm, une commune située à 30 km de Nouakchott, la capitale mauritanienne, où je suis détenu depuis trois mois jour pour jour aujourd’hui, avec 12 autres militants anti-esclavagistes injustement condamnés à des peines de 3, 5 et 15 ans de prison ferme. Notre seul crime : lutter contre l’esclavage. Qui aurait pu s’attendre à des condamnations aussi lourdes ?

    Le 30 juin 2016, j’ai été tiré de mon lit à 8h du matin par quatre policiers et des agents des services de renseignements généraux. Ils ont saisi mes appareils téléphoniques et fouillé mon domicile. J’ai passé 12 jours sans pouvoir communiquer avec aucun membre de ma famille ou même un avocat. Durant les jours qui ont suivi mon arrestation, 12 autres camarades ont été arrêtés à leurs domiciles et lieux de travail.

    Lors de notre garde à vue, nous avons appris que notre arrestation était liée à une manifestation spontanée le 29 juin dernier par des habitants à majorité harratines (descendants d’esclaves) de Bouamatou, un bidonville de Nouakchott, menacés d'expulsion à la veille du sommet de la Ligue arabe qui devait se tenir en juillet.

    Malgré les perquisitions dans nos bureaux et domiciles, la saisie de nos ordinateurs et, téléphones portables, la vérification des appels reçus et émis, et l’ouverture de nos courriers électroniques, et comptes Facebook, la police mauritanienne n’est jamais parvenue à établir le moindre lien entre mes camarades et moi-même, et les événements de Bouamatou.

    Mes camarades Abdellahi Matallah Seck, Balla Touré, Khatri Rahel Mbareck, Jemal Beylil et Moussa Biram ont par ailleurs été victimes de torture lors de leur garde à vue. Leurs mains et pieds ont été liés dans des positions douloureuses pendant plusieurs heures. Ils ont été interrogés sur la présumée planification et participation à la manifestation du 29 juin. J’ai pour ma part été insulté et menacé de mort au cours de mon interrogatoire et contraint de manger des repas contenant du sable, sans possibilité de boire de l’eau.

    Cette manifestation n’a pourtant pas été organisée par l’IRA et ses membres n’y ont pas pris part, ce qui a d’ailleurs été confirmé par les habitants du bidonville. L’absurdité était d’ailleurs de voir mon camarade Mohamed Jarroulah, condamné par le tribunal à trois ans de prison ferme alors qu’il se trouvait en mission à Bousteille, à 1200 km du lieu de la manifestation !

    Cette condamnation et celles dont j’ai été témoin visant des membres de l’IRA au cours des procès de 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 ,2015 et aujourd’hui 2016, me conforte dans l’idée que désormais, tous les militants anti-esclavagistes sont des condamnés en sursis.

    Sous la pression intérieure et extérieure, l’Etat cède parfois en adoptant des lois criminalisant l’esclavage. Mais, dans le même temps, des militants anti-esclavagistes continuent d’être persécutés. Les autorités doivent mettre fin à leur règne de la peur et cesser de réprimer les militants anti-esclavagistes et les défenseurs des droits humains de manière plus générale.

    Notre organisation a déposé sa demande de reconnaissance en 2008 et n’est à ce jour ni reconnue ni autorisée par les autorités mauritaniennes. Chaque militant de l’IRA court le risque à tout moment d’être condamné pour ‘’appartenance à une organisation non reconnue’’.

    Cependant, faisant écho aux voix de mes camarades détenus, je réaffirme que ni les tentatives d’intimidations, ni la répression, ni la détention, ni même les condamnations à de lourdes peines, ne pourront entraver l’engagement et la détermination de notre organisation à poursuivre ses actions, tant que séviront en Mauritanie le système de domination esclavagiste et le racisme. Aussi longtemps qu’il sera nécessaire, nous maintiendrons nos protestations pacifiques.

    Pour les militants anti-esclavagistes que nous sommes, il importe peu que la personne qui dirige la Mauritanie soit négro-africaine, harratine, maure, ou métisse ! Qu’elle vienne du Nord, des hauteurs de l’Adrar, ou des confins du fleuve nourricier. Cela importe peu. Pourvu qu’elle soit capable de construire une Mauritanie sans esclavage et dépourvue de toute forme de discrimination. Une Mauritanie où les défenseurs des droits humains ne seront pas persécutés ni condamnés pour des crimes qu’ils n’ont pas commis.

    L'original de cet article a été publié par Jeune Afrique 

    MADOU TIDJANE DIOP *,

    * Amadou Tidjane Diop (47 ans), est vice-président de l'organisation anti-esclavagiste IRA-Mauritanie (Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie). Il a été condamné à 15 ans de prison par la Cour criminelle de Nouakchott ouest, la capitale de la Mauritanie. Amadou est banquier et enseigne dans des écoles supérieures. Père de deux enfants, il souffre de problèmes cardiaques pour lesquels il ne peut pas recevoir le traitement médical approprié en détention. Il écrit de la prison de Dar Naïm (signifie heureux en arabe et désigne un des jardins du paradis) rebaptisé ‘’ Jahannam ‘’ (enfer) par des détenus à cause de l’insalubrité, la surpopulation (environ 1300 détenus pour une capacité de 300 détenus), la promiscuité, les détentions préventives prolongées.

    https://www.amnesty.org/fr