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A propos des derniers attentats terroristes en Arabie saoudite (Lcr.be)

Depuis l’attentat contre une mosquée chiite du village d’Al-Dalwa dans la région d’Al Ahsa, qui a tué huit personnes et en a blessé neuf autres, il y a eu une série d’attaques terroristes, notamment celle de la mosquée de l’Imam Ali à Qudaih, dans l’est de l’Arabie saoudite, le 22 mai. Près de vingt et une personnes y ont trouvé la mort.
Elle a été suivie de l’attentat contre la mosquée d’Al Anoud le 29 mai, où sont tombées quatre personnes. Des dizaines d’autres y ont été blessées, notamment trois cadres de la protection populaire, chargée de la protection des mosquées et du contrôle des fidèles. La protection populaire a été fondée suite au massacre de Qudaih. Ces jeunes ont courageusement sacrifié leurs vies pour sauver le reste des fidèles.
Ils ont empêché d’entrer dans la mosquée un terroriste vêtu en femme, qui s’est alors fait exploser, les emportant dans la mort. Cela a été suivi de l’attaque d’un rassemblement de chiites lors des rites de l’Achoura à Saïhat, qui a vu tomber cinq personnes, dont Bouthaïna Alabad, une étudiante en médecine. Et le 26 octobre, une attaque terroriste a eu lieu dans une mosquée ismaélienne de Najran, au sud de l’Arabie saoudite, qui a tué deux personnes et fait des dizaines de blessés. Il ne fait aucun doute que tous ces attentats ont une dimension confessionnelle.
Dans le même temps, des attentats terroristes ont visé des agents de la sûreté dans plusieurs villes : Arar, Taief, Riyad, etc. Les opérations terroristes ont été suivies de marches bien organisées pour la défense des droits de l’homme, et contre le terrorisme et la violence. Elles ont connu une affluence populaire, des slogans y ont été scandés, condamnant l’incitation à la haine et le confessionnalisme. En outre, les événements d’Al Anoud ont bénéficié d’une couverture médiatique locale et internationale, qui a souligné l’héroïsme des trois jeunes hommes, notamment Mohammad Alarbash. Puis vinrent les funérailles des martyrs, considérées comme les plus massives de l’histoire de la région, avec à chaque fois des cortèges et des processions d’un demi million de personnes.
L’engrenage terroriste
Les opérations terroristes ne sont pas nouvelles au niveau local et le spectre du terrorisme n’est issu que de la crise sociale dont le pouvoir a été le premier responsable. Les attentats perpétrés dans le passé sont dus à une accumulation de crises qui ont fait sauter un fusible : l’ère de la guerre du Golfe, la crise du 11 septembre et l’étape du printemps arabe. L’État a mis en échec le terrorisme par des actions locales, des attentats et des séries d’arrestations. De la guerre du Golfe dans les années quatre-vingt-dix en passant par les années 2003 (l’année des attentats dans les ensembles résidentiels à Riyad, habités par des étrangers et des occidentaux) jusqu’à 2009 avec la tentative d’assassinat de Mohammad Ben Nayef par Abdallah Talaa Asiri, qui était le n° 85 sur la liste des personnes recherchées par la sécurité.
De cette époque sanglante l’ex-vice-ministre de l’Intérieur est sorti comme le plus important dirigeant policier qui a pu protéger le pouvoir et le peuple, et vaincre effectivement le terrorisme. Cela a ouvert la voie au petit auxiliaire qui a accédé au faite du pouvoir actuellement, le mandat du pacte. D’où l’adoption par les médias officiels aujourd’hui de ce slogan : « Le terrorisme est sorti de sa tombe pour mieux y retourner », en référence à l’héroïsme de Ben Nayef, l’homme qui mettrait en déroute le terrorisme dans le futur.
Le pouvoir qui a fait face au terrorisme a pratiqué simultanément un autre terrorisme contre des activistes et des réformateurs, sous prétexte de lutte antiterroriste. Il a arrêté des personnes innocentes et a prononcé à leur encontre des condamnations monstrueuses. Certains sont sortis de prison, d’autres y sont encore oubliés. « L’antiterrorisme a de tout temps été le discours le plus en vogue d’un pouvoir qui veut défendre son pouvoir » (Bassem Chit)
La terreur est le fils légitime de la classe dirigeante, mais un fils ingrat ! C’est le fruit de l’action de la classe dirigeante qui a entretenu la haine par la division de la société. Toute cette ruine est un contrecoup porté au système répressif et à d’injustice qui ne doit son existence qu’à l’État qui l’alimente !
Certains médias s’en sont pris à des pays étrangers, comme l’Iran, d’autres ont ciblé des courants politiques sunnites et les ont accusés d’être la source du terrorisme. Si nous regardons attentivement l’histoire, nous comprendrons que l’entité réelle qui a concouru à l’émergence du terrorisme est l’alliance politique des forces impérialistes et de leurs alliés dans la région – nous le retrouvons clairement dans l’histoire de certains terroristes qui ont été soumis à la violence et la torture dans les prisons, ou comme cela est arrivé lors de manifestations des années 1990 organisées par différents courants, que l’État a combattus et dont les cadres ont été arrêtés et jetés dans ses cachots — lorsque certains sont sortis ils se sont impliqués dans des opérations terroristes entre 2003 et 2008. Le châtiment collectif et le déni des droits à l’expression et la manifestation ont contribué à l’augmentation du désespoir qui a été pris en charge par des organisations terroristes qui ont visé – et visent – l’État et des citoyens paisibles. De la même façon que les politiques racistes et le colonialisme ont produit le terroriste John – citoyen britannique de Daech en Irak -, les autorités saoudiennes ont produit le terroriste Shammari. Tous deux sont sortis des prisons politiques. C’est l’État qui a nourri la terreur par la violence organisée, la torture dans les prisons, le lavage des cerveaux, la terreur religieuse dans les programmes scolaires et l’encouragement du prosélytisme sur les chaînes officielles.
Lors de la visite de Mohammad Ben Nayef aux victimes de l’attentat terroriste à l’hôpital central de Qatif, il y a eu un échange entre lui et l’un des proches des victimes. Le citoyen lui a dit : « Si le gouvernement n’assume pas son rôle, il participe au crime. » Le prince lui a répondu : « L’État joue son rôle et quiconque le doublera sera poursuivi. » Effectivement, deux jours plus tard, le président des comités populaires de Qatif a été arrêté, puis s’est tenu le procès de ses membres ; Cela révèle le double langage de l’État et son confessionnalisme dans les médias officiels, qui avaient pour slogan « Le citoyen est le premier policier » suite à l’attentat d’Al Anoud.
Mohammad Ben Nayef a appelé lors de son discours consécutif aux événements de Qudaih à « Ne faire qu’un avec l’État » et par la suite il a qualifié les martyrs des comités populaires comme des martyrs du devoir, dans une tentative de hold-up sur les forces populaires qui avaient mis en pratique l’auto-organisation pour protéger les fidèles des attentats terroristes, lors d’un combat auquel les forces gouvernementales n’avaient pas participé. Leur conférer ce titre ne revient qu’à frapper le mouvement des masses et le remplacer par un programme de désillusion militaire dont le peuple n’a pas bénéficié, sinon par des arrestations et des provocations aux points de contrôle, la répression, les meurtres dans les rues. Ils ne sont pas nécessairement des « martyrs du devoir », nous n’avons pas besoin d’une médaille du courage venant d’un pouvoir qui a fait souffrir le peuple, qui a ouvert la voie à la terreur et se réveille maintenant dans le vacarme d’attentats que sa politique n’a su contenir.
Les facteurs qui ont ouvert la voie à la récente vague de terrorisme
La classe dirigeante saoudienne a participé à créer les conditions sociales et politiques de reprise du terrorisme par le financement et le soutien ouvert ou implicite à différentes factions de la contre-révolution, l’armement de groupes extrémistes dans le but de sécuriser ses intérêts sur la carte régionale des quotas car « la créature échappe à son créateur et se retourne contre lui. Frankenstein n’est pas lui-même le monstre, mais celui qui le créa, à partir de morceaux de cadavres. Ce Frankenstein de notre temps savait pertinemment qu’en assemblant des éléments produits par la décomposition de diverses sociétés musulmanes, il créait et nourrissait un monstre » Gilbert Achcar, Le Choc des barbaries.
Localement, l’État a adopté des méthodes policières implacables, consistant en plus de répressions et d’arrestations. Il a procédé à relancer et à consacrer le confessionnalisme sous toutes ses formes. Au moment où l’État a soutenu les factions djihadistes, il a écarté le ministre de la Culture et de l’Information locale, Abdul Aziz Khoja, lorsque ce dernier a pris la décision de fermer la chaîne confessionnelle Wissal après l’attentat terroriste d’Al-Dalwa. La Choura aussi a voté à l’unanimité en juin dernier contre la promulgation d’une loi criminalisant le confessionnalisme au motif que la Constitution du régime refuse la discrimination confessionnelle et religieuse.
L’État continue de faire avorter les révolutions populaires par tous les moyens, en soutenant les régimes capitalistes et les forces réactionnaires contre-révolutionnaires. Le régime saoudien réactionnaire est le leader de la contre-révolution, dont il est le père spirituel !
Conclusion
Nous devons apprendre des événements historiques et des étapes des luttes du peuple. Ce sont des lueurs d’espoir d’une société qui se soulève contre des régimes de tyrannie : la sortie dans la rue de centaines de personnes à Djeddah en 2011 en protestation contre l’insuffisance des infrastructures qui a conduit à la catastrophe des inondations, les manifestations du 5 février de la même année, qui ont vu la participation de plus de quarante femmes proches des prisonniers politiques devant le siège du ministère de l’Intérieur dans la capitale Riyad, la révolte des prisonniers à Al Hayer en 2012, en 2013, le nombre des manifestants s’est élevé à deux cents femmes et hommes devant le ministère de l’Intérieur, les manifestations de Qassim la même année, pour arriver au soulèvement de Qatif et l’émergence du mouvement populaire qui a fait vingt-sept martyrs.
Le mouvement révolutionnaire contre la politique de la classe dirigeante est le fer de lance de la lutte contre le terrorisme. Le maintien de cette classe est à la racine de la reproduction du système terroriste, de l’exploitation et de l’injustice.
Cela nous prouve que notre unique ennemi est un ennemi organisé et il faut que nous aussi nous nous organisions, dans toutes nos appartenances, pour l’affronter ;
Pour aujourd’hui, nous disons : « Nous voulons tous nos droits, nous voulons la liberté religieuse et la liberté d’expression, nous voulons voir disparaître la discrimination confessionnelle, nous voulons une répartition juste de la richesse, nous voulons une justice sociale, sans oublier la libération des prisonniers, des militants et des oubliés. Nous affrontons l’État et nous arracherons les droits pour extirper à la racine la violence et le terrorisme officiel religieux. 18 novembre 2015 par
(Traduction de l’arabe, Luiza Toscane et Rafik Khalfaoui )
Source : http://www.al-manshour.org/node/6635
http://www.lcr-lagauche.org/a-propos-des-derniers-attentats-terroristes-en-arabie-saoudite/
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Sahraouis: « Expulsés de notre terre, le Sahara occidental, envahie par l’Espagne puis par le Maroc » (Npa)

Entretien. Sahraouis, ils sont 200 jeunes à vivre dans un campement précaire sous un pont à Bordeaux. Demandeurs d’asile, ils n’ont droit à une allocation de 350 euros qu’au bout de 6 mois minimum. Et alors qu’ils devraient bénéficier de par la loi d’un hébergement, d’un suivi administratif et social, ils sont à la rue, parfois depuis deux ans déjà. Mais l’entraide, l’aide individuelle ou celles de l’ASTI, la LDH, la CIMADE, le soutien de militants et leurs convictions, les aident à tenir et à avancer. Après leurs interventions à la fête du NPA 33, au meeting du comité jeunes et à une rencontre militante à notre local, Luchaa, Michan et Bahadi ont répondu à nos questions.
Pourquoi chercher refuge à Bordeaux ?
Luchaa : La migration de personnes de notre génération en France est nouvelle. Venant pour la plupart de camps de réfugiés à Tindouf, en Algérie, nous y avons souvent étudié, ainsi qu’en Espagne, en Lybie, à Cuba et au Venezuela.
Mais nous avons été récemment contraints de partir vraiment, après avoir été expulsés de notre terre, le Sahara occidental, envahie par l’Espagne puis par le Maroc. Les Sahraouis vivant dans les territoires occupés par ce pays, qui sont aussi les plus prospères, avec la capitale Laâyoune, et surtout les mines (fer, phosphate…) et une côte très poissonneuse, sont des parias dans leur propre pays. Ils sont durement réprimés s’ils se révoltent. Le Maroc les a séparés par un mur de 2 700 km rempli de mines anti-personnel des 30 000 autres Sahraouis vivant dans la partie libérée par le Front Polisario, une zone quasi désertique et inhospitalière reconnue comme État par 84 nations,mais par aucune grande puissance mondiale. 120 000 autres Sahraouis, soit presque la moitié de la population sahraouie, vit dans des camps en Algérie, chassée par la guerre du Maroc contre le Front Polisario, guerre au cours de laquelle le Maroc a utilisé du phosphore blanc et du napalm contre les civils en lutte contre l’occupation, avec la complicité des grandes puissances.
Interdits de séjour sur notre propre terre, parqués dans des camps en Algérie, nous avons été poussés à tenter l’asile politique en même temps qu’une vie meilleure pour nous et les nôtres. Nous ne demandons pas de l’aide, nous menons un combat politique.
La vie dans les camps était précaire, bien que solidaire. Mais depuis le 23 octobre, c’est devenu un enfer. Des pluies d’autant plus torrentielles qu’elles sont rares dans le désert ont inondé nos camps : du jamais vu depuis 40 ans que nous y vivons. Il y a eu en peu de jours plus de 90 000 victimes, dont 25 000 sans logis.
Que peuvent faire les militants ici en France ?
Michan : La France et l’ONU disent depuis le cessez-le-feu de 1991 entre le Maroc et le Front Polisario qu’il faut une solution politique : organiser un référendum pour l’autodétermination du Sahara occidental sous l’égide de l’ONU et de sa mission spéciale, la MINURSO. Mais en même temps, la France oppose toujours son veto à l’ONU pour la tenue du référendum !
En 1977, l’aéroport de Mérignac a vu décoller des Jaguar destinés à bombarder les villages rebelles sahraouis. Plus récemment, lors de sa visite au Maroc en septembre dernier, Hollande a promis la Légion d’honneur à Abdellatif Hammouchi, directeur de la Sécurité nationale et tortionnaire avéré. La semaine suivante, Mohammed VI, dont le père Hassan II a fait ses études à Bordeaux, y est venu en voyage privé.
Bahadi : Les intérêts de la France sont politiques et économiques. Il y a eu des campagnes internationales de boycott de produits issus des côtes sahraouies. Mais la France continue à exploiter des espaces maritimes du Sahara occidental. La France a besoin du pétrole, du fer extrait du Sahara occidental.
Alors, aidez-nous, partis, associations, à faire entendre la voix de notre peuple pour sa liberté, et à dénoncer le pillage par la France et les puissances impérialistes de nos richesses, mais aussi des hommes comme nous obligés de fuir le Sahara.
Propos recueillis et traduits de l’espagnol par Mónica
Dimanche 15 novembre 2015, mise à jour Mardi 17 novembre 2015, 09:32 -
Afps

Le journal Le Monde publie, dans son édition datée du mardi 17/11, un article intitulé "Le Bataclan, ciblé de longue date par les islamistes".
Nous leur avons envoyé dès lundi matin, alors que l'article figurait déjà sur le site internet du journal Le Monde, la mise au point suivante, restée à cette heure sans effet.
Amitiés
Le Bureau National
"Sous le titre « Le Bataclan, un haut lieu de la culture ciblé de longue date par les islamistes », l’article met gravement en cause notre association et le mouvement de solidarité avec la Palestine par ses approximations et amalgames.
Il se réfère à un communiqué publié en janvier 2009 au lendemain de l’opération « Plomb durci » contre Gaza. L’AFPS, avec trois autres organisations, y dénonçait un gala au profit des œuvres sociales du Magav, corps israélien des gardes-frontières. Dénonciation politique d’un soutien à l’armée israélienne qui nous apparaissait effectivement scandaleux.
En quoi cette critique politique a-t-elle quelque chose à voir avec le fait que le Bataclan ait pu être « de longue date ciblé par les islamistes » ? En rien évidemment, sauf que l'article enchaîne bien légèrement sur le fait que ces protestations s’accompagnent alors de menaces anonymes de représailles (au Bataclan ou au Théâtre du Gymnase). Et qu'il fait état ensuite d’une information non vérifiée sur un projet d’attentat avorté en cette même année 2009.
Nous ne pouvons lire cet article que comme un tour de passe-passe profondément choquant établissant une filiation entre le mouvement de solidarité avec la Palestine et les tueurs de Daech. Rapprochement d’autant plus choquant que la revendication de Daech ne se réfère en aucune façon à la Palestine, mais, selon l'article lui-même, aux « idolâtres rassemblés dans une fête de perversité ».
A l’heure où sommes sous le choc de ces actes de barbarie, nous estimons être en droit d’attendre du Monde qu’il ne se laisse pas aller à de tels amalgames et vous remercions de bien vouloir faire paraître cette mise au point."