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  • “Bilal est maintenant dans un hôpital à Ashkelon, menotté, les jambes enchaînées et attachées au lit” (NPA)

    Interview de Sahar Francis, directrice d'Addameer, organisation de soutien aux prisonniers palestiniens. 

    Bilal Kayed, militant du FPLP, est en grève de la faim depuis plus de 40 jours, pourquoi a-t-il entamé cette protestation ?

    Bilal avait purgé l'intégralité de sa peine, (14 ans et demi de prison) et devait être libéré le 15 juin 2016. Mais au lieu d'être libéré il a été placé le jour même en détention administrative pour 6 mois.

    Il a décidé de commencer une grève de la faim pour protester contre une décision arbitraire et le principe même de la détention administrative . Un mouvement de solidarité s'est très vite développé dans toutes les prisons israéliennes, ce n'est pas une grève de la faim totale, mais des groupes de prisonniers se relayent et jeûnent pendant un ou deux semaines. Dans toutes les villes palestiniennes il y a des tentes de solidarité où la population vient montrer son soutien à la lutte des prisonniers. La grève de la faim est une forme de lutte très dangereuse et le mouvement s'inspire de la grève de la faim des prisonniers irlandais en 1981. C'est un acte de résistance qui menace leurs vies, et pour tenir le plus longtemps possible, ils commencent puis d'autres groupes les rejoignent afin de maintenir la pression sur les autorités pénitentiaires. Bilal est maintenant dans un hôpital à Ashkelon, menotté, les jambes enchaînées et attachées au lit. Il ne peut pas bouger et ce n'est pas acceptable médicalement. Les autorités disent que c'est pour des raisons de sécurité mais c'est absurde, il est très affaibli et peut à peine marcher, il n'y a aucun risque qu'il attaque les gardiens ou qu'il parte en courant. C'est juste un prétexte pour l'humilier et le torturer.

     

    Le nombre de prisonniers palestiniens détenus en Israël semble avoir beaucoup augmenté ces derniers mois

    En fait depuis la révolte d'octobre 2015 et l'agitation dans les territoires occupés, les Israéliens ont lancé  une campagne d'arrestations de masse qui continue actuellement, tous les jours et toutes les nuits dans les villes et les villages palestiniens. Plus de 6000 arrestations ces sept derniers mois, il y a maintenant 7000 détenus palestiniens dans les prisons israéliennes, dont 64 femmes, 330 mineurs et 750 détenus administratifs. Six députés du Conseil législatif palestinien sont en prison, l'emprisonnement est devenu un moyen de contrôle de la société. Nous avons hérité du système britannique de détention administrative en vigueur à l'époque du mandat, les Israéliens ont amendé leur code pénal pour pouvoir l'utiliser. Ils peuvent arrêter n'importe qui sur la base d'informations « secrètes » en prétendant qu'il est une menace pour la sécurité et renouveler sa détention indéfiniment. Le dossier secret n'est pas communiqué aux avocats, il n'est vu que par le juge militaire, il ne vous reste plus qu'à espérer qu'il sera objectif. Mais dans la plupart des cas le juge militaire confirme l'ordre donné par le gouverneur militaire. Omar Nazzal, le secrétaire du syndicats des journalistes, est en détention administrative pour avoir voulu aller en Europe donner une série de conférences. Mohammed Abou Sakha, un artiste du cirque national palestinien, un clown, en est à sa deuxième période de détention pour appartenance supposée au FPLP.

     

    Il semble que les jeunes soient particulièrement visés.

    S.F- Ce qui est nouveau c'est qu'ils arrêtent maintenant des mineurs à Jérusalem est et les mettent en détention administrative, pour des posts sur Facebook. Une jeune fille de 16 ans du camp de Deheishe a été détenue 3 mois pour avoir posté les photos des martyrs de Deheishe. Le nombre de mineurs emprisonnés a bondi. Pour eux, rien ou presque n'est prévu en prison, ils sont dans les mêmes prisons que les adultes, bien que séparés. Il n'y a aucun programme d'éducation ni de soutien psychologique, quand ils sortent ils ont beaucoup de mal à se réadapter, beaucoup sont incapables de retourner à l'école.

    Propos recueillis par Mireille Court, Ramallah, 27 juillet 2016

    https://npa2009.org/actualite/international/bilal-est-maintenant-dans-un-hopital-ashkelon-menotte-les-jambes-enchainees

  • La rentrée s’annonce houleuse (El Watan.dz)

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    Les syndicats ont déjà élaboré une plateforme de revendications

    Les syndicats autonomes représentant plusieurs secteurs névralgiques, entre autres l’éducation, la santé, la formation professionnelle, les vétérinaires, les postiers, les mécaniciens navigants d’Air Algérie… haussent le ton.

    Ils menacent de riposter vigoureusement à travers des grèves, des manifestations et des marches dès la rentrée sociale si le gouvernement ne sursoit pas aux mesures «antisociales» adoptées lors du dernier Conseil des ministres et ne prend pas en charge leurs revendications socioprofessionnelles.

    La décision des syndicats a été entérinée, hier, à l’issue d’une réunion tenue au siège du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP).

    Ainsi, le gouvernement donne encore une fois une «occasion» en or aux syndicats d’unir leurs rangs et éventuellement remettre sur rails l’idée d’une confédération regroupant les organisations syndicales ayant les mêmes objectifs et un dénominateur commun.

    Que revendiquent aujourd’hui ces organisations syndicales ?

    Il y a quelques années, elles se rejoignaient sur la question de la politique salariale et sur la revendication portant sur leur association à la prise de décision en tant que partenaire social.

    Aujourd’hui, en plus de ces deux points qui sont remis sur le tapis, les syndicats ont fait cause commune autour du projet de loi relatif à la retraite qui ne sert pas, selon eux, les intérêts socioprofessionnels des travailleurs. Ils rejettent surtout l’annulation de la retraite proportionnelle. Pour eux, ce n’est pas en portant atteinte aux droits et acquis des travailleurs que l’on sauvegarde la paix sociale.

    Les syndicats qualifient d’«aberration» et de «mascarade» une telle mesure instituée par décret dans les années où les entreprises mettaient la clé sous le paillasson. Ainsi, les représentants des fonctionnaires sont convaincus qu’en prenant cette décision, le gouvernement a porté atteinte à un «acquis irréversible» d’autant que d’autres solutions plus appropriées existent pour une bonne gestion de la Caisse de retraite.

    «Revoir la politique salariale»

    L’autre préoccupation des syndicats est la politique des salaires qui n’existe quasiment pas dans notre pays. Il n’y a, selon les responsables des syndicats autonomes, aucune référence, ni logique que l’on puisse retenir dans les salaires. Les salaires sont attribués au gré des décideurs.

    C’est pourquoi les syndicats demandent au gouvernement de revoir, ou plutôt de mettre sur place une politique salariale qui tienne compte de l’inflation galopante avec une prime compensatrice et du rang social que doit occuper la classe moyenne, hélas laminée. «Nous ne comprenons pas la logique du gouvernement ni les critères sur lesquels il se base pour l’octroi des salaires.

    Les pouvoirs publics éprouvent des difficultés à débloquer une somme pour un tel secteur, mais pour répondre à un objectif précis et récompenser les députés qui ont approuvé le projet de la nouvelle Constitution, ils trouvent de l’argent et ne se gênent pas pour augmenter leurs salaires», s’insurge Meziane Meriane, responsable du Syndicat des enseignants du secondaire (Snapest).

    Ce dernier cite également l’exemple des magistrats et des policiers, dont les salaires ont connu une augmentation conséquente. «Pour justifier cette hausse des salaires pour ces catégories de travailleurs, les pouvoirs publics ont estimé que cela s’imposait afin de les mettre à l’abri du phénomène de la corruption.

    Ceci est inacceptable ! Où est la politique des salaires qui devrait instaurer pour un même diplôme un même poste et un même salaire», demandent les syndicats, qui dénoncent les disparités entre les mêmes fonctionnaires et ouvriers. «Pourquoi le salaire des ministres et des hauts cadres est-il tabou ? Pourquoi ne dit-on pas sans complexe ce que touche un fonctionnaire qui occupe tel poste, qu’il soit ministériel ou autre ?» ajoutent-ils.

    Par ailleurs, les organisations syndicales appréhendent le nouveau projet portant révision du code du travail en gestation, qui renfermerait des dispositions remettant en cause certains acquis, dont le droit à l’exercice syndical. 3 août 2016

    Nabila Amir El Watan

    http://www.algeria-watch.org/fr/article/pol/syndicat/annonce_rentree_houleuse.htm

  • Israélisation de la gouvernance de la France : le cas emblématique de Georges Ibrahim Abdallah (UJFP)

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    Nous n’allons pas dans ce texte reprendre l’ensemble du dossier de ce scandale d’État qu’est le maintien en détention de Georges I. Abdallah

    Georges vit sa 32° année de détention à Lannemezan, Hautes Pyrénées.

    Nous voudrions aujourd’hui insister sur le fait que le maintien en détention de ce militant communiste libanais solidaire du peuple palestinien est un cas emblématique d’israélisation de la gouvernance de la France.

    En effet :

    • Non seulement Georges n’a pas été condamné à une peine de prison à perpétuité sur des preuves de culpabilité dans l’assassinat d’un conseiller militaire étatsunien et d’un agent du Mossad en France, mais sur une suspicion de complicité,
    • Non seulement Georges n’a pas bénéficié de l’échange négocié par l’entremise de l’Algérie alors que les Forces Armées Révolutionnaires libanaises ont relâché leur otage Antoine Perraut,
    • Non seulement la Justice a refusé à plusieurs reprises sa libération une fois la peine de sureté de 19 ans accomplie,
    • Mais quand la Justice elle-même a décidé de sa libération à la condition (classique et prévue par la loi) de son expulsion,
    • Alors même que les autorités libanaises sous la pression d’un mouvement en faveur de Georges avait affirmé et confirmé qu’elles étaient prêtes à l’accueillir au Liban,
    • Le Ministre de l’Intérieur (Manuel Valls) a refusé de signer l’arrêté d’expulsion, empêchant ainsi sa libération.

    Ainsi, nous pouvons dire que Georges est devenu un détenu administratif. C’est le pouvoir exécutif qui a refusé d’appliquer la décision de Justice. Sa condamnation à la perpétuité est devenue une condamnation à la perpétuité réelle, traitement considéré comme inhumain.

    Le maintien en détention de Georges est un exemple de suppression de la séparation des pouvoirs. C’est ce que vivent des milliers de Palestiniens détenus administratifs en Israël, maintenus en détention pour des périodes de 6 mois indéfiniment renouvelables par la seule volonté gouvernementale, en dehors de toute procédure judiciaire, sans même de chef d’inculpation, au nom de la « sécurité ». Le fait que cela soit en application d’une loi britannique datant du mandat que le Royaume Uni avait sur la Palestine ne contredit pas qu’il s’agit en 2016 d’une pratique typiquement israélienne.

    Dans le débat sur l’état d’urgence, on a vu dans les discours s’opérer un glissement faisant de la « sécurité » le premier droit de l’homme, alors même que la déclaration des Droits de l’Homme invoque la « sureté », qui n’est pas un synonyme, mais au contraire la garantie d’être à l’abri de mesures arbitraires, telles les lettres de cachet de l’Ancien Régime (et du Régime Valls-Hollande).

    Si le CDI est menacé dans le droit du travail, on nous propose aujourd’hui la DDI, la détention à durée indéterminée de tout « suspect » dans des centres de rétention, à l’israélienne. On peut imaginer que ces centres seront entourés de barrières en fil de fer barbelé innovantes dont Israël est le champion, mais cela fera l’objet d’un autre article.

    Nous ne céderons pas à l’état d’urgence, nous manifesterons en octobre à Lannemezan pour le triste 32° anniversaire de la détention de Georges Ibrahim Abdallah, nous maintenons l’exigence de sa libération.

    Le Bureau national de l’UJFP, le 7 août 2016

    Le site http://liberonsgeorges.over-blog.com http://liberonsgeorges.over-blog.com donne tous les éléments et nous avons déjà fait état des visites que l’un d’entre nous a pu lui rendre et rencontrer ainsi un militant toujours debout. Georges Ibrahim Abdallah, ainsi qu’une dizaine de détenus politiques et sociaux, basques et arabes de la centrale de Lannemezan, en solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens qui sont en grève de la faim pour dénoncer la politique israélienne de "détention administrative" et pour soutenir et exiger la libération inconditionnelle du militant palestinien Bilal Kayed, ont fait la grève du plateau pendant trois jours du 4 au 6 août.

    Ci-dessous, une interpellation bien venue adressée à « nos » gouvernants

    Lettre ouverte du Secrétaire Général du Parti Communiste Libanais, Hanna Gharib, en commémoration de l’anniversaire de la prise de la Bastille et de la Fête nationale française, adressée aux gouvernements libanais et français.

    http://www.ujfp.org/