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  • Tunisie: libération immédiate des condamnés de Sidi Bouzid (Npa)

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    Les média sont intarissables sur l'attribution du prix Nobel de la paix à quatre organisations tunisiennes présentées comme ayant permis à la Tunisie d'éviter la guerre civile.

    Ils "oublient" en général d'ajouter que le pouvoir ayant ensuite vu le jour a pour principales préoccupations de permettre la consolidation de "l'ordre néo-libéral", de "blanchir" les corrompus de l'ère Ben Ali, de combattre les revendications sociales et de restreindre les libertés.

    Témoin en est la répression frappant des militants se battant pour des revendications sociales qui constituaient une des principales bases de la révolution de 2011.

    Samedi 10 octobre, par exemple, 11 condamnations à 8 mois de prison fermes ont été prononcées par le tribunal de Sidi-Bouzid, la ville qui a été le point de départ de la révolution.

    Les "crimes" dont les 11 condamnés sont accusés sont d'avoir :

    - participé à des manifestations organisées par l'Union des diplômés chômeurs (UDC),

    - pris part ou organisé des protestations sociales,

    - photographié ou filmé des manifestations.

    L'un d'entre eux est même accusé d’avoir photographié une manifestation alors qu’il subissait au même moment une opération chirurgicale à l’hôpital de Sousse !

    Le NPA apporte son entière solidarité aux 11 condamnés de Sidi Bouzid. Il participera aux actions engagées pour obtenir :

    - leur libération immédiate et sans conditions,

    - l’abandon de toutes les accusations portées contre eux.

    Montreuil, le 11 octobre 2015

    http://npa2009.org/communique/liberation-immediate-des-condamnes-de-sidi-bouzid

  • Nouveautés sur Association France Palestine Solidarité


  • Festival de films « Proche-Orient, ce que peut le cinéma » (Ujfp)

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    Vendredi 20 au dimanche 29 novembre – Paris (75), festival de films « Proche-Orient, ce que peut le cinéma » organisé par Janine Euvrard, critique de cinéma, écrivaine et membre de l’UJFP.

    Notre association est partenaire de ce festival, qui présente 37 films d’Israël, de Palestine et du monde arabo-musulman (le Liban, la Syrie, l’Irak, la Libye et l’Iran).

    De nombreuses projections sont suivies de débats avec la participation d’intervenants tels Leila Shaid, Carol Mansour, Françoise Germain-Robin, Vanessa Rousselot, Dominique Vidal, Sylvain Cypel et Zaid Medoukh.

    Présentation par les organisateurs :

    La 7è édition de notre Biennale Proche orient, ce que peut le cinéma se déroulera du 20 au 29 novembre prochain dans le cinéma historique Les 3 Luxembourg, premier complexe Art et Essai du Quartier Latin.

    The Wanted 18 de Amir Shomali, sélectionné aux Academy Awards pour représenter la Palestine, ouvrira notre manifestation, en présence de Leila Shahid (ex délégué de la Palestine à l’Union Européenne) et Dominique Vidal (journaliste/écrivain).

    Ces 10 jours de programmation proposeront entre 35-40 films, la plupart inédits en France, et 9 grands débats chaque soir abordant les thèmes comme Israël-Palestine, Les leviers de la paix, Le chaos libyen, Egypte, le calvaire des femmes égyptiennes, Iran, un accord historique Irak et Syrie, Les racines de Daesh, Le Liban submergé par les réfugié, Gaza, un an après…

    La photo qui illustre, cette année, notre manifestation grâce à l’UNRWA, est signée d’un jeune photographe palestinien, Khalid Hasan Atif, qui a remporté le Prix du public au Concours de Photographie UNRWA de la jeunesse 2014.

    Le gagnant de ce même concours, Niraz Said, 23 ans, dont la photo a été prise dans le camp de réfugiés de Yarmouk, près de Damas en Syrie, participe au film de Rashid Masharawi Lettres de Yarmouk programmé le 28 novembre.

    Eyes of a Thief de Najwa Najjar, également inédit en France, clôturera notre Biennale.

    Ces projections, toutes enrichies soit d’un Q&A, soit d’un débat avec des spécialistes des sujets traités, donneront, nous l’espérons, l’occasion au public d’en apprendre davantage sur le travail de tous ces cinéastes et sur la politique de tous ces pays du Moyen Orient.

    Rendez-vous

    À Paris (6ème) : Festival de films « Proche-Orient, ce que peut le cinéma (...) 
    du vendredi 20 novembre 2015 à partir de 09h00 au dimanche 29 novembre 2015 jusqu'à 23h00
    Au cinéma Les 3 Luxembourg

    67 rue Monsieur le Prince, 75006 Paris (RER Luxembourg)

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4416

  • Tribune de Marwan Barghouthi (Afps)

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    Aucun peuple sur terre n’accepterait de coexister avec l’oppression. Par nature, les êtres humains aspirent à la liberté, luttent pour la liberté, se sacrifient pour la liberté. Et la liberté du peuple palestinien n’a que trop tardé.

    Marwan Barghouthi, leader palestinien emprisonné, député, Président du groupe d’amitié avec la France au Conseil Législatif Palestinien, Membre du Comité Central du Fatah, souvent appelé « le Mandela palestinien »

    L’escalade n’a pas débuté avec la mort de deux colons israéliens.

    Elle a débuté il y a longtemps, et s’est poursuivie durant des années. Chaque jour, des Palestiniens sont tués, blessés, arrêtés. Chaque jour, le colonialisme avance, le siège contre notre peuple à Gaza se poursuit, l’oppression et l’humiliation persistent. Alors que certains veulent que nous soyons accablés par les conséquences potentielles d’une nouvelle spirale de la violence, je continue à plaider, comme je l’ai fait en 2002 , pour que l’on s’attaque aux causes de cette violence : le déni de liberté pour les Palestiniens.

    Certains ont suggéré que la raison pour laquelle nous ne sommes pas parvenus à conclure un accord de paix est le manque de volonté de feu Président Yasser Arafat ou du manque de capacité du Président Mahmoud Abbas, alors que tous les deux étaient prêts et capables de signer un tel accord. Le véritable problème est qu’Israël a choisi l’occupation aux dépens de la paix et a usé des négociations comme d’un écran de fumée pour faire avancer son projet colonial. Tous les gouvernements au monde connaissent pertinemment cette vérité élémentaire et pourtant nombre d’entre eux prétendent que le retour aux recettes éculées nous permettra d’atteindre la liberté et la paix. La folie c’est de répéter sans arrêt la même chose et d’espérer un résultat différent. Il ne peut y avoir de négociations sans un engagement israélien clair de se retirer complètement du territoire qu’Israël a occupé en 1967, y compris en ce qui concerne Jérusalem, une fin de l’ensemble des politiques coloniales, la reconnaissance des droits inaliénables du peuple palestinien, y compris le droit à l’auto-détermination et au retour, et la libération de tous les prisonniers palestiniens. Nous ne pouvons coexister avec l’occupation israélienne, et nous ne capitulerons pas devant elle.

    On nous a demandé d’être patients, et nous l’avons été, donnant une chance après l’autre pour la conclusion d’un accord de paix, y compris depuis 2005 et jusqu’à aujourd’hui. Il est peut-être utile de rappeler au monde que notre dépossession, exil et transfert forcés, et l’oppression que nous subissons ont duré près de 70 ans et nous sommes le seul point toujours à l’agenda des Nations Unies depuis sa création. On nous a dit qu’en ayant recours aux moyens pacifiques et aux cadres diplomatiques et politiques, nous engrangerions le soutien de la communauté internationale pour mettre fin à l’occupation. Et pourtant, comme en 1999 à la fin de la période intérimaire, la communauté internationale n’a pas réussi à adopter une seule mesure significative, y compris mettre en place un cadre international assurant la mise en œuvre du droit international et des résolutions onusiennes, et adopter des mesures pour mettre fin à l’impunité, y compris à travers le boycott, les désinvestissements et les sanctions, en s’inspirant des outils qui ont permis de débarrasser le monde du régime d’apartheid.

    En l’absence d’intervention internationale pour mettre fin à l’occupation, et en l’absence d’actions sérieuses des gouvernements pour mettre fin à l’impunité d’Israël, et en l’absence de toute perspective de protection internationale accordée au peuple palestinien sous occupation, et alors même que la colonisation et ses manifestations diverses, y compris les attaques violentes des colons israéliens, s’intensifient, que nous demande-t-on de faire ? Laisser faire et attendre qu’une autre famille palestinienne se fasse brûler, qu’un autre jeune palestinien se fasse tuer, qu’une nouvelle colonie soit construite, qu’une autre maison palestinienne soit détruite, qu’un autre enfant palestinien soit arrêté, qu’une nouvelle attaque de colons ait lieu, qu’une autre agression contre notre peuple à Gaza soit lancée ? Le monde entier sait pertinemment que Jérusalem est la flamme qui peut inspirer la paix ou déclencher la guerre. Alors pourquoi demeure-t-il impassible alors que les attaques israéliennes contre le peuple palestinien dans la ville et les lieux saints musulmans et chrétiens, notamment Al-Haram Al-Sharif, continuent sans relâche ? Les actions et les crimes israéliens ne détruisent pas seulement la solution à deux Etats sur les frontières de 1967 et violent le droit international. Ils menacent de transformer un conflit politique qui peut être résolu en un conflit religieux éternel qui ne fera que déstabiliser plus avant une région qui fait déjà l’expérience de bouleversements sans précédents.

    Aucun peuple sur terre n’accepterait de coexister avec l’oppression. Par nature, les êtres humains aspirent à la liberté, luttent pour la liberté, se sacrifient pour la liberté. Et la liberté du peuple palestinien n’a que trop tardé. Pendant la première Intifada, le gouvernement israélien a lancé une politique « briser leurs os pour briser leur volonté », mais une génération après l’autre, le peuple palestinien a démontré que sa volonté ne peut être brisée et ne doit pas être testée.

    Cette nouvelle génération palestinienne n’a pas attendu les pourparlers de réconciliation pour incarner une unité nationale que les partis politiques ont échouée à réaliser, dépassant les divisions politiques et la fragmentation géographique. Elle n’a pas attendu d’instructions pour mettre en œuvre son droit, et même son devoir, de résister à cette occupation. Elle le fait sans armes, alors même qu’elle est confrontée à une des plus importantes puissances militaires au monde. Et pourtant, nous demeurons convaincus que la liberté et la dignité l’emporteront, et que nous triompherons. Et que le drapeau palestinien que nous avons levé avec fierté à l’ONU flottera au-dessus des murailles de la vieille ville de Jérusalem, pas pour un jour, mais pour toujours.

    J’ai rejoint la lutte palestinienne pour l’indépendance il y a 40 ans, et fus emprisonné pour la première fois à l’âge de 15 ans. Cela ne m’a pas empêché de plaider pour une paix fondée sur le droit international et les résolutions de l’ONU. Mais j’ai vu Israël détruire méthodiquement cette perspective année après année. J’ai passé 20 ans de ma vie dans les geôles israéliennes, y compris les 13 dernières années, et ces années n’ont fait que renforcer ma foi en cette vérité inaltérable : le dernier jour de l’occupation sera le premier jour de paix. Ceux qui veulent réaliser cette dernière doivent agir, et agir maintenant, pour précipiter la première.

    Marwan Barghouthi prison de Hadarim cellule n°28

    The Guardian - octobre 2015, lundi 12 octobre 2015

    http://www.france-palestine.org/Tribune-de-Marwan-Barghouthi

  • Rony Brauman sur France 24: "On s’achemine vers une démission de l’Autorité palestinienne" (Ujfp)

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    À l’heure où des heurts embrasent la Cisjordanie et Jérusalem-Est, certains craignent l’éclatement d’une troisième intifada. Pour Rony Brauman, professeur à Sciences-Po, ces événements démontrent la fin proche de l’Autorité palestinienne.

    La vague de violences qui secoue Jérusalem et la Cisjordanie réveille une nouvelle fois de plus le spectre d’une troisième intifada chez certains. Lundi 5 octobre, un adolescent palestinien a été tué par l’armée israélienne lors d’affrontements. Côté israélien, quatre personnes sont mortes depuis jeudi, deux criblées de balles en Cisjordanie, et deux autres dans une attaque au couteau dans la Vieille ville de Jérusalem.

    Face à cette escalade de tensions, l’État hébreu a décrété un durcissement des mesures répressives, interdisant l’accès à la Vieille ville de Jérusalem-Est aux Palestiniens.

    Décryptage de la situation avec Rony Brauman, ancien président de MSF et professeur en relations internationales à Sciences-Po et auteur du livre "Manifeste pour les Palestiniens".

    France 24 : Assiste-t-on au début d’une nouvelle intifada, comme le redoute le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Martin Schäfer, ou comme l’interroge le quotidien israélien "Yedioth Aronoth" ?

    Rony Brauman : C’est difficile à dire, mais ces déclarations annonçant une troisième intifada ont quelque chose de rituel. À l’automne 2014, déjà, lors d’une poussée d’agressions, beaucoup avaient prédit l’éclatement d’un nouveau cycle de violences.

    Ce qui est sûr, c’est que le niveau de répression et de harcèlement en Cisjordanie augmente. Le gouvernement israélien s’autorise l’une des mesures les plus barbares qui soit : la destruction des habitations appartenant aux auteurs d’attentat ou à leur famille [Benjamin Netanyhaou a ordonné d’accélérer ces démolitions de maisons dans l’objectif de donner à réfléchir à ceux qui veulent perpétrer des attaques, NDLR]. Or, cela relève de la punition collective et ce concept est rejeté dans le droit moderne. Pour ce qui est de l’interdiction de l’accès à la Vieille Ville de Jérusalem pour les Palestiniens [cette mesure, annoncée dimanche 4 octobre pour une durée de deux jours, a été décrétée à la suite d’attaques qui ont coûté la vie à deux Israéliens, NDLR], il s’agit d’une décision très rare, sinon inédite.

    Pour preuve de la montée des tensions, un récent sondage indique qu’une majorité de Palestiniens est favorable à un soulèvement armé en l’absence de discussions de paix. Tout cela indique que les attentats, les harcèlements et les passages à l’acte ne vont pas s’arrêter aujourd’hui.

    F24 : Dans ce contexte, ni le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, ni le dirigeant palestinien, Mahmoud Abbas, n’appellent au calme. L’un a promis de durcir la répression, parlant d’"un combat jusqu’à la mort contre le terrorisme palestinien", l’autre a affirmé ne plus se considérer comme lié par les accords passés avec Israël. Que faut-il en penser ?

    R. B. : Pour ce qui est des Israéliens, ils soufflent depuis toujours le chaud et le froid. Benjamin Netanyahou avait, avant son élection, déclaré qu’il n’y aurait pas d’État palestinien de son vivant. Puis après avoir été élu, il a dit que c’était envisageable à certaines conditions. En Israël, on est habitué à revenir sur ce genre de déclarations martiales.

    En ce qui concerne Mahmoud Abbas, sa déclaration est un pas symbolique. Les accords d’Oslo, ce moment très positif des années 1990, viennent d’être remis en question. Benjamin Netanyahou, lui, a toujours dit que ces accords étaient un chiffon de papier sur lequel il s’asseyait, alors pourquoi Mahmoud Abbas a-t-il tant tardé pour faire ce genre de déclaration ? C’était la moindre des choses.

    F24 : Comment voyez-vous la situation évoluer ?

    R. B.  : L’étape suivante devrait être une démission de l’Autorité palestinienne, ce qui serait l’ultime sursaut d’honneur des Palestiniens. Mahmoud Abbas pourrait déclarer sa propre faillite, et symboliquement remettre les clés de la Cisjordanie aux Israéliens, ce qui serait certes un aveu d’échec. Mais le rapport de force n’est de toute façon pas en sa faveur. Ce cas de figure mènerait à la création d’un État binational avec les mêmes droits pour l’ensemble des citoyens. Cette option terrifie côté israélien, mais séduit de plus en plus de personnes côté palestinien.

    De toute façon, l’Autorité palestinienne n’a d’autorité que le nom. Il s’agit davantage d’un pouvoir municipal avec un fragment d’autorité sur les questions routières et l’aménagement des parcs et des jardins que d’un gouvernement. Ce pouvoir, qui ne dispose pas de ministère de la Défense, sert uniquement d’alibi politique et de punching ball aux Israéliens. Ces derniers assurent vouloir discuter avec ce partenaire mais regrettent son incompétence… Tout cela, c’est de la démagogie.

     
    mardi 13 octobre 2015 par Rony Brauman Texte par Charlotte OBERTI

    http://www.ujfp.org/spip.php?article4441

  • Face au silence de la France, l’Union syndicale Solidaires demande des sanctions contre Israël ! (Ujfp)

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    Le 31 juillet dernier, des colons israéliens mettent feu à une maison, brûlant à mort une femme, un homme et leur bébé de 18 mois.

    A ce jour, les responsables n’ont pas encore été mis en examen, ni même identifiés avec certitude. La réaction des autorités israéliennes a consisté, au contraire, à voter des lois menaçant de vingt ans de prison des enfants qui lancent des pierres, et à autoriser les policiers à tirer sur eux à balles réelles.

    Il ne manquait plus qu’une étincelle, produite par l’assaut de l’armée israélienne sur la mosquée d’Al Aqsa le jour du nouvel an juif, et l’assassinat, à bout portant, d’une Palestinienne immobile à un check-point à Hebron, le 24 septembre. Dans une région du monde pourtant habituée à des flambées de violence, un pas supplémentaire vient d’être franchi.

    Depuis le 1er octobre, quatre israéliens ont été assassinés par des Palestiniens, dont deux colons, et des représailles disproportionnées, comme d’habitude, ne se sont pas fait attendre. Trois adolescents palestiniens ont été abattus en Cisjordanie, et onze autres à Gaza, alors qu’ils manifestaient devant l’armée israélienne qui les empêche de sortir de leur prison à ciel ouvert.

    En Israël également, une nouvelle directive leur permettant de le faire, la police a tiré à balles réelles, tuant neuf jeunes Palestiniens autour de Jérusalem, et blessant gravement deux femmes, à Tel Aviv et à Afoula. A cette vingtaine de morts en une semaine, s’ajoutent des centaines de blessés, et les images qui nous parviennent sont terrifiantes, l’armée et la police israélienne ne semblant plus connaître aucune retenue, encouragées par leur gouvernement, et par une impunité totale.

    Cette impunité dont bénéficient les criminels israéliens, qu’ils soient colons, policiers ou militaires, est la même que celle de l’Etat d’Israël dans le concert des nations.
    Cette impunité est donc imputable à nos gouvernements, et singulièrement à celui de la France qui ne s’est exprimée sur la question que le 11 octobre, par un communiqué laconique de cinq lignes !

    Si les médias occidentaux parlent de violences dans lesquelles les deux camps ont leurs parts de responsabilité, il faut rappeler que face aux jets de pierre et aux armes blanches, Israël détient la deuxième armée du monde, rappeler aussi que depuis de nombreuses années Israël bafoue le droit international, les résolutions de l’ONU et les jugements de la cour internationale de justice en continuant à coloniser les terres palestiniennes, continuant la construction du mur de séparation, en poursuivant son blocus contre Gaza et en refusant le droit au retour de millions de réfugiés palestiniens...

    La violence inouïe exercée par Israël doit être dénoncée avec force, et tout doit être mis en oeuvre pour la faire cesser. L’Union syndicale Solidaires demande à ce que la France prononce des sanctions immédiates à l’encontre d’Israël, pour mettre fin au bain de sang qui n’est que la conséquence d’une occupation militaire qui n’a que trop duré.

    A défaut d’un sursaut de la communauté internationale qui parviendrait à faire cesser ces assassinats quotidiens, l’Union syndicale Solidaires s’associe à la demande de boycott de toutes les institutions économiques, culturelles et universitaires israéliennes, et appelle les entreprises françaises à retirer leurs investissements de cet Etat tant qu’il ne respectera pas le droit international. Cette pression est l’expression symbolique de la solidarité que chacun-e peut exprimer avec le peuple palestinien dont les droits sont bafoués et les enfants assassinés sous nos yeux. Communiqué Solidaires

    mardi 13 octobre 2015 par Solidaires
     
  • Tunisie: déclaration d’Hamma Hammami à l’occasion du troisième anniversaire de la fondation du Front populaire (Essf)

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    Le Front populaire, le garant du sauvetage de la Tunisie et de la réalisation des objectifs de la révolution.

    Le Front populaire commémore aujourd’hui, 7 octobre 2015, le troisième anniversaire de sa fondation. Ces trois années d’existence ont été pleines de luttes et de sacrifices, aux côtés du peuple tunisien et des forces démocratiques et progressistes, pour résister aux plans des forces réactionnaires, qu’elles soient de l’intérieur ou de l’extérieur du pays. Celles-ci visaient à contourner le processus révolutionnaire et démolir ses acquis, et faire revenir la Tunisie à la case de la tyrannie, de la corruption et de la dépendance.

    Le Front populaire a contribué de manière effective à sauver le pays de la gouvernance de la troïka (1), qui a conduit le pays au bord de l’abîme. Il a simultanément contribué à imposer une Constitution démocratique (2) qui garantit aux Tunisiens et aux Tunisiennes leurs libertés et leurs droits fondamentaux.

    Cela a coûté au Front populaire le martyre de deux dirigeants emblématiques, Chokri Belaïd (3) et Haj Mohamed Brahmi (4), qui ont été frappés par les mains du terrorisme noir, dans le cadre d’un plan visant à démanteler l’Etat et à déchirer l’unité du peuple et du pays. Ce terrorisme noir voulait imposer le dictat des gangs terroristes takfiris, (5) soutenus dans la région et au niveau international par les milieux ultraréactionnaires arabes et les puissances néo-coloniales.
    Le Front populaire a également subi le martyre de deux de ses meilleurs militants à Gafsa et à Kasserine, les martyrs Mohamed Bel Mufti (6) et Majdi Ajlani. (7)

    Cependant, en dépit des acquis réalisés dans le processus révolutionnaire, le pays n’est pas encore sorti du tunnel. Il se retrouve depuis les dernières élections législatives et présidentielles (de fin 2014) sous le pouvoir d’une coalition droitière réactionnaire, basée essentiellement sur l’alliance Nidaa - Ennahda. Sa mission est de contourner complètement la révolution et de reproduire un régime autoritaire garantissant les intérêts des minorités locales réactionnaires et de nombreuses forces régionales et internationales. Ces forces extérieures s’immiscent ouvertement dans les affaires nationales et font supporter aux masses laborieuses la facture d’une crise économique qu’elles n’ont pas causée.

    Ceci est d’autant plus clair au regard de l’empressement du gouvernement de contournement de la révolution à faire passer des orientations économiques impopulaires. Celles-ci aggravent la dépendance et la soumission aux milieux financiers mondiaux prédateurs, l’expansion de la pauvreté, la marginalisation et les inégalités entre les groupes sociaux, et perpétuent le système de corruption.

    En voici quelques exemples :

    * le dernier budget complémentaire,
    * le projet de document d’orientation pour les cinq prochaines années,
    * le projet de loi sur la « réconciliation » économique et financière, qui vise à blanchir la corruption et miner la justice transitionnelle,
    * le projet de loi de partenariat entre les secteurs public et privé, qui vise à favoriser le démantèlement et la liquidation du secteur public,
    * l’extension de l’âge de la retraite à 65 ans, pour faire supporter aux salariés la crise des fonds de sécurité sociale...

    Dans le cadre de cette orientation socio-économique, et pour protéger ses propres intérêts, la coalition au pouvoir :

    * fait revenir plusieurs symboles de l’ancien régime à l’activité dans un certain nombre d’institutions ;
    * tarde à instaurer de nouvelles institutions de l’Etat en conformité avec la nouvelle Constitution ;
    * traîne à réformer les systèmes judiciaire, sécuritaire et administratif ;
    * tarde à régler le dossier des martyrs et blessés de la révolution,
    * tergiverse sur la divulgation de la vérité sur l’assassinat des symboles du Front populaire, les martyrs Chokri Belaïd et Haj Mohamed Brahmi ;
    * entrave la tenue du Congrès national pour la lutte contre le terrorisme afin de brouiller les faits qui entourent l’évolution de ce phénomène dans notre pays et la responsabilité en ce domaine du Mouvement Ennahda ;
    * adopte un système de quotas dans les nominations au sein de l’administration et des institutions, sans prendre en compte le principe de qualification ;
    * prend des mesures et des positions qui portent atteinte à la souveraineté nationale et à l’indépendance de la décision nationale (traité de partenariat avec les Etats-Unis, adhésion subite à la « coalition internationale contre le terrorisme »...)

    Tout cela se passe dans un environnement marqué par :

    * une recrudescence de la criminalisation des luttes sociales,
    * le harcèlement des travailleurs et de leur organisation syndicale, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT),
    * le lancement de campagnes effrénées contre le Front populaire et les forces civiles, démocratiques et progressistes dans une tentative de les exclure, de les marginaliser pour mieux s’en prendre au peuple, aux masses laborieuses, aux pauvres, aux régions défavorisées et marginalisées.

    Simultanément, les tensions et les problèmes se sont exacerbés surtout par l’amplification du rôle destructeur des mafias financières et des médias. Des mafias qui cherchent par tous les moyens malveillants et ignobles à empoisonner l’atmosphère générale dans le pays en diffusant des rumeurs et en semant la peur et le doute. Leur but est d’anéantir ainsi la stabilité afin de ne pas avoir à rendre des comptes et d’échapper à toutes poursuites.

    Le Front populaire a assumé sa responsabilité dans des circonstances difficiles. Il s’est toujours adressé au peuple avec un discours de franchise et de vérité. Il a fait face à tous les complots et à toutes les manœuvres qui se tramaient contre lui. Le Front populaire saisit aujourd’hui l’occasion du troisième anniversaire de sa fondation pour :

    • Saluer toutes les militantes et tous les militants ainsi que ses ses ami.e.s, pour leurs efforts et sacrifices visant à préserver le Front populaire, permettre son élargissement et consolider son influence. Il les invite à consentir plus d’efforts et à serrer les rangs pour garantir la réussite de sa troisième conférence nationale afin qu’elle soit à la hauteur des grandes tâches qu’imposent les conditions dangereuses que traversent notre pays et la région dans son ensemble ;

    • Réitérer sa détermination à continuer dans la voie tracée par ses martyrs et les martyrs de la nation en général, la voie de la lutte par les moyens civils pacifiques garantis par la Constitution. Une voie destinée à faire face au processus de contournement, et créer les conditions favorables à la réalisation des objectifs de la révolution que résume le slogan : « Travail - Liberté - Dignité nationale », permettant à notre pays de sortir de la crise et à notre peuple de satisfaire ses revendications et ses aspirations ;

    • Inviter toutes les forces vives du peuple à se regrouper autour du Front populaire, qui représente une véritable alternative à la coalition de droite au pouvoir. Les faits ont en effet montré que cette coalition est, comme l’alliance de la troïka, incapable de répondre aux attentes du peuple tunisien, ni de garantir l’indépendance de la Tunisie et sa souveraineté.

    • Inviter toutes les forces démocratiques et progressistes tunisiennes, politiques et civiles, concernées par le sauvetage de la Tunisie et la protection de ses acquis, ainsi que par la réalisation des revendications de son peuple en matière de liberté, d’égalité, de démocratie et de justice sociale, à unir leurs rangs, comme l’impose la gravité de la conjoncture.

    • Réitérer son attachement à développer le travail commun avec toutes les forces nationales démocratiques et progressistes dans le monde arabe afin de faire face aux plans coloniaux, sionistes, réactionnaires, qui le ciblent et œuvrent à le déchirer davantage sur des bases sectaires, confessionnelles et tribales, ainsi qu’à enterrer la cause du peuple palestinien qui subit aujourd’hui une attaque sioniste sauvage atroce visant à confisquer la terre palestinienne, et en particulier la mosquée Al-Qods.

    Gloire et éternité aux martyrs !

    Vive le Front populaire

    Le porte-parole
    Hamma Hammami
    Tunis, le 7 octobre 2015

    Notes :

    1. On appelle en Tunisie « troïka » la coalition ayant exercé le pouvoir entre décembre 2011 et janvier 2014. Elle était dirigée par le parti islamiste Ennahdha. Celui-ci s’était entouré du CPR de Moncef Marzouki (à qui avait été attribué la Présidence de la République), et de la section tunisienne de l’Internationale socialiste (Ettakatol) dont le président avait obtenu la présidence de l’Assemblée.

    2. La nouvelle Constitution a été promulguée en janvier 2014. Suite à d’intenses mobilisations, en ont été exclus les reculs que comptaient y inscrire initialement les islamistes, comme par exemple la référence à la charia ou l’infériorisation des femmes. Malgré ses limites, cette Constitution inclut quelques avancées, comme par exemple la liberté de conscience et la condamnation pénale du takfir (accusation d’avoir renié l’Islam pouvant servir à justifier la mise à mort). http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31234

    3. L’avocat Chokri Belaïd était un des principaux dirigeants du PPDU (Parti des Patriotes-démocrates unifiés) ainsi que du Front Populaire. Il a été assassiné le 6 février 2013.

    4. Mohamed Brahmi était un des principaux responsables du parti nationaliste nassérien de gauche Courant populaire ainsi que du Front populaire.

    5. Le Takfir est une accusation d’avoir renié l’Islam pouvant servir à justifier la mise à mort.

    6. Mohamed Bel Mufti était ingénieur à Tunisie Telecom et militant du Front populaire. Il a été assassiné à Gafsa par un policier lors des manifestations ayant suivi l’assassinat de Mohamed Brahmi.

    7. Majdi Ajlani était militant du PPDU (Parti des Patriotes démocrates unifié (PPDU) et du Front populaire. Il est décédé suite à un tir de balles de caoutchouc par la police, le 8 janvier 2014 à Feriana (Kasserine), lors d’une manifestation contre la loi des finances de 2014 et la marginalisation de cette région du centre-ouest de la Tunisie.

    8. Concernant le projet de blanchiment des corrompus de l’ère Ben Ali, voir notamment :
    * sur la place de cette mobilisation dans la situation politique
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36020


    * sur les mobilisations avant le 8 septembre
    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35989


    * sur les mobilisations entre le 8 et le 21 septembre (dont les
    manifestations du 12),http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36012

    * Traduction de l’arabe (non relue par l’auteur) de Rafik Khalfaoui. Notes de Dominique Lerouge.

    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36057