Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Le 12 janvier, on fête Yennayer ! (Le Peuple breton)

    Yen2966.png

    Il est de tradition, en occident, de fêter le nouvel an le 1er janvier.

    Ce nʼest pas le cas de tous les peuples. En Bretagne et dans lʼancien monde celte, la « Samain » était fêtée le 1er novembre, correspondant au premier jour dʼun nouveau cycle des saisons (comme la Toussaint). Pour les Imazighen, le nouvel an est le 12 janvier et sʼappelle « Yennayer » (janvier).

    Yennayer est fêté pour deux raisons. La première est culturelle : le 12 janvier est le premier jour du calendrier julien, calendrier agraire, et signifie, après lʼhiver, le renouveau, et donc la reprise de lʼactivité dans la société rurale traditionnelle. Lʼautre raison est plus politique : dans les années 1970, le mouvement berbère de Paris a choisi, pour se démarquer de lʼère chrétienne et de lʼère musulmane, un fait historique pour faire débuter le calendrier berbère. En 950 avant J.-C., le roi berbère Chacnaq (Scheshong 1er) aurait renversé le pharaon, créant ainsi « lʼère Scheshong ». Ainsi, le 12 janvier, les Iamzighen célébreront le nouvel an 2966 !

    Contrairement à ce quʼaffirmait Nicolas Sarkozy à Dakar, lʼhomme africain du nord (berbère donc) est entré « depuis longtemps dans lʼhistoire » : 950 ans dʼavance, cʼest beaucoup ! Cʼest pourquoi le caricaturiste Dilem remarquait avec humour le 12 janvier 1995 que la « grève du cartable » (boycott de lʼécole algérienne arabisante par le MCB, mouvement culturel berbère, en Kabylie pendant 7 mois) nʼétait pas pénalisante car les élèves avaient 650 ans dʼavance…

    Yennayer est célébré dans les familles là-bas et ici et donne lieu à des événements festifs. En Kabylie, de fait, cʼest un jour férié. LʼAssociation culturelle des Berbères de Bretagne (ACBB) le célèbre à Rennes chaque année autour dʼun couscous festif. Lʼan dernier, le thème était lʼamitié berbero-bretonne (événement que nous relations dans Le Peuple breton de février 2015). Cette année (le 16 janvier), le thème sera « hommage à Matoub Lounès ». Lʼassociation, qui fête ses 20 ans, a en effet eu comme parrain Matoub Lounès lors de la venue du chanteur kabyle à Rennes le 31 mai 1995. LʼACBB a demandé à la mairie de Rennes de baptiser une rue en hommage à ce chanteur dont lʼassassinat avait tant ému.

    Les valeurs défendues par Matoub Lounès dans ses poèmes et chansons (tolérance, laïcité, fraternité, culture, liberté, résistance) sont, ô combien dʼactualité. Yennayer est ouvert à tous, vous pouvez vous y inscrire sur le site acbbretagne.org

    Assegwas amegas 2966 !

  • Violents affrontements à Bahreïn entre manifestants chiites et police (Anti-k)

    bahrain-hands_1829892i.jpg

    Dubaï – Des affrontements ont opposé dimanche à Bahreïn la police à des manifestants chiites qui protestaient contre l’exécution la veille du chef religieux Nimr al-Nimr dans le royaume saoudien voisin, ont rapporté des témoins.

    Ces violences ont fait des blessés. Elles se sont produites dans plusieurs localités chiites de la banlieue de Manama où la police a tiré des gaz lacrymogènes et, dans certains cas, des balles de chevrotine en direction de manifestants qui ont lancé des cocktails Molotov, ont ajouté ces témoins.

    Le cheikh Nimr était vénéré par la communauté chiite majoritaire à Bahreïn et les manifestants brandissaient des portraits de lui dans les localités de Jidhafs, Sitra, Duraz et Bilad al-Qadeem.

    Les affrontements les plus violents ont eu lieu à Sitra, à l’ouest de Manama, où 400 manifestants se sont heurtés à la police, selon des témoins.

    A Duraz, les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes sur les manifestants qui ont bloqué une route et jeté des pierres en direction des policiers, selon les mêmes sources.

    Dès samedi, les autorités bahreïnies avaient prévenu qu’elles prendraient toutes les mesures légales nécessaires contre les auteurs d’actions offensantes ou négatives à l’égard de la décision du royaume saoudien d’exécuter Nimr al-Nimr.

    Ces fauteurs de troubles pourraient être poursuivis pour incitation à la sédition et menace à l’ordre civil, avait averti le ministère de l’Intérieur.

    Bahreïn, siège de la Ve Flotte américaine et dirigé par une dynastie sunnite, est le théâtre de troubles sporadiques depuis des manifestations de masse en 2011 de la majorité chiite qui demandait des réformes et un plus grand rôle politique pour cette communauté.

    Le pouvoir à Bahreïn fait montre d’une extrême fermeté à l’égard des opposants, mais nie toute discrimination envers les chiites. Les dissidents sont souvent accusés d’être liés à l’Iran, une accusation qu’ils rejettent. 4 janvier 2016

    http://www.anti-k.org/violents-affrontements-a-bahrein-entre-manifestants-chiites-et-police

    Commentaire: Nous ne classons pas ces évènements dans la rubrique "religions"

  • Lutte pour les retraites au Maroc (Afriques en lutte)

    maroc retraite.jpg

    Les syndicats annoncent un sit-in devant le parlement le 12 janvier et décident de porter plainte contre le gouvernement.

    Quatre centrales syndicales (UGTM, UMT, CDT, FDT) organisent le 12 janvier un sit-in devant le parlement en réaction aux propos du chef du gouvernement tenus le 23 décembre à la chambre des représentants. Abdelilah Benkirane avait annoncé que les fonctionnaires partiront à la retraite à partir de l’âge de 63 ans, et non plus à l’âge de 60 ans comme actuellement.

    Dans un communiqué conjoint publié le 24 décembre, les syndicats annoncent également déposer une plainte contre le gouvernement auprès de l’organisation internationale du travail (OIT). De même, ils ont décidé de maintenir ouverte l’option de la grève générale dans la fonction et les secteurs publics, le secteur privé et les collectivités locales avec possibilité de passage à l’acte « au moment qu’ils jugeront opportun ».

    Une autre mesure prise par les syndicats est de geler leur participation aux Conseils d’administration et autres instances de direction de plusieurs établissements représentatifs, à savoir la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), la Régie nationale d’assurance-maladie (RNAM), l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT)l, le Conseil de la négociation collective, le Conseil supérieur de la fonction publique et le Conseil de la médecine du travail.

    Le 10 décembre, les quatre syndicats avaient organisé une grève générale en mobilisant « entre 75% et 80% des fonctionnaires » travaillant dans les ministères de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et des finances, selon des statistiques fournies par les centrales. Un chiffre qui n’a pas pu être vérifié de source indépendante. Mais selon nos constatations dans le centre ville de Casablanca, l’activité quotidienne ne semblait pas impactée.

    A noter que lors de son intervention au parlement, le chef du gouvernement a annoncé les principales mesures de la réforme des retraites visant les fonctionnaires à travers la Caisse marocaine des retraites (CMR) et l’augmentation graduelle de leur âge de départ à la retraite : 61 ans en 2017, 62 ans en 2018, pour arriver à 63 en 2019.

    Quant aux cotisations, il a indiqué qu’elles connaîtront également une augmentation progressive pendant les trois années à venir pour atteindre 24% au lieu des 20% actuels.

    Source : Tel Quel 4 janvier 2016 

    http://www.afriquesenlutte.org/afrique-du-nord/maroc/article/lutte-pour-les-retraites-au-maroc

  • Egypte. Succès des révolutionnaires dans les élections étudiantes, réaction du ministre (Al'Encontre.ch)

    Egypt_ReportArticle.jpg

    Les élections des représentants aux organisations étudiantes des universités publiques en Egypte, qui ont eu lieu la première semaine de décembre 2015 avec une large participation, se sont conclues par une écrasante victoire du camp de la révolution contre celui de Sissi.

    Ainsi, Abdallah Anwar (président de l’ESU – l’Union des étudiant égyptiens – de l’Université du Caire) et Amr Al-Helw (président de l’ESU de l’Université Tanta) qui viennent d’être élus à la présidence et à la vice-présidence de l’Union des étudiants égyptiens (ESU), sont tous deux connus pour leurs attaches révolutionnaires au soulèvement du 25 janvier 2011.

    Pourtant le pouvoir n’avait pas lésiné pour fausser les élections en empêchant la candidature d’environ 700 étudiants soupçonnés d’appartenance politique à des partis «illégaux». Il était en effet interdit de se présenter à la candidature si on était soupçonné d’appartenir au «Mouvement du 6 Avril» ou aux «Frères musulmans», tous deux interdits. Mais pour se présenter il fallait aussi ne pas avoir été sujet à des mesures disciplinaires – ce qui a été le cas de très nombreux étudiants qui ont fait grève, qui ont osé dénoncer le pouvoir ou qui ont été condamnés par ce dernier lors de manifestations, de sit-in, ou de protestations diverses au cours de ces cinq dernières années.

    Devant le camouflet électoral, le ministre de l’Enseignement supérieur, Ashraf al-Shehy, a demandé l’annulation des élections.

    Il a prétexté de dits vices de procédure, ce qui est un comble alors que les législatives de cet hiver n’ont jamais vu autant de truquages et d’achats de votes de la part des partis du pouvoir. Par ailleurs il a demandé que Amr Al-Helw soit suspendu de l’université pour ses liens avec des organisations politiques interdites et pour avoir osé accuser le pouvoir d’avoir fait pression sur les étudiant·e·s afin qu’ils votent pour les candidats du ministère de l’Education qui avait, par ailleurs, directement financé la campagne en s’asseyant sur toute légalité. Le ministère de l’Education a soutenu une coalition intitulée Voix des étudiants égyptiens.

    Le 28 décembre, des étudiants révolutionnaires appelaient dans une conférence de presse à la mobilisation pour soutenir l’Union des étudiants égyptiens.

    Un nouveau bras de fer commence entre le pouvoir et le mouvement étudiant. Une déclaration demande la démission d’Ashraf al-Shehyen affirmant que sa permanence à ce poste impliquerait le maintien de la corruption et d’une volonté de formater l’esprit des étudiants. Cette déclaration est signée par le Mouvement du 6 Avril, les Socialistes révolutionnaires et des formations comme le Parti social-démocrate égyptien ou le mouvement Pain et Liberté.

    Quoi qu’il en résulte, alors qu’on ne cesse de présenter les étudiants comme découragés et s’éloignant de la politique, le résultat actuel montre le contraire. Et si le pouvoir annulait définitivement les élections et donc toute idée de représentation démocratique réelle des étudiants, il est clair qu’un nombre d’entre eux seraient poussés hors de ces voies électorales vers des chemins différents, s’inscrivant dans la mémoire pratique de la révolution. (3 janvier 2016)

    Publié par Alencontre le 4 - janvier - 2016 Par Jacques Chastaing