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  • Tunisie: 24 personnes jugées pour l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd (Al Huff' Maghreb)

    Vingt-quatre personnes soupçonnées d'être impliqués dans l'assassinat en 2013 de l'opposant tunisien de gauche Chokri Belaïd vont être jugés à partir du 30 juin, ont annoncé jeudi à l'AFP le parquet et l'avocat de l'un des accusés.

    "La première audience devant la Cour pénale du tribunal de première instance de Tunis se tiendra le 30 juin", a déclaré le porte-parole du parquet, Sofiène Sliti.

    Les accusés sont tous Tunisiens, a-t-il ajouté, vingt-trois sont en détention et un comparaîtra libre. Ils sont poursuivis pour "incitation à commettre des crimes terroristes", "adhésion à des groupes en relation avec des organismes terroristes" et meurtre avec préméditation, a indiqué l'avocat de l'un des accusés, Samir Ben Amor, qui a pu avoir accès au dossier.

    Ils sont aussi soupçonnés d'avoir "fourni des informations, un local et des dons directs afin de financer des personnes ayant des activités terroristes" et d'avoir "fourni des armes et des explosifs à un organisme en relation avec des crimes terroristes", ont précisé Me Ben Amor et M. Sliti.

    Chokri Belaïd, avocat de 48 ans, militant de tendance marxiste et panarabiste et farouche critique des islamistes, avait été assassiné par balles le 6 février 2013 devant chez lui, dans un quartier résidentiel de Tunis.

    Un assassinat qui avait choqué le pays et provoqué une crise politique.

    Les autorités avaient attribué le meurtre à la mouvance jihadiste et annoncé en février 2014 avoir tué, dans une opération antiterroriste, son assassin présumé Kamel Gadhgadhi.

    En décembre, des jihadistes ralliés au groupe Etat islamique (EI) ont pour la première fois revendiqué l'assassinat de Chokri Belaïd et celui d'un autre opposant, le député Mohamed Brahmi.

    Mais la famille de Chokri Belaïd continue de dénoncer des "zones d'ombre" et de réclamer la vérité.

    "Pour nous, rien n'a changé (...). Nous dirons qu'il y aura eu du changement lorsque pour le troisième anniversaire, les gens (responsables de son assassinat) auront été identifiés et jugés et que nous aurons connu le scénario entier: qui a planifié, qui a financé, qui a couvert les terroristes", avait déclaré sa veuve, Basma Khalfaoui, en février.

  • 13 mai 1958, campagne anti haïk en Algérie (Babzman)

     

    Le 13 mai 1958 débute une campagne d’occidentalisation (c’est le terme employé par les médias de cette époque) et visant la femme algérienne.

    Le pouvoir colonial aidé par la population européenne veut, par la contrainte et la force, obliger la femme algérienne à se débarrasser du haïk, voile traditionnel, symbole de l’identité et de l’histoire du pays, porté depuis des lustres par la gente féminine algérienne.

    S’en suit des actes de menaces, de renvoi des femmes musulmanes de leur travail ou des actes délibérés d’arrachage de voile sur la voie publique par la population européenne. Sous les cris de joie et du slogan «vive l’Algérie française» martelé à l’envie par les Européens. On assiste à des scènes de prosélytisme barbare où des femmes musulmanes sont exhibées sur des podiums improvisés pour les dévêtir de leur voile et le bruler ainsi sur la voie publique.

    Le haïk est bien plus qu’un symbole culturel bien encré dans la société algérienne, c’est également une arme efficace contre l’occupant. Pendant la guerre d’Algérie et notamment lors de la bataille d’Alger, cet accoutrement a permis aux femmes de transporter au péril de leur vie des armes et des bombes destinées aux combattants algériens afin de mener des actions armées contre les forces de l’occupant. Ce vêtement a donc été un moyen d’émancipation et de combat pour les femmes algériennes et qui leur a permit de s’engager pleinement dans le processus de libération du pays.

    Frantz Fanon, psychiatre en 1953 à l’hôpital psychiatrique de Joinville (Blida) est né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France en Martinique. Héros de la lutte antinazie en 1943 et figure de proue du combat contre le colonialisme et pleinement engagé pour l’indépendance de l’Algérie évoque dans son livre « Sociologie d’une révolution » le fait que le haïk de la femme algérienne était un des enjeux de la guerre libération.

    «Convertir la femme, la gagner aux valeurs étrangères, l’arracher à son statut, c’est à la fois conquérir un pouvoir réel sur l’homme et posséder les moyens pratiques, efficaces, de déstructurer la culture algérienne…Chaque voile qui tombe, chaque corps qui se libère de l’étreinte traditionnelle du haïk, chaque visage qui s’offre au regard hardi et impatient de l’occupant, exprime en négatif que l’Algérie commence à se renier et accepte le viol du colonisateur».

    Il est fort intéressant de faire un parallèle avec l’actualité brulante d’aujourd’hui et le débat prégnant qui secoue actuellement la société française. Le voile pose problème et interpelle le monde occidental. La campagne de mai 1958 en Algérie en est une illustration, elle a été menée par les mêmes qui gouvernent aujourd’hui la France. Le parti socialiste est hégémonique, colonialiste et le restera, même si la parure ou l’étiquette change.

    Le hijab, ou voile islamique, foulard musulman s’est donc imposé ces dernières années comme un symbole. Il se positionne en balise entre le dedans et le dehors, le montré et le caché, le visible et l’invisible… mais, porté par des jeunes françaises issues de l’immigration maghrébine, il devient un signifiant polysémique, qui donne à voir autant qu’il cache. Le voile met l’accent sur un conflit identitaire plus que religieux.

    Il semble pertinent de mettre en exergue le caractère relativement universel de la symbolique que l’on dénote à travers le port du voile. En effet, quelles que soient les obédiences et les traditions, on retrouve sous le voile l’idée de la Vérité, de la connaissance cachée ou révélée. Le dévoilement a une valeur initiatique et révélatrice et par conséquent ne relève pas du corps législatif ou décisionnaire.
    « Rien ne se trouve voilé qui ne doive être dévoilé» (Mathieu, 10-26)
    « Tu restais indifférent à cela. Et bien, Nous ôtons ton voile, ta vue est perçante aujourd’hui». (Coran, Sourate El kaf, verset 22)

    13 mai 2015
    Akim Koceir

    http://www.babzman.com/2015/13-mai-1958-campagne-anti-haik-en-algerie/

  • Disparitions forcées: les Benaziza toujours à la recherche de leur grand-mère (Algeria Watch)

    Nedjma Benaziza

    Le 2 juin 1996, des agents en uniforme kidnappent Daouia, 68 ans. On ne la reverra plus, comme les milliers de disparus en Algérie durant les années 1990. Sa famille a pu obtenir une intervention symbolique de l’ONU qui a réclamé l’ouverture d’une enquête. En vain. La Charte pour la paix est passée par là, mais le combat des familles se poursuit.

    Voilà dix-neuf longues années qu’il se bat lui et toute sa famille pour connaître la vérité sur la disparition de sa mère. Agé aujourd’hui de 65 ans, Abdelkader Benaziza est le fils aîné de Daouia, enlevée chez elle, de nuit, par un groupe d’agents de la sécurité de l’Etat en uniforme. C’était le 2 juin 1996, dans le quartier de Bab El Kantara à Constantine. Elle avait 68 ans au moment des faits. Les agents ont prétendu qu’elle serait libérée de sitôt, au bout d’un bref interrogatoire au commissariat.

    Elle ne reviendra jamais. Abdelkader, sociologue, militant de gauche et ancien cadre de l’Etat, ciblé par les groupes islamistes armés à cause de son engagement, fait partie, lui et les siens, de ces milliers de familles de disparus que la CNCPPDH, présidée par Me Farouk Ksentini, estime à 8000, alors que des ONG algériennes et internationales donnent des chiffres nettement plus élevés.

    Mépris

    Depuis cette funeste date de 1996, la famille Benaziza est maintenue dans l’ignorance absolue de ce qu’il est advenu de la grand-mère. Kaddour, ses frères, sa femme et ses filles n’ont eu de cesse d’alerter les autorités civiles et militaires, locales et nationales qui leur ont opposé silence, indifférence et mépris. Mais beaucoup de choses ont changé depuis l’époque de l’infamante expression «allégations de disparitions» de Rezzag Bara, le président du défunt ONDH et actuel conseiller à la Présidence.

    Car, après avoir agi de manière isolée, la famille a inscrit sa démarche dans un cadre collectif au sein d’associations regroupant les familles des disparus. Grâce à la détermination et la solidarité d’ONG et de militants de droits de l’homme, ils ont réussi à briser le mur du silence ; mieux, leurs luttes ont permis de dépasser les clivages imposés par le pouvoir «qui voulait dresser les victimes de la violence et de l’arbitraire les unes contre les autres», souligne Kaddour. Leur mobilisation a également contraint le pouvoir à admettre le phénomène des disparitions forcées en Algérie tout en continuant, explique-t-il, à jouer la carte de la confusion puisque selon ses représentants l’Etat serait «responsable mais pas coupable».

    Violation

    La Charte pour la paix et la réconciliation nationale qui, selon les victimes, a consacré l’impunité et imposé l’amnésie, a amené les familles de disparus à porter le combat au niveau international, et le cas de Daouia Benaziza a été traité par le comité des droits de l’homme de 2007 à 2010. En juillet 2010, l’instance onusienne a établi la responsabilité de l’Etat dans sa disparition, a considéré sa famille comme victime et a instruit les autorités judiciaires algériennes à diligenter une enquête afin de révéler la vérité sur son sort. Une constatation qui constitue une jurisprudence dans le cas algérien.

    Mais malgré ses engagements internationaux– l’Etat algérien ayant signé et ratifié le Pacte international relatif aux droits civiques et politiques–, aucune suite n’a été donnée à ce jour, et le cas de Daouia n’est pas isolé. Près d’une vingtaine d’autres dossiers ont été examinés par l’instance onusienne des droits de l’homme qui les a définis comme des cas de violation des droits fondamentaux de la personne humaine, ce qui constitue une condamnation de l’Etat algérien.
    Nouri Nesrouche El Watan, 5 juin 2015

    http://www.algeria-watch.org/fr/mrv/mrvdisp/benaziza_chechent_grand_mere.htm

  • La flottille ne recule pas: le Marianne passe par des ports espagnols et portugais (Agence Médias Palestine)

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    Le bateau suédois le Marianne a quitté le port espagnol de Bueu (en Galice), où a été commémoré l’attaque en 2011 du Mavi Marmara, lors de laquelle les forces armées israéliennes ont brutalement tué 10 passagers et blessé plus de 50.

    A bord du Marianne, le Canadien Kevin Neish, un militant et ingénieur. Le Marianne est passé également par le port de Lisbonne, et mettra le cap sur Gaza pour défier le blocus israélien de ce territoire palestinien. Pour un aperçu du passage du Marianne en Espagne, voir https://www.youtube.com/watch?v=KBKv-XQTanE

    La société civile portugaise a accueilli à bras ouverts le Marianne. Lors de son passage aux différents ports sur son trajet, le Marianne sera rejoint par d’autres bateaux. Des délégués canadiens et internationaux monteront à bord des bateaux de la flottille. Destination de ces bateaux: Gaza!

    Le bombardement de Gaza l’été dernier a fait plus de 2 000 morts et a détruit des milliers de domiciles. Pour les Palestiniens, la vie devient de plus en plus pénible. Mais dès que l’on parle d’une flottille, les enfants de Gaza se rendent à la plage pour être les premiers à crier : « Voilà la flottille! » Le but de la flottille, c’est précisément de les rejoindre.

    Merci de nous suivre et d’appuyer la FF3; merci aussi de visiter et de partager ce lien pour une Exhibition des produits palestiniens d’exportation qui durera jusqu’au 8 juin. Ces produits étaient destinés originalement à l’exportation à bord de l’Arche de Gaza (avant sa destruction au mois de juillet passé) et que les producteurs palestiniens espèrent maintenant exporter à bord des bateaux de la Flottille de la Liberté III. Vous pouvez aussi «visiter» et partager cet événement sur Facebook.

    Solidairement
    Le Bateau canadien pour GAZA

    Source: Bateau Canadien pour GAZA

    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2015/06/06/la-flottille-ne-recule-pas-le-marianne-passe-par-des-ports-espagnols-et-portugais/