Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Coalition internationale contre Daech : ajouter le chaos au chaos (Npa)

    Les 22 pays membres de la Coalition internationale contre Daech (l’État islamique) se sont réunis, pour la deuxième fois, le 2 juin à Paris. Une réunion restreinte des ministres des Affaires étrangères sous la houlette de Fabius, alors que les djihadistes ont conquis les villes de Palmyre en Syrie et de Ramadi en Irak. Rodomontades guerrières, mépris des peuples, impuissance et rivalités affichées...

    C’est un « combat de long terme », la « détermination de la France est totale », a affirmé Fabius. Des propos qui ne peuvent masquer ni l’impuissance ni les dissensions. Les 4 000 raids ­aériens effectués en dix mois par la coalition n’ont pas empêché la progression de Daech. Ils n’ont pas non plus convaincu les soldats de l’armée irakienne, dissoute par les USA en 2003 après la guerre et le renversement de Saddam Hussein, de combattre et de se sacrifier sous la direction et pour les intérêts de ceux qui ont mis leur pays à feu et à sang.
    Faisant semblant d’ignorer les responsabilités des grandes puissances, Fabius distribue ses conseils : la stratégie militaire serait « indissociable de la mise en œuvre de la politique de réconciliation en Irak ». Ceux qui ont détruit le pays et dressé les communautés les unes contre les autres, prônent maintenant la réconciliation !
    À la tête d’un État fantoche, le Premier ministre irakien Haider al-Abadi est bien incapable d’associer les dirigeants sunnites qui n’acceptent pas l’autorité de son gouvernement dominé par les classes dirigeantes chiites et soumis aux responsables du chaos du pays.

    Une stratégie aveugle
    Toujours plein de conseils pour dire comment faire pour sortir du chaos qu’ils ont eux-mêmes créés et qu’ils continuent d’aggraver, les dirigeants des grandes puissances demandent la reprise du processus de négociation en Syrie pour « une transition politique » sous l’égide des Nations unies. Seul problème, l’opposition à Assad est dominée par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaida, grâce aux mêmes grandes puissances !
    Et très présents à la conférence de Paris, la Turquie et l’Arabie saoudite continuent leur double jeu, poussés par leur ambition de puissances régionales et unis par leur rivalité avec l’Iran qui n’était pas invité. Là encore les ambiguïtés des grandes puissances jouent les uns contre les autres en accentuant les tensions entre ceux sur lesquels est censée s’appuyer leur politique. Les Kurdes, les seuls qui se soient réellement mobilisés contre Daech, n’étaient bien sûr pas de la partie...
    Barack Obama ne peut avoir d’autre stratégie que de jouer des ambitions des puissances de la région, se résignant à la progression de Daech tout en continuant les frappes aériennes... et les grandes déclarations contre le terrorisme comme celle qu’il a faite au G7.
    Toute la région est engagée dans une guerre à long terme dont les populations continueront d’être les premières et principales victimes. « La situation humanitaire en Irak est proche de la catastrophe ! », selon l’Unicef. Huit millions d’Irakiens ont besoin d’une aide humanitaire d’urgence, en particulier les trois millions qui ont dû fuir depuis le début de l’offensive de Daech. Mais pour les grandes puissances, l’essentiel est que le pétrole continue de couler...

    Yvan Lemaitre 

  • « Les Terrasses » de Merzak Allouache : chroniques d’une Algérie déglinguée (Orient 21)

     

    Évoquer avec justesse et une rare maîtrise la société algérienne d’après la « décennie noire », c’est le tour de force talentueux réalisé par Merzak Allouache dans Les Terrasses, son dernier film actuellement dans les salles en France.

    L’action se déroule dans des terrasses d’Alger au fil des cinq prières quotidiennes. Il n’y a pas d’intrigue unique mais plusieurs personnages qui se croisent, chacun engagé dans sa propre quête, ordinaire ou non, allant vers un destin parfois tragique. Ici, dans la Casbah, c’est une grand-mère qui n’en peut plus d’héberger sa fille folle et son petit-fils démoli par «  Madame Courage  », cette drogue, cocktail de psychotropes divers, qui fait des ravages dans la jeunesse. Là, sur les hauteurs, c’est une équipe de tournage qui, ignorant le danger, entre dans une villa inhabitée pour tourner des plans de la capitale. Pas loin, c’est un homme que l’on torture pour qu’il signe on ne sait quel document.

    Renouant avec l’inspiration de ses premiers films, notamment le toujours culte Omar Gatlato, — emblématique de la jeunesse algérienne du milieu des années 1970 —, Allouache montre une capitale dont les habitants ne s’aiment guère. C’est d’ailleurs ce que chante un groupe de musique qui répète sur l’un des toits du centre ville. Une capitale où les rapports humains sont empreints de tension, de défiance et de violence latente, où la moindre altercation peut mener à l’irréparable. Les Terrasses disent une vérité difficile à entendre. À Alger, et malgré la fin décrétée de la guerre civile qui a ensanglanté le pays de 1992 à 2002, la vie ne tient qu’à un fil : le frère tue le frère, le voisin souhaite la mort du voisin, les uns arnaquent les autres et le jeune se suicide parce qu’il n’en peut plus de ce qui l’entoure. De fait, la mort rode encore et elle n’est pas le fait du seul «  terrorisme résiduel  », expression consacrée pour désigner la persistance d’attentats et autres attaques menées par des groupes islamistes ayant refusé de déposer les armes.

    Effets à retardement de la «  sale guerre  »

    En ce sens, le film sonne comme une mise en garde qui fait froid dans le dos. Les prix du pétrole chutent — ce qui fait perdre au pays plusieurs dizaines de milliards de dollars et planer la menace d’une explosion sociale — et l’on n’en finit pas de s’interroger sur l’état de santé du président Abdelaziz Bouteflika et de la manière dont sera organisée sa succession. Le message du film est clair : il dit que les Algériens, jeunes ou pas, ont encore en eux les «  germes  » qui pourraient les pousser à s’entretuer de nouveau. En cela, cette fiction fait écho aux multiples cris d’alarme de médecins inquiets de voir que les effets de la «  sale guerre  », parmi lesquels l’existence de stress post-traumatiques, ne sont pas sérieusement pris en charge par les autorités.

    Mais il n’y a pas que le traitement clinique qui serait nécessaire. Affairisme, omniprésence du «  piston  », banditisme, désarroi, lâcheté des hommes face aux violences faites aux femmes et renoncement général sont les maux décrits par petites touches et par d’excellents dialogues en (vrai) arabe algérien où surnagent les délicieux emprunts faits encore et toujours à la langue française («  baba dispara  », mon père a disparu, dit ainsi l’un des personnages...). Et parmi ces maux, ceux-là même qui, d’une certaine façon ont déjà conduit l’Algérie au pire, Merzak Allouache met aussi en évidence la persistance du radicalisme religieux et du lavage de cerveau d’une partie de la jeunesse par des imams prompts à chanter les louanges du djihad. À cela s’ajoute une bigoterie mâtinée de superstitions diverses, un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur depuis les années 2000, et qui pousse par exemple une femme à consulter un charlatan, pseudo cheikh, pour régler ses problèmes de couple ou de santé.

    «  Alger la Blanche  » décatie

    Le film montre aussi la coexistence permanente du beau et du laid. D’un côté une baie splendide, une lumière méditerranéenne extraordinaire (ce n’est pas un mince exploit que de l’avoir restituée). De l’autre, une ville déglinguée, de plus en plus anarchique avec ses immeubles qui tombent en ruine, ses façades lépreuses, ses habitants déguenillés ou habillés sans goût, plongés dans une acculturation dont ils n’ont plus conscience, à l’image de leurs tee-shirts de marques occidentales contrefaites ou de ces antennes paraboliques omniprésentes. Le moche et le vulgaire semblent avoir pris possession d’une capitale dont la blancheur légendaire n’est, comme le dit un personnage, réhabilitée (du moins en partie) qu’à l’occasion de la visite d’un chef d’État étranger. Les Terrasses montre Alger qui souffre, abandonnée à son sort, à l’image d’une Casbah qui tombe en ruine et que, demain, certainement, des promoteurs immobiliers aujourd’hui en embuscade transformeront en un nouveau Dubai City avec ses tours de verre et d’acier et ses climatiseurs, symboles obligés de la modernité et de «  l’émergence  » économique. En regardant le film et ses plans sur la ville, on se dit que Merzak Allouache a aussi voulu figer les images d’une ville paradoxale dont le caractère décati forge aussi sa beauté et sa personnalité. Une sorte de dernier témoignage, livré au moment où un équilibre fragile précède la bascule vers un chaos définitif. Lequel, à l’image de ce qui se passe au Caire, obligera les maîtres du pays à ressortir des cartons les divers projets pour la construction d’une nouvelle capitale.

    La fête dans la tempête

    Faut-il pour autant désespérer d’Alger, de ses habitants et même de l’Algérie  ? Ce qui frappe dans Les Terrasses, c’est le refus du tragique grandiloquent, voire de la haine de soi dans laquelle excellent hélas quelques écrivains algériens de renom. Car la résistance est là. L’Algérois survit et se bat, bien qu’il procède lui-même de son propre accablement. Ainsi, les jeunes musiciens du film n’ignorent rien de leur environnement, ils s’y adaptent. Ils réfléchissent à la manière de pratiquer leur art et de résister à la marchandisation générale comme ces «  tentes du ramadan  », coûteux spectacles sponsorisés par de grandes entreprises privées ayant désormais pignon sur rue dans l’ex-économie du socialisme spécifique. Sur les terrasses délabrées, il y a aussi de nombreuses plantes vertes. Certes, les pots sont hideux et hétéroclites, les tiges malingres, mais elles poussent. Elles sont l’emblème d’une vie qui continue, symbolisée par un mariage fêté sur une terrasse par un petit concert, de chaabi, cette musique intrinsèquement algéroise à laquelle Allouache aime rendre hommage. La scène est d’ailleurs emblématique du film puisque le concert se déroule de nuit alors qu’il vente et que la pluie menace. La joie avant une nouvelle tempête  ?

    Akram Belkaid  12 juin 2015
     
     
    http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/les-terrasses-de-merzak-allouache-chroniques-d-une-algerie-deglinguee,0934
  • Bref rappel de l’affaire Si Salah (Le Matin.dz)

    Le colonel Si Salah voulait dialoguer avec De Gaulle pour la fin de la guerre.

    Le 10 juin 1960 a eu lieu une rencontre entre le conseil de la wilaya IV historique, conduit par son chef, le colonel Salah Zaamoum et le général de Gaulle. Le colonel Si Salah voulait dialoguer avec De Gaulle pour la fin de la guerre.

    Mise à part l’histoire officielle qui n’en fait nullement mention, cette affaire donne lieu à deux versions antinomiques. La première, de surcroît simpliste, fait état de la trahison pure et simple du conseil de la wilaya IV et l’autre, plus raisonnable, relate les faits en les rapprochant autant que faire se peut de la réalité.

    De toute évidence, bien que le discours du 16 septembre 1959 – où le général de Gaulle parle du droit du peuple algérien à l’autodétermination – ait un poids considérable dans le processus de la prise de décision, il n’en demeure pas moins que les raisons sont davantage endogènes à la révolution algérienne. En fait, la mésentente entre le conseil de la wilaya IV et l’organisation extérieure atteint son paroxysme vers janvier 1960.

    Lors du conseil de wilaya, Si Salah reproche amèrement au GPRA son mutisme aux appels de détresse qui lui sont lancés par les maquisards de l’intérieur. Dans un rapport rédigé par Boualem Seghir, les chefs de la W4 dressent un tableau noir de la situation. «Le peuple a trop souffert… Le peuple est en voie de nous abandonner», constatent-ils. Selon Gilbert Meynier, dans "Histoire intérieure du FLN", "ce fut à qui fulminerait le mieux contre le GPRA et les planqués de l’extérieur qui avaient abandonné les combattants à leur triste sort."

    Cependant, à l’époque des faits, la révolution vit au rythme d’une crise interne sans précédent. En effet, sous le règne des 3B (Belkacem Krim, Abdelhafid Boussouf et Abdellah Bentobbal), la révolution allait à vau-l’eau. Cela dit, bien que les organismes issus du CNRA (16 décembre 1959 – 18 janvier 1960), lui-même précédé de la réunion des dix colonels (11 août – 16 décembre 1959), soient un pur dosage entre les forces en présence, une décision capitale est tout de même prise : le retour des forces combattantes, stationnées aux frontières marocaine et tunisienne, à l’intérieur du pays. Ce qui correspond, de façon sous-jacente, aux desiderata des combattants intérieurs.

    Hélas, le CNRA commet une erreur irréversible en confiant le commandement militaire unifié à Houari Boumediene. Alors que les maquis de l’intérieur sont pris en étau, le chef de l’état-major général se projette dans l’après-guerre. Du coup, ne voyant rien venir, le conseil de la W4 revient à la charge, en mars 1960, en accusant les chefs extérieurs d’opportunistes. «Les vieux griefs contre Boumediene le voleur d’armes resurgirent à propos d’un contingent de 17000 armes promises à la 4 et qui auraient été accaparées par la 5 et l’armée des frontières du Maroc», écrit Gilbert Meynier.

    Ce sont, sans doute, ces divergences internes qui ont motivé les combattants de la wilaya IV de se rendre à l’Élysée en vue de rencontrer le général de Gaulle. "Nous ne voulons plus que notre million de martyrs serve de slogan publicitaire… en connaissance de cause et en qualité de responsables des combattants, il nous est plus permis de laisser mourir un seul Algérien en plus. Dans l’intérêt supérieur du peuple et de l’armée de libération, il est urgent de cesser le combat militaire pour entrer dans la bataille politique", écrivent les membres du conseil de la wilaya IV.

    Enfin, dans son ultime tentative d’infléchir la position du GPRA, Si Salah écrit une lettre, le 15 avril 1960, dans laquelle il se montre intransigeant. "Vous avez interrompu radicalement tout acheminement de compagnie et de matériel de guerre depuis 1958… Nous ne pouvons plus en aucune manière assister les bras croisés à l’anéantissement progressif de notre chère ALN", écrit-il.

    Concomitamment à ces remontrances, le conseil de la W4 noue des contacts avec des responsables français. Prenant les choses au sérieux, le général de Gaulle envoie deux émissaires : Bernard Tricot et le colonel Mathon. Après moult conciliabules, ces rencontres aboutissent à la rencontre du 10 juin 1960 à l’Élysée. Enfin, bien qu’ils jugent leur démarche responsable, les chefs de la wilaya IV demandent à ce que leur accord soit soumis au GPRA ou à l’approbation des chefs historiques emprisonnés.

    Pour conclure, il va de soi qu’une action séparée, dans un mouvement de libération nationale, est improductive. Cela dit, si jamais une telle action devait être condamnée, il faudrait condamner les causes qui l’ont produite aussi. Enfin, s’il y a un point sur lequel les membres du conseil de la W4 ne sont pas trompés, c’est la mise à nue du système militarisé se profilant à la fin de la guerre. Du coup, condamner de façon simpliste leur action revient à cautionner l’emprise du groupe de militaires sur la souveraineté nationale.

    Boubekeur Aït Benali

    Par Le Matin | 11/06/2015 09:23:00

    http://www.lematindz.net/news/17678-bref-rappel-de-laffaire-si-salah.html

  • Ban Ki-moon de l’ONU cède et retire Israël de la liste des graves agresseurs d’enfants (Agence Medias Palestine)

     

    http://static.guim.co.uk/sys-images/Politics/Pix/pictures/2012/1/23/1327340221291/Israeli-soldiers-guard-Pa-007.jpg

     

    Le Secrétaire Général de l’ONU Ban Ki-moon a cédé à la pression d’Israël et des Etats-Unis et a retiré l’armée israélienne de la liste officielle de ceux qui contreviennent gravement aux droits des enfants, dans le rapport de cette année sur les enfants dans les conflits armés.

    Ce faisant, Ban a rejeté une recommandation officielle de sa propre Déléguée Spéciale aux Enfants dans les Conflits Armés Leila Zerrougui et de nombreuses organisations des droits de l’Homme et de défenseurs des droits de l’enfant.

    Cette action de Ban est particulièrement insigne puisque le rapport révélait que le nombre d’enfants tués en 2014 en Cisjordanie occupée et dans la Bande de Gaza, 557, était le troisième en ordre d’importance après l’Irak et l’Afghanistan et avant la Syrie.

    109. Les autorités israélienne et palestinienne ont l’obligation de s’assurer que les violations des lois internationales humanitaires et sur les droits de l’Homme sont examinées de façon rapide, efficace, indépendante et impartiale, et que les responsables sont présentés à la justice.

    110. Israël a sans cesse prétendu que son opération militaire à Gaza répondait à des tirs de roquettes sur Israël et qu’elle avait été menée en plein accord avec ses obligations internationales. Cependant, je suis profondément inquiet face à l’étendue des graves violations subies par les enfants dues aux opérations militaires israéliennes de 2014. L’échelle sans précédent et inacceptable de l’impact sur les enfants en 2014 soulève de graves inquiétudes à propos de la soumission d’Israël aux lois humanitaires internationales, notamment en ce qui concerne les principes de distinction, de proportionnalité et de précaution dans les attaques, et le respect des lois internationales sur les droits de l’Homme, particulièrement en relation avec l’usage excessif de la force. C’est d’autant plus inquiétant que l’ »Opération Bordure Protectrice » était la troisième opération militaire israélienne majeure sur Gaza en six ans. L’impact cumulé de ces opérations militaires sur les enfants et sur la population civile en général, ainsi que l’occupation militaire continue de l’État de Palestine, est dévastateur. Comme l’établit ce rapport, le nombre d’enfants palestiniens tués (557) est le troisième par ordre d’importance en 2014 après le nombre d’enfants tués en (I) Afghanistan (710) et (II) Irak (679), et avant (IV) la Syrie (368) et (V) le Darfour (197). Le nombre d’écoles endommagées ou détruites dans l’État de Palestine (au moins 543) a été le plus élevé parmi tous les cas étudiés en 2014.

    111. J’exhorte Israël à prendre des dispositions concrètes et immédiates, y compris en révisant sa politique et ses habitudes actuelles, afin de prévenir la mort et la mutilation d’enfants et pour respecter les protections spéciales accordées aux écoles et aux hôpitaux. Une mesure essentielle à cet effet est de s’assurer de la responsabilisation des auteurs de ces violations présumées. J’exhorte par ailleurs Israël à engager un dialogue avec ma Déléguée Spéciale et avec les Nations Unies pour garantir qu’il n’y aura pas d’autres graves violations contre les enfants.

    #rapport UNSG CAAC : #les forces israéliennes ont tué 557 enfants en 2014 dans les TPO, chiffre le plus élevé en 2014 derrière l’Afghanistan et l’Irak.
    8 juin 2015

    La révélation comme quoi les forces armées d’Israël ont été retirées par Ban Ki-moon de l’annexe du rapport annuel est déplorable, a déclaré Brad Parker, procureur et avocat international à Défense des Enfants International-Palestine (DCI Palestine), à l’Electronic Intifada.

    « Le rapport annuel et son annexe sur les enfants, ou « liste de la honte », a été un outil efficace pour la prise en compte de la responsabilité fondée sur les faits et s’est avéré utile pour accroître la protection des enfants dans les situations de conflit armé. Il y a des preuves évidentes de graves et persistantes violations commises par les forces israéliennes depuis au moins 2006 qui auraient dû déclencher leur inscription dans la liste », a ajouté Parker

    « La décision du secrétaire général de placer la politique au-dessus de la justice et de la responsabilité envers les enfants palestiniens a fourni aux forces israéliennes un accord tacite pour continuer à commettre impunément ses graves violations contre les enfants », a dit Parker.

    La décision du plus haut fonctionnaire de l’ONU sera saluée avec soulagement par l’administration Obama, Israël et d’autres pour qui assurer une telle impunité à Israël importe.

    Pression d’Obama

    « Le projet du rapport 2015 préparé par la Déléguée spéciale du Secrétaire Général aux Enfants et aux conflits armés, Leila Zerrougui, recommandait d’ajouter Israël et le Hamas à la liste annexe des parties – la dite « liste de la honte » – étant donné leurs violations répétées contre les enfants », a dit Human Rights Watch dans un communiqué du 4 juin.

    Human Rights Watch a fait appel à Ban pour qu’il « liste tous les pays et groupes armés qui ont répétitivement commis ces violations et pour qu’il résiste aux pressions évoquées venant d’Israël et des Etats-Unis pour qu’il retire Israël du projet de liste ».

    Mais ces pressions se sont révélées irrésistibles pour Ban. Politique Etrangère a écrit la semaine dernière que l’administration Obama avait utilisé un effort concerté pour faire pression sur lui afin qu’il supprime Israël de la liste pour de cynique raisons politiques.

    D’après un fonctionnaire anonyme de l’ONU cité par Politique Etrangère, l’administration Obama s’est inquiétée au sujet de fausses accusations comme quoi « la Maison Blanche serait anti-israélienne », alors que les USA achèvent des négociations sensibles sur le nucléaire civil du programme énergétique de l’Iran.

    Faux équilibre

    Human Rights Watch a soutenu les appels vers Ban pour qu’il mette le Hamas aussi bien qu’Israël sur la liste, mais il semble que ç’ait été une manœuvre pour paraître « équilibré » et éviter les accusations sans fondement de penchants anti-israéliens fréquemment dirigées contre l’organisation.

    Des sources très au fait du rapport final ont dit à l’Electronic Intifada que le Hamas n’est pas non plus sur la liste.

    Mais les violations attribuées aux groupes armés palestiniens, dont la mort d’un enfant israélien l’été dernier suite à un tir de roquette depuis Gaza, peuvent difficilement être comparées avec les meurtres de masse systématiques perpétrés impunément contre les enfants palestiniens dans la Bande Gaza et en Cisjordanie par les forces d’occupation israéliennes.

    Le Hamas et d’autres groupes palestiniens de résistance armée subissant déjà des sanctions internationales et un embargo sur les armes et étant déjà cataloguées par divers pays comme « organisations terroristes », ajouter le Hamas à la liste n’aurait pas signifié grand-chose.

    C’est Israël dont les violations se poursuivent, non seulement impunément mais avec l’aide des gouvernements les plus importants d’Europe et d’Amérique du Nord, qui en est la cause.

    DCI-Palestine a fourni des informations sur le meurtre d’au moins 547 enfants palestiniens pendant l’agression israélienne sur Gaza l’été dernier.

    Human Rights Watch cite comme faisant partie du dossier israélien le « meurtre illégal d’enfants » en Cisjordanie, dont nadimNuwara et Muhammad Abu al-Thahir, tous deux âgés de 17 ans, abattus par des snipers le 15 mai 2014.

    En avril, une commission d’enquête constituée par Ban a découvert qu’Israël avait tué et blessé des centaines de Palestiniens l’été dernier lors de sept attaques sur les écoles régies par les Nations Unies dans la Bande de Gaza.

    Sabotage

    En mars, il y a eu un tollé parmi les Palestiniens et les défenseurs internationaux des droits de l’Homme lorsqu’on découvrit que des fonctionnaires de l’ONU se révélaient vouloir essayer de saboter, après menaces d’Israël, le processus fondé sur les preuves qui débouche sur une recommandation de mise sur la liste.

    Les organisations palestiniennes ont demandé aux fonctionnaires de niveau intermédiaire de l’ONU accusés d’interférer dans le processus de démissionner.

    Ceci fit que la Déléguée Spéciale Zerrougui assura que le processus décisionnel était encore en cours et qu’en réalité, après avoir collecté toutes les preuves, Zerrougui recommandait en fait qu’Israël figure sur la liste.

    Cette recommandation arrive après que les services de l’ONU, en collaboration avec des organisations des droits de l’Homme, ait récolté des preuves selon les critères spécifiques mentionnés dans la Résolution 1612 dun Conseil de Sécurité de l’ONU.

    Mais, en dépit du processus apolitique long de plusieurs mois fondé sur les preuves, la décision finale était toujours entre les mains de Ban.

    Partenaire des crimes d’Israël

    L’enjeu était important pour Israël, et en fait pour Ban, s’il s’était rendu à l’évidence au lieu de se soumettre à la pression politique.

    « L’introduction d’une partie dans les éléments dclencheurs de la liste du secrétaire général a renforcé la réponse de l’ONU et les possibles sanctions du Conseil de Sécurité, telles que l’embargo sur les armes, les interdictions de voyager et le gel des avoirs », note Human Rights Watch.

    « Pour retirer un pays ou un groupe armé de la liste, l’ONU doit vérifier que la partie a cessé ses agressions après avoir mis en place un plan d’action négocié avec l’ONU. »

    Ban a une longue histoire dans l’utilisation de son poste pour s’assurer qu’Israël échappe à ses responsabilités, sauf à l’occasion de très gentilles réprimandes verbales presque toujours « compensées » par des critiques contre ceux qui vivent sous occupation israélienne.

    Au plus fort de l’agression israélienne de l’été dernier sur Gaza, 129 organisations et des individus distingués ont écrit au secrétaire général le condamnant pour « vos déclarations biaisées, votre défaut d’action et la justification impropre des violations par Israël des lois humanitaires internationales qui s’apparentent à des crimes de guerre. »

    Le rapport de Ban, disent-ils, fait de lui un « partenaire » des crimes d’Israël. Sa dernière lâche décision ne fera que cimenter cette réputation bien méritée.

    Alors qu’Israël va célébrer cette victoire dans le court terme, dans le long terme cela va vraisemblablement discréditer encore plus l’ONU en tant que mécanisme de responsabilisation et convaincre plus de gens du besoin d’une pression populaire directe sur Israël sous la forme de boycott, désinvestissement et sanctions.

    Par Ali Abunimah, le 8 juin 2015

    Source : Electronic Intifada

    Traduction : J.Ch. pour l’Agence Média Palestine

    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2015/06/11/ban-ki-moon-de-lonu-cede-et-retire-israel-de-la-liste-des-graves-agresseurs-denfants/

  • Nouveautés sur Europe Solidaire Sans frontières