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C’est d’une rencontre hasardeuse en 2009 entre Anna Roussillon et Farraj, paysan de la vallée du Nil, près de Louxor, qu’est née chez la réalisatrice –- qui a grandi en Égypte et en parle la langue —, l’idée d’un documentaire sur la vie dans son petit village de Haute-Égypte. Puis, en janvier 2011, survient la révolution, qui impose un remaniement du scénario. Dès lors, c’est la perception des événements par Farraj et son entourage qui deviendra l’ossature du film, à travers le quotidien des habitants du village.
Dans Je suis le peuple, si les lieux de la révolution ne constituent pas la scène de l’action, cette dernière n’en demeure pas moins l’arrière-plan omniprésent dans le monde où évolue Farraj. Dans sa maison, Anna filme Marwa et sa mère, Harrajaya, alors qu’elles sont en train de préparer le pain autour d’un four traditionnel. « Que ceux qui veulent se faire cramer viennent dans notre four ! », dit la fille à sa mère. Car l’immolation par le feu devant le Parlement fait des adeptes en ce début de l’année 20111. L’onde de choc créée par l’immolation de Mohamed Bouazizi en Tunisie est arrivée en Égypte. La scène est filmée à ce moment-là. Anna est alors en Égypte, d’où elle partira le 27 janvier 2011 pour Paris.
Soudain, la place Tahrir
Le film comporte plusieurs séquences à des moments différents. D’abord, la période pré-révolutionnaire. On assiste à des discussions anodines sur les difficultés liées à l’irrigation de la terre, on suit une balade en calèche avec Farraj. Cette première séquence ne présage en rien la révolution qui va suivre et les débats qu’elle suscitera deviendront l’objet principal du film. Les autres séquences ont été filmées successivement à l’été 2011, puis au printemps 2012, à l’hiver 2012 et enfin à l’été 2013. Chacune d’entre elles est liée à des événements politiques, révolutionnaires ou électoraux, qui ont à chaque fois suscité de vifs débats dans la société égyptienne.
La révolution fait irruption dans le film à la onzième minute. Soudain, des images sont retransmises, diffusées à l’écran depuis la place Tahrir au Caire, probablement celles de la fameuse « bataille des chameaux » du 2 février 20112. On entend Anna Roussillon fredonner en tentant de capter une communication par Skype, « Putain, je suis partie la veille de la révolution, mais je rêve, je ne sais pas comment je vais m’en remettre ». Et à l’autre bout, la voix de Farraj, sceptique et moqueur, déconseillant presque à Anna — qui veut voir et vivre la révolution — de venir en Égypte et lui suggérant de la regarder plutôt comme lui, à la télévision. À son retour, en Égypte, au mois de mars 2011, Anna ne vivra pas la révolution au Caire depuis la place Tahrir. Elle retournera dans le village de Farraj, car sa décision est prise : elle filmera de là-bas les événements au prisme de la lecture qu’en font les villageois.
C’est donc avec Farraj que le spectateur est amené à percevoir ce qui se passe en Égypte au cours de cet événement révolutionnaire et de ses évolutions au cours des deux années qui précèdent au fameux discours de « mandat » du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi de l’été 20133 sur lequel le film se termine. Farraj se place en commentateur des événements, et Anna Roussillon nous fait suivre comment cette révolution lointaine, vue du village d’Al-Jezira d’où il est originaire, s’invite dans le quotidien des habitants et devient même leur sujet de discussion quotidien. Les avis diffèrent, entre l’entourage de Farraj, sa femme et sa fille, sa voisine Bataa, ses collaborateurs et amis ; mais ils s’expriment dans une ambiance de complicité mélangeant le sérieux et la rigolade.
« Le peuple qui veut »...
Ce premier documentaire long métrage d’Anna Roussillon reprend le nom de la chanson d’Oum Kalthoum diffusée en boucle sur la chaîne Al-Jazira pendant les premières journées révolutionnaires. Il met l’accent sur « le peuple qui veut », cet acteur-clé né de la révolution dont Farraj fait partie. Avec lui, le film nous montre le contraste inhérent entre une révolution faite au nom d’un peuple, de sa liberté, de sa dignité, de la justice sociale, et la vie de ce paysan qui n’a à aucun moment fait partie des débats houleux qui ont entouré l’événement révolutionnaire, tant la lutte pour le partage du pouvoir a eu tendance à marginaliser toute discussion d’ordre social.
Avec Farraj et les habitants du village, nous partageons pour un temps le quotidien des Égyptiens obligés de recourir à la débrouille et à l’informel pour pouvoir arrondir des fins de mois souvent difficiles, leurs difficultés pour faire démarrer la pompe à eau qui permet d’irriguer leurs terres, les négociations houleuses des femmes pour s’octroyer une bouteille de gaz très souvent en crise de livraison…
La révolution se passe en ville, pas au village. À Louxor, dans les premiers moments révolutionnaires, une seule manifestation a eu lieu en soutien à Hosni Moubarak. Mais elle s’impose dans les discussions politiques au village. Elle est omniprésente par la télévision et grâce aux chaînes satellitaires qui diffusent en direct tous les événements depuis la place Tahrir. On voit l’évolution du débat politique avec Farraj, influencé en quelque sorte par l’arrivée de la parabole qu’il s’offre pendant l’été 2011 pour pouvoir justement capter les images et les sons du Caire. Ce sont d’ailleurs ces images incessantes d’affrontements et de violence exercée par les forces de maintien de l’ordre sous la direction du Conseil suprême des forces armées (connu sous l’acronyme SCAF pour Supreme Council of the Armed Forces) et la présidence de Mohamed Morsi. Mais à travers cet écran, on voit aussi Farraj interagir avec les événements institutionnels et débattre autour de la Constitution, autour des élections4.
Deux trajectoires qui se croisent
Ce documentaire est construit sur deux cheminements qui se croisent : celui de la réalisatrice Anna Roussillon et celui de Farraj, qui regardent tous deux la révolution avec le même média d’information, à savoir la télévision. De la part de la réalisatrice qui a grandi en Égypte, c’est sans doute un engagement, une façon de participer aux événements : présenter la révolution et le récit qu’en fait Farraj devient une forme de sa propre implication. La trajectoire de Farraj est l’initiation à la politique d’une personne au départ sceptique face aux événements, quelqu’un qui éprouve de plus en plus d’intérêt pour la chose publique, sans qu’à aucun moment un quelconque agent institutionnel ne l’interpelle ou ne l’y invite.
Le film se finit sur un moment crucial, celui où l’Égypte se scinde suite aux événements du 30 juin, avec le début du discours du maréchal Abdel Fattah Al-Sissi qui demande au peuple de descendre dans la rue pour lui donner un mandat ’’pour lutter contre la violence et le terrorisme des Frères musulmans5’’. Nous n’entendrons pas la fin du discours puisqu’une double fin s’installe, celle de la coupure d’électricité qui fait taire la parole du général, et celle du film qui s’arrête dans le noir de la chambre de Farraj.
Cette fin forte du film scelle une ère d’effervescence et — encore — d’optimisme révolutionnaires, mais nous laisse justement sur notre faim : comment Farraj, son entourage et son village ont-ils réagi ? Il nous reste à imaginer les discussions auxquelles on aurait pu assister…
1Inspirés par Mohamed Bouazizi en Tunisie, des cas similaires d’immolations par le feu de citoyens égyptiens commencent à se produire dès le 17 janvier 2011 devant le Parlement.
2Le 2 février 2011, les manifestants anti-Moubarak occupant la place Tahrir sont l’objet d’une attaque d’abord par des hommes de main, à dos de chameaux et de chevaux, d’où la célèbre appellation de cette journée de la « bataille des chameaux », mais celle-ci en réalité dure 16 heures, avec une inertie et une inaction totales des militaires. Elle représente ainsi l’une des journées marquantes des 18 jours qui mènent vers la destitution de Hosni Moubarak.
3Le 21 juillet 2013, Abdel Fattah Al-Sissi, encore ministre de la défense, appelle les citoyens égyptiens à manifester pour lui procurer un mandat afin de mener un combat contre la violence et en prévention du terrorisme. Il est à noter que ce mandat renvoie à une volonté de légitimation de la répression des sit-in organisés par les Frères musulmans contre la destitution de Mohamed Morsi et qui se soldent le 14 août par le meurtre de plusieurs centaines de personnes sur la place Rabaa al-Adawiya.
4Dans le film, Farraj débat de plusieurs moments : l’élection présidentielle de l’été 2012 qui amène Mohamed Morsi au pouvoir ; le coup de force constitutionnel entre Morsi et l’opposition en décembre 2013.
Des témoignages d’habitants de villages syriens assiégés, recueillis récemment par Amnesty International et décrivant leur grande difficulté à se procurer de la nourriture durant les mois d’hiver, illustrent le besoin crucial de favoriser l’accès des organisations humanitaire à l’ensemble des citoyens ayant besoin d’assistance, et de lever le siège dans les zones civiles du pays.
L’organisation a parlé à des personnes résidant dans la ville assiégée de Medaya, dans le gouvernorat de Damas, et a rassemblé de nouveaux témoignages faisant état des conditions à al Fouaa et Kefraya, dans le gouvernorat d’Idlib. Ces résidents, qui connaissent actuellement la faim, ont expliqué que des familles survivent avec guère plus que des feuilles d'arbre et de l’eau bouillie. Selon un accord conclu jeudi 7 janvier engageant le gouvernement syrien, les villages sont censés bénéficier de nouveau d’une assistance humanitaire.
« Les témoignages de ces personnes qui souffrent de la faim ne sont que la partie émergée de l’iceberg. Des Syriens souffrent et meurent à travers le pays parce que la famine est utilisée comme une arme de guerre tant par le gouvernement que par les groupes armés syriens. En continuant à imposer des sièges dans des zones civiles et en n’autorisant l’acheminement de l’aide que sporadiquement, selon leur bon vouloir, ils perpétuent la crise humanitaire et jouent avec la vie de centaines de milliers de personnes », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.
« Le fait d'affamer délibérément des civils dans le cadre d’un conflit est un crime de guerre. Toutes les parties assiégeant des zones civiles - le gouvernement et des groupes armés non étatiques - doivent cesser d’entraver l’acheminement de produits de première nécessité, et permettre le libre passage de l’aide humanitaire. »
Les Nations unies estiment que quelque 400 000 personnes réparties entre 15 zones assiégées à travers le pays survivent actuellement sans avoir accès à des denrées essentielles.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté deux résolutions appelant l’ensemble des parties au conflit à lever le siège partout et à laisser passer l’aide humanitaire sans restriction. Pour l'instant, les parties ne respectent pas ces résolutions, qui visent à alléger les souffrances des civils en Syrie.
Témoignages:
Madaya et Boukein
Madaya et Boukein, deux villes voisines situées à l’ouest de Damas, sont assiégées depuis juillet 2015 par les forces gouvernementales syriennes. Quelque 40 000 personnes seraient prises au piège dans les deux villages, et n’ont plus ni eau ni électricité.
Les denrées humanitaires parvenues sur place pour la dernière fois en octobre 2015 sont épuisées. Un cessez-le-feu, conclu en septembre 2015, était censé garantir l’accès libre à une aide humanitaire et l’évacuation de civils blessés, mais cela n’a pas été le cas.
Les familles ne disposent pas de produits alimentaires de base. Certaines denrées parviennent à se frayer un chemin malgré le siège mais leur prix est exorbitant. Des familles se sont mises à chercher de quoi se nourrir dans les bois alentours, où elles risquent d’être abattues par des tireurs embusqués ou de marcher sur des mines.
Mohammad, résident de Madaya
Propos recueillis le 7 janvier 2016
Chaque jour, je me réveille et je me mets à chercher de la nourriture. J’ai perdu beaucoup de poids, j’ai vraiment la peau sur les os. Chaque jour, j’ai peur de perdre connaissance et de ne jamais me réveiller [...] J’ai une femme et trois enfants. Nous mangeons une fois tous les deux jours afin de ne pas épuiser ce que nous arrivons à acheter. Les autres jours, nous consommons de l’eau et du sel, et parfois des feuilles d’arbre. Il arrive que des organisations distribuent de la nourriture qu’elles ont achetée à des fournisseurs, mais elles ne peuvent pas répondre aux besoins de tous.
À Madaya, les habitants sont des squelettes ambulants. Les enfants pleurent tout le temps. Beaucoup de gens souffrent de maladies chroniques. Certains m’ont dit qu’ils vont aux postes de contrôle tous les jours, et demandent à partir, mais les forces gouvernementales ne les autorisent pas à quitter les lieux. Nous n’avons qu’un hôpital de campagne, qui tient dans une pièce, mais ils n’ont pas d’équipements ni de fournitures médicales.
Um Sultan, résidente de Madaya
Propos recueillis le 7 janvier 2016
Le siège est de plus en plus difficile à vivre à mesure que les quantités de nourriture s’amenuisent. Chaque jour, j’entends que quelqu’un est malade et n'arrive plus à quitter le lit. Mon époux fait désormais partie de ces personnes. Il n'a plus la force de sortir du lit et lorsqu’il le fait, il s’évanouit. Je ne le reconnais plus, il n’a plus que la peau sur les os. J’ai demandé de l’aide pour la nourriture, mais personne ne peut nous soutenir, nous sommes tous dans la même situation. Les femmes protestent tout le temps. Nous allons aux postes de contrôle et supplions les forces syriennes de sécurité de nous laisser partir ou au moins d’autoriser la livraison de nourriture. Ils nous ont dit qu’« il y a un siège à Madaya parce qu’il y a un siège à Kefraya et al Fouaa. » J’ai trois enfants et je n’ai pas les moyens de leur acheter à manger. Un kilo de riz ou de sucre coûte environ 100 000 livres syriennes [soit à peu près 485 euros]. Qui peut s’offrir ça ?
Louay, résident de Madaya
Propos recueillis le 7 janvier 2016
Mon dernier repas complet remonte à au moins un mois et demi. Maintenant je consomme essentiellement de l’eau et des feuilles. L’hiver est là et les arbres n’ont plus de feuilles, alors je ne vois pas comment nous allons survivre. Si vous avez de l’argent, vous pouvez acheter de la nourriture. Mais les gens commencent également à être à court d’argent parce que se nourrir coûte très cher. Je suis sans le sou depuis quelques semaines alors maintenant je dépends de l’aide humanitaire, qui ne satisfait pas les besoins de tous.
Al Fouaa et Kefraya
Les villages d’al Fouaa et Kefraya, au nord-est de la ville d’Idlib, sont complètement encerclés par Jaysh al Fateh, un groupe armé non étatique, depuis mars 2015. Quelque 30 000 personnes vivraient sur place. Ces villages ont été lourdement bombardés. Ils sont privés d’électricité, d’eau et de nourriture. Un cessez-le-feu conclu en septembre 2015 n’est pas pleinement respecté.
Mazen, résident d’al Fouaa
Propos recueillis le 7 janvier 2016
Les deux villages n’ont plus d’électricité, et il n’y a plus d’eau depuis mars 2015. Nous disposons de quantités limitées de nourriture, et nous n’avons ni légumes ni farine, alors il n’y a pas de pain. Nous n’avons pas de sucre ni de riz. Certaines personnes survivent grâce à la nourriture qu’elles ont conservée en cas d’urgence, ou à des produits pouvant être préparés sans eau, ou parfois à des denrées larguées par des avions du gouvernement syrien.
Il y a trois mois, Jaysh al Fateh a exécuté deux hommes parce qu’ils avaient été surpris en train de faire passer clandestinement de la nourriture dans le village. Leurs mosquées des villages alentours ont annoncé l’exécution, et ont fait savoir que le même sort serait réservé à quiconque essaierait d’introduire ne serait-ce qu’un pain.
Les groupes armés ont bombardé le principal réservoir d’eau il y quelques mois alors nous n’avons plus d’eau. Les Nations unies ne nous fournissent aucun carburant, alors nous utilisons du bois pour nous réchauffer.
Fadi, résident d’al Fouaa
Propos recueillis le 7 janvier 2016
Il y a seulement deux semaines, les groupes armés ont permis au Croissant-Rouge d’évacuer 336 civils et personnes blessées. L’évacuation aurait dû avoir lieu il y a des mois dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu. Nous n’avons pas de nourriture. En ce qui me concerne, il ne me reste rien à manger. J’ai épuisé toutes les réserves alimentaires que nous avions, ma famille et moi.
Maintenant nous attendons que l’aide humanitaire arrive, mais elle ne suffira pas. Recevoir de l’aide tous les quelques mois, ce n’est pas possible. Les gens ne peuvent pas survivre. Ce sont ceux qui ont des maladies chroniques qui souffrent le plus. Ils ne peuvent pas se procurer de médicaments et beaucoup d’entre eux ne figuraient pas sur la liste des personnes à évacuer.
Les tensions politiques entre la République Islamique d’Iran (RII) et l’Arabie Saoudite à la suite de l’exécution le 2 janvier par l’Arabie Saoudite de l’opposant Cheikh Nimr,[i] un des leaders des manifestations populaires contre le royaume saoudien débutées en 2011 dans les régions orientales du pays en majorité chiite, et 46 autres personnes, dont 43 djihadistes affiliés au groupe Al-Qaida, et qui a entrainé des manifestations en Iran où l’ambassade saoudienne à Téhéran et son consulat à Machhad ont été prise d’assaut et brûlées et dans plusieurs autres pays de la région également, particulièrement au Bahreïn et en Irak, n’ont cessé d’augmenter depuis lors.
L’Arabie Saoudite à coupé ses relations diplomatiques avec l’Iran, et cette décision a été suivie par Bahreïn, le Soudan et Djibouti. Les Émirats arabes unis ont, eux, décidé de réduire leurs relations diplomatiques avec Téhéran, et le Koweït, tout comme le Qatar, ont rappelé leur ambassadeur en Iran. La Jordanie a de son côté convoqué l’ambassadeur iranien à Amman.
Quelques jours après, le 7 janvier, les dirigeants de la RII ont accusé l’aviation saoudienne d’avoir bombardé son ambassade au Yémen et a interdit l’entrée de tous les produits saoudiens en réaction.
Les tensions confessionnelles entre sunnites et chiites, de la Syrie au Yémen en passant par l’Irak et le Liban, vont encore être aggravés par ces évènements. Il faut savoir que ces deux états n’ont cessé d’utiliser l’arme du confessionnalisme pour faire avancer leurs intérêts politiques.
Rivalités politiques
Depuis la chute du Shah et l’instauration de la RII en 1979 sous l’égide de Khomeini, les relations entre Téhéran et Riyadh ont été sources de tensions dans la région et montée du confessionnalisme. Elles avaient rompu leurs relations de 1987 à 1991, après de sanglants affrontements entre pèlerins iraniens et forces saoudiennes lors du hajj à La Mecque en en Juillet 1987, lorsque 402 pèlerins, dont 275 iraniens, sont morts lors d’affrontements dans la ville sainte musulmane de la Mecque.
En réponse, des manifestants à Téhéran ont occupé l’ambassade d’Arabie Saoudite et dont mis le feu à l’ambassade du Koweït. Un diplomate saoudien, Mou Saad al-Ghamdi, est d’ailleurs décédé à Téhéran des blessures subies quand il est tombé d’une fenêtre de l’ambassade et Riyad a accusé les dirigeants iraniens d’avoir retarder son transfert à un hôpital en Arabie Saoudite. Après une petite période d’accalmie au début des années 2000 avec l’élection de Mohammad Khatami au poste de président en 2001, les rivalités reprendront de plus belle à la suite de l’invasion des Etats Unis et de la Grande Bretagne de l’Irak qui tombera progressivement dans les mains des forces islamiques fondamentalistes chiites alliés à la RII. Les tensions politiques entre les deux pays n’ont cessé de rendre la situation dans la région de plus en plus volatile et fragile.
Au début des années 1980, l’établissement de la RII et de la volonté du leadership du nouveau régime à Téhéran d’exporter le modèle de « révolution islamique » dans la région, en finançant certains groupes confessionnelles chiites, ont provoqué une réaction de l’Arabie Saoudite et des monarchies du Golfe, qui étaient la cible de la propagande de Téhéran. La RII, les groupes alliés avec ce dernier et les populations chiites de la région en général, vont dès lors devenir progressivement l’ennemi principal et la cible de l’Arabie Saoudite et des monarchies du Golfe, à la place des forces nationalistes et progressistes qui ont été la cible des ces dernières les décennies auparavant en promouvant les mouvements islamiques fondamentalistes. Le régime monarchique du Bahrain avait par exemple soutenu les forces islamiques fondamentalistes chiites (le partie Al-Dawa et les membres du mouvement Shirazistes), aujourd’hui réprimées et accusées d’être des simples instruments de la RII, contre les forces nationalistes arabes et de gauche dans les années 1950 à fin des années 1970.
La famille régnante des Saoud voit jusqu’à aujourd’hui l’expansion de l’influence politique de la RII au Moyen-Orient comme une menace à leur sécurité et à leur ambition de jouer un rôle de leader parmi les Etats arabes. De plus la nouvelle jeune génération au pouvoir au sein royaume saoudien, illustrée par le prince héritier et ministre de l’intérieur Mohammed Ben Nayef et le vice-prince héritier et ministre de la défense Mohammed Ben Salman, n’hésite pas à s’émanciper de la tutelle stratégique américaine et démontrer que son pays prend l’initiative face aux craintes d’expansion de l’influence de la RII.
Dans le royaume saoudien, les discriminations sociales et politiques contre les minorités chiites, qui faisaient déjà l’objet d’un discours salafistes et wahabiste haineux, ont été renforcées et elles ont été la cible d’une propagande politique les stigmatisant comme autant d’éléments d’une « 5 ème colonne iranienne ». Cela n’a pas changé jusqu’à aujourd’hui, d’ailleurs, une enquête sur les attaques contre les rassemblements religieux chiites dans le village d’Al-Dalwa en 2015 située dans la province orientale du royaume a révélé que sur les 77 suspects, 44 étaient des bénéficiaires du programme de réhabilitation « Munasaha » et de “déradicalisation” mis en place en 2004, destiné aux anciens djihadistes. Une autre attaque contre une mosquée ismaélienne à Najran le 26 Octobre a été revendiqué par un membre de l’Etat islamique en Arabie Saoudite, qui avait également suivi ce programme et avait été libéré quelques mois auparavant.[ii] Cela n’est guère surprenant lorsque l’on sait que le discours officiel du royaume wahabite est rempli de discours de haine et de théories du complot contre les chiites (voir plus bas).
De plus, cette situation est aggravée par l’utilisation politique des divisions sunnites-chiites afin de promouvoir les politiques du royaume saoudien au Bahreïn, en Syrie et au Yémen. Au Yémen, l’intervention militaire saoudienne depuis mars 2015 contre les forces Houtis, soutenus par la RII,[iii] et de l’ancien dictateur Abdallah Saleh, a provoqué la mort de plus de 5.800 morts, dont 2.800 civils et plus de 27.900 personnes ont été blessées, tandis que plus 2,5 millions de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays.[iv]
Des religieux saoudiens, le 3 Octobre 2015, ont aussi publié un communiqué en réponse à l’intervention militaire russe en Syrie appelant les vrais croyants à lutter contre le gouvernement “safavide” de la Syrie et ses alliés, décrivant le conflit en Syrie comme une reconstitution des croisades, avec les « hérétiques chiites » joignant leurs forces avec les croisés russes.[v]
Il faut savoir que la RII discrimine aussi, politiquement et socialement, ses populations arabes de confession sunnite, et que Téhéran a interdit toute construction de mosquée sunnite dans la capitale. Pour rappel, en 2011, les politiciens sunnites et les résidents de la capitale Téhéran ont été contraints par les services de sécurités de la RII à se joindre à aux jours officiels de prière afin de démontrer leur loyauté au guide suprême iranien l’ayatollah Khamenei.
Par ailleurs, ces deux pays ont chacun soutenu des groupes extrémistes chiites et sunnites en Irak menant à une guerre civile entre 2006 et 2008, qui a également alimenté les tensions confessionnelles dans toute la région. L’invasion de l’Irak par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, en 2003, a vu, après la chute du dictateur Saddam Hussein, le pays tomber dans l’orbite pro-iranienne par l’arrivée au pouvoir de groupes fondamentalistes islamiques chiites proches de la RII. Ces derniers ont été coupables de politique de discriminations politiques et socio économiques contre les populations sunnites d’Irak, sans oublier les nombreuses exactions et crimes confessionnels commis par ces groupes.
Face aux soulèvements populaires qui ont secoué la région depuis l’hiver 2010-2011, ces mêmes acteurs ont encore fait usage du confessionnalisme pour justifier des interventions dans la région, soutenir des dictatures, ou bien discréditer des mouvements populaires en les présentant comme des complots soutenus par une puissance étrangère. En Syrie, chaque camp a également soutenu des forces confessionnelles et réactionnaires, toute en en promouvant un discours confessionnel. L’Iran et le Hezbollah libanais, qui est lié idéologiquement par le Willayat al Faqih et politiquement et financièrement à la RII, ont de leurs côté pas hésité aussi à parfois justifier leur intervention militaire en Syrie aux côtés du régime syrien d’Assad par un discours confessionnel. En même temps, l’Arabie Saoudite avec d’autres monarchies du golfe ont soutenu financièrement principalement des forces islamiques fondamentalistes en Syrie, tout en promouvant un discours confessionnel sur leurs chaines satellitaires, pour transformer cette révolution populaire ayant pour objectif la liberté et l’égalité en guerre civile confessionnelle.
L’arme du confessionnalisme est d’autant plus utilisé par ces deux pays pour détourner les populations locales des problèmes économiques et sociaux locaux toujours plus importants. Confrontée à la chute des cours du pétrole, l’Arabie saoudite a adopté au début de l’année son budget 2016 avec un déficit prévu de près de 80 milliards d’euros et des mesures d’austérité incluant des augmentations de plus de 50% du prix de l’essence. Ryad entend par ailleurs augmenter les taxes sur les services, imposer de nouvelles taxes et finaliser les « dispositions nécessaires pour l’introduction d’une TVA », en coordination avec les autres monarchies du CCG. Ces mesures vont certainement appauvrir encore davantage les 25% de la population saoudienne vivant déjà sous le seuil de pauvreté.[vi] En 2011, trois blogueurs saoudiens ont été emprisonnés pendant deux semaines après avoir fait un film décrivant la pauvreté en Arabie Saoudite.
En Iran, l’inflation se situe aux alentours de 20% (selon les chiffres officiels) et la carence de produits de première nécessité tels que les médicaments, continuent, tandis que le taux de chômage est de l’ordre de 25 % et 40 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté (A). Les politiques néolibérales des précédents gouvernements, y compris et surtout celles du populiste Ahmadinéjad, ont continué.
Eshaq Jahangiri, vice-président du régime d’Hassan Rohani, a d’ailleurs déclaré au début de l’année 2016 : « le régime est pris dans une situation politique et économique particulière qui demande des actions importantes. Nous devons répondre à des enjeux importants, dont le chômage, qui est proéminent » et il a ajouté que « l’Iran compte une large population de jeunes. Si nous ne sommes pas capables de résoudre ces problèmes, cette opportunité se transformera en menace ».
De même ces deux pays répriment sévèrement les travailleurs-euses et syndicalistes. En Iran, le pouvoir et le patronat s’acharnent sur les travailleurs qui constituent des syndicats indépendants en les emprisonnant. Ils licencient systématiquement les porte-parole des grévistes, en procédant à leur arrestation pour « crime de sabotage économique »… En Arabie Saoudite, le ministère de l’Intérieur a déclaré avoir expulsé plus de 370 000 migrants étrangers au cours des cinq derniers mois de l’année, tandis que 18.000 autres sont actuellement toujours en détention.[viii]
Il est à noter aussi que ces deux pays rivalisent également en terme de nombre de personnes exécutées. En Iran, plus de 800 personnes ont été exécutées les neuf premiers mois de l’année 2015, un record depuis 1989,[ix] tandis qu’en Arabie Saoudite plus de 135 personnes avaient été executés dans la même période.
Un autre message aussi dans ces exécutions : contre les djihadistes
L’exécution du samedi 2 janvier était également un message contre une autre force qui inquiète le royaume saoudien : les courants salafistes-djihadistes du type d’Al-Qaida et Daech. L’exécution de Riyad des 43 djihadistes membres d’Al-Qaida, condamnés pour des attentats à la bombe et des attaques d’armes à feu dans le royaume,[x] avait en effet pour objectif d’envoyer un message clair que tout soutien ou participation à ces courants seraient réprimés avec la plus grande fermeté. La « coalition antiterroriste » de 34 pays, menée par l’Arabie Saoudite, annoncée le 14 décembre 2015, doit être aussi mis dans cette perspective de lutte contre les courants djihadistes.
Al-Qaida et Daech, qui ont tous deux promis de renverser le régime des Saoud, ont promis de venger ses exécutions. Al-Qaïda a accusé l’Arabie saoudite d’avoir effectué ces exécutions « des mudjahidines » dans le but de consolider la règne de la dynastie des Saoud et comme un cadeau pour les « croisés », en d’autre terme les alliés occidentaux de Riyad. [xi]
La branche d’Al-Qaïda au Yémen avait déjà menacé en Décembre 2015 de “verser le sang des soldats d’Al-Saoud” si ces membres étaient exécutés, tandis qu’au début de l’année 2016, Daech a menacé à la suite des exécutions de détruire les prisons saoudiennes qui logent des djihadistes. Les deux organisations ont déclaré la guerre contre l’Arabie Saoudite, qui les considèrent comme groupes terroristes et a arrêté des milliers de leurs partisans. Daech a d’ailleurs revendiqué une série d’attentats à la bombe et de fusillades en Arabie saoudite depuis novembre 2014 qui ont tué plus de 50 personnes, dont la grande majorité était de saoudiens de confessions chiites, mais aussi plus de 15 membres des forces de sécurité.
Al-Qaida de son côté a commencé ses actions terroristes au sein du royaume saoudien depuis 2003, tuant plusieurs centaines de personnes. L’organisation d’Al-Qaida a excommunié le royaume saoudien, le considérant comme anti-islamique, surtout pour son association et collaboration avec des Etats « infidèles » dans la guerre contre l’Afghanistan gouvernés par les Talibans.
Ce n’est pas la première fois dans l’histoire du royaume que la famille des Saoud est menacée à l’intérieur du pays par des courants fondamentalistes et ultra fondamentalistes :
– La rébellion armée des « Ikhwan » entre 1927 et 1930, une force armée fondamentaliste au service des Saoud (lui permettant d’ailleurs de nombreuse conquêtes territoriales, d’imposer un ordre islamique autoritaire et wahabite sur les populations conquises et, commettant des massacres contre les populations shiites en 1913 à Hasa et à Taef en 1924)[xii] qui vas se retourner contre le pouvoir, notamment pour les relations des Saoud avec les britanniques (les relations avec les nons musulmans, considérés comme infidèles, proscrites), la nature légitime de la royauté, la légitimité islamique des impôts des Saoud, la conduite personnelle du souverain Saoud (mariages et luxes), la nécessité d’islamiser les populations shiites du royaume, l’interdiction de pratiques considérée comme anti-islamique telle que la musique et le chant, etc…[xiii]
– Le siège de la Grande Mosquée de La Mecque en 1979 pendant deux semaines par Jouhaymane Al-Utaybi (lui même né dans une colonie de « Ikhwan » en Arabie Saoudite et Muhammad Al-Qahtani, et leur groupe de plusieurs centaines de personnes (entre 200 et 400). Ils avaient présenté leur action comme un soulèvement islamique pour protester contre le laxisme religieux et moral et la dégénération de la famille règnante des Saoud, les relations diplomatiques avec de « Etats infidèles », etc…
– Dans les années 1990, l’opposition des Sahwa très différente de toute les autres oppositions fondamentalistes par son refus de l’utilisation de la violence et de sa reconnaissance de la légitimité de la famille régnante des Saoud, demandait une ouverture politique du système, critiquait la demande du souverain roi Fahd aux « infidèles » pour assister le royaume durant la libération du Kuwait de l’occupation irakienne, et demandait une islamisation des politiques sociales, économiques, médiatiques, et militaires.
Cette guerre entre d’un côté le royaume saoudien et de l’autre Al-Qaida et Daech ne doit pas néanmoins nous faire penser que leurs idéologies fondamentaliste et réactionnaires seraient fondamentalement différentes. Le royaume saoudien à bien dire depuis des années que l’idéologie de ces organisations est étrangère au pays et à ces institutions, mais serait au contraire le résultat de la radicalisation des mouvements des Frères Musulmans et des discours de Sayyeb Qotb et d’Ayman al-Zawahiri, mais ces explications ne convainc plus personne.[xiv] Sayyeb Qotb et Ayman al-Zawahiri sont bien sûrs des sources d’inspirations pour des formes de djihadismes, mais les organisations ultra fondamentalistes du type Al Qaida et Daech trouvent déjà et de manière beaucoup plus profonde un terreau fertile idéologique avec le discours wahabite officiel diffusé par le clergé et les institutions du royaume saoudien.
Par exemple, le discours officiel saoudien dénonce les idéologie laiques tel que le nationalisme arabe (considéré comme « une « jahaliyya » (ignorance) athéiste, d’origine européenne mais de motivation juive, un mouvement ignorant qui a pour objectif principal de combattre l’Islam et son enseignement, ce sont des ennemis de l’Islam, promu par le occidentaux et les sionistes pour diviser les musulmans ») et le communisme (considéré comme un mouvement asservissant les individus au matérialisme et à l’abandon des qualités morales et spirituelles), tandis que le danger de “l’occidentalisation” est compris comme l’adoption de système politiques occidentaux, avec des partis politiques et des parlements au détriment de la cohésion et du consensus social.[xv] Au niveau social, l’occidentalisation sape et ébranle les musulmans et conduit à la mixité entre les femmes et les hommes, l’ouverture de bars et discothèques, la célébration de fêtes non musulmanes comme la fête des mères, noel, ou la fête des travailleurs le 1er mai.[xvi] Un grand nombre de ces thèmes se retrouvent aujourd’hui dans la propagande de Daech et Al-Qaida.
Un certain nombre de djihadistes saoudiens font références aux premiers textes du wahabisme, qui sont les mêmes sources de l’Islam officiel dans le pays, et autres auteurs de références wahabites, mais avec des interprétations différentes.
Plus généralement, la source principale de recrutement de ces organisations en Arabie Saoudite se trouve dans des raisons politiques et socio économiques : dans son système autoritaire et l’absence de démocratie, la répression féroce de toutes formes d’oppositions à la famille régnante, les inégalités sociales, pauvreté et chômage croissant, alliance avec les puissances occidentales impérialistes coupables de crimes contre d’autres populations arabes et musulmanes, etc… Encore une fois les raisons de ce genre de groupes trouvent leur origine dans notre époque actuelle, et non dans une histoire lointaine. Ce sont des produits de la modernité actuelle dans laquelle vit ces populations.
Conclusion
En conclusion, ces deux états et leurs alliés respectifs constituent des forces réactionnaires et destructrices pour leurs sociétés et la région auxquelles il faut s’’opposer sans relâche. Croire encore une fois qu’une de ces deux puissances peut être un appui dans les révolutions populaires pour la liberté et la dignité qui ont traversé la région est illusoire et stratégiquement dangereux. Il s’agit de deux puissances contre révolutionnaires qui oppriment leurs peuples et d’autres et assistent d’autres dictateurs et groupes réactionnaires, tout en promouvant et intensifiant les discours et tensions confessionnelles. Il faut soutenir et se solidariser avec toutes les forces démocratiques et progressistes dans ces deux pays qui défient leurs classes dominantes.
Ni Téhéran, Ni Riyadh
Solidarité avec les peuples de la région en lutte pour leur émancipation et libération
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