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  • Tunisie: Les six jours qui ont de nouveau fait trembler l’ordre néocolonial (NPA)

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    Un calme relatif règne sur la Tunisie, après 6 jours de colère qui ont replongé le pays dans l’atmosphère insurrectionnelle de janvier 2011...

    C’est la crise de l’emploi qui a mis, de nouveau, le feu aux poudres ! Et ce sont encore des jeunes, notamment des « diplômés-chômeurs» qui se sont soulevés contre un gouvernement soumis aux ordres du capital mondial. Celui-ci poursuit la même politique économique et sociale qui ne cesse  d’alimenter la ruine économique et le chaos social.

    La nouvelle explosion de colère des sans-emploi a débuté le 17 janvier à Kasserine1, à la suite du décès du jeune diplômé-chômeur Ridha Yahyaoui lors d’une action de protestation. Très rapidement, la contestation a embrasé l’ensemble du pays. L’ampleur et la rapidité d’extension du mouvement, mais aussi les violences qu’il a déchaînées, ont poussé le pouvoir à décréter un couvre-feu sur l’ensemble du territoire2. Ce dernier a permis un retour au calme après des affrontements et des heurts violents entre manifestants et forces de l’ordre.

    Les dégâts sont importants : un policier est décédé et on dénombre plusieurs centaines de blessés des deux côtés. Le couvre-feu s’est traduit par l’arrestation de plus de 500 personnes, tous des malfaiteurs et des casseurs selon le ministère de l’Intérieur.

    Un mouvement discrédité, voire criminalisé

    Les crimes du système économique et social, qui ont poussé les classes populaires et la jeunesse à l’insurrection révolutionnaire il y a cinq ans, à savoir le chômage des diplômés du supérieur, le sous-emploi de masse et la misère généralisée, ont connu une extension phénoménale après la révolution. Le taux de chômage se situe officiellement à 15,3 %. Le sous-emploi touche deux actifs occupés sur trois. Le nombre de familles répertoriées comme étant extrêmement pauvres et bénéficiant des programmes d’aides de l’État, s’élève à 834 000 familles, soit environ 42 % de la population. Dans le même temps, beaucoup d’autres familles pauvres sont exclues de ce statut qui garantit un minimum vital3.

    Le chômage des diplômés du supérieur a augmenté de 71 % depuis 2010 : leur nombre est passé de 139 000 à 242 000 en 20154. Parmi eux, 34 000 médecins, pharmaciens et ingénieurs. Dans le même temps, plus de 100 000 sont en situation de chômage déguisé, insérés dans des programmes créés à cet effet.
    Le gouvernement, les quatre partis de la coalition gouvernementale, ainsi qu’une bonne partie de la presse ont tenté de discréditer, voire de criminaliser, la révolte des jeunes sans emploi. Le Front populaire, quant à lui, n’a pas hésité à soutenir le mouvement, reconnaissant même qu’il y est impliqué.

    Cette nouvelle révolte a remis à l’ordre du jour la grave crise sociale dans laquelle ne cesse de s’enliser la Tunisie. Elle a démontré aussi que le processus révolutionnaire conserve toute sa vigueur, malgré un bilan largement négatif. Plusieurs sit-in se poursuivent et réclament des réponses claires et rapides à un gouvernement très affaibli et aux abois. Des appels ont été lancés pour la reprise des manifestations.

    De Tunis, Fathi Chamkhi
    Député Front populaire

    • 1. Kasserine est une ville du sud-ouest, située à environ 280 km de Tunis.
    • 2. Le couvre-feu de 20h à 5h a été mis en place le 22 janvier. Il renforce ainsi l’état d’urgence en vigueur jusqu’au 21 février 2016.
    • 3. Une pension mensuelle d’environ 68 euros par famille (150 000 familles), plus un carnet de soins médicaux gratuits (232 000 familles) ou bien à demi-tarif (602 000 familles), des aides à la scolarité : 13 euros par élève (333 000 élèves) à chaque rentrée scolaire, et 45 euros par étudiant (40 000) à l’occasion de la rentrée universitaire.
    • 4. http ://www.ins.nat.tn/indexfr.php

    https://npa2009.org/tunisie-les-six-jours-qui-ont-de-nouveau-fait-trembler-lordre-neocolonial

     
  • Revue de Solidaires: l'Algérie

     

    Sommaire

    Introduction

    François Gèze: L’histoire méconnue de l'UGTA, trop longtemps syndicat unique et interlocuteur exclusif des syndicats français

    Entretien avec Omar Benderra:
    Le temps de la dictature rentière est compté

     

    http://www.algeria-watch.org/fr/article/div/livres/revue_solidaires.htm

  • Tunisie : la colère des jeunes chômeurs (Lutte Ouvrière)

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    Les mouvements de colère se multiplient dans les gouvernorats du centre-ouest de la Tunisie.

    La ville de Kasserine, en particulier, connaît une vague de protestations des chômeurs, qui réclament des emplois, le développement de la région et la fin de la corruption. Des manifestations et sit-in se sont déroulés dans une vingtaine de villes.

    À l’origine de cette récente flambée, il y a la mort, le 16 janvier, d’un jeune chômeur qui s’est tué en escaladant un poteau électrique lors d’un rassemblement. Son nom, comme d’autres noms, avait été retiré par l’administration d’une liste d’embauchés. Le même désespoir touche des milliers d’autres jeunes, comme ceux qui, grimpés pendant le rassemblement sur le toit de la préfecture, menaçaient de se jeter dans le vide.

    Face à la colère qui s’exprime à Kasserine, Sidi Bouzid, Siliana, villes où le chômage atteint près de 25 % et l’analphabétisme 32 %, et jusque dans les faubourgs de Tunis, les gaz lacrymogènes et l’appel à la patience sont la seule réponse du gouvernement. Le pouvoir, aux mains du parti de droite Nidaa Tounès, secondé par la parti islamiste Ennahda, déplore ne pas posséder de « baguette magique » pour régler la situation des classes travailleuses. À part des promesses de créations d’emplois et de formations, les jeunes chômeurs ne voient rien venir.

    Les prix grimpent, les grèves pour les salaires se développent dans les transports, les aéroports, le phosphate.

    L’état d’urgence proclamé depuis novembre dernier, à la suite d’un attentat meurtrier à Tunis, ne fait pas taire les protestations de la jeunesse ouvrière, pas plus que le couvre-feu instauré récemment.

    La promesse d’une aide financière d’un milliard d’euros est venue de la France, dont les groupes capitalistes ne voient pas d’un bon œil le mécontentement monter en Tunisie. Cette aide sera étalée sur cinq ans et représentera chaque année moins que le prix de deux Rafale. Il reste aussi à voir qui en seront les vrais bénéficiaires. En tout cas, elle fera au mieux l’effet d’un sparadrap sur une plaie béante.

    Viviane LAFONT 27 Janvier 2016