Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Syrie : à Douma, la vie continue sous terre pendant les raids (France 24)

     Des enfants syriens assistent à un cours dans une salle de classe souterraine de l'école Al-Hayat, dans un quartier nord de Damas, 19 octobre 2016
    Des enfants syriens assistent à un cours dans une salle de classe souterraine de l'école Al-Hayat, dans un quartier nord de Damas, 19 octobre 2016
     

    Dormir, aller à l’école ou faire ses courses: la vie quotidienne se déroule en partie sous terre dans la ville syrienne rebelle de Douma pour échapper aux bombardements du régime.

    Les jours où aucune menace ne vient du ciel, le cours des choses est relativement normal dans cette ville de plus de 100.000 habitants, la plus importante de la banlieue de Damas. Les enfants se rendent en bande à l'école et les marchands de quatre saisons déploient leurs étals sur les marchés à ciel ouvert.

    Mais lorsque commencent les bombardements, les familles se réfugient dans les abris. Elles se cachent durant la nuit et parfois jusqu'à l'aube si le pilonnage se poursuit sans répit sur cette ville assiégée depuis 2013 par les forces du président Bachar al-Assad.

    Des cours sont dispensés dans des salles de classe souterraines à l'école Al-Hayat, dans un quartier nord de Damas, le 19 octobre 2016. Une vie s'organise alors sous terre, avec des salles creusées avec les moyens du bord et transformées en écoles improvisées, en salles de jeu, en boulangeries ou même en hôpitaux de fortune.

    Abou Omar a construit sous son domicile un abri à quatre mètres de profondeur. Il est éclairé par une ampoule, les murs sont à nu. Sur le sol reposent des tapis, sur lesquels Abou Omar a déposé son service à café aux décorations dorées. "Nous avons creusé nous-mêmes pendant 15 jours pour faire cet abri car il n'y a pas d'autres endroits pour nous protéger des bombardements", explique à l'AFP Abou Omar, le visage émacié.

    Pas d'école

    Les matins où les déflagrations causées par les raids se font entendre, ses neveux et nièces empruntent une échelle en bois branlante pour se rendre dans l'abri.

    "Nous allons habituellement à l'école, mais ça a été impossible ces derniers jours en raison des bombardements", témoigne Mohammad, scolarisé en classe primaire.

    Des élèves syriens posent dans une classe souterraine de l'école Al-Hayat d'un quartier nord de Damas, le 19 octobre 2016 Ces jours-là, les enfants peuvent passer plusieurs heures sous terre. Ils s'occupent en faisant leurs devoirs ou en inventant des jeux.

    Les bombardements matinaux empêchent également les agriculteurs de se rendre sur leurs terres à la lisière de Douma pour récolter des légumes. Les commerçants n'auront donc rien à offrir sur leurs étals et les familles rien à cuire.

    Ces jours-là, les rues de Douma sont désertes, à l'exception d'ambulances qui foncent vers les lieux touchés par les raids. Ces frappes sont menées dans le cadre de l'offensive lancée il y a six mois par les forces du régime. Elle leur a permis de reprendre des villages et des fermes de la Ghouta orientale, une vaste région à l'est de Damas qui est une des places fortes des rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

    Les forces progouvernementales ne se trouvent plus actuellement qu'à deux kilomètres au nord de Douma, selon cette ONG. Fief du puissant groupe islamiste Jaich al-Islam, Douma est assiégée depuis 2013 par les forces gouvernementales. En juin dernier, des organisations humanitaires ont pu, pour la première fois en trois ans, y distribuer de l'aide alimentaire et médicale.

    Hasan MOHAMMED et Sameer AL-DOUMY, 

    http://www.24matins.fr/

  • Nouveautés sur Europe Solidaire Sans frontières

    B979854837Z.1_20161001165536_000+GER7NC52U.1-0.jpg

     

    • Syrie
      Syrie : Brisons le siège d’Alep - Solidarité avec le peuple syrien en lutte contre la barbarie

      , par Déclaration de Damas pour un Changement Démocratique en Syrie - Comité de France

      Appel au rassemblement à Paris Samedi 5 novembre 2016 à 16h00 Place de l’Opéra Garnier Métro : Opéra
      Rassemblons-nous pour exprimer notre solidarité avec le peuple syrien victime de la barbarie du régime d’Assad et de ses alliés, Poutine et le régime iranien.
      Nous exigeons : L’arrêt immédiat (...)

    • Maroc & Sahara occidental
      Maroc : Le roitelet, le violeur et la benne à ordures

      , par NPA

      Au Maroc, depuis plusieurs jours, des manifestations de masse ont lieu dans plusieurs villes. Moins d’un mois après la mascarade électorale largement boycottée, le peuple reprend le chemin de la rue.
      L’élément déclencheur aurait pu être un simple « fait divers » : un vendeur de poisson, Mouhsine Fikri, (...)

    • Kurdistan de Syrie
      Journée mondiale pour Kobanê, samedi 5 novembre

      , par Collectif Solidarité Kobanê

      A Paris, place de la République, 15h
      Le 15 septembre 2014, les forces obscurantistes de Daesh attaquaient la ville kurde de Kobanê, en Syrie, avec une artillerie lourde prise aux armées irakienne et syrienne, et avec le soutien de la Turquie, du Qatar et de l’Arabie Saoudite.
      Occupant alors de (...)

    • Irak
      La bataille Mossoul en Irak : la guerre comme horizon

      , par BABEL Christian

      La grande ville du nord de l’Irak concentre actuellement les efforts de guerre de la coalition disparate, dont l’armée française, qui a entrepris de chasser l’État islamique (Daesh). Mais à quel prix ?
      Mossoul est une ville de 1,5 million d’habitantEs au nord de l’Irak, et un carrefour économique et (...)

    • A gauche
      Les gauches politiques en Tunisie

      , par LEROUGE Dominique

      NB : Pour un panorama global des partis politiques tunisiens, voir http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39306
      Contrairement à l’Egypte, les forces de gauche ont eu en Tunisie la capacité de maintenir une continuité pendant des dizaines d’années, même dans la clandestinité. La principale (...)

    • A gauche
      Tunisie : interview d’Hamma Hammami, porte-parole du Front populaire

      , par HAMMAMI Hamma, KSIBI Faouzi

      Son nom surgit à chaque nouvelle crise, qu’elle soit politique, économique, sociale, sécuritaire. Souvent, il est soupçonné d’attiser le feu partout dans le pays et d’être derrière plusieurs mouvements sociaux. La dernière affaire à laquelle il est lié est celle de Jemna
      Cependant, ces accusations ne (...)

    • Syrie
      Alep (Syrie) : Après la trêve, la punition – un massacre annoncé -Rassemblement samedi 5 novembre 16h à Paris (métro Opéra)

      , par Collectif pour une Syrie libre et démocratique


      
Confiants dans la société civile qu’ils ont commencé à construire pour l’après-Assad, les Syriens d’Alep-Est ont refusé de tomber dans le piège tendu par leurs bourreaux. À la faveur d’une trêve de quelques heures, Bachar al-Assad et Vladimir Poutine ambitionnaient de leur faire quitter la ville pour (...)

    • Ecologie
      Safi (Maroc) : Changer le système, pas le climat » – Conférence internationale

      , par ATTAC-CADTM Maroc

      « Changer le système, pas le climat » Conférence internationale Tous à Safi les 4 et 5 novembre 2016 Voilà 15 ans, le Maroc accueillait la COP 7. Cette année la Conférence des parties sur le changement climatique prépare sa 22e édition, à nouveau au Maroc. Que s’est-il passé pendant ces 15 ans ? Pas (...)

    • Ecology
      Safi (Morocco): “System change, not climate change” – International conference

      , by Attac Morocco, CADTM

      “System change, not climate change” International conference Safi (Morocco) 4th and 5th November 2016 15 years ago, Morocco hosted the COP 7. This year the Conference of Parties on Climate Change prepares its 22nd edition, again in Morocco. What happened during those 15 years? Not much.
      COP (...)

     

  • Octobre-novembre 1956 : l’intervention franco-britannique de Suez (Lutte Ouvrière)

    suez.jpg

    Le 6 novembre 1956, les troupes françaises et britanniques débarquaient à Port-Saïd en Égypte.

    Ces deux vieilles puissances coloniales, alliées à Israël, entendaient reprendre le contrôle du canal de Suez nationalisé en juillet par le président égyptien Gamal Abdel Nasser. Mais l’opération militaire tourna au fiasco en quelques heures et le corps expéditionnaire franco-britannique dut rembarquer piteusement.

    Nasser avait pris la tête du pays à la suite du coup d’État de 1952 qui avait renversé le roi Farouk, sous le règne duquel l’Égypte était restée de fait un protectorat britannique. L’objectif du groupe dit des « officiers libres » dont il avait pris la tête était de moderniser le pays grâce à une politique plus indépendante. Les dirigeants américains avaient d’abord accueilli favorablement la chute de Farouk, avant d’être rapidement déçus en constatant que Nasser n’entrait pas dans leurs vues.

    La nationalisation du canal

    Lorsque les USA se montrèrent réticents à lui livrer des armes, Nasser s’adressa à la Tchécoslovaquie et à travers elle à l’URSS. Il refusa de faire adhérer l’Égypte au pacte de Bagdad regroupant les alliés moyen-orientaux des USA contre l’URSS. Nasser était pourtant fortement anticommuniste et réprima sauvagement les militants du PC égyptien, mais il entendait simplement ne dépendre d’aucune des deux grandes puissances. Il fut un des leaders de la conférence des non-alignés qui se déroula à Bandung en avril 1955, aux côtés de Tito, Nehru et Chou En-lai.

    Pour moderniser l’Égypte, Nasser comptait sur la construction du gigantesque barrage d’Assouan sur le Nil, mais le 19 juillet 1956, les USA annoncèrent qu’ils annulaient le prêt promis à cet effet. Ils espéraient amener Nasser à plus de compréhension et le forcer à cesser ce qu’ils qualifiaient de double jeu. Nasser répliqua par une action d’éclat qui fit de lui le héros du tiers-monde. Le 26 juillet, il annonçait la nationalisation de la compagnie du canal de Suez, déclarant dans un éclat de rire que l’encaissement des droits de passage financerait la construction du barrage d’Assouan. Les grandes puissances furent atterrées, tandis qu’au sein du peuple égyptien, et au-delà parmi tous les peuples dont les richesses étaient pillées par l’impérialisme, le geste de Nasser suscitait une immense fierté, et le sentiment d’être vengés. Nasser ne voulait pas plier, et proclamait fièrement : « Nous reprenons tous ces droits, car tous ces fonds sont les nôtres, et le canal est la propriété de l’Égypte. Il a été creusé par les Égyptiens, dont 120 000 ont trouvé la mort pendant les travaux. La Société du canal de Suez ne cache qu’une exploitation. »

    Les préparatifs de guerre

    Les dirigeants britanniques et français se déchaînèrent contre Nasser, le qualifiant de « nouvel Hitler ».

    Antony Eden, le Premier ministre britannique, se fit fort de « venger l’affront » et de faire revenir Nasser sur sa position par la force des armes. Outre le désir de laver l’insulte, l’impérialisme britannique n’entendait pas se laisser évincer d’une région traditionnellement sous sa coupe. D’autre part, la Compagnie était surtout entre les mains de capitaux britanniques, et dans une moindre mesure français.

    En France, le ton était identique. La gauche socialiste rivalisait avec la droite réactionnaire dans un concert de propos va-t-en-guerre. L’impérialisme français avait certes beaucoup moins d’intérêts que son compère anglais en Égypte, mais le gouvernement de Front républicain conduit par le socialiste Guy Mollet voyait en Nasser le principal soutien extérieur à l’insurrection algérienne menée par le FLN.

    Israël fut également associé aux préparatifs guerriers, saisissant l’occasion de montrer sa capacité à intervenir contre un État arabe ayant des velléités d’indépendance. Depuis deux ans déjà, la France équipait Israël en avions de combat et en chars d’assaut. C’est donc tout naturellement que l’idée s’imposa de faire participer Israël à l’expédition punitive.

    Le 25 septembre 1956, alors qu’une armada franco-britannique rejoignait les ports de Malte et de Chypre, le détail de l’opération fut mis au point. Les Israéliens devaient commencer par avancer vers le canal et les troupes franco-britanniques débarqueraient alors pour faire mine de s’interposer. Quant aux USA, les dirigeants français se faisaient fort de leur faire accepter l’opération, ce qui allait se révéler une erreur.

    Le fiasco de l’intervention

    Comme convenu, l’armée israélienne attaqua le 29 octobre. Elle occupa rapidement le Sinaï et s’arrêta. La Grande-Bretagne et la France adressèrent alors un ultimatum à l’Égypte et à Israël leur enjoignant d’arrêter les opérations. Israël, appliquant le plan prévu à l’avance, accepta et Nasser refusa. Les troupes britanniques et françaises purent alors débarquer sous prétexte de s’interposer, mais en fait pour occuper la zone du canal.

    Nasser cependant, bien loin d’être déconsidéré par cette première défaite, en sortit grandi. C’est à ce moment que s’affirma avec éclat l’opposition des États-Unis à toute l’opération, à laquelle ils n’avaient pas été associés. Les dirigeants français avaient présomptueusement affirmé que les USA seraient bien obligés de se ranger à leurs côtés pour que la libre circulation maritime soit garantie dans le canal. Le secrétaire d’État américain Foster Dulles avait pourtant signifié à Eden qu’il « refusait d’identifier la politique américaine à la défense des intérêts des anciennes grandes puissances coloniales ». Lorsque le débarquement devint imminent, les USA firent voter à l’ONU une résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat et au déploiement d’une force des Nations unies ne comprenant aucun contingent français ni britannique.

    L’URSS, de son côté, menaça les belligérants d’utiliser « toutes les formes modernes d’armes de destruction s’il n’était pas mis fin à l’expédition ». Ce chantage à la guerre atomique était un bluff, mais en même temps c’était l’occasion pour les dirigeants soviétiques de s’affirmer comme les défenseurs de l’indépendance de l’Égypte… au moment même où, à Budapest, les troupes russes écrasaient dans le sang l’insurrection ouvrière.

    Devant l’attitude des États-Unis et de l’URSS, les troupes israéliennes durent se replier. Un corps expéditionnaire franco-britannique débarqua quand même à Port-Saïd et s’y heurta à la résistance de milices populaires levées à la hâte par le régime nassérien. Les troupes franco-britanniques du­rent rembarquer piteusement quelque temps plus tard, non sans avoir fait au moins un millier de morts égyptiens.

    L’opération se soldait par un triomphe pour Nasser, qui allait faire de lui pour des années le héros du panarabisme et le symbole de la lutte des pays du tiers-monde. En même temps les États-Unis signifiaient à la France et à la Grande-Bretagne qu’elles devaient en finir avec les expéditions coloniales : désormais, ce serait les USA qui s’en chargeraient, en tout cas au Moyen-Orient. Mais dans l’immédiat, ils devraient s’accommoder de la vague de revendications d’indépendance qui traversaient les pays du tiers-monde, encouragés par le succès de Nasser et pouvant tirer parti de l’opposition entre les deux blocs.

    Daniel MESCLA 02 Novembre 2016