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  • Jeudi 14 août gare de Brest

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  • Soulèvement arabe et complexité de la révolution (Université de Nantes)

    Résumé de la vidéo:

    "L’onde de choc révolutionnaire qui secoue l’espace arabophone depuis 2011 puise son énergie dans l’accumulation de problèmes sociaux suscités par des décennies de blocage économique. Toutefois, plusieurs facteurs compliquent considérablement la donne politique à l’échelle régionale : la nature des États, celle de leurs bases populaires, la convergence de forces antithétiques dans la lutte contre les dirigeants du moment, les divers pôles de la contre-révolution régionale, les politiques des puissances mondiales. On dressera un bilan des soulèvements en cours à la lumière de ces paramètres en accordant une attention particulière aux cas égyptien et syrien." Gilbert Achcar

    Présentation de l'intervenant

    Gilbert Achcar est Professeur en études du développement et relations internationales à l’École des études orientales et africaines (SOAS) de l’Université de Londres.

    Les conférences de l’Institut d’Etudes Avancées de Nantes

    L’Institut d’Etudes Avancées de Nantes
    est une fondation reconnue d’utilité publique dont la mission est d’accueillir en résidence des chercheurs choisis pour l’excellence et le caractère innovant de leurs travaux. L’ambition particulière de l’IEA de Nantes est de tisser des relations d’un type nouveau entre chercheurs du "nord" et du "sud", en s’ouvrant largement à ces derniers et en permettant à chacun de confronter la façon dont il perçoit les questions qui, avec le processus de globalisation, se posent désormais à tous.

    http://webtv.univ-nantes.fr/fiche/4934/gilbert-achcar-soulevement-arabe-et-complexite-de-la-revolution

  • Retour sur le «printemps arabe» (Le Monde Diplomatique)

    Qui sont les moteurs des révoltes arabes ? Des ouvriers aux membres des professions libérales, chacun a joué un rôle, mais bien différent selon le pays.

    La révolte arabe, déclenchée par la protestation qui éclata dans la ville tunisienne de Sidi Bouzid après le suicide du jeune Mohamed Bouazizi, le 17 décembre 2010, confirme largement cette idée : lors d’un mouvement populaire de grande ampleur, uni autour de l’opposition à un régime despotique et de la revendication d’un changement démocratique, il est fréquent de voir s’associer la majorité des couches moyennes et les catégories les plus démunies de la société.

    Marchand ambulant de condition précaire et misérable, Bouazizi présentait le profil type des protestataires du « printemps arabe », cette masse composée de millions de jeunes et de moins jeunes appartenant soit au secteur dit informel — celui des « chômeurs déguisés » vivant d’expédients en attendant de trouver un emploi —, soit au groupe des chômeurs formels. A ces masses se sont jointes, en Tunisie et en Egypte, les forces organisées ou inorganisées des travailleurs salariés, du fait de l’existence dans les deux pays d’un mouvement ouvrier dont les luttes ont constitué le préambule du « printemps arabe ».

    Là où se sont produits des soulèvements massifs (Bahreïn, Egypte, Libye, Syrie, Tunisie et Yémen), ce vaste front des groupes les plus défavorisés de la société a été rejoint par l’essentiel des couches moyennes : travailleurs individuels, tant traditionnels (artisans et boutiquiers) que modernes (professions libérales, notamment avocats, ingénieurs et médecins), salariés apparentés — enseignants du supérieur, journalistes, cols blancs (fonctionnaires et employés des services commerciaux ou financiers) et petits entrepreneurs.

    Quand le régime n’avait pas imposé un climat de terreur paraissant exclure toute protestation — c’est-à-dire en Tunisie et en Egypte principalement —, une recrudescence des luttes politiques et sociales a précédé les mouvements de révolte. En Egypte, elles étaient surtout le fait de la classe ouvrière, le pays ayant connu entre 2006 et 2009 la plus grande vague de grèves ouvrières de son histoire, jusqu’à la révolution du 25 janvier 2011 (1). En Tunisie, ces luttes politiques et sociales étaient davantage liées à la question du chômage et du népotisme, avec notamment les émeutes de 2008, déclenchées dans le bassin minier de Gafsa (2).

    Par leur composition, les couches moyennes n’ont pas une attitude politique homogène

    Dans ces deux pays, d’autres actions en faveur de la démocratie ont été également menées, au cours de la même décennie, par des avocats et des journalistes. Ces professions ont constitué des vecteurs éminents de la protestation, tandis que leurs membres s’engageaient dans des combats directement politiques, par exemple au sein du mouvement égyptien Kefaya (« Ça suffit »), longtemps fer de lance de la contestation contre les manipulations électorales de M. Hosni Moubarak et également désireux de contrecarrer sa volonté de voir son fils lui succéder à la présidence du pays.

    Des jeunes issus majoritairement des couches moyennes, fortement connectés à Internet, ont également été au premier rang des protestations, qu’il s’agisse des blogueurs (3) — cibles de la répression dans plusieurs pays arabes — ou, de façon plus organisée, du mouvement égyptien des Jeunes du 6 avril, créé en solidarité avec la grève des travailleurs — du textile, en particulier — de la ville industrielle de Mahallah Al-Koubra, en 2008.

    En outre, du Maroc à Bahreïn en passant par l’Egypte et la Syrie, les catégories intermédiaires sont très présentes dans les deux instances d’organisation des soulèvements : les réseaux sociaux et les mouvements politiques. Le rôle des réseaux sociaux a certes pu être exagéré au cours des premiers mois — notamment pour présenter les révoltes comme Western friendly (bien disposées à l’égard de l’Occident) —, il n’en reste pas moins déterminant. Contrairement aux idées reçues, les usagers d’Internet proviennent aussi des milieux démunis, qui se connectent à domicile ou au cybercafé — sans parler des téléphones portables, qui ont également permis aux opposants de communiquer.

    Quant aux forces politiques qui se sont investies dans les soulèvements, des couches moyennes en composent l’essentiel. C’est en particulier le cas d’Ennahda en Tunisie, qui appartient à la mouvance des Frères musulmans. Certains de leurs responsables affichent un fort tropisme capitaliste, à l’instar de M. Khairat Al-Shater, le richissime homme d’affaires dont les Frères musulmans ont voulu un temps faire leur candidat à l’élection présidentielle égyptienne (lire « Les Frères musulmans égyptiens pris au piège du pluralisme »).

    On retrouve là une constante du rôle politique des couches moyennes : par leur composition même, elles ne sauraient avoir une attitude homogène sur le long terme. Elles ont tendance à se scinder entre les deux pôles de la société qui les encadrent. Du Maroc à la Syrie, la mouvance des Frères musulmans constitue un bloc hétérogène de membres de ce groupe et de la bourgeoisie d’affaires. Une fois dépassée l’étape démocratique initiale, le mouvement populaire se scinde, comme en Tunisie et en Egypte. Les organisations politiques s’opposent à la poursuite des luttes sociales des salariés, dénoncées comme « catégorielles », tandis qu’une bonne partie des jeunes issus des couches moyennes, y compris ceux qui ont adhéré à ces organisations, entendent poursuivre la révolution.

     

    Gilbert Achcar  mai 2012

    Professeur à l’Ecole des études orientales et africaines (SOAS) de l’université de Londres. Son prochain ouvrage, portant sur le soulèvement arabe, paraîtra aux éditions Sindbad - Actes Sud à la fin de 2012.
     
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/05/ACHCAR/47669
  • Soulèvements arabes : le peuple a voulu, veut et voudra (Npa)

    Le Moyen-Orient et le Maghreb sont-ils en train d’être bouleversés ? Un processus révo- lutionnaire est-il en train de s’y développer ? Ou, au contraire, a-t-on surestimé les poten- tialités d’un « printemps arabe » qui s’essoufflerait sans que la donne soit fondamen- talement changée ? C’est à ces questions, et à d’autres encore, que Gilbert Achcar entre- prend de répondre dans son récent ouvrage Le peuple veut1, première tentative (réussie) d’étude systématique du processus en cours en le resituant dans son historicité.

    Dès l’introduction de l’ouvrage, Gilbert Achcar rappelle « [qu’il a] décrit les soulèvements en cours, dès les premiers mois de 2011, comme constituant un processus révolutionnaire prolongé ou à long terme, une formulation qui permet de concilier la nature révolutionnaire de l’événement et son inachèvement »2. Les processus révolutionnaires posent la question de la temporalité de la transformation sociale, et invitent à se débarrasser de toute conception graduelle, ou linéaire, du temps politique. « On ne saurait se représenter la révolution elle-même sous forme d’un acte unique : la révolution sera une succession rapide d’explosions plus ou moins violentes, alternant avec des phases d’accalmie plus ou moins profondes »3

    « La » révolution ne peut se résumer à un « grand soir », au cours duquel l’ancien s’écroulerait soudain et le nouveau le remplacerait : elle est un processus qui s’inscrit dans la durée, au sein duquel se succèdent, parfois de manière très rapprochée, le flux et le reflux, les avancées et les reculs, le calme et la tempête. « Les révolutions ont leur propre tempo, scandé d’accélérations et de ralentissements. Elles ont aussi leur géométrie propre, où la ligne droite se brise dans les bifurcations et les tournants brusques »4. Dans le monde arabe, et ce malgré l’absence de continuité apparente du processus de transformation révolutionnaire, un mouvement de fond est en cours, qui a déjà abouti, en l’espace de quelques mois, à la chute de trois des plus féroces dictatures du monde arabe, et qui en fait vaciller bien d’autres. C’est ce mouvement de fond qu’Achcar se propose d’explorer, et ce de manière « radicale » : « Le processus révolutionnaire dans la région arabe étant en cours et pour longtemps encore, toute chronique qui cherche à être à jour risque d’être dépassée avant même de sortir de l’imprimerie. Ce livre se propose plutôt d’analyser la dynamique des événements afin de tenter d’en dégager les grands enseignements et d’en scruter l’horizon. Il s’agit d’une exploration radicale du soulèvement arabe dans les deux sens de la radicalité : une exploration qui se propose de repérer les racines profondes du phénomène et qui partage la conviction qu’il n’y a de solution durable à la crise qu’il manifeste que par leur transformation ».

    Conditions objectives

    Achcar reprend à son compte la thèse de Marx selon laquelle les révolutions sont le produit de trop grandes contradictions entre le développement des forces productives (capacités humaines et matérielles de production économique) et les rapports de production (mode de propriété, d’exploitation et de redistribution économiques). Pour mettre à l’épreuve cette thèse, Achcar étudie avec minutie les structures économiques et sociales du monde arabe et leurs évolutions au cours des dernières décennies, établissant l’existence d’un véritable « blocage » dans le développement économique, malgré les richesses naturelles et humaines de la région. Ce blocage se traduit notamment par des taux de chômage qui sont les plus élevés au monde, notamment chez les jeunes et les femmes, et par une croissance exponentielle de la misère et des inégalités sociales. 

    Ce blocage n’est néanmoins pas essentiellement dû, selon Achcar, à des contradictions intrinsèques au mode de production capitaliste, mais bien aux modalités spécifiques du capitalisme dans la région, improbable et instable synthèse entre capitalisme d’État bureaucratique et capitalisme néolibéral corrompu, dont les traits principaux sont les suivants : « patrimonialisme, népotisme et capitalisme de compérage, pillage des biens publics, hypertrophie bureaucratique et corruption généralisée, sur fond de débilité, voire d’inexistence, de l’état de droit et de grande instabilité sociopolitique ». La description de cette configuration spécifique permet d’établir que les conditions étaient en réalité réunies pour une explosion généralisée : le développement économique étant structurellement entravé par un mode particulier de gestion du capitalisme par les pouvoirs en place, qui ont toujours considéré l’État comme un outil destiné à satisfaire les besoins matériels et symboliques de leur clan et/ou de leur clientèle, la résolution des contradictions entre les intérêts immédiats des peuples de la région et ceux des groupes dominants passait par une remise en cause de l’ensemble des formes de domination, y compris politique.

    Sujets révolutionnaires

    C’est ce qui permet de comprendre l’exceptionnelle ampleur et l’inscription dans la durée des soulèvements en cours. Les premières traductions visibles, sur le champ politique, des soulèvements (victoire des courants politiques islamiques), ne signifient pas la fin du processus révolutionnaire. Elles confirment en réalité que nous sommes aujourd’hui dans un entre-deux, au sein duquel cohabitent des éléments de rupture et des éléments de continuité, une période de crise au sens gramscien du terme : « La crise consiste précisément dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas encore naître ; durant cet entredeux, une grande variété de symptômes morbides se font jour »5. Comme l’explique Achcar, les résultats électoraux en Tunisie et en Égypte doivent être considérés comme l’expression, dans un contexte particulier et mouvant, des rapports de forces entre courants politiques organisés, produits de décennies de dictature et de répression, et donc comme une étape au sein d’un processus dans lequel des millions de personnes sont investies.

    En effet, même si l’implication des masses populaires est à relativiser selon les pays, il n’en demeure pas moins que dans chacun des cas, c’est la mobilisation de dizaines de milliers, de centaines de milliers, voire de millions d’individus qui a radicalement changé les coordonnées politiques et sociales. Ceux qui résument les événements qui se sont produits en Tunisie à une « révolution de palais » semblent oublier que Ben Ali serait toujours au pouvoir sans les mobilisations de rue. Ceux qui ne voient en Egypte qu’un « putsch militaire » relativisent considérablement les manifestations de la place Tahrir. Le rôle majeur joué par l’OTAN dans la chute de Kadhafi ne doit pas occulter la réalité du soulèvement de Benghazi. 

    Cette implication des peuples dans les processus en cours interdit toute lecture réductrice qui verrait dans les résultats des scrutins électoraux le symptôme d’une « confiscation » définitive de la révolution par des groupes contre-révolutionnaires. Après avoir établi les causes profondes du mouvement en cours, l’auteur se livre à une étude des évolutions de la situation dans six pays (Tunisie, Égypte, Yémen, Syrie, Libye, Bahreïn) et démontre, par les ressemblances et les dissemblances entre les situations nationales, qu’un processus long est bel et bien à l’œuvre au niveau régional. Il ne s’agit évidemment pas de nier les spécificités de chacun des États arabes et de chacun des soulèvements : il est au contraire particulièrement utile de penser les singularités de chacun des mouvements en cours pour mieux dégager les traits caractéristiques du processus révolutionnaire. 

    Quel avenir ?

    Les cas égyptien et tunisien démontrent en effet que la situation est loin d’être stabilisée en raison de l’accession au pouvoir de courants qui se refusent à remettre en cause le dispositif régional et privilégient les rapprochements avec les États-Unis, dont ils partagent notamment les options économiques. Or, c’est précisément parce que ces courants sont par nature incapables de répondre aux enjeux de la crise socio-économique qui a généré les soulèvements que leur légitimité est, à peine plus d’un an après leur accession au pouvoir, déjà érodée. Produits d’une crise qu’ils ne peuvent résoudre, les courants islamiques sont confrontés à des luttes sociales d’ampleur, notamment en Égypte où les grèves et mobilisations des travailleurs n’ont jamais été aussi nombreuses qu’au cours de l’année 2012. 

    Si nul ne peut pronostiquer les développements à venir dans le monde arabe, l’ouvrage de Gilbert Achcar démontre largement que nous n’en sommes qu’au début d’un long processus dont les causes sont profondes et dont les problématiques ne peuvent être résolues par un simple changement d’élite au pouvoir. L’irruption sur la scène politique de millions de jeunes, de femmes, de travailleurs, qui refusent la fatalité et se pensent comme les premiers sujets de leur histoire, représente un saut qualitatif majeur. Comme le résume Maha Abdelrahman, de l’Université de Cambridge, citée par Achcar dans sa conclusion : « Sans mesures pour résoudre leurs injustices vécues, leurs revendications longtemps ignorées et leurs conditions de vie en détérioration permanente, il est difficile d’imaginer comment ces millions pourraient être convaincus de revenir chez eux et d’abandonner leur lutte pour la justice, tant politique qu’économique ». Par Julien Salingue.

    Revue Tout est à nous ! 44 (juin 2013)

    Notes

    1. Le peuple veut. Une exploration radicale du soulèvement arabe, Gilbert Achcar, Sindbad Actes Sud, février 2013, 432 pages, 24,80 euros.  

    2. Sauf mention contraire, les citations sont extraites du livre de Gilbert Achcar. 

    3. Lénine, Que Faire ? V°, c) (1902).

    4. Daniel Bensaïd, « Les sauts ! Les sauts ! Les sauts ! Lénine et la politique », in Bensaïd, La politiquecomme art stratégique, Paris, Syllepse, 2011. 

    5. Antonio Gramsci, Selections from the Prison Notebooks, Quintin Hoare et Geoffrey Nowell Smith (eds), International Publishers, New York, 1971, p. 276.

  • La région arabophone, entre changement progressiste et barbarie (Contretemps)

  • Syrie: face au spectre de l’embrigadement et de l’armée de réserve (Lcr.be)

    syrie

    La fuite sans retour ou la mort inéluctable

    Un autre camarade nous quitte

    Le régime appelle toujours avec frénésie et insistance à rejoindre ses escadrons, brigades, bataillons et milices et encourage par tous les moyens la jeunesse syrienne à s’y enrôler ainsi qu’à poursuivre ceux qui s’y soustraient.

    L’enrôlement dans les forces du régime n’est généralement pas volontaire.

    Il est contraint et non facultatif. Celui qui est convoqué et ne répond pas à l’appel doit fuir ou se cacher. Celui qui répond aura pour destin quasi inéluctable la mort dans les combats insensés du régime qui font peu de cas non seulement du sang du peuple syrien mais aussi du sang et des âmes des soldats de son armée, utilisés comme chair à canon.

    Les récents combats de Raqqa en sont l’illustration. C’est pourquoi nous ne considérons pas tout soldat comme étant nécessairement un milicien. La plupart des soldats sont des fils de travailleurs, qui ont été, et sont toujours, des victimes du régime lui-même. Parmi eux, certains ont été appelés pour le service militaire ou comme réservistes et n’ont pas répondu à l’appel, mais auront été arrêtés aux barrages de l’armée et enrôlés comme réservistes.

    D’autres qui ont des difficultés économiques ou des enfants en bas âge et une épouse ou encore une famille qui compte sur eux, survivent avec le minimum vital. Ils ne  seront pas nécessairement en mesure de faire défection et de rejoindre les forces de la révolution populaire, dont la taille décline et qui sont exposées aux attaques de la contre révolution, qu’il s’agisse du régime ou des forces fascistes et réactionnaires de l’EIIL. C’est une réalité que nous ne pouvons pas feindre d’ignorer. Celui qui ne regarde que d’un œil ne verra jamais la réalité.

    Les exemples sont quotidiens. Citons le camarade Abou Yazan dont nous ne mentionnerons pas le nom complet pour préserver ses enfants, son épouse et sa famille des brutalités des milices d’Assad, qui a du revêtir l’uniforme sous la contrainte. Le camarade Abou Yazan a refusé de rejoindre les forces du régime lorsqu’il en a reçu l’ordre et s’est caché pendant de longs mois. Il y a environ deux mois, il a été arrêté à un barrage de l’armée, mis au cachot pour être trié immédiatement et envoyé délibé- rément de la prison à la mort inéluctable dans un des terrains de combats les plus chauds. Notre camarade est mort en martyr lors de la première confrontation avec les milices fascistes de l’EIIL le premier vendredi du mois d’août.

    Avec le martyre d’Abou Yazan, nous avons perdu un camarade actif, qui a participé notoire- ment au soutien aux déplacés. Et nous souffrons, car les circonstances de la pression sécuritaire intense ont conduit à son arrestation et à son envoi à la mort, lui, qui était un militant révolutionnaire populaire formidable.

    Et nous réaffirmons qu’une activité militante persévérante et révolutionnaire dans les rangs des soldats des forces du régime en faveur de la révolution populaire est plus qu’importante. A nous de faire de déployer d’avantage d’efforts en ce sens, notamment en garantissant un environnement sûr aux déserteurs. De même nous appelons à resserrer les rangs des forces révolutionnaires qui portent le programme de la révolution populaire, pour le triomphe de la victoire sur la contre révolution, et en premier plan sur le régime.

    Gloire à notre camarade Abou Yazan, à nos martyrs à et à tous les martyrs de la révolution populaire

    Tout le pouvoir et toute la richesse au peuple

    (Traduit de l’arabe, L. Toscane)

    http://www.lcr-lagauche.org/syrie-face-au-spectre-de-lembrigadement-et-de-larmee-de-reserve-la-fuite-sans-retour-ou-la-mort-ineluctable/