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Maroc - Page 10

  • COP 22 à Marrakech : Quelle stratégie pour les mouvements sociaux face au changement climatique ? (Cadtm)

    CC - Flickr - COP22 Marrakech COP21

    Le Maroc se prépare à accueillir la Conférence des Parties sur les changements climatiques, COP 22, à Marrakech du 7 au 18 Novembre 2016 dans un contexte d’accentuation de « crise » écologique qui est l’une des dimensions de la crise de civilisation du système capitaliste.

    Cette COP 22 se tiendra alors que les précédentes éditions ont échoué à imposer des mesures contraignantes aux super puissances industrielles afin de parvenir à une réduction des émissions de gaz à effet de serre. La priorité est de garantir les bénéfices que réalisent les multinationales extractives de charbon, de gaz, de pétrole, des minéraux et de diverses sources d’énergie, ou de l’agriculture industrielle et les ressources naturelles du sol, de la mer et du ciel. Les puissants de ce monde proposent des solutions basées sur des investissements « verts » qui accentuent les effets dévastateurs de la logique productiviste et consumériste des ressources et qui permettent l’enrichissement d’une minorité dominante au détriment du sort des générations actuelles et futures de la majorité de la population de la planète.

    Au Maroc, les politiques imposées par les institutions financières et commerciales internationales sont soumises aux mêmes objectifs d’accaparement des richesses de notre pays par des capitalistes étrangers et locaux au détriment des classes populaires et appauvries des villes et des villages. Les gouvernants tentent de minimiser la responsabilité de leurs politiques qui détruisent êtres humains et environnement. Ils évoquent les changements climatiques et établissent des projets de « développement vert » qui constituent de nouveaux chantiers pour le capital privé. Ces chantiers sont soutenus par des investissements publics qui accentuent l’endettement public et l’austérité qui en résulte, en l’absence de tout examen de leur faisabilité économique, sociale et environnementale. Ils cherchent également profiter de l’accueil de la COP 22 pour soutenir leurs offres d’investissements « verts » en mettant en avant la stabilité politique du Maroc. Les centres de décision étrangers et les grandes puissances essayent à leur tour de faire du pays « l’exception » dans la région pour poursuivre leurs politiques néocoloniales.

    D’autre part, et pour légitimer leurs politiques, ils œuvrent à contenir les organisations de la société civile par la création d’un « pôle de la société civile » au sein du comité national de supervision de la COP 22 nommé par le roi en Février 2016. Ce pôle a tracé une feuille de route qui comprend des activités régionales au niveau de 12 régions du Maroc impliquant la société civile, ainsi que divers organes de l’État et le secteur privé en préparation de la COP 22. Il a entamé récemment une tournée en Afrique pour sensibiliser les organisations non gouvernementales, des réseaux et des alliances dans 12 pays de ce continent autour des enjeux de la COP 22 et du rôle du Maroc.

    Et parmi les participants à cette dynamique officielle, on trouve la Coalition marocaine pour la justice climatique (CMJC). Elle a adhéré à la feuille de route et programmé, elle aussi, des rencontres régionales baptisées « PRE-COP 22 » dans plusieurs régions du Maroc conçues à l’image de la COP : interventions d’ « experts », exposition des initiatives sur le climat proposées par les institutions gouvernementales et le secteur privé, concertations entre différents « partenaires », etc. Tout cela en l’absence de toute critique et indépendance envers l’État et les entreprises. La CMJC contribue également à la mobilisation de la société civile à l’extérieur du Maroc telle que l’organisation du Forum Maghrébin de la justice climatique en mai 2016 à Hammamet en Tunisie. Et voilà aujourd’hui qu’elle appelle à une réunion internationale les 23, 24 et 25 Septembre à Marrakech pour couronner ces préparations.

    La société civile officielle et la Coalition marocaine pour la justice climatique contribuent ainsi à assurer une ambiance festive à la COP 22 qui permettra de faciliter les contrats de « projets verts » et la recherche de fonds et d’exclure le vrai débat sur la justice climatique lié à celui sur les choix politiques, économiques et sociaux qui perpétuent l’inégalité.

    ATTAC CADTM Maroc considère que la question des changements climatiques n’est pas une question réservée aux experts ou une question de négociations entre gouvernements. Elle est au cœur de la réalité quotidienne vécue par les citoyens et les citoyennes. Nous soutenons les luttes de toutes les catégories populaires victimes de l’injustice pour réclamer la rupture avec les politiques libérales qui sont la cause de la détérioration de nos conditions sociales et environnementales. Nous les soutenons également pour exiger leur participation à travers une démocratie réelle dans la prise de décision concernant les solutions qui devraient être fondées sur la justice sociale et l’égalité dans la répartition des richesses.

    ATTAC CADTM Maroc refuse également la cooptation de la Coalition pour la justice climatique par l’État marocain pour servir son agenda. C’est bien ça qui constitue l’essence de notre désaccord avec l’approche du Comité de pilotage qui domine aujourd’hui la CMJC ainsi que la principale raison de notre retrait de cette coalition après avoir y travaillé en tant que membre depuis sa création au début de 2016. Ceci en plus du manque de démocratie et de transparence dans la prise de décisions et l’exclusion des organisations qui militent depuis des années sur le thème de l’environnement, y compris notre association.

    En parallèle à cette dynamique semi-officielle menée par la Coalition marocaine pour la justice climatique, ATTAC CADTM Maroc est engagée avec plusieurs associations, organisations de droits humains et des syndicats dans le Réseau Démocratique pour Accompagner la COP 22 (REDACOP 22). Ce réseau vise à construire au Maroc un mouvement écologique démocratique et indépendant du pouvoir politique et économique dans notre pays et des bailleurs de fond internationaux en se basant sur les mobilisations des véritables victimes des dommages environnementaux : la classe ouvrière, les paysans pauvres, les petits pêcheurs, les habitants des oasis, les populations autochtones, etc. Le REDACOP 22 avance aujourd’hui dans la constitution de sections locales sur la base des expériences des luttes environnementales des populations locales. Dans ce cadre stratégique, nous nous mobiliserons lors de la COP 22 pour mettre en évidence les approches et les résistances en vue d’assurer une justice environnementale et sociale dans une perspective populaire.

    Ainsi notre association ATTAC Maroc organisera les 4 et 5 novembre une conférence internationale sur la justice climatique à Safi l’une des villes marocaine les plus sinistrées du point de vue environnement. Juste après, nous participerons à un autre colloque international organisé par REDACOP 22 le 6 novembre à Marrakech.

    ATTAC Maroc reste ouverte à toutes les initiatives et les formes de mobilisation en d’une véritable justice climatique durant toute la période de la COP 22 à Marrakech. Nos interventions porteront sur la dénonciation des solutions officielles trompeuses et encadrées par la logique du marché. Nous développerons des propositions d’alternatives radicales à la crise écologique qui est l’un des aspects les plus dangereux de la crise du système capitaliste.

    Secrétariat national
    15/09/2016

    Source

    Auteur.e

    ATTAC/CADTM Maroc

    membre du réseau CADTM en bref : L’Association pour la Taxation des Transactions en Aide aux Citoyens au Maroc (ATTAC Maroc) a été créée en 2000. ATTAC Maroc est membre du réseau international du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) depuis 2006. Nous comptons 11 groupes locaux au Maroc. ATTAC veut être un réseau aidant à l’appropriation par les acteurs engagés dans l’activité sociale, associative, syndicale et plus largement militante des enjeux de la mondialisation sur les problématiques de résistance sociale et citoyenne.

    www.attacmaroc.org http://arabic.cadtm.org/

    15 septembre par ATTAC/CADTM Maroc

    http://www.cadtm.org/COP-22-a-Marrakech-Quelle

  • Maroc : une prédation toxique (NPA)

    Le pouvoir qui s’apprête à accueillir la COP22 en novembre mène une politique de prédation et de projets inutiles et nuisibles.

    Ainsi la construction d’une ligne TGV de 1 500 km (plus de 100 milliards de dirhams, soit 36 % de la dette publique externe...) au profit exclusif d’Alstom. Financée par des emprunts que la population doit rembourser, cela alors qu’elle ne l’utilisera pas compte tenu des prix des billets ! Cette ligne draine les fonds publics alors que le réseau ferroviaire date d’avant l’indépendance et ne couvre pas de nombreuses régions. Chaque 10 mètres construits coûte l’équivalent d’une école dans le monde rural.

    Autre exemple : la centrale thermique de Safi au profit, entre autres, d’une filiale de GDF Suez. Le charbon utilisé est qualifié de « propre » car supposé réduire les émissions en CO2, cela dans une ville extrêmement polluée en raison des usines chimiques liées à l’extraction et transformation du phosphate. Il contient de l’arsenic et du mercure, produits toxiques, sans parler des conséquences des rejets de l’eau de la mer utilisée pour refroidir les chaudières. Les conséquences sont donc multiples : pluies acides impactant l’agriculture, le bétail, extension des maladies respiratoires, disparition des poissons alors que la ville était un des plus grands ports faisant vivre des milliers de familles exerçant une pêche artisanale.

    Dette, coupes budgétaires et expropriations...

    Autre exemple, la construction de la plus grande centrale solaire du monde à Ouarzazate. 3 000 hectares de terres collectives utilisés comme parcours d’élevage accaparés à un prix dérisoire et revendus à l’Agence marocaine pour l’énergie solaire... une société privée liée à la famille royale. La technologie utilisée repose sur l’utilisation extensive de l’eau (entre 2 et 3 millions de mètre cubes par an)... dans une région semi-aride avec des ressources en eau constamment en baisse. Les besoins de la centrale pour exporter l’énergie solaire produite seront donc satisfaits au détriment de l’irrigation et de l’eau potable. Après l’or, le diamant, le coton, le pétrole et le gaz, l’énergie solaire servira-t-elle à nouveau à maintenir la domination impérialiste ?

    À Imider, siège la plus grande exploitation minière d’Afrique exportant de l’argent vers l’Europe, les habitantEs n’ont ni route, ni dispensaire, ni école, et l’hôpital le plus proche est situé à 200 km. La surexploitation de la mine a provoqué la pollution de leur environnement immédiat au cyanure et au mercure et la confiscation de l’eau destinée à l’irrigation et la consommation.

    Tout ces projets, parmi d’autres, nourrissent la spirale de la dette, les coupes budgétaires, exproprient les terres. Les mobilisations populaires sont récurrentes : contre les industries chimiques, le pillage des ressources forestières et naturelles, la spéculation foncière, la pollution de l’air, l’importation des déchets, la surfacturation et la diminution des ressources d’eau. Il serait nécessaire que les différentes résistances, ici et là-bas, s’expriment et convergent lors de la tenue de la COP22. C’est l’enjeu des semaines à venir.

  • «Violations graves du cessez-le-feu» de 1991, selon l’Eucoco (El Watan)

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    Incursions marocaines au sud-ouest du Sahara occidental 

    La Conférence européenne de coordination et de soutien au peuple sahraoui (Eucoco) a dénoncé hier les «nouvelles agressions» contre le peuple sahraoui, rapporte l’APS citant un communiqué de son président, Pierre Galand.

    Elle qualifie les incursions militaires marocaines dans la zone tampon d’Alguergarat, au sud-ouest du Sahara occidental, de «violations graves» de l’accord de cessez-le-feu signé le 6 septembre 1991 sous les auspices des Nations unies. «Ces nouvelles agressions contre le peuple sahraoui constituent de graves violations des accords signés le 6 septembre 1991 sous les auspices des Nations unies, qui prévoyaient, sous contrôle onusien, la fin des hostilités afin de permettre le déploiement de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum d’autodétermination au Sahara occidental (Minurso)», a écrit le président de l’Eucoco, Pierre Galand, dans un communiqué.

    Rappelant que cet accord a été ratifié par les deux parties en conflit, le Front Polisario et le Maroc, le président de l’Eucoco a souligné qu’en août dernier, à plusieurs reprises, les forces d’occupation marocaines ont outrepassé le mur de séparation qu’elles ont érigé au sud d’Alguergarat au Sahara occidental. Selon l’Eucoco, «cette reprise d’opérations militaires d’envergure inquiète à plus d’un titre». Elle survient alors que le Conseil de sécurité a condamné le Maroc pour avoir exigé le départ de la composante civile de la Minurso des territoires occupés. Le Conseil de sécurité a aussi fixé un agenda précis pour son redéploiement complet, a expliqué son président dans le communiqué.

    Le Maroc, a-t-il poursuivi, vient en outre de subir plusieurs revers diplomatiques en Europe, à l’Union africaine et à l’ONU. Pierre Galand a rappelé que la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a annulé, le 10 décembre 2015, l’accord agricole — conclu dans le cadre de l’accord d’association avec le Maroc — au motif qu’il ne respecte pas les frontières internationalement reconnues du royaume. Il a fait remarquer, en outre, que le Maroc vient de se faire recadrer par l’Union africaine qu’il «prétendait vouloir rejoindre à la condition que la République arabe sahraouie démocratique en soit exclue». Il a souligné que l’UA a réservé une fin de non-recevoir à sa demande. L’Eucoco a relevé aussi la réaction du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, qui a chargé son envoyé personnel, Christopher Ross, de relancer les négociations pour une proposition «formelle», rappelant que l’ONU considère le Sahara occidental comme «territoire non autonome» dont il a la responsabilité, notamment d’y conduire un référendum d’autodétermination.  

    Soutenant la demande du secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, qui a appelé l’ONU à forcer par «des mesures immédiates et décisives» l’arrêt des agressions marocaines, le retour de toute la compo- sante de la Minurso et la mise en place d’un poste de contrôle de la Mission à Alguergarat, l’Eucoco a exhorté le Conseil de sécurité à «agir en urgence». L’Eucoco a ainsi plaidé pour qu’une solution pacifique, conforme au droit international, «permette sans retard la libre expression du peuple sahraoui» dans un contexte sécurisé par l’ONU, conformément aux résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies.

    R. I.  06.09.16

    http://www.elwatan.com/international/violations-graves-du-cessez-le-feu-de-1991-selon-l'eucoco

     

    Lire aussi:

    Escalade marocaine à Alguergarat au Sahara occidental

    La Commission de l’Union africaine appelle à la reprise des négociations

  • Maroc : La lutte des prisonniers politiques arrive à un stade critique (Tendance Claire)

    Prisonniers politiques détenus à Meknès

     

    La lutte des prisonniers politiques marocains pour des droits aussi élémentaires que le droit au soin, aux visites, à une nourriture de base saine, à l’hygiène, à la poursuite des études se poursuit malgré le black out médiatique.

    Ces prisonniers subissent quotidiennement des humiliations et des mauvais traitements, plusieurs d’entre eux sont détenus sans procès, d’autres ont été condamnés dans des caricatures de procès à des peines extrêmement lourdes (jusqu’à 40 ans de prison !).

    Le nombre de ces prisonniers ne cesse de grandir puisque les arrestations dans les milieux militants se poursuivent et que se multiplient aussi les situations d’enlèvement (comme cela a été le cas par exemple pour Zouhir Alaichi, enlevé le 20 août 2016, en plein jour, dans une rue de la ville de Larache).

    A la mi-août 2016, parmi les initiatives de luttes des prisonniers, ont été recensés les mouvements de grève de la faim suivants, dans l’ensemble du pays : 


    - A la prison de Toulal 2 de Meknès, Rédouan Almali, Hamza Al Hamadi, Yassin Rahal, Ibrahim Kassimi, Ibrahim Attahiri en étaient à leur 80e jours de grève de la faim ; leur état de santé a été reconnu critique, particulièrement celui d’Ibrahim Attahiri. 


    - A la prison de Toulal 3 de Meknès, Ikram Bourhim, Zakia Biya, Fatima Ezzahra Sahik étaient en grève de la faim depuis plus de 24 jours (voir notre article). 
     

    A la prison de Marrakech, les manifestants estudiantins arrêtés le 19 mai (voir notre article) ont mené à leur tour une grève de la faim de 48 heures comme premier avertissement avant d’aller plus loin si leurs revendications n’étaient pas prises en compte. Ce sont Myriam Aamani, Lahcen Elamrani, Nabil Elkafifi, M’Barek Talibi, Mounaatif Chadi, Mohamed Boukhliki, Mohamed Elharaoui, Fouad Atouni, Badr Azahraoui, Abdelmounin Elismaili, Abdelmounin Maji, Hassan Raji et Hamid Hamza.

    A la prison Aïn Kadouss, de Fès, Mounir Al Ghazoui, Zakaria Al Azouzi, Zouhair Saber, Jaber Rouijel, Ahmed Fahmi sont en grève de la faim ouverte depuis le 18 août.

    A la prison de Touchka et d’Errachidia, Hassan Koukou, Mounir Aitkhafou, Soufian Esserhir, Hassan Onmouch – tous condamnés à 5 ans de prison - ont mené une grève de la faim de 48 heures. 
    - A la prison Raas Almaa, de Fès, Bouchta Aljanati, Noaman Munbaddine étaient en grève de la faim depuis le 18 juillet.

    Prisonniers politiques détenus à Meknès

    Maryam Ammani, détenue à Marrakech, est en grève de la faim ouverte depuis 10 jours.

    http://www.secoursrouge.org/Maroc-La-lutte-des-prisonniers-politiques-marocains-a-un-stade-critique

    http://tendanceclaire.org/

  • Le coup de sang printanier de Mohamed 6 empêtre diplomatie et justice marocaines (Afriques en Luttes)

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    Marchandage au Conseil de Sécurité de l’ONU, agitation médiatique en Afrique, effet d’annonce au Maroc… tout y est passé pour masquer l’embarras d’un colonisateur dos au mur, face à un peuple qui ne démord pas de son droit international à l’autodétermination.

    Rappel des faits :

    En mars 2016, le roi du Maroc expulsait 75 membres civils de la MINURSO, chargés principalement de l’organisation du référendum d’autodétermination au prétexte que Ban Ki-moon aurait évoqué la partie occupée du Sahara occidental. Expulsion accompagnée d’une campagne médiatique d’insultes à l’égard du Secrétaire général de l’ONU. Le roi du Maroc mettait ainsi au défi l’organisation internationale.

    Fin avril 2016, le Conseil de sécurité de l’ONU en renouvelant le mandat de la MINURSO, donnait trois mois au Maroc pour rétablir la mission dans sa plénitude. Trois mois, c’est court pour se sortir d’une telle injonction sans perdre la face !

    Ce fut donc l’heure de nouvelles diversions : à la mi-juillet, en marge du sommet de l’Union Africaine, le Maroc annonce avoir exprimé son intention en vue d’intégrer l’Union Africaine, alors qu’il a quitté l’Organisation de l’Unité Africaine en novembre 1984 après l’admission de la RASD. Contrairement à ce que certains médias marocains ont sous-entendu, le sommet de l’UA n’a pas traité de la question. C’est l’ami du roi, Idriss Dehbi président en exercice de l’UA, qui fut chargé de remettre une lettre d’intention à Nkosazana Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’Union africaine.

    La lettre du roi du Maroc est d’ailleurs méprisante à plus d’un titre pour les pays africains et les dirigeants de l’époque. L’adhésion de la RASD est qualifiée « d’effraction, de connivence » (…) « une tromperie, un détournement de procédures, au service d’on ne sait quels intérêts. Un acte comparable à un détournement de mineur, l’OUA étant encore, adolescente à cette époque » (…) « une erreur historique et un legs encombrant. » Et de s’interroger sur une « contradiction évidente » de la position de l’Union africaine avec la légalité internationale ! De la part d’un monarque qui ne respect ni ses lois, ni les conventions qu’il signe, ni la Charte des Nations Unies, c’est pathétique ! Au final il estime (en toute modestie) qu’il lui sera plus facile de « soigner de l’intérieur que de l’extérieur » le « corps malade » de l’UA !

    La réponse de la Commission fut claire : l’Acte constitutif de l’Union africaine « ne contient pas de disposition relative à l’expulsion d’un membre quelconque de l’Union ».

    Le roi du Maroc ne ménage pas ses efforts du pour se faire des alliés parmi les dirigeants africains. Outre les investissements qu’il fait à droite, à gauche, et qui rapportent à sa holding ou celles de ses partenaires, il se pare de la lutte antiterroriste en formant des imams d’Afrique de l’ouest et envoyant son armée dans des pays qui devront bien sûr lui en être reconnaissants. Etonnant que le commandeur des croyants ne s’inquiète pas plus sur les motivations des vocations djihadistes de ses ressortissants qui fuient le pays.

    Fin juillet, le Conseil de Sécurité de l’ONU entérinait le retour de 25 membres de la MINURSO sans donner de délai au Maroc pour revenir à la plénitude de sa capacité. Le lendemain on annonçait au Maroc l’annulation du verdict du Tribunal militaire de Rabat par la Cour de Cassation qui avait condamné en février 2013, vingt-trois civils sahraouis (incarcérés depuis 27 mois), à des peines de prison de 2, 20, 25, 30 ans et allant à la perpétuité pour 9 d’entre eux. Un verdict énoncé sans preuve, sur la base de rapports de police et d’aveux extorqués sous la torture, au cours d’un procès dont les organisations internationales de défense des droits de l’homme indépendantes ont dénoncé le manque d’équité. Un procès qui n’a pas fait la lumière sur ce qui s’est passé lors du démantèlement violent du campement de Gdeim Izik comme l’attendaient les familles des victimes.

    Une nouvelle fois, lors de la séance de cassation, la loi n’a pas été respectée.

    Les avocats des condamnés ont été prévenus deux jours avant sa tenue et non cinq jours, ce qui a empêché les avocats sahraouis d’y assister. L’avis de cassation de leur procès a été remis à chacun des prisonniers le 29 juillet, avec un renvoi devant la Cour d’appel de Rabat, sans indication de la motivation de la cassation, sans avis de détention préventive, ce qui aurait dû, en toute logique, conduire à leur libération immédiate… ce n’est pas le cas, ils sont embastillés depuis 5 ans et 9 mois, dont 27 mois de détention provisoire !

    Autre illégalité : le renvoi devant le Tribunal de Rabat alors que les faits reprochés aux militants se sont déroulés au Sahara occidental, leur pays d’origine occupé par le Maroc.

    Or, ni l’ONU, ni aucun pays au monde, n’a reconnu la souveraineté du royaume sur le Sahara occidental. Le Maroc ne peut même pas prétendre au statut de puissance administrante, ce qui l’obligerait à rendre régulièrement des comptes aux Nations Unies. Non, le Maroc est une puissance occupante au titre du droit de la guerre édicté par les Conventions de Genève dont il est partie tout comme le Front Polisario. Dans ce cadre, il lui est interdit de déplacer les ressortissants du territoire occupé hors de leurs frontières. S’il peut tenir procès contre ces militants, c’est à l’intérieur du seul territoire du Sahara occidental. Et ce procès devra bien sûr être équitable et transparent, respectant les droits de la défense internationalement reconnus. En l’occurrence les procès verbaux comportant des aveux obtenus sous la torture ne pourront plus être retenus comme preuves.

    Cette annonce de la cassation n’est-elle pas une nouvelle façon de « jouer la montre » pour le monarque conscient que le référendum, qui interviendra un jour ou l’autre, est perdu d’avance pour lui ?

    Ce que redoute le Palais, et qui devrait tomber au cours de la seconde quinzaine d’août, c’est la décision du Comité contre la torture de l’ONU à propos de la plainte de Naâma Asfari pour les tortures qu’il a subies lors des interrogatoires à l’origine des procès verbaux de police, seules preuves pour sa condamnation à 30 ans de prison. Si cette décision demandait la libération du militant sahraoui, elle devrait en toute logique entraîner celle de ses 23 compagnons qui ont subi les mêmes traitements inhumains et dégradants, auxquels on a opposé les mêmes « preuves » et infligé les mêmes peines, voir la perpétuité.

    Mais ni la logique ni la légalité ne sont de mise au Maroc, et comme disent les Sahraouis « Au Maroc il n’y a pas de loi, il n’y a que le roi ».

    Michèle DECASTER 22 août 2016

    Source : http://afaspa.com/

    http://www.afriquesenlutte.org/afrique-du-nord/republique-sahraouie

    Lire aussi:

    http://www.algeria-watch.org/lsahara_occidental/polisario-denonce_operation

  • Mohamed Lamine Bouhali, dirigeant du Front Polisario (Algeria Watch)

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    «Nous ne voulons pas la guerre mais les conditions nous y poussent»

    Ni guerre ni paix. Depuis le cessez-le-feu en vigueur depuis 1991, le conflit sahraoui est bloqué dans un statu quo de plus en plus intenable. Alors la monarchie marocaine – force occupante – mise sur l’usure.

    La République sahraouie, elle, s’emploie à briser l’impasse et réaffirme sa détermination. Si ce n’est pas par les négociations qui jusque-là n’ont pas abouti à une solution, ça sera par la reprise de la lutte armée, menacent les dirigeants sahraouis.

    «Non pas par choix, mais ce sont les conditions qui nous y poussent», a défendu l’ex-ministre de la Défense sahraoui, Mohamed Lamine Bouhali, hier, au Forum du quotidien gouvernemental Echaâb. Figure historique du Front Polisario, M. Bouhali est revenu longuement sur les années de lutte armée et celles d’un long processus de paix qui depuis le cessez-le-feu n’a pas permis le règlement du conflit. «Nous avons connu seize ans de lutte armée pour l’indépendance de notre pays où le peuple sahraoui a montré son attachement à son indépendance te sa souveraineté. Au terme d’une guerre implacable, la monarchie marocaine a fini par accepter de s’asseoir autour d’une table pour la fin du conflit pour permettre à notre peule de s’autodéterminer. Mais hélas, nous avons constatés que depuis le début des négociations et la mise en place de la Mission de nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidentale (Minurso), les Nations unies n’ont pas pu faire respecter ses propres résolutions et appliquer la légalité internationale», a regretté celui qui occupe depuis le 14em congrès du Front Polisario le poste du ministre de la Construction.

    «Le peuple sahraoui ne peut plus rester les brais croiser indéfiniment. Nous avons trop attendu et la patience a atteint ses limites. Nous ne voulons pas la guerre, ça n’a jamais été notre choix. Mais si rien n’est fait les conditions dans lesquelles se trouve le conflit va sans doute pousser à la reprise de la lutte armée», menace le dirigeant sahraoui. Le Front Polisario qui a perdu, cette année, son leader charismatique Mohamed Abdelaziz n’entend pas changer de cap ou de stratégie.

    «La disparition du frère Mohamed Abdelaziz est grande perte pour nous, mais elle n’a pas entamé la détermination du peuple sahraoui à lutte jusqu’au recouvrement de sa souveraineté et à l’accession à son indépendance », réaffirme Mohamed Lamine Bouhali. Il assure que le 14em congrès extraordinaire tenu début juillet dernier, le Front Polisario «a renouvelé son serment, a consolidé ses rang et surtout a renforcé sa volonté de continuer le combat pour la libération nationale», a clamé M. Bouhali qui préside également l’université d’été du Front Polisario qui se tient en ce moment dans la ville de Boumerdès. Tel un renard du désert rompu à combats armés, Mohamed Lamine Bouhali ne manier pas uniquement les armes, il sait également envoyer «des missiles» diplomatiques contre la monarchie marocaine.

    Cette dernière «est une puissante expansionniste qui déstabilise toute la région par sa politique du fait accomplis et son entêtement à bloquer les résolutions des Nations unies. Il apparaît évident aux regards de la communauté internationale que c’est le Makhzen qui empêche le règlement du conflit sahraoui par le refus de son application de la légalité internationale», tance-t-il. Non sans rappeler l’épisode de la MINURSO chassée par le gouvernement marocain des territoires occupés. Au passage, le responsable de la république sahraouie enfonce encore la monarchie marocaine en l’accusant «d’inonder toute la région par la drogue. C’est l’autre guerre que mène le Maroc à ses voisins». Mohamed Lamine Bouhali n’a pas non plus épargné les puissances occidentales en les accusant de «complicité dans la colonisation du Sahara occidental».

    La république sahraouie peut compter sur essentiellement le fort soutien qui lui apporte le continent africain et les pays d’Amérique latine. La tentative de la Monarchie marocaine d’isoler la RADS au sein de l’Union africaine a subi un refus catégorique de l’organisation continentale. Cependant les batailles diplomatiques remportées par la RASD aussi importantes soient-elles ne renversent pas le rapport de force. Les puissances internationales qui, malgré les admonestations du secrétaire générale de l’ONU Ban-ki Moon et de son envoyé personnel le diplomate américain Christopher Ross, ne poussent pas sérieusement dans la direction du règlement d’un conflit qu’elles considère comme étant de «basse intensité». Mais jusqu’à quand !

    Hacen Ouali El Watan, 16 août 2016

    http://www.algeria-watch.org/sahara_occidental/conditions_guerre

    http://www.yabiladi.com/polisario-saisit-l-onu-suite-penetration

     

  • Au Maroc, les minorités religieuses se sentent constamment surveillées (Al Huff' Maghreb)

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    LIBERTÉS RELIGIEUSES - Au Maroc, les groupes religieux minoritaires se sentent constamment surveillés par les autorités. La conclusion est celle du Département américain des droits de l’Homme qui vient de publier, cette semaine à Washington, son dernier rapport sur les libertés religieuses dans le monde pour l’année 2015.

    Selon les Etats-Unis, le gouvernement marocain "aurait détenu et interrogé des chrétiens marocains sur leurs croyances et les contacts qu’ils ont avec les autres chrétiens" du pays. Le Maroc refuserait également de fournir des documents administratifs aux "chrétiens locaux" ainsi qu’aux pratiquants du bahaïsme et du chiisme.

    Les représentants des groupes religieux minoritaires ont dit craindre la surveillance du gouvernement, ce qui les a conduit à s'abstenir de pratiquer leurs cultes en public, estime le département américain. Ces groupes préfèrent désormais se rencontrer discrètement dans les maisons des membres de ces communautés, selon le même rapport.

    Le rassemblement pro-Palestine

    Ce dernier regrette également les mises en scène antisémites du rassemblement pro-palestinien, organisé le 25 octobre dernier à Casablanca. Dans des photos et vidéos qui avaient alors circulé sur internet, on pouvait voir des manifestants déguisés en religieux juifs pointés par des fusils tenus par des hommes aux visages cachés par des keffiehs.

    Le Collectif des citoyens marocains contre l’incitation au meurtre des juifs au Maroc, composé de citoyens juifs et musulmans, était notamment monté au créneau pour dénoncer ces dérapages "au ton assassin" qu'il considère préoccupants "pour la sécurité physique des citoyens marocains de confession juive".

    "Bien que les Juifs ont dit qu'ils ont continué à vivre leur culte en toute sécurité au Maroc, les participants à un rassemblement pro-palestinien à Casablanca en octobre dernier ont organisé un simulacre d'exécution d'individus déguisés en juifs hassidiques", rappelle le département U.S dans son rapport.

    Les Américains n’ont pas également manqué de rappeler que plusieurs personnes avaient été arrêtées pendant le ramadan dernier pour avoir mangé en public.

    Ce dernier note toutefois quelques points positifs sur les libertés religieuses au Maroc. Parmi eux, le fait que le gouvernement ait "permis aux communautés chrétiennes étrangères d’assister à des services religieux dans des lieux approuvés".

    Le contrôle des mosquées

    Aussi, "le ministère des Habous et des affaires islamiques a continué à contrôler le contenu des sermons dans les mosquées, l'enseignement religieux islamique et la diffusion de matériel religieux islamique par les médias audiovisuels". Il a également "continué de restreindre la distribution de matériel religieux non-islamique, ainsi que des matériaux islamiques jugées incompatibles avec l'école malékite de l'islam sunnite", souligne-t-on.

    Le rapport rappelle enfin que la Constitution marocaine considère que le pays est un Etat musulman souverain et que l'islam est sa religion. "La Constitution garantit la liberté de pensée, d'expression et de réunion, et dit que l'Etat garantit le libre exercice des croyances à tout le monde".

  • Maroc: lettre ouverte en réponse aux contre-vérités sur la dette publique (Cadtm)

     

    À M. Abdelilah Benkirane, Chef du gouvernement du royaume du Maroc

    Objet : En réponse à vos contre-vérités sur la dette publique

    Monsieur le chef du gouvernement,

    J’ai écouté avec beaucoup d’intérêt votre réponse à la question relative « à la gestion de la politique publique dans le domaine de l’endettement extérieur et son impact sur l’investissement et les défis de la régionalisation » |1|, lors de la séance publique de la Chambre des conseillers (sénat) le 19 juillet 2016. Ce thème nous intéresse au plus haut point au sein de l’Association pour la taxation des transactions et en aide aux citoyens (ATTAC) au Maroc car nous sommes membre du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes. Notre réseau international milite pour l’annulation immédiate et sans conditions des dettes illégitimes au Nord comme au Sud, ainsi que l’annulation des dettes odieuses et enfin le CADTM se fixe comme objectif l’abandon par les États des Programmes d’ajustement structurel (PAS).

    En premier lieu, je voudrais vous remercier pour votre franchise. C’est la première fois qu’un responsable gouvernemental reconnaît publiquement l’existence de conditionnalités fixées par le FMI au Maroc afin de bénéficier de prêts. Cet aveu confirme ce que nous ne cessons de dénoncer depuis des années, la perte de la souveraineté nationale. Votre déclaration à la 2e chambre du parlement marocain contredit les propos de votre ministre des Finances qui ne cesse d’assurer que le Maroc ne s’engage pas sur des conditionnalités auprès du FMI. Le gouverneur de Bank al-Maghrib, la banque centrale du Maroc, assure aussi qu’il « n’y a point de conditionnalités ». Ces deux responsables signent pourtant la lettre d’intention au nom du Maroc, destinée au FMI concernant la Ligne de précaution et de liquidité |2|.

    M. le chef du gouvernement,

    Votre réponse au sujet du jour a comporté beaucoup de contre-vérités enveloppées dans un discours démagogique. Malheureusement, à force de prêter l’oreille aux conseils du FMI, votre foi dans le capitalisme et ses piliers (les équilibres macro-économiques, le libre marché, le libre-échange, la privatisation des services publics) vous aveugle.

    Permettez-moi à ce propos de vous présenter quelques réponses différentes des vôtres au sujet de la dette publique marocaine. Ces réponses contrediront ce que vous avez l’habitude d’entendre chez les experts du FMI et des autres institutions financières internationales et même des experts du ministère des Finances.

    La dette est-elle un choix naturel ?

    « La trésorerie d’un État est comme celle d’une famille, ses dépenses dépassent toujours ses recettes. Donc, comme pour les familles, l’endettement de l’État n’est pas un problème ». C’est en ces termes simplistes que le chef du gouvernement s’est adressé aux Marocains pour les rassurer face à la hausse continue de la dette publique. Mettons de côté que la comparaison entre budget d’une famille et d’un État est complètement inopérante, mais prétendre que l’endettement privé ou public est tout à fait naturel est faire preuve soit de mauvaise foi soit d’une méconnaissance des bases de l’économie.

    Dans le contexte où un État ne garantit pas un revenu décent, des services publics et une protection sociale de qualité, les ménages marocains ont recours de manière massive à l’endettement. La dette privée finance l’accès aux services de base et même aux besoins vitaux des familles. L’usage des micro-crédits pour ce type de dépenses est la preuve vivante de cette situation d’endettement des ménages. Le cas de centaines de femmes marocaines au sud et à l’est du pays témoigne de cette situation.

    Pour sa part, la dette publique est un instrument utilisé par les créanciers pour faire main basse sur les ressources et peser sur les choix politiques et économiques des pays dans le cadre d’une nouvelle forme de colonialisme. Dans la majorité des pays du Sud, le remboursement des dettes dépasse de loin ce que dépensent ces pays pour la santé, l’éducation, le développement rural et la création d’emploi.

    À titre d’exemple, il est prévu que le service de la dette du trésor marocain en 2016 s’élève à 69 milliards de dirhams, soit 17% des dépenses du Budget général de l’État (BGE). Le service de la dette représente une fois et demie le budget de l’éducation, cinq fois le budget de la santé, cent fois le budget de la culture et cent fois le budget du département de la femme, de la famille, du développement social et de la solidarité. Concrètement, si un État consacre autant de ressources de son budget pour rembourser une dette empruntée dans les années 80 et 90, toute possibilité de développement économique et social est à enterrer.

    « Le Maroc est un bon payeur »

    « Le Maroc a une excellente réputation auprès des banques et des institutions financières, nous remboursons tout ce que nous empruntons », vous targuiez-vous avec fierté et – peut-être-naïveté devant les députés. Sauf qu’en tant que chef du pouvoir exécutif vous avez oublié de signaler que le Maroc a même remboursé la dette du colonisateur français qui a emprunté aux noms de nos ancêtres des dettes colossales. Et que même après son départ le peuple marocain a continué à rembourser cette dette jusqu’aux années 90. Je rappelle ici que l’entrée du colonialisme français et espagnol s’est fait par le biais du piège de l’endettement.

    J’aurais pu partager votre fierté, M. le chef du gouvernement, si vous aviez pu auditer les dettes du Maroc empruntées durant les Années de plomb |3|. J’aurais pu être heureux de savoir où est parti l’argent du programme d’urgence pour la réforme de l’école marocaine ? Au lieu de faire valoir vos prérogatives, vous avez préféré verser des larmes de crocodile.

    « La dette, un choix politique »

    « L’État fait le choix de l’endettement pour financer l’investissement, c’est une décision politique ». C’est ainsi que vous justifiez l’envolée de l’endettement. Vous avez vu juste : l’endettement est une décision politique. L’endettement sert, in fine, les intérêts des classes dominantes. Au lieu de procéder à une réforme fiscale radicale et à la refonte du modèle économique actuel, vous préférez financer le déficit budgétaire par l’endettement, tout en réduisant les budgets d’investissement des départements sociaux. Cet endettement est une solution de facilité et hypothèque l’avenir des générations futures.

    « Vous croyez que les grands chantiers c’est gratuit ? Vous allez les payer ! »

    Avec « l’élégance » |4| du chef de gouvernement que vous êtes, vous avez assailli les Marocains par des propos médisants et insultants. Vous venez au parlement pour nous dire que la politique des grands chantiers ne tombe pas du ciel. La station solaire Noor |5|, le TGV, les autoroutes, etc, sont financés par de l’endettement et nous allons les payer pour les décennies à venir. Quelle découverte, M. le chef du gouvernement ! Les Marocain-e-s n’ont pas besoin que quelqu’un leur apprennent des choses sur leur pays. Le premier et dernier à financer ces projets est le peuple marocain par le biais de l’endettement et de la privatisation des entreprises publiques. Ces projets avalent une bonne partie du budget de l’État depuis quinze ans, ils sont priorisés sur les projets sociaux. Venir maintenant nous faire la leçon sur ce sujet : Non merci !

    Au sujet de l’effet supposé de ces projets sur la relance économique et l’attractivité du pays, permettez-moi de douter de la réalisation de cette prophétie. Prenons le cas du TGV Tanger-Kénitra |6|. Ce projet coûtera aux Marocains plus de 25 milliards de DH, financés entièrement par l’endettement extérieur et intérieur. Ce projet est synonyme de deux choses : l’absolutisme et le népotisme au Maroc, deux fléaux que vous vouliez combattre selon votre programme électoral. Ce projet symbolisme l’absolutisme politique car il a été décidé sans concertation et dans le cadre d’un deal politique entre la France du temps de la présidence Sarkozy et le régime marocain |7|.

    La dette et les dons du TGV sont conditionnés. Ceci veut que la France nous a « offert » des prêts avec des taux d’intérêts bas, pour s’assurer les gros marchés prévus dans le cadre du TGV. Tout le TGV marocain sera livré clef en main par la France, la maintenance incluse, le tout sans appel d’offres. C’est ici que le bât blesse, M. le chef du gouvernement, le Maroc a emprunté des sommes colossales pour financer un projet -plutôt un éléphant blanc- avec un impact social limité sur la population. Au même moment, des deniers publics sont transférés sous forme de marchés et de remboursement de la dette au capitalisme local et étranger.

    Pour toutes ces raisons, nous considérons, au sein d’ATTAC Maroc, membre du réseau CADTM, que l’endettement n’est pas une fatalité ou une mesure technique. La dette publique (externe et interne) engendre un transfert massif de richesses des peuples du Sud vers les prêteurs, les classes dominantes locales prélevant leur commission au passage. Tant au Nord qu’au Sud de la planète, la dette constitue un mécanisme de transfert des richesses créées par les travailleurs-euses et les petit(e)s producteurs-trices en faveur des capitalistes locaux et étrangers.

    Le piège de l’endettement se resserre sur le Maroc de nouveau (la dette publique représente 82% du PIB). Ce cercle infernal de la dette est une des figures du transfert du poids des réformes économiques d’une classe à une autre. Pourtant, cette dette est insoutenable économiquement et socialement |8|

    Enfin, j’ai le regret de vous informer que durant les quatre ans de votre mandat, vous étiez un ardent défenseur de ce transfert et à la pointe de l’offensive contre les classes populaires.

    Veuillez agréer, M. le chef du gouvernement, mes salutations distinguées.

    11 août  Salaheddine Lemaizi Militant d’ATTAC Maroc

    PS : Nous aurions aimé vous inviter à l’une de nos activités autour du thème de l’endettement, mais votre ministre à l’Intérieur (membre essentiel et décisif au sein de votre gouvernement), continue d’interdire ces activités et à harceler nos militant-e-s. À défaut de vous inviter, le site web de l’association et du réseau CADTM sont à votre disposition pour vous proposer une nouvelle perspective sur ce sujet .

    http://www.cadtm.org/Lettre-ouverte

  • Un bateau marocain à la Gay Pride d'Amsterdam (El Huff' Maghreb)


     
     

    LGBT - Des Marocains étaient présents au défilé de la Gay Pride à Amsterdam, qui s'est déroulée le samedi 6 août dans l'après-midi. Ils ont défilé à bord d'un bateau arborant les couleurs du drapeau marocain.

    Le message "Join our freedom, feel free to join us" était inscrit sur le bateau. Comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus, les personnes à bord du bateau marocain brandissaient pour certains des pancartes appelant à l'abrogation de l'article 489 du Code pénal, qui criminalise les relations homosexuelles.

    D'autres hissaient le drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté LGBT, ou encore le drapeau amazigh, tandis que des passagers portaient des petites pancartes avec les inscriptions "fier", "liberté" ou "vie".

    Les Pays-Bas sont le premier pays au monde à avoir légalisé le mariage homosexuel en 2001. La Gay Pride d'Amsterdam, connue aux Pays-Bas sous le nom de Canal Pride, est un rendez-vous annuel incontournable pour la communauté gay.

    Entre 300.000 et 400.000 personnes étaient présentes à Amsterdam pour voir défiler les péniches colorées sur les canaux de la ville.

    En 2014, un bateau marocain conduit par le mouvement M.A.L.I avait participé à la Gay Pride d'Amsterdam. Vêtus d’une tunique rose avec une grande étoile chérifienne, les manifestants avaient défilé le long du canal de la ville.

  • Au Maroc, le chômage touche surtout les jeunes (Le Huff' Maghreb)

    CHOMAGE
     

    CHÔMAGE - Le Haut-commissariat au plan (HCP) vient de publier une note d'information sur la situation du marché du travail au deuxième trimestre de 2016. Première conclusion: le taux de chômage est passé de 8,7% à 8,6% entre le deuxième trimestre de 2015 et celui de 2016, soit une baisse de 0,1 point.

    La population active en chômage a enregistré une baisse de 1,7% au niveau national, passant de 1.041.000 à 1.023.000 chômeurs, entre les deux périodes, soit 18.000 chômeurs en moins (36.000 en moins en milieu urbain et 18.000 de plus en milieu rural).

    Le taux de chômage est, lui, passé de 13,4% à 12,8% en milieu urbain et de 3,3% à 3,7% en milieu rural, note le HCP, soulignant que les baisses les plus importantes du taux de chômage ont été relevées parmi les personnes ayant un diplôme (-0,7 point) et les adultes âgés de 35 à 44 ans (-0,5 point).

    Il demeure en particulier élevé chez certaines catégories de la population. Ainsi, parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans, le taux de chômage a été de 21,5% et de 38,8% parmi les citadins d'entre eux, contre 8,6% pour l’ensemble des personnes âgées de 15 ans et plus.

    L’analyse des principales caractéristiques de la population active en chômage révèle que plus de huit chômeurs sur dix (80,3%) des citadins, près des deux tiers (63,6%) sont âgés de 15 à 29 ans, près du tiers (31,8%) détiennent un diplôme de niveau supérieur, plus de la moitié (54,3%) sont des primo-demandeurs d’emploi et près de sept chômeurs sur dix (69,3%) chôment depuis une année ou plus.

    Par ailleurs, environ un tiers (29,3%) se sont retrouvés en situation de chômage suite au licenciement (23,4%) ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur (5,9%).

    Au deuxième trimestre 2016, l'effectif des personnes découragées par la recherche active d'emploi a atteint 68.000 personnes, ce qui correspond à 6,6% du volume global du chômage, contre 5,1% une année auparavant.

     

    http://www.huffpostmaghreb.com/2016/08/06/maroc-chomage-jeunes

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    Au Maroc, le chômage a reculé en 2015 mais continue de frapper les jeunes diplômés