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Maroc - Page 11

  • Maroc : Attaque contre le droit de grève (Anti-K)

    Présenté et défendu par le ministre de l’emploi et des affaires sociales, le projet de loi organique relatif au droit de grève est en examen depuis le 28 juillet au Conseil de gouvernement.

    En cas très probable d’approbation, ce texte sera ensuite soumis aux parlementaires. Le projet de loi énumère les parties autorisées à appeler à la grève. Il s’agit d’abord du syndicat le plus représentatif au niveau de l’entreprise ou l’institution. Si cette condition n’est pas satisfaite, c’est le syndicat qui a le plus grand nombre de délégués. En dernier recours, en cas d’absence de toute représentation syndicale au sein de l’établissement en question, ce serait à la simple majorité des salariés d’appeler à cette grève.

    Le texte interdit en principe aux employeurs de recourir à la sous-traitance pour pallier le manque d’effectif durant cette grève, mais si les salariés refusent d’assurer un « service minimum », les employeurs peuvent, sur ordre de justice, de recourir à d’autres salariés pour garantir la continuité des activités. Par ailleurs, en cas d’arrêt de cette grève d’un commun accord, la loi 23 interdit aux employés de mener une grève pour les mêmes motifs et ce, dans un délai d’une année suivant l’arrêt ou l’annulation de la grève. La loi interdit de grève : les magistrats, les militaires, les fonctionnaires (douaniers, policiers etc.) porteurs d’armes.

    2 août 2016

    http://www.secoursrouge.org/Maroc-Attaque-contre-le-droit-de-greve

    http://www.anti-k.org/maroc-attaque-contre-le-droit-de-greve

  • Comment Mohammed VI s’enrichit (Anti-k)

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    Maroc: les rayons très argentés du « Roi soleil »

    Les « Panama papers » ont révélé que le secrétaire particulier du roi du Maroc possédait deux sociétés offshore qui lui permettaient de gérer un hôtel particulier à Paris et un somptueux trois-mâts. En novembre  2015 déjà, le magazine américain Forbes estimait à 5 milliards de dollars la fortune du roi Mohammed VI, le double de ce qu’elle était en 2011 au début du printemps arabe. Pour les responsables de la Société natio- nale d’investissement (SNI), un mastodonte financier contrôlé par la famille royale, le secteur des énergies renouvelables est le nouveau trésor de guerre sur lequel le « Roi soleil » entend projeter ses rayons bien argentés.

    Le 6 février 2016, Mohammed VI inaugure en grande pompe le projet Noor 1, l’une des plus grandes centrales solaires au monde sous le soleil radieux de la ville de Ouarzazate, au sud du royaume. Grâce à ses paysages désertiques parsemés d’oasis, sur fond de cimes enneigées, cette ville berbérophone reste une destination très prisée des réalisateurs de films historiques à grand budget1. Le soleil y est présent presque toute l’année. Parmi les invités d’honneur, la ministre française de l’écologie, Ségolène Royal, pour qui le projet est «  un formidable espoir pour tous les pays qui ont beaucoup d’ensoleillement et des terres désertiques  ». D’une puissance de 160 mégawatts, cette centrale est la première d’un vaste parc solaire qui devrait produire d’ici 2018 plus de 500 mégawatts d’énergie photovoltaïque.

    La presse est quasi unanime : l’événement est salué tant par les médias marocains — mais faut-il s’en étonner  ? — qu’étrangers, notamment français. Sous un même titre, «  Le Roi soleil  », le magazine marocain TelQuel et le quotidien français Libération indiquent que le royaume devient ainsi un «  leader mondial  » et que de tels projets renforceront l’autonomie du royaume vis-à-vis des énergies fossiles. Depuis dix ans, le Maroc s’est en effet lancé dans un important processus visant à atteindre cet objectif, en mobilisant des fonds considérables pour la mise en place des infrastructures appropriées. Mais l’ampleur des dépenses engagées et l’importance de ces projets suscitent des interrogations sur la manière dont ils sont conduits de bout en bout, et notamment le rôle que joue la monarchie en tant qu’opérateur financier privé.

    Trésor de guerre

    Le 7 mars 2016, un marché public pour la construction de cinq parcs éoliens d’un montant de 12 milliards de dirhams (1,1 milliard d’euros) a été remporté par un consortium composé de Nareva Holding, Enel et Siemens. Il aura la charge de «  développer, concevoir, financer, construire, exploiter et assurer la maintenance  » de ces parcs éoliens situés dans cinq régions du royaume : Midelt (150 MW), Tiskrad (300 MW), Tanger (100 MV), Jbel Lahdid (200 MW) et Boujdour (100 MW).

    Filiale de la Société nationale d’investissement (SNI), le groupe financier contrôlé par le roi Mohammed VI, Nareva Holding a été créée en 2006.

    Elle se définit aujourd’hui comme leader dans le secteur des énergies renouvelables. Le fait que Nareva ait remporté le marché du 7 mars 2016 ne surprend plus aucun observateur économique : ce n’est pas la première fois que cette entreprise royale gagne un méga-appel d’offres portant sur le secteur des énergies renouvelables. Depuis sa création, Nareva Holding a décroché la quasi-totalité des marchés lancés par l’Office national d’électricité (ONEE). Cette information est donc passée comme une lettre à la poste alors que les enjeux financiers de tels projets, les acteurs auxquels ils sont confiés et les conditions de leur réalisation échappent à toutes les institutions incarnant la souveraineté populaire et la représentation nationale, Parlement et gouvernement notamment.

    Le premier appel d’offres remporté par le groupe royal date d’octobre 2010 : parmi quatorze autres candidats (malheureux), Nareva a pu décrocher un grand projet de parc éolien à Tarfaya, au sud, d’un montant de 450 millions d’euros. Depuis cette date, l’essentiel des marchés liés au secteur des énergies renouvelables est remporté par Nareva Holding, le dernier étant celui, précité.

    Il faut dire que depuis la création de Nareva en 2006, la conquête du marché intérieur des énergies renouvelables est un objectif à la fois constant et prioritaire pour les dirigeants de la SNI : «  Notre trésor de guerre sera consacré à nos sociétés en développement dans les télécommunications et les énergies nouvelles  », avait pronostiqué Hassan Bouhemou, l’ancien président de la SNI2. Présidée par Ahmed Nakkouch (ancien président de l’ONEE), Nareva — faut-il le rappeler — est également partie prenante de la future centrale à charbon géante de Safi, dans le sud-ouest du royaume.

    Un homme d’affaires très particulier

    La domination écrasante de Nareva Holding sur le marché des énergies pose problème par le simple fait que celui qui la contrôle, le roi, n’est pas un homme d’affaires ordinaire. Son statut et ses attributions politiques et judiciaires ne peuvent empêcher les observateurs de penser au conflit d’intérêts qu’une telle situation peut engendrer. C’est le roi qui nomme le patron de l’Agence marocaine de l’énergie solaire (Moroccan Agency for Solar Energy, Masen)3, «  habilitée à mener toutes opérations industrielles, commerciales, immobilières, mobilières et financières nécessaires ou utiles à la réalisation de son objet  », précise son statut.

    C’est également le roi qui nomme le directeur général de l’ONEE, l’opérateur marocain unique de fourniture d’électricité et, surtout, le lanceur exclusif des appels d’offres et des marchés. Cet important pouvoir de nomination dont dispose le roi, son statut religieux qui en fait un personnage quasi sacré et ses attributions judiciaires (il nomme les magistrats et les jugements sont prononcés en son nom, préside le conseil supérieur de la magistrature) sont-ils compatibles avec la fonction d’homme d’affaires contrôlant des groupes financiers qui postulent à des marchés de grande envergure  ?

    Les règles du marché et de la concurrence loyale sont-elles respectées?

    Ces interrogations continuent de susciter la controverse au Maroc à cause de la multiplicité des casquettes du monarque et ses attributions. Plus concrètement, le fait que le roi nomme les personnages clés de la Masen et de l’ONEE peut-il éviter les risques du conflit d’intérêts dans l’octroi des marchés et des appels d’offres  ? Si la plupart des hommes d’affaires marocains se contentent pour l’instant de ruminer ces questionnements à voix basse dans leurs salons feutrés à Casablanca, il paraît difficile cependant, à travers tous ces éléments réunis, d’occulter le conflit d’intérêts tel qu’il est communément défini : «  un conflit entre la mission d’un agent public et ses intérêts privés, conflit susceptible d’influencer la manière dont il exerce ses fonctions  ». Cette situation problématique prend tout son effet dans le secteur lié aux énergies renouvelables qui semble, depuis quelques années, intéresser tout particulièrement celui que l’on surnomme désormais «  le Roi soleil  ».

    La fortune et le pouvoir

    Le 26 décembre dernier, le palais décide de renforcer davantage son contrôle sur la Masen en écartant définitivement le gouvernement au profit du cabinet royal. Dans un communiqué publié le même jour par l’Agence de presse officielle Maghreb arabe presse (MAP), on peut ainsi lire que des «  instructions royales  » sont données pour que le gouvernement se dessaisisse «  de l’ensemble des stratégies nationales relatives aux énergies renouvelables  ». Une mise à l’écart  ? Un coup d’État dans l’État  ? Cette décision a été prise après une réunion aux allures kafkaïennes le 26 décembre 2015 à l’intérieur du palais à Casablanca, le nerf de l’économie marocaine. En l’absence du roi Mohammed VI, le chef du gouvernement, l’islamiste Abdelilah Benkirane et le ministre de l’énergie Abdelkader Amara sont convoqués par les conseillers du cabinet royal, dont le puissant Fouad Ali el-Himma. Au cours d’une entrevue de quelques minutes, ils informent le chef du gouvernement que son équipe n’est plus concernée par la mission de la Masen et son action, désormais du seul ressort du palais. «  C’était dur et proprement humiliant pour le gouvernement et son chef. Après lecture des instructions royales devant Benkirane, celui-ci n’a rien dit  », confie un député islamiste.

    Le non-cumul de la fortune et du pouvoir faisait partie des slogans du Mouvement pro-réformes du 20 février, né dans le sillage du Printemps arabe en février 2011.

    Mais depuis la fin des espérances que ce dernier avait suscitées au Maroc, la fortune du roi Mohammed VI a doublé : de 2 milliards d’euros en 2012, elle est passée à 4,5 milliards d’euros en 2015, selon le magazine américain Forbes. Le budget alloué chaque année par la loi de finances à la monarchie est de plus de 120  millions d’euros. Douze fois plus que celui de la monarchie espagnole. Et les «  Panama papers  » ont jeté une nouvelle lumière sur la fortune du souverain.

     
  • Après Nice contre le Terrorisme : Résister et contribuer à chercher des alternatives (ESSF)

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    L’Association des Travailleurs Maghrébins de France salue, avec respect, la mémoire des victimes du massacre qui a fait 84 morts et des dizaines de blessés à Nice le soir du 14 juillet 2016 dont plusieurs enfants.

    Nous partageons la douleur des familles, des proches des morts et des blessés endeuillés pour longtemps.

    Nous nous associons à l’expression des condamnations unanimes venues du monde entier et à la solidarité internationale devant l’innommable qui a frappé encore une fois des innocents, perpétré, encore une fois dans des lieux de vie en commun, des lieux de partage, de liens humains et de liberté. La réaction émue, solidaire, de résistance du peuple est unanime.

    La journée emblématique de la Révolution, le 14 juillet, est désormais marquée par l’horreur indicible.

    Il est avéré que l’acte infernal est prémédité. Il s’inspire et s’inscrit dans la propagande de l’état-de fait, Daech, qui le revendique après coup mais qui le revendique en tant que tel.

    Les enquêtes et les spécialistes montreront le profil, de type singulier de l’auteur de ce massacre, au moins pour l’essentiel. Crapuleux, malade mental, terroriste, ou tout à la fois, à l’acte criminel peuvent s’ajouter d’autres dimensions, cernables ou non. Une constante est là : le formatage des esprits prédisposés à semer la mort collective. A un autre degré de la chaine mortifère, la manipulation des pulsions complexes, profondes et redoutables de l’être humain, se révèle aujourd’hui avec le tueur de Nice. Sa « radicalisation toute récente » n’est peut être que la surface visible de la vérité de cette complexité. Complexité de nature imprévisible, féroce, individuelle, avec ou sans réseau.

    Donner la mort est l’ADN de Daech. Viser des collectifs, des masses, des populations pour des choix qui opèrent sur le mode génocidaire, en tant que vision politique globale des cerveaux qui l’installent dans la durée pour hystériser leurs troupes. Les extrêmes droites et les droites extrêmes en Europe, en particulier en France, sont à la fois captées et instrumentalisent à leur tour les massacres d’innocents pour alimenter leurs programmes de haines, de rejets, d’amalgames, du tout-sécuritaire, de mesures liberticides sans précédent. L’esprit des mots « c’est eux ou nous » dans la boucle de l’extrême droite et la droite déborde sa lettre, au point de rendre public une proposition de loi de légitimation du port d’armes. C’est du pain béni pour Daech et des milices hors du droit en France et dans toute l’Europe qui, en visant la déstabilisation des sociétés et des institutions en Europe, veut dresser les communautés les unes contre les autres.

    Au lendemain de l’attentat de Nice, l’Elysée avait promis « d’intensifier ses frappes en Syrie et en Iraq pour frapper ceux qui nous menacent ». Le 18 juillet 2016, plus de 120 civils innocents seront tués par un raid de la coalition internationale.

    Par ailleurs, un ailleurs si près et si visible d’ici, caché ou rendu inaudible par les pouvoirs et les médias majoritaires qui leurs sont soumis, c’est une véritable guerre, conçue totale, innommable que ce nouvel ennemi de l’humanité mène d’abord à partir de son berceau et dans son berceau, le Cham (Palestine, Irak, Syrie, Jordanie, Liban ), c’est une véritable guerre de colonisation, d’occupation, d’oppression, de pillage du sol et du sous-sol, dans un seul but, soumettre sous son joug les peuples ou exterminer les populations qui y résistent ou les déporter. Sous d’autres formes, l’horreur est propagée au Maghreb, en Afrique, en particulier en Lybie dont il veut faire son prochain territoire, une nouvelle base armée de sa politique de domination et de destruction.

    Jamais les peuples arabes ou africains des régions où il frappe n’ont subi, il faut le dire et rappeler, de telles formes génocidaires dans leur histoire.

    L’origine principale est loin et directement liée à l’invasion de l’Iraq par l’armada américaine et ses alliés (par choix et /ou obligés, dont le gouvernement socialiste en France) qui prive le peuple Irakien des denrées de base et des infrastructures de base. La destruction de l’Etat en Irak a commencé là, en 1991. Une autre agression la suit en 2003, toujours sous le commandement des U.S.A « Axe du mal » et « les Etats Voyous » de Bush père et fils trouvent dans les livres « la fin de l’histoire » et « le choc des civilisations », dans le sillage de la chute de l’URSS, la feuille de route du démembrement de l’Irak qui ne finit pas de sombrer avec son peuple. Les peuples de la région vivent sous la même menace - sauf bien entendu l’Etat d’Israël qui, au contraire est conforté et encouragé dans sa politique d’apartheid et d’occupation coloniale des territoires palestiniens.

    Sans oublier le rôle que jouent les pétrodollars du Golfe et leurs Etats en particulier l’Etat Wahhabite de l’Arabie Saoudite.Tous sous la botte américaine et ses bases américaines co-dirigées par la C.I.A, ces Etats féodaux font tout pour empêcher les Etats voisins à se stabiliser ou à se reconstruire.

    Livrés à eux-mêmes, abandonnés par leurs Etats corrompus, déchirés par les guerres fratricides paupérisés à l’extrême, continuellement déplacés, les peuples Arabes subissent cet enfer nuit et jour.

    Cette vie qui est à peine une survie est marquée à l’encre rouge par une mondialisation des humiliations, des frustrations, des avenirs bouchés. Un lot quotidien qui ne peut que nourrir un ressentiment littéralement abyssal. La mort en masse en Méditerranée n’en est que la partie visible de l’iceberg.

    Il est dangereux, de croire et de faire croire, en particulier à la jeunesse, que « cela » est loin de « chez nous ».

    Tous les êtres vivants savent ou ressentent ce que souffrir est. Les populations de l’immigration poste-coloniale et ceux qui en sont issues des banlieues ghettoïsées et déstructurées par les discriminations et le chômage de masse, notamment, vivent dans leur chaire, directement, l’horreur des vies agonisantes ou en sursis de morts insoutenable. C’est le terreau du ressentiment qui mène à l’irréparable. La France a fait le choix désastreux de ne pas régler le contentieux de son passé colonial avec les peuples qu’elle a colonisés.

    Jusqu’ où vont aller Les Etats-va-en-guerre, encore actuellement menés par les USA, fondamentalement bellicistes, qui financent leurs guerres par la course à la vente des armes, des chantiers gigantesques des reconstructions, des industries mondiales du pétrole et du sol, des partages de dominations régionales et géo-stratégiques.

    Nourris par ces intérêts vertigineux, les Etats qui interviennent contre Daech sur des territoires spoliés, le font aussi pour des raisons géo-économico-politiques – c’est évident. Et, les bombes ciblant un terroriste ou un groupe d’entre eux, ne peut éviter les civiles – c’est évident aussi. S’il n’y a pas de guerre propre, une guerre légitimée par la sécurité à laquelle sont attachés tous les habitants de la terre, ne peut se livrer que strictement dans le respect inconditionnel du droit international, même s’il est loin d’être parfait en raison des rapports de force qui le constituent (voir les résolutions de l’ONU jamais appliquées par Israël).

    C’est ces raisons que nous réaffirmons, avec d’autres, ici et ailleurs, qu’une vie humaine est une vie humaine. Du Soudan ou du Nigeria, de Syrie ou d’Irak, de France ou de Belgique, chaque vie est à la fois la même et unique.

    Nous ne pouvons, donc, que réaffirmer nos convictions, avec de véritable sociétés civiles, sur la nécessité absolue de construire des alternatives par la paix en tant que projet politique global de l’humanité dans la sécurité de tous et protégé par des Etats de droit dignes de ce nom dans le cadre de démocraties ouvertes à toutes et à tous. Cela suppose la rupture nette avec les régimes corrompus et tyranniques du Proche Orient, comme une condition politique majeure. Cela suppose en même temps de donner les moyens de mobilisation aux peuples pour reconstruire des projets démocratiques. Les peuples concernés directement sont les plus à même de combattre l’organisation mafieuse de Daech. Cela suppose aussi, en termes de moyens, que l’occident paye son confort, un confort insultant et humiliant des peuples qu’il a paupérisé sur leur propre sol. L’argent en tant que nerf de la guerre, oui à la guerre contre les inégalités, oui pour un nouveau type de plan Marshall du partage des richesses.

    Nous considérons plus que jamais que face à la terreur, la contre terreur est contre-productive. La guerre provoque et/ou amplifie d’autres guerres.

    Seule une politique de paix digne de ce nom est et restera le projet de l’Humanité tel que le rêvent au quotidien et en pratique tous les peuples de la Terre.

    Paris le 21 juillet 2016


    Le C.A National de l’ATMF

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  • Le dilemme du modèle agro-exportateur (Cadtm)



    Cet article a été publié à l’origine le 24 mai 2014.

    Nouvelles dispositions européennes pour limiter l’accès des fruits et légumes marocains au marché européen

    Après l’adoption par l’Union européenne (Conseil de l’Union européenne, Commission européenne et Parlement européen) en décembre 2013 de la nouvelle PAC (Politique agricole commune) pour la période 2014-2020, le Conseil de l’UE vient de publier en ce mois d’avril 2014 les nouvelles dispositions résultant des mesures d’application (actes délégués) consécutives à cette réforme applicables aux pays tiers, dont le Maroc, à compter du 1er octobre 2014.

    La réforme de la PAC s’insère dans un projet plus global adopté en 2010 appelé « stratégie Europe 2020 ». C’est une stratégie de coordination des politiques économiques au sein de l’Union européenne sur une période de dix ans pour sortir de la crise. Elle est axée sur les dogmes libéraux : augmenter la compétitivité de l’Europe au niveau mondial par le développement des investissements dans la recherche et l’innovation, « la croissance verte » ou encore l’éducation et l’emploi… et par la création d’une nouvelle forme de « gouvernance économique ». Les débats sur la PAC ont commencé en 2010 et portaient sur la contribution que la PAC peut offrir au développement de « la stratégie Europe 2020 ». Et dans son essence, la PAC est au service des grands exploitants, l’agro-industrie et les centrales de distribution. Elle est axée sur l’exportation et la « compétitivité » (par d’énormes subventions) qui permet de continuer le dumping vers les pays du Sud.

    L’organisation commune des marchés agricoles fait partie intégrante de la réforme de la PAC. Parmi ces actes délégués (mesures d’application) figure celui qui vise à modifier les dispositions du prix d’entrée des fruits et légumes en provenance des pays tiers. Il s’agit de remplacer le mécanisme de dédouanement déterminé sur la base de la valeur réelle des marchandises par une valeur forfaitaire à l’importation (VFI) qui sera basée sur les cours moyens des produits importés et commercialisés sur 49 marchés représentatifs de l’Union Européenne, ainsi que sur les quantités totales importées. Cette modification entrainera davantage de taxes d’entrée qui permettront de limiter le volume des importations, et fera grimper les prix des produits agricoles marocains qui seront alors beaucoup moins « compétitifs » sur le marché européen déjà en tendance baissière par le fait de la crise.


    Quel impact sur les exportations agricoles marocaines ? Cas de la tomate

    Le Maroc est le 5e exportateur mondial de tomates. Ses exportations constituent 53 % des exportations totales des primeurs avec une moyenne annuelle de 450 000 tonnes sur les trois dernières années (2011-2013) rapportant 3 500 millions de dirhams (315 millions d’euros) par an. Ce qui constitue presque 11 % de la valeur totale des exportations des produits alimentaires.

    Il est à signaler que le système de production de primeurs destinées à l’exportation, et particulièrement la tomate, est à caractère intensif et productiviste, dominé par la monoculture, se basant sur l’utilisation débridée de pesticides, d’engrais chimiques, de semences « sélectionnées » dans les laboratoires de multinationales, exigeant une consommation excessive d’eau. Les exportations annuelles des produits agricoles biologiques ont constitué moins de 1 % du total des exportations de primeurs sur les trois dernières années, et ont enregistré un recul net d’environ 40 %, passant de 8 624 tonnes exportées durant la campagne 2010-2011 à 5 190 tonnes en 2012-2013. La tomate bio n’en constitue que 12 % (un peu plus de 600 tonnes à comparer avec 450 000 tonnes en production dite conventionnelle).

    Le marché de l’Union européenne absorbe 85 % des exportations marocaines de la tomate et presque 80 % de leur valeur viennent de la France et l’Espagne. Le 1er octobre 2012, l’accord de libéralisation des produits agricoles et des produits de la pêche entre le Maroc et UE est entré en vigueur. Cet accord consacre la règlementation restrictive que l’UE a coutume d’imposer aux produits importés du Maroc par un renforcement des mesures de protection non tarifaires : système de quotas, calendrier d’exportation et prix d’entrée.

    Huit groupes d’exportation dominent le secteur des fruits et légumes au Maroc avec une grande concentration des superficies.

    Pour la tomate, le Maroc bénéficie par le biais de cet accord d’un contingent (quotas d’export) total annuel de 240 000 tonnes, réparti d’octobre à mai, avec un prix d’entrée conventionnel (46,1 euros/100 kg) et une exonération des droits de douanes. Les quantités exportées hors ce contingent bénéficient d’un abattement de 60 % des droits de douane, soit un droit à payer de 5,7 % au lieu de 14,4 % inscrit dans le tarif douanier commun. Ceci tout en respectant le prix d’entrée OMC qui varie durant toute l’année allant par exemple de 62,6 euros/100 kg en octobre à 112,6 euros/100 kg en avril. Malgré ce système contraignant, les exportateurs marocains arrivent à écouler sur le marché européen des quantités bien supérieures aux quotas fixés en dédouanant selon les normes de l’OMC. Ils ont pu exporter pour la campagne 2012-2013 un volume avoisinant les 390 000 tonnes de tomates uniquement sur les marchés de l’UE, c’est-à-dire un complément de 150 000 tonnes par rapport au contingent de 240 000 tonnes fixé par l’accord. Et c’est bien ce complément qui est visé par les nouvelles dispositions de dédouanement (VFI) prises sous la pression des grands producteurs européens.

    Les grands groupes exportateurs marocains ne seront pas les perdants

    Huit groupes d’exportation dominent le secteur des fruits et légumes au Maroc avec une grande concentration des superficies. Les domaines agricoles (ex domaines royaux) viennent en tête avec une superficie estimée à 12 000 hectares suivis de quelques grandes familles comme Bennani Smires et Kabbage avec plus de 2 000 hectares chacune. On trouve aussi des étrangers (principalement Français et Espagnols) qui exercent souvent en partenariat avec des marocains pour constituer des grandes unités de production et d’export. C’est le cas par exemple d’Azura et Idyl, deux groupes maroco-français avec plus de 2 500 hectares chacun…

    Ces grands groupes exportateurs privés sont nés avec la libéralisation du commerce extérieur agricole marocain au début des années 80 suite aux programmes d’ajustement sructurel et à la privatisation de l’office du commerce extérieur (OCE) qui était la seule entité de commercialisation de tous les produits agricoles sur les marchés étrangers. Ce sont ces groupes qui dominent la filière des fruits et légumes, et particulièrement la tomate sous serre au niveau de la production et de la commercialisation. Les petits agriculteurs qui produisent de la tomate au Maroc ne sont pas nombreux puisque les coûts de l’infrastructure et des intrants sont très élevés, sans parler du besoin en terres et en eau. Ce petit nombre diminuera encore du fait des nouvelles règles de dédouanement imposées par l’UE, et laissera l’espace aux grands producteurs-exportateurs qui pourront encore augmenter leurs marges bénéficiaires. La plupart des gros exportateurs ne sera guère affectée par ces restrictions douanières de l’UE. Premièrement, une grande partie des 150 000 tonnes en surplus du contingent fixé pour la tomate se répercutera en premier lieu sur ceux qui ont des petits quotas d’exportation, donc les moyens et petits producteurs qui vont être évincés du circuit de l’export. Deuxièmement, les grands exportateurs de tomates ont bien des moyens pour augmenter leur part de marché dans d’autres pays situés en dehors de l’UE (Russie, Angleterre, Canada, les pays scandinaves, du Golfe et d’Afrique) qui sont d’ailleurs beaucoup plus rémunérateurs. Troisièmement, ils peuvent aussi diversifier leurs exportations |1|. Quatrièmement, la valeur des 150 000 tonnes, qui est d’environ 1 150 millions de dirhams en se basant sur la moyenne des prix des 3 dernières années, et qu’ils disent perdre (ce qui est fort douteux) ne représente rien par rapport aux aides qu’ils ont reçues : 4 000 millions de dirhams d’exceptions fiscales en 2013 et 2 800 millions de dirhams comme subventions.

    Un vrai prétexte pour demander plus

    Les grands producteurs-exportateurs ont en revanche profité de cette décision unilatérale de l’UE pour augmenter leur pression sur le gouvernement marocain afin d’arracher plus de concessions. Leur mobilisation avait déjà commencé en 2008-2009, année de lancement du Plan Maroc Vert, pour constituer un vrai lobby afin que les objectifs de la nouvelle politique agricole soient adaptés à leurs propres intérêts. Mais aussi pour contrecarrer l’ascension du syndicalisme combatif au sein des ouvriers et ouvrières agricoles surtout dans la région du Souss qui connait une très grande concentration de main d’oeuvre agricole venus des différentes régions pauvres du Maroc |2|. En été 2011, ils ont constitué leur grand syndicat, la Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes à l’export (Fifel). En 2014, en matière d’impôt, ils ont pu obtenir l’exonération totale des exploitations agricoles réalisant un chiffre d’affaires annuel inférieur à 5 millions de dirhams, l’allègement du taux d’imposition (17,5 %) pour les grandes exploitations avec une démarche progressive qui leur donne
    du temps pour ajuster leur comptabilité et fractionner leurs exploitations.

    Ils réclament toujours la généralisation des contrats à durée déterminée (CDD) en considérant que les activités agricoles seraient intégralement saisonnières. Ils refusent toujours d’aligner le salaire minimum agricole (Smag) sur le Smig |3|. Le nombre des ouvriers agricoles déclarés à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ne représente que 12 % du total (110 000 déclarés selon la CNSS). Dans leur mobilisation actuelle contre les mesures européennes, ils agitent l’épouvantail de la perte d’emploi en annonçant cyniquement des chiffres insensés.

    C’est encore un prétexte pour justifier leur offensive contre les syndicalistes (licenciements massifs) et anticiper sur leurs revendications en les mettant sur la défensive : on ne peut pas réclamer des droits alors que les emplois ne sont mêmes pas garantis ! Ce sont pourtant ces patrons avides que l’État tente de promouvoir par un tas d’encouragements (subventions, exonération d’impôts, accès aux crédits, distribution des terres…). Ils ont absorbé la majeure partie des sommes d’argent public allouées dans le cadre de la politique du Plan Maroc vert depuis son adoption en 2008 pour s’ériger en pôles phares appelés agrégateurs. Et tout ça au détriment de la grande masse de la petite paysannerie |4| et de la population rurale (45 % de la population) qui vivent dans la misère et l’absence d’infrastructure de base. L’État encourage la culture de tomate, d’agrumes, la fraise et autres produits de dessert et abandonne les cultures vivrières de base telles que les céréales (65 % de la superficie agricole utile total), les légumineuses, la betterave et la canne à sucre. C’est ainsi que le Maroc est devenu un grand importateur de blé et d’aliments de base. Leurs prix se renchérissent sur le marché local et deviennent difficilement accessibles pour une large majorité des classes populaires qui vivent avec un faible revenu. Et le Maroc est dans une totale dépendance alimentaire.

    L’exception agricole dans les accords commerciaux bilatéraux avec l’UE

    Cet acte unilatéral de l’UE a mis le gouvernement marocain dans une situation d’embarras alors que le 4e round de négociations autour de l’Accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) entre le Maroc et l’UE venait juste de se clôturer à Bruxelles le 11 avril 2014. Les responsables du gouvernement marocain rappelaient diplomatiquement aux représentants de l’UE que cet acte est contraire à l’accord d’Association entre le Maroc et l’UE en se référant à l’article 20 et aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Les responsables de l’UE de leur part essayent de rassurer en indiquant que les nouvelles dispositions ont un caractère technique plus que commercial et que les préoccupations du Maroc seront prises en compte. Cela, en tout état de cause, donne un avant-goût de ce que sera « l’harmonisation des réglementations avec les acquis européens » qui est l’un des pivots des négociations autour de l’ALECA. L’UE impose et le Maroc n’a qu’à s’exécuter.

    L’Union européenne impose et le Maroc n’a qu’à exécuter

    Ces allégations diplomatiques ne peuvent pas dissimuler la réalité douloureuse, et le ver est largement dans le fruit. Le Maroc est toujours dans une situation de dépendance envers l’UE financièrement, technologiquement (biens d’équipement) et commercialement. Au niveau des produits agricoles, seul secteur où le Maroc peut faire jouer ses avantages comparatifs, il se heurte à une politique protectionniste clairement affirmée de l’UE. L’entrée des produits agricoles d’exportation sur les marchés européens fait toujours l’objet de dispositions restrictives. Le premier accord d’association que le Maroc avait signé avec l’UE en 1969 accordait quelques abattements douaniers. Le second, en 1976, instituait un dispositif de mesures de protection non tarifaires (contingents, calendriers, prix de référence…). L’UE réussira à faire passer les principes de ce dispositif d’exception lors de l’Accord de Marrakech qui a donné naissance à l’OMC en 1994 qui pourtant signe la fin des barrières non tarifaires. Cette exception concernant les produits agricoles sera consacrée dans le nouvel accord d’association en 1996, entré en vigueur en mars 2000 visant à instituer une zone de libre-échange entre le Maroc et l’UE. Les négociations spécifiques au volet agricole ne reprendront qu’en 2002 et aboutiront à un accord pour la période 2003-2007 qui continue à limiter les conditions d’accès des exportations agricoles aux marchés européen par des barrières non tarifaires. Mais en fait, cet accord, en instaurant des droits de douane préférentiels, constitue plutôt une étape qualitative dans l’ouverture du Maroc aux exportations européennes de denrées considérées « sensibles », à commencer par les céréales, les produits laitiers, les huiles et graines oléagineuses, les viandes… |5|. Ces concessions substantielles du Maroc à l’UE s’élargiront dans l’accord relatif à la libéralisation des échanges de produits agricoles bruts et transformés, de poisson et de produits de la pêche conclu après 6 ans de négociations et entré en vigueur le 1er octobre 2012. Ainsi le Maroc s’est engagé à ouvrir ses frontières progressivement, sur une période de dix ans, aux exportations européennes, sans droits de douanes, aux denrées alimentaires telles que le blé, les produits laitiers, oeufs, les viandes et l’ensemble des produits alimentaires transformés (biscuiterie, chocolaterie et confiserie…). Pour leur part, les quotas des principales exportations agricoles marocaines ont été légèrement augmenté (la tomate, la clémentine, la fraise, le concombre, la courgette et l’ail), mais dans le cadre restrictif d’un « contingent additionnel », du calendrier des exportations (d’octobre à mai pour les tomates), du prix minimum d’entrée et les normes sanitaires et de qualité. Et maintenant c’est ce contingent additionnel (surtout pour la tomate) qui est visé par les nouvelles règles douanières européennes.

    L’Union européenne se transforme en champion mondial des orientations néolibérales et serait aujourd’hui engagée par environ 500 accords de commerce internationaux

    Le Maroc est perdant dans tous ces accords tant à l’export qu’à l’import. De façon générale, son déficit commercial à l’égard de l’Union européenne ne cesse d’augmenter : il est passé de 63 653 millions de dirhams en 2009 à 78 429 millions de dirhams en 2013, soit 39 % du déficit commercial global du Maroc. Il est accentué essentiellement par le déficit des échanges commerciaux dans le cadre des Accords de libre-échange avec l’UE qui a atteint 55 386 millions de dirhams en 2013. Pour ce qui est des produits alimentaires (hors produits de la mer), le taux de couverture des importations par les exportations ne cesse de diminuer : de 56 % en 2009, il est tombé à 39 % en 2012.


    Les impacts désastreux de l’ouverture libérale

    Cette situation est le résultat de tout un processus d’ouverture libérale du Maroc qui s’est accéléré surtout depuis le début des années 80 avec l’application du programme d’ajustement structurel imposé par la Banque mondiale et le Fond monétaire international. C’est dans ce contexte qu’est intervenue son adhésion au GATT en 1987, puis à l’OMC en 1994. Il est alors porté par cette vague de libéralisation tous azimuts en signant une série d’accords de libre-échange : avec l’UE (entré en vigueur en mars 2000), les États-Unis (janvier 2006), la Turquie (janvier 2006), les pays méditerranéens (l’Égypte, la Jordanie et la Tunisie) par l’accord d’Agadir (entré en vigueur en mars 2007). Il poursuivra son ouverture dans le cadre de l’accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) que l’UE envisage de conclure avec trois autres pays du sud de la Méditerranée : la Jordanie, la Tunisie et l’Égypte. Le Maroc, encore une fois, est le premier pays avec lequel l’UE a entamé les négociations sur un tel accord. Elles ont débuté en avril 2013 et en sont déjà au 4e round. L’Union européenne se transforme, en effet, en champion mondial des orientations néolibérales et serait aujourd’hui engagée par environ 500 accords de commerce internationaux. Le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (PTCI) ou Grand Marché Transatlantique (GMT) constitue une alliance (non sans contradictions) entre l’Union européenne et les États-Unis pour consolider leur puissance économique sur le monde, en particulier le Sud. Il leur permettra de dominer 50 % de l’économie mondiale. Mais en même temps, chacune de ces deux grandes puissances mène une course pour préserver son hégémonie propre sur ses zones d’influence par des accords bilatéraux qui garantissent les intérêts de leurs entreprises. C’est dans ce contexte général de crise et de concurrence entre les deux pôles de l’ultralibéralisme au niveau mondial qu’il faut situer la nouvelle génération d’accords commerciaux.

    L’ampleur des effets désastreux de tous ces accords sur le Maroc nécessite une analyse plus détaillée. Mais elle est déjà visible dans la situation économique et sociale insoutenable vécue par la grande majorité des marocains. Le déficit commercial a atteint 24 % du PIB, et celui du compte courant 10 %. L’endettement public a atteint un niveau excessif (678 milliards de DH, soit plus de 76 % du PIB). Les secteurs productifs, déjà fragilisés, ont été profondément affectés par le dumping des marchandises extérieures venant des grandes puissances économiques. D’où la montée du chômage et de la précarité due aux fermetures et licenciements collectifs. Les portes sont ouvertes aux multinationales pour élargir le pillage des ressources de notre pays et détruire notre environnement. Mais de l’autre côté, les frontières européennes sont fermés aux milliers de migrants qui meurent dans des embarcations de fortune.

    Un développement harmonieux basé sur la satisfaction des besoins essentiels de la majorité des citoyens et respectant la nature nécessitera une large mobilisation populaire contre l’ensemble des accords de libre échange qui pillent nos richesses. Nous devons également exiger l’annulation de la dette publique et rompre avec les diktats des institutions financières et commerciales internationales (Banque mondiale, FMI et OMC).

    Les grands patrons agricoles au Maroc comme en Europe sont en compétition pour conquérir les parts de marché pour écouler leurs produits agricoles industriels bourrés de pesticides et génétiquement suspects. Leurs gouvernements respectifs les soutiennent par l’adoption du modèle agro-exportateur productiviste aux multiples effets destructeurs sur la paysannerie, les liens ruraux, les cultures de subsistance, la qualité alimentaire, et l’environnement.

    Nous devons refuser ce modèle de l’agrobusiness et recouvrer notre souveraineté alimentaire et notre plein droit de produire nos produits alimentaires de base sur nos terres. Pour cela, nous devons mener des combats collectifs à l’échelle mondiale, régionale et locale dans des réseaux, des collectifs, des coordinations, etc. regroupant ouvriers, ouvrières, paysans, consommateurs, et tous les militants et les militantes de la cause populaire.


    Cet article est extrait du magazine du CADTM : Les Autres Voix de la Planète

     

    Notes

    |1| Les exportations de la fraise, des framboises et des myrtilles sont en pleine expansion les trois dernières années.

    |2| Le nombre d’ouvriers agricoles dans le Souss est estimé à plus de 100 000 dont la majorité sont des femmes, soit 8 % du total estimé à 800 000 d’ouvriers agricoles au Maroc.

    |3| Un accord a été conclu en avril 2011 (contexte du mouvement de 20 février) entre les syndicats, l’État et le patronat pour aligner le salaire minimum agricole (Smag) sur celui des autres secteurs (Smig), mais sans suite jusqu’à présent. Le Smig est de 2 333 dirhams par mois contre 1 648 dirhams pour le Smag. A la veille du premier mai 2014, le gouvernement marocain a décidé une augmentation du Smig et du Smag de 10 %, étalée sur deux ans (5 % en juillet 2014 et 5 % en juillet 2015).

    |4| Le nombre d’exploitants agricoles pour l’ensemble du pays, toutes productions confondues, est de près d’un million et demi (1 496 349). L’effectif des exploitants sans terres est de 64 716 (4,3 %). Ceux qui possèdent une superficie inférieure ou égale à 5 hectares avoisinent le million (70 %). Source : Recensement agricole général, 1996.

    |5| N.Akesbi. D.Beatya. N.El Aoufi. L’agriculture marocaine à l’épreuve de la libéralisation. Pages 61-64. http://www.amse.ma/doc/Agriculture-... %20Critique%20ok.pdf

     
    Omar Aziki

    secrétaire général d’ATTAC/CADTM Maroc

    www.attacmaroc.org

  • Homosexualité au Maroc (Essf)

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    « On me disait que j’avais une maladie contagieuse »

    L’agression violente de deux homosexuels à Beni Mellal, le 9 mars, a mis en lumière la difficile condition des personnes homosexuelles au Maroc. Si une partie de la population a été profondément choquée, notamment par les images terribles de la vidéo de leur agression qui a circulé sur les réseaux sociaux, reste que, dans la petite ville, se sont tenues depuis plusieurs manifestations de soutien… aux agresseurs. Ceux-ci, jugés pour « effraction, recours à la violence et port d’armes », n’ont été condamnés qu’à six mois et quatre mois de prison ferme.

    Quant aux victimes, l’une d’elle a été condamnée à quatre mois de prison ferme le 15 mars pour « actes sexuels contre nature » tandis que son partenaire a été condamné à la même peine avec sursis pour « déviance sexuelle ». Mais la justice a finalement décidé, lundi 11 avril, de relaxer le premier homme en appel. Il aura passé vingt-six jours en détention.

    C’est dans ce contexte que plusieurs homosexuels marocains ont raconté au Monde Afrique à quel point il leur est difficile d’assumer leur homosexualité et combien il peut être dangereux de vivre sa différence dans la société marocaine et même au sein de sa famille.

    « Quand j’ai découvert mon homosexualité, vers 10 ou 11 ans, raconte Karim*, j’ai cru que j’étais fou, ou malade. J’ai même pensé au suicide. A l’époque, j’allais à l’école coranique, et j’avais été très marqué par ce que nous avait dit l’imam : les homosexuels étaient possédés par le diable, et il fallait les brûler. » Nadia est passée par les mêmes tourments adolescents : « Quand j’ai découvert que j’étais lesbienne, je me suis dit que c’était donc Dieu qui m’avait créée lesbienne. Mais, en même temps, je savais que le Coran condamnait l’homosexualité. J’ai passé plusieurs années à me débattre avec ces contradictions. »

    « Comporte-toi comme un homme »

    Dans de nombreuses familles, l’homosexualité, fortement réprimée, est un facteur d’exclusion. Les comportements dits « déviants », non conformes au stéréotype de l’homme hétérosexuel, sont corrigés dès la petite enfance. Mohammed se souvient : « Enfant, je jouais innocemment avec des filles. Un jour, ma mère a décidé de me punir en me mettant du piment sur la langue. Elle m’a dit : “Il ne faut pas être comme une fille, tu es un homme.” Elle était persuadée de faire ça pour mon bien. C’était pour me protéger et me faire comprendre comment il faut se comporter dans la société marocaine. Elle m’a secoué pour me dire : “Fais attention, tu vis dans une société où tu dois être viril, avoir les cheveux courts et jouer à la guerre.” Et c’est vrai que notre société ne supporte pas la différence. » Rachid, lui, se rappelle du traitement que lui réservait son père : « Il me reprochait ma façon de marcher, de parler ou de manger… Je n’étais pas assez viril pour lui. Alors il me frappait tout le temps en me disant : “Comporte-toi comme un homme !” »

    Si l’éducation est aussi répressive vis-à-vis de l’homosexualité ou de ses prétendus signes extérieurs, c’est parce qu’elle est taboue au Maroc, explique Rachid, qui est aujourd’hui l’un des membres du Collectif Aswat, qui lutte contre la discrimination basée sur le genre et la sexualité : « On travaille sur la sensibilisation de la communauté homosexuelle et trans, qui n’est, elle-même, pas forcément consciente de son identité. Le deuxième objectif est de faire abolir l’article 489 du Code pénal. » Cet article, sur la base duquel a été condamnée l’une des victimes de l’agression de Beni Mellal, ne criminalise pas nommément l’homosexualité mais punit « les actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe ».

    « Au Maroc, la victime paie le prix de son agression ! », dénonce Ibtissame Betty Lachgar, cofondatrice de M.A.L.I (Mouvement pour les libertés individuelles), qui lutte elle aussi pour l’abrogation de l’article 489. « Pénaliser les relations homosexuelles entre adultes consentants, c’est méconnaître une réalité sociale et nier la dignité humaine », souligne M.A.L.I qui, face à l’inertie des responsables politiques, a mis en ligne depuis 2013 une pétition pour appeler l’Etat marocain à prendre ses responsabilités.

    L’association de défense des droits de l’homme Human Rights Watch a réagi à l’incarcération de la première victime, affirmant que « ces poursuites judiciaires démontrent la détermination des autorités marocaines à imposer les lois anti-homosexualité, même lorsque les actes en question se déroulent dans une résidence privée entre adultes consentants ». Et la clémence de la justice envers les agresseurs « risque de dissuader d’autres victimes de demander justice et d’accroître le nombre de crimes homophobes », a ajouté Sarah Leah Whitson, directrice exécutive de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de l’association.

    Vivre librement ailleurs

    « J’ai peur de cette sauvagerie et de cette ignorance, confirme Soufyan, jeune homosexuel de 19 ans originaire de Rabat. La réaction des autorités me met hors de moi. C’est illégal de ne pas rendre justice à deux personnes agressées à leur domicile. Je suis aussi choqué par la faible mobilisation des citoyens. Les seules manifestations sont celles qui soutiennent les agresseurs. »

    Pour une large partie de la société marocaine, il est mieux vu d’être homophobe, ce qui revient à lutter contre le « vice », que de défendre un homosexuel. Ce qui explique la sévérité des sanctions contre les homosexuels de Beni Mellal et la clémence de celles prononcées contre leurs agresseurs. En juin 2015, le magazine Maroc Hebdo n’avait pas hésité à titrer en couverture : « Faut-il brûler les homos ? ».

    Soufyan s’estime chanceux de n’avoir jamais été agressé physiquement, mais reste marqué par « les insultes et les provocations quotidiennes au lycée » et par les bouleversements qu’il a connus quand il a décidé d’assumer son homosexualité : « J’ai perdu presque tous mes amis. Ils me disaient que j’étais atteint d’une maladie, et d’une maladie contagieuse. » Depuis, Soufyan a préféré quitter le Maroc pour l’Espagne : « J’avais tout le temps peur de me faire tabasser. Avec le soutien de ma mère, qui a accepté ma différence, j’ai préféré tout laisser derrière moi pour enfin vivre librement et dignement. »

    « Etre un comédien en permanence »

    Dans un tel climat, les homosexuels au Maroc vivent souvent cachés, dans la peur d’être découverts, et parfois dans la honte. « Pour survivre, chuchote Karim, j’ai tout fait pour qu’on ne se doute pas de mon homosexualité. Je m’entraînais devant la glace à marcher et à parler de la manière la plus virile possible. Je m’arrangeais pour qu’on me voie avec des filles, que je me forçais à embrasser devant mes camarades. J’étais très malheureux parce que ça ne marchait jamais, puisque je n’étais pas attiré par les femmes et que je leur brisais le cœur sans pouvoir leur expliquer pourquoi. Elles n’auraient pas compris non plus, soupire-t-il. Etre homo au Maroc, c’est être un comédien en permanence. » Pour éloigner les soupçons, Karim raconte avoir été jusqu’à insulter d’autres homosexuels devant les autres. « J’ai honte quand j’y repense, mais je n’avais pas le choix : lorsque mes amis se moquaient d’un homo ou de quelqu’un d’efféminé, je le faisais avec eux et même, j’en rajoutais. Garder le silence aurait pu paraître suspect. En ne participant pas, j’aurais pu avoir l’air de les défendre. »

    Aujourd’hui, le jeune homme s’est libéré de cette prison mentale grâce à son compagnon, rencontré dans un bar fréquenté par de nombreux homosexuels à Casablanca. Mais il vit encore dans la peur d’être démasqué : « Mon copain est binational franco-marocain, et aujourd’hui plus que jamais, on a peur de vivre au Maroc. On prévoit de rentrer vivre en France pour se marier et vivre sereinement. »

    Paul Blondé Julia Küntzle
    contributeurs Le Monde Afrique

    * Les prénoms ont été changés.*

    LE MONDE Le 12.04.2016


    http://www.lemonde.fr/homosexualite-au-maroc-on-me-disait-que-j'avais-une-maladie-contagieuse

  • Les autorités marocaines continuent de s’acharner sur les organisations de lutte, dont ATTAC CADTM Maroc

     

    Hier, vendredi 1 juillet, les autorités de la ville de Marrakech ont interdit une conférence intitulée « terre et droit au développement » que comptaient organiser collectivement ATTAC CADTM Maroc (groupe local), la section de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme et le réseau Amazigh pour la Citoyenneté. Elles ont fermé et empêché l’accès à la salle des réunions du conseil communale qui a été réservée et payée en avance.

    Les organisateurs ont alors organisé un sit-in dénonçant cette interdiction qui bafoue le simple droit d’organiser une discussion dans une salle publique. Il est à rappeler que l’université de printemps d’ATTAC CADTM Maroc a déjà été interdite à Marrakech même en avril dernier. Et c’est cette ville même qui abritera la COP22 du 8 au 17 novembre 2016.

    C’est un message de l’État marocain pour intimider les organisations qui se mobilisent pour défendre une autre approche citoyenne de la justice climatique. Il s’insère dans un contexte de répression généralisée et limitation des libertés publiques pour anticiper les résistances et faire passer les différentes réformes qui détruisent les acquis : réforme des retraites des fonctionnaires, généralisation des CDD dans la fonction publique, privatisation de l’enseignement et les services de santé, etc. Mais les contestations sociales augmentent et la détermination de ceux et celles qui luttent pour défendre leurs droits est de plus en plus forte et nécessite l’élargissement de la solidarité.

    Omar Aziki
    Secrétaire général d’ATTAC CADTM Maroc

    3 juillet par ATTAC/CADTM Maroc

    Auteur.e

    ATTAC/CADTM Maroc

    membre du réseau CADTM en bref : L’Association pour la Taxation des Transactions en Aide aux Citoyens au Maroc (ATTAC Maroc) a été créée en 2000. ATTAC Maroc est membre du réseau international du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde (CADTM) depuis 2006. Nous comptons 11 groupes locaux au Maroc. ATTAC veut être un réseau aidant à l’appropriation par les acteurs engagés dans l’activité sociale, associative, syndicale et plus largement militante des enjeux de la mondialisation sur les problématiques de résistance sociale et citoyenne. www.attacmaroc.org http://arabic.cadtm.org/

  • Privatisation de Marsa Maroc : Stoppons l’hémorragie ! (Attac Cadtm)

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    Ne laissons pas se reproduire le scénario criminel de la Samir1 dans le secteur portuaire.

    Le 20 juin 2016, l’État a décidé de mettre en bourse 40 % des actions de la société Marsa Maroc, entreprise d’exploitation des ports du Maroc. Après la libéralisation du secteur et son ouverture au capital national et international, c’est le dernier épisode de privatisation du secteur portuaire. Dans un premier temps, l’État a disloqué la société d’exploitation des ports du Maroc , puis l’a privatisée et donner la gestion des nouveaux ports à l’Agence Nationale des Ports, en gestion déléguée comme le cas du port de Tanger Méditerranée 1 et 2. Ensuite les offrir aux sociétés multinationales. Avec la privatisation de Marsa Maroc, l’État marocain a décidé de céder au privé ce secteur stratégique et vital pour notre souveraineté.

    Cette privatisation est dans la continuité d’un long processus de privatisations des secteurs publics rentables au profit du capitalisme local et international. Des Offices ont bénéficié de lourds investissements publics permettant leur réfection et rénovation avant le retrait de l’État de ces secteurs. Dans le cas de Marsa Maroc, une des premières conséquences de cette politique est la baisse continue des parts de l’entreprise dans le secteur passant de 49 à 46% en 2015.

    Marsa Maroc est une société publique rentable, avec une croissance annuelle moyenne de 5% et un résultat net consolidé en évolution de 18% en 2015. Pour ATTAC Maroc, ce retrait de la gestion, du contrôle et de la propriété publique de ce secteur stratégique représente une autre nouvelle catastrophe. Le cas de la Samir en est le triste exemple de cette politique.

    Cette entreprise a versé dans les caisses de l’État en 2015, 882 millions de DH, et est sans endettement.

    Toute sa dette a été payée grâce au soutien des finances publiques. Au contraire, elle dispose d’un excédent de 1,4 milliards de DH. Cette société est la poule aux œufs d’or pour son actionnaire (l’État) et elle est promise à un avenir prospère, malgré la concurrence et la libéralisation de ce secteur. Faisant fi de tous ces indicateurs favorables, l’État offre cette entreprise en cadeau au capital financier.

    Cette introduction en bourse vise à relancer un marché boursier morose depuis 2008. L’État se range une nouvelle fois du côté des acteurs de ce marché spéculatif. Les banques seront les premières bénéficiaires de cette opération. Elles ont accompagné Marsa Maroc dans tout le processus de privatisation (évaluation, intermédiation, placement). Le groupe Attijariwafabank est le premier gagnant de cette opération, à travers ses filiales Attijari Corporate Finance et Attijari Intermédiation.

    Sur la base de ces données et partant de notre double conviction : la défense de nos biens publics et la lutte pour une économie au service des citoyens répondant à leurs besoins essentiels, au lieu d’être au service des capitaux étrangers et nationaux, l’Association des ATTAC Maroc annonce ce qui suit :

    Nous nous opposons au retrait de l’État de Marsa Maroc, cette entreprise publique est stratégique dans un secteur vital, d’autant plus que la société est aujourd’hui rentable. Nous refusons à ce que l’État joue le rôle de catalyseur de la bourse via les biens publics en présentant des cadeaux à cette « économie casino ». Nous défendons Marsa Maroc, comme entreprise publique et un outil de la souveraineté économique et un créateur d’emplois. Nous appelons les travailleurs de l’entreprise à s’opposer aux plans visant le démantèlement d’une entreprise qu’ils ont bâti à la sueur de leur front.. Nous restons mobilisé.es aux côtés des travailleurs de l’entreprise dans leurs actions de lutte pour préserver leurs acquis et droits.

    Le secrétariat national, le 29 juin 2016. 2 juillet 2016 

    http://www.afriquesenlutte.org/afrique-du-nord/maroc/article/privatisation-de-marsa-maroc

  • Nouveautés sur Afriques en Lutte

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    Manifestation féministe à Rabat

    Samedi 18 juin à 21H30, une manifestation féministe s’est tenue sur l’esplanade du parlement, à Rabat. La manifestation, qui a regroupé plusieurs associations et collectifs d’associations féministes, a aussi vu la participation de personnalités du milieu associatif, dont Khadija Ryadi, ex-présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), ou encore Ahmed El Haij, l’actuel président de l’association. Les participantes ont brandi des pancartes appelant à la parité et à l’égalité des sexes, (...)

    L’UE risque d’alimenter les violations des droits des réfugiés et des migrants en Libye

    L’Union européenne (UE) projette de coopérer plus étroitement avec la Libye en matière de migration, au risque de favoriser les mauvais traitements endémiques et la détention pour une durée indéterminée, dans des conditions terribles, que subissent des milliers de réfugiés et de migrants, a déclaré Amnesty International. En mai, faisant suite à une demande du nouveau gouvernement libyen, l’UE a annoncé son plan axé sur la prolongation pendant un an de l’opération Sophia, sa mission navale de lutte contre (...)

    Tunisie - Tataouine : Grève de trois jours des employés de la société pétrolière SODAPES

    Abdallah Ben Jabeur, membre du syndicat de base de SODAPES, a indiqué ce mardi 21 juin 2016, à la TAP, que les employés de la société pétrolière à Tataouine entament une grève de trois jours, à partir d’aujourd’hui. Cette grève, indique la même source, a (...)

    Une pétition demande la restitution à Alger des crânes des insurgés de Zaatcha, entreposés dans les sous-sols du musée de l’Homme, à Paris.

    Ils sont numérotés, entreposés dans des boîtes, dans les armoires métalliques de quelque obscur sous-sol du musée de l’Homme, à Paris. Les crânes des résistants algériens tués, puis décapités en 1849, lors de la célèbre bataille de Zaatcha, furent longtemps (...)

    OÙ VA DJIBOUTI ?

    Va-t-on vers un scénario similaire à celui de la Somalie, du Burundi ou du Sud Soudan ? Sur ce petit territoire, trois acteurs se font face : les bases militaires étrangères, le régime et la population djiboutienne. Qu’en est-il de l’opposition ? (...)

  • Nouveautés sur "Lutte Ouvrière" et "CCR"

    leon arab.jpg

    LO:

    Maroc : cinq mois de grève à Maghreb Steel

    Avril-mai 1956 : la révolte des rappelés

    CCR:

    Maroc. Grèves et mobilisation contre la réforme des retraites du gouvernement