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IVè Internationale - Page 14

  • Déclaration « Palestine » Situation et tâches (Essf)

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    Situation

    ► 1) L’année 2014 aura été marquée, en Israël et dans les territoires palestiniens, par l’approfondissement des logiques à l’œuvre depuis deux décennies : renforcement de l’emprise israélienne sur Gaza et la Cisjordanie, poursuite et accélération de la colonisation juive, répression permanente contre les Palestiniens, assauts militaires ponctuels d’une extrême violence, avec une nouvelle étape franchie lors de la dernière attaque sanglante contre Gaza à l’été 2014, étranglement politique et économique de la société palestinienne, radicalisation de la société et du champ politique israéliens.

    ► 2) Si ces logiques s’inscrivent dans les dynamiques antérieures aux accords d’Oslo (1993-1994), à savoir un long processus de dépossession territoriale et de nettoyage ethnique, à des échelles et des rythmes variés selon la conjoncture, la situation actuelle ne peut être comprise qu’en intégrant les modifications induites par l’entrée dans la période de « l’autonomie palestinienne » : fin de l’occupation directe, par l’armée israélienne, des principales concentrations démographiques palestiniennes ; existence d’un appareil politico-administratif et répressif palestinien (l’Autorité palestinienne) ; marginalisation des réfugiés palestiniens de « l’extérieur ».

    ► 3) Les contradictions inhérentes au « processus de paix » et donc aux tâches de l’Autorité palestinienne, à savoir l’endiguement des revendications et de la résistance palestiniennes par la redistribution des aides internationales et par la répression tout en n’obtenant, dans le même temps, aucun gain politique réel, ont explosé en septembre 2000 avec la deuxième intifada. Expression du refus, de la part de larges secteurs de la société palestinienne, de rester silencieux face à un processus de réorganisation de l’occupation israélienne frauduleusement nommé « processus de paix » et face à une accélération sans précédent de la colonisation, le mouvement de révolte enclenché en septembre 2000 a rendu d’autant plus visibles les divisions, au sein de la direction de l’Autorité palestinienne, entre, d’une part, les partisans d’un improbable équilibre entre lutte contre l’occupation et coopération avec les autorités d’occupation et, d’autre part, les partisans de l’intégration au dispositif colonial.

    ► 4) La violence de la répression israélienne, avec la liquidation ou l’arrestation de milliers de résistants, majoritairement issus du Fatah, ont renforcé les courants les plus capitulards de la direction palestinienne, la mort de Yasser Arafat et son remplacement par Mahmoud Abbas consacrant de manière visible ces nouveaux équilibres. Depuis 2005, l’Autorité palestinienne dirigée par Abbas et ses proches (anciens et nouveaux), assume pleinement son rôle de collaborateur des forces d’occupation israéliennes, avec notamment une restructuration des services de sécurité palestiniens sous tutelle des États-Unis. Qui plus est, l’Autorité palestinienne, sous l’impulsion du Premier ministre Salam Fayyad (ancien haut fonctionnaire du FMI), a accéléré et parachevé l’intégration et la soumission de l’économie palestinienne au système capitaliste mondialisé et à son principal représentant local : Israël. S’il existe toujours, au sein de l’appareil de l’Autorité palestinienne, des secteurs nationalistes, issus du Fatah, hostiles à la cogestion avec la puissance occupante, ils sont de plus en plus marginalisés.

    ► 5) La victoire du Hamas aux élections législatives de 2006 a été une nouvelle expression déformée du refus majoritaire, dans la société palestinienne, de se soumettre aux injonctions occidentales et israéliennes et d’apporter un quelconque soutien politique à la direction capitularde et corrompue de l’Autorité palestinienne. Cette dernière ne se confond pas, aux yeux de la population, avec le Fatah, puisque ce sont bien les dirigeants en vue de l’Autorité palestinienne qui ont été battus lors des élections (scrutin par circonscription), et non le Fatah, qui a obtenu un score à peine inférieur à celui du Hamas au niveau national (scrutin de liste).

    ► 6) La victoire du Hamas et sa prise de contrôle totale de la bande de Gaza en réponse à la tentative de pustch fomentée par Mohammad Dahlan (dirigeant du Fatah) et soutenue directement ou indirectement par les États-Unis, l’Égypte et Israël, ont exposé le Hamas aux contradictions d’Oslo. Au sein du Mouvement de la résistance islamique, les divisions sont de plus en plus visibles entre, d’une part, les partisans d’une poursuite de la résistance, y compris armée, face à Israël (et donc, conséquemment, d’un affrontement avec la direction Abbas) et, d’autre part, les partisans d’un rapprochement avec la direction Abbas (et donc, conséquemment, d’une paix froide avec Israël).

    ► 75) Confronté aux mêmes problématiques que le Fatah durant les premières années de l’autonomie, à savoir l’incompatibilité entre (co-)gestion de structures intégrées au dispositif de l’occupation et poursuite de la lutte contre l’occupation, le Hamas a réussi à maintenir son unité en combinant gestion clientéliste du mini-appareil d’État à Gaza et prise en charge, notamment en cas d’agression israélienne, de la lutte armée (au côté des autres organisations palestiniennes mais de manière beaucoup plus visible et étendue). Le Hamas a ainsi pu demeurer légitime auprès, d’une part, de ceux qui ont bénéficié directement de l’institutionnalisation du mouvement (les bénéficiaires de la rente du mini-appareil d’État), partisans d’un apaisement des relations avec Israël et, d’autre part, de certains des secteurs parmi les plus marginalisés (notamment dans les camps de réfugiés), opposés à un tel apaisement.

    ► 8) Cet improbable équilibre s’appuie en outre sur un discours permettant d’unifier des catégories sociales dont les intérêts matériels sont divergents, voire contradictoires : l’utopie réactionnaire d’un État islamique en Palestine, dont le cadre territorial et temporel demeure volontairement flou. Le référent religieux n’est pas le monopole du Hamas et n’est pas la ligne de clivage politique centrale dans le champ politique palestinien, mais sa centralité et ses traductions dans le projet et les pratiques du Hamas (marginalisation des femmes, substitution du religieux au politique, porosité entre antisionisme et antisémitisme, etc.) soulignent d’autant plus la nécessité, au-delà des nécessaires cadres inclusifs permettant d’unifier, dans le combat quotidien, les divers courants de la résistance, d’une direction politique alternative.

    ► 9) La gauche palestinienne (FPLP, FDLP, PPP, courant de Mustapha Barghouthi) n’est pas en mesure aujourd’hui de représenter cette alternative. Divisée entre les partisans d’une intégration totale (PPP) ou partielle (FDLP) à l’Autorité palestinienne et les partisans de l’unité nationale entre Hamas et direction Abbas (FPLP), la gauche palestinienne paie le prix de ses ambiguïtés vis-à-vis du « processus de paix » : si, contrairement au PPP, le FDLP et le FPLP se sont formellement opposés aux accords d’Oslo, le légitimisme de leurs directions vis-à-vis de l’OLP les a conduites à taire une partie de leurs critiques et à refuser de prendre en charge la construction d’une « troisième voie », laissant le Hamas apparaître comme la seule opposition crédible à Arafat, puis à Abbas. Face à cette absence de perspectives, nombre de cadres et de militants de la gauche palestinienne se sont peu à peu tournés vers le travail au sein d’ONG qui, quand bien même leurs activités sont souvent essentielles, participent, dans la mesure où ce travail n’est pas articulé à la construction d’une alternative politique, d’un processus de dépolitisation et d’ « ONGïsation » de la société palestinienne.

    ► 10) En Israël, la radicalisation de la société et du champ politique se poursuit. Les derniers gouvernements, dominés par des forces d’extrême droite, racistes et antidémocratiques, ont poursuivi et accéléré les politiques de colonisation, de répression et de nettoyage ethnique contre les Palestiniens, en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem mais aussi en Israël même. Le centre et le centre gauche ont accompagné ces évolutions, en participant aux gouvernements de coalition ou en demeurant silencieux et donc complices de ces politiques. Le « mouvement de la paix » paie le prix de son alignement sur le parti travailliste, et seuls de petits groupes anticolonialistes prennent aujourd’hui réellement en charge la lutte contre l’ensemble des dimensions du colonialisme israélien et la solidarité effective avec les Palestiniens. Ils sont malheureusement aujourd’hui très minoritaires dans la société israélienne et font de plus en plus face à la répression et aux intimidations, qu’elles viennent de l’État ou de groupes d’extrême droite.

    ► 11) L’ensemble de ces évolutions et la dégradation des rapports de forces en défaveur des Palestiniens ne peuvent être comprises et analysées pleinement sans les situer dans les contextes régional et international. L’État d’Israël est en effet pleinement intégré politiquement et économiquement à l’ordre impérialiste mondial, et bénéficie du soutien affirmé ou de l’appui indirect de la quasi-totalité des pays occidentaux. Les tensions qui existent entre l’administration Obama et le gouvernement Netanyahu ne se traduisent par aucune pression sur Israël : les États-Unis, affaiblis dans la région, ne peuvent entrer en confrontation ouverte avec l’allié israélien. Certains États plus critiques de la politique israélienne (Brésil, Turquie, et même Chine) développent quant à eux des liens militaires et commerciaux croissants avec l’État d’Israël. Les récents votes, dans divers pays européens, recommandant la reconnaissance de l’État de Palestine, s’ils témoignent d’une irritation face à la violence, l’arrogance et l’obstination israéliennes et d’un isolement de plus en plus marqué de l’État d’Israël, ne traduisent nullement une modification réelle des rapports de forces diplomatiques. Le processus révolutionnaire arabe, qui avait ouvert la possibilité d’une rupture de l’isolement régional des Palestiniens, traverse une période de reflux avec le développement de la contre-révolution sous toutes ses formes (qu’il s’agisse des régimes ou de l’intégrisme islamique). Le processus n’a pas été défait et la région est loin d’être stabilisée, et de nouveaux développements sont à prévoir, notamment en Syrie et en Égypte, qui pourront avoir un impact sur la situation palestinienne. Mais le reflux bénéficie actuellement à l’État d’Israël, avec des rivalités extrêmes entre les pays arabes et une collaboration intensifiée, pour certains d’entre eux (Égypte, Jordanie, pays du Golfe, etc.), avec Israël. L’isolement des Palestiniens face à un État d’Israël bénéficiant de multiples et puissants appuis souligne d’autant plus la nécessité et la centralité de la solidarité internationale pour modifier les rapports de forces.

     Tâches

    ► 12) Depuis près de trois ans, on a assisté à une inflexion tactique de la part de la direction palestinienne (Abbas), qui a fait le choix d’en appeler directement aux institutions internationales en s’émancipant partiellement du cadre contraignant d’Oslo : demande d’adhésion à l’ONU et aux divers organismes qui lui sont liés, adhésion à la Cour pénale internationale (CPI), tentative de faire adopter une résolution de l’ONU exigeant un calendrier pour un retrait de l’armée israélienne des territoires occupés après 1967, etc. L’échec de cette dernière tentative démontre les limites de cette inflexion tactique, de même que les menaces de sanctions financières qui pèsent sur l’AP, principalement de la part des États-Unis et d’Israël, notamment en cas de démarche approfondie auprès de la CPI, et qui paralyseraient le fonctionnement des institutions palestiniennes.

    ► 13) Force est toutefois de constater que ces démarches sont révélatrices, de la part d’une partie de la direction palestinienne, d’une prise de conscience des impasses du « processus de paix » et des négociations bilatérales sous arbitrage étatsunien, quand bien même Abbas et ses proches n’envisagent pas explicitement, pour l’instant, une rupture formelle avec les accords d’Oslo, mais plutôt une amélioration du rapport de forces vis-à-vis d’Israël. Ces démarches font en outre écho, de manière déformée, à une aspiration de plus en plus forte au sein de la population palestinienne des territoires occupés : sortir du carcan d’un « processus de paix » qui éloigne chaque jour un peu plus la perspective d’une satisfaction des droits nationaux des Palestiniens.

    ► 14) C’est notamment ce constat qui a guidé les initiateurs palestiniens de l’appel Boycott-Désinvestissement-Sanctions, lancé en juillet 2005, qui, sans prendre de position sur le type de solution à long terme, prend acte de l’échec de la stratégie négociée et du déséquilibre des rapports de forces, se fixant comme objectif d’isoler, politiquement, économiquement, diplomatiquement, l’État d’Israël, jusqu’à la satisfaction des droits nationaux des Palestiniens. Il s’agit en effet, avec BDS, de sortir de la logique des négociations bilatérales et du « compromis acceptable » pour développer des mécanismes de contrainte à l’égard d’un État d’Israël qui s’obstine à ne pas comprendre un autre langage que celui de la force. Il s’agit également de rompre avec la logique de l’affrontement militaire avec Israël, voie sans issue pour les Palestiniens, et de combiner pressions extérieures et redéveloppement d’un mouvement populaire à l’intérieur.

    ► 15) La solidarité internationale possède, avec BDS, un outil essentiel pour dénoncer et mettre sous pression non seulement l’État d’Israël, mais aussi les États complices de l’occupation, ainsi que les grandes firmes capitalistes multinationales qui en bénéficient en participant directement ou indirectement à l’exploitation économique des territoires palestiniens. Depuis une dizaine d’années, et a fortiori après les massacres de Gaza à l’hiver 2008-2009, BDS a connu un développement conséquent à l’échelle internationale, devenant une activité centrale du mouvement de solidarité, qui a remporté certaines victoires notables, principalement dans les domaines du boycott et des désinvestissements.

    ► 16) Les initiateurs palestiniens de la campagne BDS font appel à la créativité et au sens tactique des mouvements de solidarité internationaux afin qu’ils déclinent dans leur pays les différents aspects et niveaux du BDS en fonction des réalités nationales et régionales. Selon les pays et régions, diverses revendications peuvent ainsi être mises en avant, en privilégiant des revendications qui pourraient avoir un impact réel sur Israël : suspension de l’accord UE-Israël, arrêt immédiat de la participation égyptienne au blocus de Gaza et l’ouverture du point de passage de Rafah, embargo sur les armes, fin de la coopération militaire et des collaborations économiques (par exemple dans l’exploitation du gaz en Méditerranée), la libération des prisonniers – en particulier des enfants emprisonnés, etc. L’essentiel est, au-delà des adaptations tactiques, de refuser toute concession sur le fond : BDS ne cessera qu’avec la satisfaction pleine et entière de l’ensemble des droits nationaux des Palestiniens, qu’il s’agisse des Palestiniens des territoires occupés depuis 1967, des Palestiniens d’Israël ou des Palestiniens de l’exil.

    ► 17) Au travers et au-delà de la campagne BDS, nous devons tout particulièrement mettre l’accent sur le renforcement des contacts, des liens et des partenariats de diverses composantes du mouvement social et du mouvement ouvrier avec leurs homologues palestiniens, qu’il s’agisse des syndicats ouvriers, du mouvement paysan, du mouvement féministe, du mouvement LGBTI, des mouvements pour les droits humains, des mouvements chrétiens progressistes, etc. Ces partenariats bénéficient directement aux Palestiniens en rompant les logiques d’isolement et permettent en outre aux mouvements de solidarité de s’ancrer plus profondément dans les dynamiques sociales et politiques nationales et régionales en élargissant son assise et son audience. Le chaos créé par les contre-révolutions dans la région a renforcé les logiques d’exode de réfugiés palestiniens en direction, notamment, de l’Europe : la prise en compte de cette nouvelle donnée doit être une préoccupation du mouvement de solidarité, en lien avec les mouvements de défense des droits des migrants et des réfugiés. La criminalisation du mouvement BDS et, plus largement, du mouvement de solidarité, entre autres et notamment en France, est également une donnée nouvelle à laquelle nous devons faire face en construisant des mobilisations aussi larges et massives que possible.

    ► 18) Nous devons bien évidemment combattre toute forme de racisme au sein du mouvement de solidarité avec les Palestiniens, qu’il s’agisse de l’islamophobie ou de l’antisémitisme, ainsi que toute collaboration avec des forces d’extrême droite. Les récents événements de Paris et de Copenhague, au cours desquels des juifs ont été délibérément assassinés, soulignent d’autant plus la nécessité de lutter contre toute forme de stigmatisation sur des bases religieuses ou ethniques, et l’importance de la présence des mouvements et réseaux juifs anti-occupation au sein du mouvement de solidarité. Ceci implique de développer un mouvement de solidarité ferme sur les principes, sans qu’il renonce toutefois, dans les pays impérialistes, à être inclusif et proactif vis-à-vis des populations de culture arabe et/ou musulmane, qui représentent souvent l’un des principaux viviers de la solidarité. Il s’agit donc d’envisager (ou d’approfondir) la collaboration avec les forces représentatives de ces populations, y compris les forces et associations musulmanes, dans la mesure où l’unité est possible sans renoncer aux principes fondamentaux, notamment le rejet de toute confessionnalisation de la question palestinienne et le refus de toute instrumentalisation religieuse de la solidarité.

    ► 19) Enfin, il est important de tisser et développer des liens avec les forces de la gauche palestinienne, dans leur diversité, sans poser de conditions préalables. Un tel dialogue devrait se concentrer, d’une part, sur les formes de collaboration possible au sein du mouvement de solidarité internationale et, d’autre part, sur les perspectives de recomposition de la gauche anti-impérialiste à l’échelle régionale et internationale et sur la contribution que nous pouvons y apporter, notamment en y défendant notre point de vue marxiste révolutionnaire. À cet égard, les réunions et déclarations conjointes des organisations de la gauche révolutionnaire de la région, quand bien même nous pouvons les juger imparfaites et/ou insuffisamment représentatives, sont un point d’appui important : à nous de les populariser, de les renforcer et de les élargir, dans le respect du pluralisme et des désaccords tactiques. Dans le mouvement de solidarité avec les Palestiniens, nous devons combattre toute tentative de mise en opposition du processus révolutionnaire régional et de la lutte palestinienne, en rappelant notamment l’hostilité historique des régimes de la région aux revendications palestiniennes, et en soulignant la complémentarité entre la lutte contre Israël et la lutte contre les régimes. La combinaison entre la lutte palestinienne et les autres luttes pour l’émancipation doit également faire l’objet d’une valorisation particulière dans notre système de formation, y compris et notamment les écoles de l’IIRF [1].

    ► 20) Dans toutes ces luttes et discussions, nous porterons les revendications énumérées dans la résolution du Congrès mondial de 2010 :

    « - retrait, total, immédiat et inconditionnel de l’armée israélienne, des territoires occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est ;

    - démantèlement de l’ensemble des colonies de peuplement construites depuis 1967 ;

    - destruction du mur de séparation ;

    - libération des prisonniers politiques détenus par Israël ;

    - levée immédiate et sans conditions du blocus contre Gaza

    comme premier pas sur le chemin d’une solution politique fondée sur l’égalité des droits.

    Nous soutenons toutes les formes de lutte du peuple palestinien pour la satisfaction de ses droits :

    - droit à l’autodétermination sans ingérence extérieure ;

    - droit au retour des réfugiés ou à la compensation pour ceux qui le désirent ;

    - droits égaux pour les Palestiniens de 1948.

    Au-delà, nous réaffirmons ici la nécessité, pour l’émancipation des peuples arabes, du démantèlement de l’État sioniste, incarnation d’un projet colonial et raciste au service de l’impérialisme, et ce au profit d’une solution politique dans laquelle tous les peuples de la Palestine (palestinien et juif israélien) puissent vivre ensemble dans l’égalité totale des droits ».

    Comité international de la IVe Internationale

    Quatrième Internationale
    24 février 2015

    Déclaration adoptée par le Comité international de la Ive Internationale le 24 février 2015.

     

    Notes:

    [1IIRF. Institut International de Recherche et de Formation.

     

  • Nouveautés sur Europe Solidaire Sans frontières

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    *
    CHAMKHI Fathi - 8 février 2015
     
      Tunisie - 11 février 2015

     Front populaire (Tunisie) - 10 février 2015

    Communiqué du Front populaire sur les protestations dans le Sud-Est de la Tunisie

     

  • Tunisie : Communiqué de la LGO sur la situation et les tâches (ESSF)

    http://www.lcr-lagauche.be/cm/images/PHOTOS_2012/tun-rev.jpg

    Le Comité central de la Ligue de la gauche ouvrière (LGO) élargi aux diverses coordinations régionales et sectorielles s’est réuni le 28/12/2014 au siège national pour discuter de la situation politique dans le pays et des tâches à accomplir au cours de la prochaine période.

    Après avoir discuté de la situation et des événements politiques qui découlent des élections législatives et présidentielles, les participants ont souligné le bien-fondé des positions politiques précédentes de la LGO, confirmé par les événements ultérieurs. Ils ont estimé que la bipolarisation politique entre les deux courants du capitalisme libéral - confirmée d’ailleurs par les résultats des élections et les événements qui en découlent - ne reflète pas les principales contradictions qui traversent la société tunisienne.

    Par ailleurs, le Comité central a souligné la nécessité pour le Front populaire de continuer à mettre en avant son projet comme alternative politique face aux forces de la contre-révolution représentées par l’islam politique et les forces coalisées autour de Nidaa Tounes. Et cela, en poursuivant la mobilisation de masse et la lutte de terrain dans les différents secteurs et régions, ainsi qu’au Parlement, fidèlement au programme du Front populaire et aux promesses faites pendant les campagnes électorales.

    Le Comité central a conclu ses travaux par les décisions suivantes :

    La Ligue de la gauche ouvrière appelle à développer les interventions politiques du Front populaire, à travers une restructuration politique et organisationnelle, afin d’assurer :


    * la mobilisation des partisans et des sympathisants gagnés pendant les élections autour des questions principales et des revendications pressantes des masses les plus larges,
    * la dénonciation des choix politiques en cours,
    * l’ouverture d’un débat élargi au sein des coordinations régionales autour des questions tactiques et stratégiques les plus importantes du Front.

    La Ligue de la gauche ouvrière refuse de participer au gouvernement de la majorité parlementaire, non seulement à cause de l’alliance prévue entre Ennahdha et Nidaa Tounes avec la participation des islamistes, mais surtout en termes de rejet du programme économique et social hostile aux intérêts des larges masses comme il a été constaté dans le budget désastreux dernièrement adopté par l’Assemblée.

    La Ligue de la gauche ouvrière refuse d’accorder sa confiance à la composition gouvernementale attendue parce que son programme et ses composantes ne travailleront que pour restaurer l’ancien régime dans ses grands choix et orientations.

    La LGO appelle les députés du Front populaire à la nécessité de s’éloigner de la logique des polarisations politiques imaginaires entre Nidaa Tounes et Ennahdha au sein et en dehors du Parlement.

    Ligue de la gauche ouvrière (LGO)
    28 -12-2014

     

  • Nouveautés sur Europe Solidaire Sans frontières

    23.12   Histoire des luttes populaires HALSANBE Jihane
     

     KRIVINE Alain - 1er novembre 2014

    Internationalisme : le soutien pratique mené de France envers la révolution algérienne

     MANSOOR Nasir, NTUF - 22 December 2014
     
      1945-1962 SAAD-EDDINE Mahdi - 1er novembre 2014
     
     BENOITS Clara, BENOITS Henri - 1er novembre 2014

     

  • Nouveautés sur Europe Solidaire Sans frontières

    *

     ROUSSET Pierre - 17 novembre 2014
     

     

    Attac Maroc - 16 novembre 2014
     

     

    Attac Maroc - 16 November 2014
     
    Tunisia LEROUGE Dominique, MATHIEU Freddy - 3 November 2014

     

     

    Algérie BOURDEBA Nouredine, ABANE Meziane - 15 novembre 2014

     

     

      Islam politique, islamisme MARTIAL Paul - 10 novembre 2014

     


     

      Iraq COCKBURN Patrick - 14 novembre 2014

     

     

     

      Syrie NAISSE Ghayath - 13 novembre 2014

     

  • Nouveautés sur Europe Solidaire Sans frontières

     
    Camarades d'Algérie
     
    PST (Algérie) - 8 novembre 2014
     
     NOUR Elyas - 10 novembre 2014

     

    LEVERRIER Ignace - 31 octobre 2014
     
     MUSLIM Saleh, STAAL Jonas -

     

    MAHMOUD Houzan - 7 octobre 2014

     

     MOHAMED Yanar - 2 September 2014

     

     

     MAHMOUD Houzan - 10 octobre 2014
     
     ACHCAR Gilbert, COSKUN Özlem, ADİLGIZI Lamïya -
     
     
     ALI Khaled, GUBERT Thomas - 3 novembre 2014

     

  • Tous ensemble pour une grève générale et populaire véritable !

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    Appel du courant Al Mounadil-a au Maroc

     

    Les directions des syndicats ouvriers ont décidé presque à l’unanimité d’observer un jour de grève générale le 29 octobre 2014, dans les secteurs public et privé, en vue de forcer l’État à négocier autour d’un paquet de revendications fondamentales des travailleurs. Ces revendications énumérées dans l’appel de la Confédération démocratique du travail (CDT) et de l’Union marocaine du travail (UMT) et la Fédération démocratique du travail (FDT) : une augmentation générale des salaires et des pensions, l’application de l’échelle mobile (l’indexation), la mise en œuvre du ce qui reste de l’accord du 26 avril 2011, la réduction de la pression fiscale sur les salaires, le renoncement à la réforme du régime des retraites, la généralisation de la protection sociale en veillant sur l’obligation de la déclaration des salariés auprès de la Caisse de la sécurité sociale, la protection des libertés et droits syndicaux et des législations sociales, l’abrogation de l’article 288 du code pénal [1], la garantie des services publics par l’Etat, mettre un terme au travail temporaire et précaire et à la sous-traitance et garantir la stabilité de l’emploi.

    Cette initiative survient dans un contexte se caractérisant par les résultats désastreux de la politique du « dialogue social », au lieu de la lutte des classes. L’Etat a utilisé les directions syndicales pour imposer ses choix à la classe ouvrière d’où l’assaut contre ​​les régimes de retraite à travers la soi-disant Commission technique, qui a imposé le prélèvement des journées de grèves sur les salaires des fonctionnaires grévistes - un acquis historique pour près de 60 ans (depuis l’indépendance formelle du pays). Elle a gelé les salaires, fermé les yeux sur le refus des employeurs d’appliquer la maigre augmentation du salaire minimum de juillet 2014, ignoré l’accord du 26 avril 2011 (après l’atténuation du Mouvement du 20 Février qui l’avait arraché enlevé), consacré une exploitation brutale dans le secteur privé par les entreprises de sous-traitance et les intermédiaires, et passé une loi sur l’indemnisation pour la perte d’emploi qui est un mépris flagrant envers les victimes du licenciement. D’autre part ladite commission a réduit au maximum les efforts en matière d’embauche malgré le besoin social croissant des services publics, notamment l’éducation, la santé, etc. Et bien pis encore, les bourgeois et leur Etat ​​préparent d’autres attaques, que ce soit par leur détermination à saper les infimes acquis dans le Code du travail ou à supprimer le droit de grève sous prétexte de le codifier, et leur disposition à généraliser la précarité de l’emploi et la surexploitation dans les secteurs de la fonction publique après avoir ruiné les travailleurs du secteur privé, ...

    Le délabrement de la classe ouvrière comparé aux succès de l’ennemi de classe, et l’arrogance de Etat vis-à-vis ​​des appels au « dialogue social », est causé en partie par la politique des directions syndicales qui mènent et contrôlent la lutte des travailleurs qui ont fait avorter de nombreuses batailles, laissé dépérir d’autres, y compris celle des travailleurs des Autoroutes nationales en 2011-2012, la grève d’un mois des mineurs de Djebel Aouam en août 2014, le démantèlement de la mobilisation des travailleurs à Ouarzazate par une décision venant d’en haut qui avait conduit à démolir la structure syndicale locale, pour ne citer que ces exemples.

    Une partie de l’énergie militante qui pourrait faire du 29 octobre une grève générale véritable a été gâchée lorsque les directions syndicales se sont abstenues délibérément, et au nom du maintien de la « stabilité sociale », de soutenir les grèves en cours et consolider les liens de solidarité de classe, privilégiant une négociation à froid en dehors de tout contexte de lutte.

    Cela étant, l’appel à la grève générale par toutes les directions syndicales (à l’exception de celle affiliée au parti de Benkirane) est un aveu d’échec de la politique de « partenariat social » et de « dialogue social ». Si les directions syndicales tentent à travers cet appel d’exercer juste une pression afin de revenir au « dialogue social », alors il est de notre devoir tous, travailleurs dans les secteurs public et privé, de faire de cette journée une journée de grève véritable pour nos revendications, en organisant des rassemblements sur le lieu de travail pour discuter du déroulement de la bataille et les moyens d’assurer son succès, et d’œuvrer, notamment, à l’étendre, pour lui donner la force qui peut contraindre l’ennemi de classe à faire des concessions. Se limiter à un arrêt de travail d’un jour encourage les employeurs et leur Etat à ignorer la grève, et partant imposer de maigres résultats qui démoralisent davantage les bases ouvrières.

    Le courant Al Mounadil-a appelle ses militants et tous ses sympathisants ainsi que tous ceux et celles qui s’attachent aux objectifs de l’émancipation de la classe ouvrière, à participer activement à faire parvenir l’appel à la grève générale aux travailleurs, et à collaborer avec tous les militants de notre classe, syndicalistes et militants politiques, et avec tous des résistants à la politique capitaliste destructrice, pour une mobilisation ouvrière et populaire effective qui consolide les liens de solidarité et permette à notre classe de renforcer la confiance en ses capacités militantes.

    Le courant Al Mounadil-a affirme de nouveau que la construction d’une stratégie de lutte de classe – combative et démocratique - dans chaque syndicat contre la politique des directions syndicales, est la première condition pour que les organisations syndicales jouent leur rôle consistant en l’amélioration des conditions de notre classe au travail et dans la vie, et en le développement de ses capacités de lutte sur le chemin de son émancipation définitive de l’exploitation capitaliste, sous la bannière éternelle de notre classe : l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes.

    Faisons du 29 octobre 2014 une journée de lutte ouvrière et populaire véritable !

    Faisons du 29 octobre une grève ouvrière et populaire, et pas seulement une escarmouche pour revenir à la politique catastrophique de « dialogue social ».

    Courant Al Mounadil-a
    22 octobre 2014

     

    Notes

    [1] Cet article prévoit des peines de prison à l’encontre des syndicalistes et des travailleurs pour leurs activités syndicales [NdT].

     

    * Source : http://almounadil-a.info/article386...

    * Traduction de l’arabe par Rafik Khalfaoui.

    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article33340

  • Pour une Assemblée constituante représentative des travailleurs et des opprimé·e·s (PST)

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    Algérie. Contre le nouveau Code du travail, la Loi sanitaire, l’adhésion à l’OMC,

    Alors que la rentrée sociale a été marquée par l’annonce de projets visant à l’accentuation du cours libéral à travers le projet du nouveau Code du travail [qui remet en cause le droit de grève, les libertés syndicales, généralise la précarité du travail, fait de l’UGTA le seul «partenaire social»], le projet de nouvelle Loi sanitaire [le Syndicat des praticiens de Santé publique a une position critique face à ces changements] et l’accélération du processus d’adhésion à l’OMC (Organisation mondiale du Commerce), les manifestations des policiers dans plusieurs villes [à Alger mardi 14 octobre, devant la Présidence et avant à Ghardaïa dès le dimanche 12 octobre] viennent rappeler la fragilité du consensus de façade entre les factions au pouvoir, illustré par le Quatrième mandat d’Abdelaziz Bouteflika [après 15 ans à la présidence, «élu» avec 81,53% des suffrages en avril 2014, à l’âge 87 ans et bien qu’impotent], et les ravages sociaux des politiques libérales au sein même des sans-grade des corps constitués.

    Au-delà des revendications socioprofessionnelles et du droit légitime à constituer un syndicat, la mobilisation des policiers dénonce l’arrogance des barons importateurs, met en évidence l’échec de la politique répressive du pouvoir face aux contestations sociales et remet en cause leur hiérarchie synonyme de passe-droit et de népotisme. Mais ce droit de manifester doit être aussi reconnu aux autres catégories de la société.

    Le projet du nouveau Code du travail aggrave d’avantage l’exercice du droit syndical, du droit de grève et précarise le droit au travail par la généralisation de CDD [contrat à durée déterminée] et la remise en cause des acquis des travailleurs et travailleuses.

    Le projet de la nouvelle loi sanitaire menace de démanteler la médecine gratuite et ouvre la voie à la privatisation du secteur. L’adhésion à l’OMC est un gage du pouvoir de Bouteflika aux grandes puissances (France, Etats-Unis), qui participent, par le biais des sociétés étrangères, à la dilapidation des richesses nationales.

    Faut-il rappeler le rôle de ces sociétés (Saipem, Haliburton, SNC Lavain…) dans les scandales successifs de corruption à Sonatrach [Société Nationale pour la Recherche, la Production, le Transport, la Transformation et Commercialisation des Hydrocarbures; c’est une clé de voûte de l’économie algérienne] et ailleurs?

    Ces options constituent une attaque frontale contre les acquis des travailleurs et des masses populaires et hypothèquent l’avenir de notre pays et son indépendance. Ces projets prouvent que, même si Bouteflika est momifié, le pays est gouverné par le régime libéral de… Bouteflika.

    Les partis et les coalitions de l’opposition «démocratique», qui font partie du consensus libéral, sont trop préoccupés à quémander une quelconque transition pour participer au pouvoir. Ils ne revendiquent pas la souveraineté du peuple, source de toute légitimité.

    Les travailleurs et les masses populaires font tous les jours l’expérience de leurs luttes et ils savent que leur unité, leur solidarité et leur organisation indépendante sont la seule voie pour défendre leurs acquis et exiger une autre politique.

    Les militant·e·s de la classe ouvrière et le mouvement syndical sont appelés plus que jamais à unir leurs forces pour construire une convergence démocratique antilibérale et anti-impérialiste.

    • Mobilisons-nous contre le nouveau code du travail, la loi sanitaire !
    • Non à l’adhésion à l’OMC. Exigeons un débat national et démocratique!
    • Pour une assemblée constituante représentative des travailleurs et des opprimés!
    Publié par Alencontre le 20 - octobre - 2014
     
    Par le Parti Socialiste des Travailleurs (PST)
     
     
  • Nouveautés sur "International Viewpoint" (4è Internationale)

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    • Kobani, the Kurdish issue and the Syrian revolution, a common destiny

      13 October, by Joseph Daher

      The city of Kobani, which is in its great majority inhabited by Kurdish people, in Syria has been under direct threat for several weeks from the Islamic State (IS). Since the beginning of the IS offensive on 16 September 2014, more than 550 people have died, including 298 IS militants, 236 Kurdish fighters and around twenty civilians. More than 12 000 civilians still remain in some sections of the city of Kobani, while the IS offensive on Kobani and its surrounding villages has led to the forced displacement of about 200,000 people.

    • The massacre in Gaza - Hamas has emerged victorious, but at what cost!

      12 October, by Michel Warschawski

      As this article is being written [August 2014], the truce and the talks for a cease-fire have broken down, as a result, once again, of a deliberate Israeli provocation (the attempted assassination of the military commander Mohammed Deif, which failed but caused the deaths of several civilians, including his wife and young daughter). It is however likely that when the article is published, an agreement will have been signed: in fact, everyone is interested in ending this round, but not before having fired the last salvo with the sole purpose of proclaiming, "We won!" On this question - who won? - I will return later on in my analysis.

    • A call in support of Kobanê, against Turkish buffer zone

      11 October

      The Women’s Initiative for Peace (based in Turkey) is calling on everyone to take a stand against Turkey´s proposal of creating a buffer zone in Syria. The statement can be read in full below.

    • Syria and the international coalition intervention

      10 October, by Joseph Daher

      In recent weeks we have seen the establishment of an USA led International coalition also composed of Saudi Arabia, the United Arab Emirates, Qatar, Australia, Germany, the Netherlands and Jordan to launch a joint military operation, on Syrian territory, with the tacit support of the Assad regime as we will see, against Daech (also known as the Islamic State (ISIL). Several levels of analysis are needed to understand the dynamics of this intervention.

     *

  • l’algérie au coeur (4è Internationale)

    algerie_au_coeu2r

    Nos camarades Clara et Henri Benoits (militants de la IVe Internationale depuis 1944), militants du NPA, vont animer le
    mercredi 15 octobre à 19h,
    au Café-Bar Lieu-Dit (6 rue sorbier, 75020 Paris

    une discussion sur leur livre:

    L’ALGÉRIE AU COEUR – RÉVOLUTIONNAIRES ET ANTICOLONIALISTES À RENAULT BILLANCOURT CLARA ET HENRI BENOITS
    (AVEC JEAN CLAUDE VESSILLIER)
    (PRÉFACE DE MOHAMMED HARBI )
    224 pages / cahier photos / 14 € / Editions Syllepse, Paris 2014, Collection « Des paroles actes »


    Quelques mots de présentation de cet ouvrage :

    Clara et Henri Benoits : elle, fille d’immigrés hongrois, et lui, gamin des fortifs, se sont rencontrés au début des années 1950 dans l’usine Renault de Billancourt. Plongés dans cette Babel ouvrière, ils témoignent de l’irruption des guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie et de l’activité de ceux qui y ont organisé le FLN, leurs camarades dans l’usine. L’Algérie a été au coeur de leur engagement militant.

    EN SOUTIEN AU PEUPLE ALGÉRIEN

    Que la Fédération de France du FLN ait choisi parmi les « témoins » de la manifestation du 17 octobre 1961 cinq militants salariés de cette usine, dont Henri et Clara, est la mesure de la portée politique de ce soutien.
    Investis dans le soutien aux Algériens, ils racontent les conséquences du vote des pouvoirs spéciaux en 1956 au gouvernement socialiste de Guy Mollet, entraînant le départ de la quasi-totalité des militants algériens du PCF vers le FLN. Ils décrivent la solidarité concrète manifestée dans les ateliers entre Français et Algériens lors d’incursions policières dans l’usine.

    L’ENGAGEMENT FÉMINISTE CHEZ UN COUPLE DE MILITANTS
    Clara et Henri, chacune et chacun a eu son histoire, ses engagements, ses adhésions politiques ou syndicales, et ce récit est celui de deux parcours distincts. Ce récit n’est pas le discours fusionné d’un couple qui ne saurait dire que « nous », mais celui de deux parcours mêlant singularités assumées et engagements partagés. Clara, rare déléguée aux côtés de ses collègues et camarades hommes, luttait dès les années 1950 contre les discriminations frappant les femmes dans les ateliers et services de Renault. Surnommée «mitraillette» pour sa pugnacité volubile à défendre ses collègues, son engagement féministe se prolonge dans sa participation au groupe femmes Renault.

    QUARANTANTE ANS DE LUTTES CHEZ RENAULT
    Entrés dans l’usine en 1949-1950 et membres actifs de la CGT, Clara et Henri Benoits ont travaillé et lutté pendant près de quarante ans à Renault Billancourt. Clara, militante du PCF jusqu’en 1969 et Henri, se revendiquant toujours du marxisme-révolutionnaire et de la 4e Internationale, aujourd’hui membre du NPA, ont été des militants critiques, mais jamais isolés.

    Dans cette chronique de plus de cinquante années de luttes se succèdent les premières manifestations syndicales de 1945 où tra- vailleurs algériens et vietnamiens défilent ensemble, le vécu quotidien de militants syndicaux au plus près de leurs collègues de travail, l’indé- pendance conquise par l’Algérie en 1962, l’occupation de Billancourt pendant la grève générale de 1968, les luttes des ouvriers immigrés, et l’agonie du site aujourd’hui partagé entre friches industrielles et immeubles de standing.

    Ce que transmettent Henri et Clara dans ce récit, c’est comment enraciner une activité militante dans des relations de fraternité, solidarité et de combat avec celles et ceux, de toute nationalité, que l’on côtoie dans la vie personnelle et sociale.

    SOLIDARITÉ OUVRIÈRE ET INTERNATIONALISME, VOILÀ LEUR FIL CONDUCTEUR