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  • Tunisie : Grève des des agents de la TRANSTU (Afriques en lutte)

    http://revolutionsarabes.hautetfort.com/media/00/01/1873927152.jpeg

    La grève générale des bus et tramways dans la capitale se poursuit pour la deuxième journée consécutive en paralysant les services de transport.

    La grève inopinée observée par les agents du transport, de Société des Transports de Tunis (Transtu) a démarré hier dans les gouvernorats de Tunis, Ben Arouss, Ariana, Mannouba.

    Dans un communiqué publié, lundi, la TRANSTU a appelé les parties concernées à éviter le blocage du transport public. Le même communiqué précise que « les négociations entre le ministère de tutelle et la partie syndicale sont en cours actuellement à l’effet de la reprise de l’activité du transport dans les plus brefs délais ».

    Une réunion se tiendra, aujourd’hui, mardi 13 janvier 2015 à 9h, entre le ministère de tutelle et les représentants de l’Union Générale tunisienne du Travail (UGTT) afin de parvenir à une solution entre les deux parties.

    Source : Shem FM 15 janvier 2015

    http://www.afriquesenlutte.org/afrique-du-nord/tunisie/article/tunisie-greve-des-des-agents-de-la

  • Point sur la répression en Egypte ces derniers mois (A l'Encontre)

    Le président Sissi

    Le président Sissi entouré de ses généraux

    Selon Michel Camau [1], l’autoritarisme consolidé «réunit deux caractéristiques apparemment contradictoires». Premièrement, «il affiche une capacité et un niveau de répression sans commune mesure avec leur état antérieur». Deuxièmement, le régime marque simultanément «la distance avec le passé en se prévalant de l’Etat de droit, du pluralisme et de la démocratie». Michel Camau explique que «la logique de justification de cette ambivalence est bien connue. C’est celle de l’état d’exception: prétendre à la sauvegarde d’un dispositif normatif de liberté en restreignant le champ d’application de ses procédures, au nom de la lutte contre ses ennemis putatifs».

    Il me semble que cette définition de l’autoritarisme consolidé correspond extrêmement bien au cas égyptien actuel: le régime se prévaut de la réforme démocratique et de la poursuite des objectifs de la révolution du 25 janvier 2011, mais la répression est à son plus haut niveau depuis longtemps. Le tout sous le thème de la guerre contre le terrorisme et l’islamisme, qui permet au passage de mettre au pas les récalcitrants de tout acabit.

    Je tiens dans cet article à faire le point sur cette répression multi-facettes, tout en insistant sur la manière dont différents individus et groupes sociaux se font les relais de cette répression et de cette consolidation autoritaire, en actes et en paroles, et donc en dehors du schéma classique (et caricatural bien entendu) qui voudrait que l’autoritarisme se caractérise par un Etat et une société strictement opposés l’un à l’autre.

    Les Frères musulmans

    Depuis le renversement du Président Morsi le 3 juillet 2013, les actes de répression contre les Frères musulmans se sont multipliés. La liste est longue et je n’en proposerai ici qu’un survol. Les estimations des conséquences de la répression à ce stade tournent autour de 2500 morts et 17’000 blessés, quelque 16’000 arrestations, et plus de 1000 condamnations à mort au terme de procès expéditifs. Le 26 juillet 2013, le général Sissi a appelé les Egyptiens à manifester en masse pour lui donner un mandat afin d’en finir avec le terrorisme. Cette rhétorique de la guerre contre le terrorisme est devenue depuis le principal argument du régime actuel et le prétexte à des appels réguliers à l’union nationale et à la multiplication de lois répressives.

    Après l’annonce de la condamnation à mort de centaines de partisans de Morsi à Minya

    Après l’annonce de la condamnation à mort de centaines de partisans de Morsi à Minya

    Le 14 août 2013, les forces de sécurité ont dispersé le sit-in des partisans du président Morsi déchu dans le sang. Human Rights Watch, au terme d’une longue enquête ayant conduit à l’écriture d’un rapport sur le sujet, a qualifié cette dispersion d’«attaque préméditée», de «massacre» et de «crime contre l’humanité», estimant le nombre de morts à 817. Les autorités ont d’ailleurs empêché l’organisation de venir présenter les conclusions du rapport sur le territoire égyptien. En septembre 2013, l’organisation des Frères musulmans a été déclarée organisation terroriste par les autorités. La chasse aux sorcières entamée immédiatement après la destitution de Morsi se poursuit encore aujourd’hui. Des condamnations à mort collectives ont été prononcées à plusieurs reprises contre des membres ou des partisans de la Confrérie (1212 personnes d’un coup à Minya en mars et avril 2014, 183 dont l’ancien guide suprême des Frères Mohammed Badie en juin, ou encore 188 en décembre).

    Le discours dominant, relayé par les autorités, les intellectuels et une partie de la population continue à dénoncer pêle-mêle le projet totalitaire des frères, leur volonté d’établir un nouveau califat islamique en Egypte et de transformer la société en imposant des lois réactionnaires, la nature intrinsèquement violente et terroriste de la Confrérie, l’intransigeance des leaders poussant leur base militante à se sacrifier comme des «moutons». Ce discours favorise la polarisation de la société et une forme d’irrationalité et de paranoïa qui atteint des degrés très élevés. Ainsi en octobre dernier, un étudiant (Abdel Rahman Zaidan) racontait sur sa page Facebook [2] la scène à laquelle il avait assisté dans un minibus: une femme critiquait le gouvernement en prenant à parti les autres passagers. Lorsque l’un d’entre eux s’est décidé à prendre part à la conversation et à émettre également des critiques, la femme a fait arrêter le minibus et a dénoncé l’homme à deux policiers qui gardaient une église en criant «Au secours ! Il y a un frère musulman terroriste dans le bus».

    Les ONG et les activistes

    La répression s’exerce également contre les activistes et les représentants de la société civile, en tête desquels se trouvent les ONG.

    Peu de temps après l’élection de Sissi, le 18 juillet, le ministère égyptien des Affaires sociales a publié une annonce dans le journal Al-Ahram demandant à toutes les entités civiles concernées de s’enregistrer comme ONG dans un délai de 45 jours, en vertu de la loi 84 de 2002. Cette loi oblige toutes les ONG à s’enregistrer auprès des autorités. Elle permet au gouvernement de surveiller de très près les activités des ONG, et d’imposer leur fermeture, de geler leurs avoirs et de confisquer leurs financements s’il estime que ces activités nuisent aux intérêts du pays [3]. Cette annonce, et les pressions répétées du gouvernement sur les ONG, en particulier celles travaillant pour les droits de l’homme, ont conduit plusieurs d’entre elles à fermer leurs portes ou à délocaliser, à l’image par exemple du Cairo Institute for Human Rights Studies, qui a annoncé son installation en Tunisie du fait des «menaces actuelles contre les organisations de droits de l’homme».

    Le militant politique et fondateur du Mouvement du 6 avril, Ahmed Maher, a été condamné en décembre 2013 au Caire à trois ans de prison

    Le militant politique et fondateur du Mouvement du 6 avril, Ahmed Maher, a été condamné en décembre 2013 au Caire à trois ans de prison

    Les activistes, au départ noyés dans la masse de la grande «union nationale» anti-Morsi et anti-Frères du 30 juin 2013, ont également commencé à faire les frais de la répression à partir du moment où ils ont tenté de reprendre leur indépendance et de poursuivre les revendications de la révolution. Un des principaux instruments de cette répression est la loi sur les manifestations de novembre 2013, qui accorde au ministère de l’Intérieur de larges pouvoirs discrétionnaires sur les manifestations (notamment en matière d’interdiction et de dispersion) et expose de manière vague les circonstances dans lesquelles des manifestants peuvent être considérés comme enfreignant la loi.

    Le ton est donné dès novembre 2013: après une manifestation devant le Parlement contre la nouvelle Constitution, les activistes révolutionnaires Ahmed Maher (fondateur du Mouvement du 6 avril), Mohammed Adel, Ahmed Douma et Alaa Abd El Fattah sont arrêtés. Les trois premiers sont condamnés à trois ans de prison en décembre 2013, le dernier à 15 ans en juin 2014, de même que 25 autres accusés. La manifestation de soutien aux prisonniers politiques du 21 juin 2014 pour protester contre ces peines conduit à une nouvelle vague d’arrestations de militants, dont Sanaa Seif, la sœur de Alaa Abd El Fattah, et Yara Sallam, activiste féministe. L’activiste et avocate des droits de l’homme Mahienour el Masry a également passé six moix en prison pour avoir participé à une manifestation interdite jusqu’à ce que sa peine soit suspendue en septembre dernier.

    Actuellement, Sanaa Seif, Yara Sallam et les autres activistes condamnés en même temps qu’elles sont toujours en prison. Leur peine a été réduite de trois à deux ans en décembre. Alaa Abd El Fattah a été libéré sous caution en septembre puis emprisonné à nouveau. Un nouveau procès est en cours. Ahmed Douma a lui été condamné à trois ans supplémentaires en décembre dernier pour outrage au tribunal après un vif échange de mots avec le juge en charge de son procès.

    Il ne s’agit là que de quelques exemples d’activistes emprisonnés, mais qui soulignent les méthodes et les objectifs du régime actuel. Il s’agit surtout d’empêcher que les voix des révolutionnaires soient entendues, de faire taire la dissidence et d’empêcher tout mouvement alternatif de se structurer, ainsi que d’établir un monopole d’Etat sur les revendications de la révolution du 25 janvier 2011 et du 30 juin 2013.

    Les journalistes et la liberté d’expression

    En 2014, le Comité de Protection des Journalistes a classé l’Egypte parmi les 10 pays ayant emprisonné le plus de journalistes, dénombrant 12 d’entre eux détenus dans les prisons du pays [4]. L’Association pour la Liberté de Pensée et d’Expression se demandait en décembre dans son dernier rapport sur les journalistes emprisonnés si le journalisme était devenu un crime en Egypte [5].

    Les journalistes Mohamed Fahmy (à g.) et Peter Greste (à d.), le 2 janvier 2015, un nouveau procès, dont la date n'a pas été fixée, doit avoir lieu

    Les journalistes d’Al-Jazeera Mohamed Fahmy (à g.) et Peter Greste (à d.), le 2 janvier 2015. Un nouveau procès, dont la date n’a pas été fixée, doit avoir lieu

    Le but de la répression contre les journalistes et les médias est simple: imposer le discours du pouvoir en place comme discours dominant et éliminer tout discours alternatif. Cette répression commence dès la destitution de Morsi, avec l’ordre donné par le gouvernement intérimaire de faire fermer les locaux de 6 chaînes de télévision pro-Frères. L’après juin 2013 voit aussi la fin du programme satirique de l’humoriste Bassem Youssef, symbole de la liberté d’expression et de la critique depuis le 25 janvier 2011. Plus tard, en juin 2014, c’est au tour de trois journalistes d’Al-Jazeera arrêtés 6 mois plus tôt d’être condamnés à des peines de 7 à 10 ans de prison, accusés d’avoir diffusé de fausses informations (un nouveau procès leur a été accordé le 1er janvier 2015).

    Début novembre, le département législatif du Conseil d’Etat a reçu un projet de loi visant à interdire la publication d’information concernant l’armée, dont l’un des articles stipule la nécessité de demander l’autorisation préalable des forces armées avant de diffuser des nouvelles concernant ses troupes, ses mouvements et ses équipements, et impose des sanctions de 6 mois à 5 ans de prison et 100 à 500 livres égyptiennes d’amende en cas de non-respect. Il semble cependant que la loi n’ait toujours pas été promulguée à ce stade.

    D’une manière générale, les journalistes dénoncent les difficultés qu’ils ont à travailler dans un contexte de peur, de paranoïa et de surveillance accrue. Témoignent par exemple de cette atmosphère les mésaventures du journaliste français Alain Gresh le 11 novembre 2014 au Caire, dénoncé aux renseignements puis à la police par une cliente du café dans lequel il parlait politique avec des journalistes égyptiennes. Ces phénomènes de délation et d’entraves à la liberté d’expression ne touchent pas seulement les journalistes cela dit: deux hommes égypto-britanniques et leur cousin égyptien ont été dénoncés et arrêtés dans le métro alors qu’ils parlaient d’un risque de manifestations importantes lors de l’anniversaire à venir de la révolution du 25 janvier.

    L’autocensure, elle aussi, s’est renforcée. La presse se ferme progressivement aux voix dissidentes et même la presse privée tend à renoncer à la critique, comme en témoigne par exemple l’évolution du quotidien Al Masry Al Youm, quotidien de référence de beaucoup d’intellectuels libéraux avant et après la chute de Moubarak pour ses positions distantes du régime et critiques, devenus après 2013 bien plus proche de la presse officielle symbolisée par le quotidien Al-Ahram. Autre manifestation importante de cette auto-censure, à la fin du mois d’octobre 2014, les rédacteurs en chef des plus importants quotidiens du pays se sont ainsi réunis, sous la présidence de Diaa Rashwan, le patron du syndicat des journalistes, pour rédiger une déclaration rappelant leur volonté commune d’«affronter les éléments terroristes et de protéger l’équilibre des forces dans le pays dans le cadre de la Constitution et de la loi». Concrètement, cela signifie qu’en soutien à la révolution du 25 janvier 2011 et du 30 juin 2013, ces rédacteurs en chef se sont engagés à ne plus rien publier qui puisse aider les terroristes et saper les institutions de l’Etat.

    Evacuation du campus de l'université du Caire  par des agents de sécurité lors de la manifestation  du 12 octobre 2014

    Evacuation du campus de l’université du Caire
    par des agents de sécurité lors de la manifestation
    du 12 octobre 2014

    Les étudiants

    Depuis la rentrée universitaire le 12 octobre 2014, étudiants et universités sont une cible privilégiée de la répression et de la violence. Dès cette rentrée, du fait de la crainte de la reprise des manifestations qui avaient marqué l’année universitaire 2013-2014, en particulier après la destitution de Morsi, l’accès aux campus était largement régulé par les forces de sécurité et des compagnies de sécurité privées (dont la compagnie Falcon) obligeant les étudiants à faire la queue pour passer des portiques de sécurité et pénétrer dans le campus. Les étudiants participant alors à des manifestations sont immédiatement réprimés dans plusieurs universités du pays. Le 21 octobre, un étudiant d’Alexandrie meurt des suites de blessure aux tirs de grenaille. Plusieurs centaines d’étudiants ont été arrêtés.

    Autre mesure de renforcement du contrôle des universités, le nouveau système électoral qui devait permettre la désignation des présidents d’université a été abandonné (en juin 2013): c’est donc le président de la république qui continue à nommer les présidents. Par ailleurs, un amendement du règlement disciplinaire des universités datant de février dernier permet aux présidents d’université de décider d’expulser des étudiants sans réunir de conseil de discipline. A l’Université du Caire, toute activité politique est interdite sur le campus depuis la rentrée. En octobre 2014, une nouvelle loi a confié à l’armée la protection des installations et institutions publiques incluant les universités. La loi prévoit aussi que toute atteinte à la sécurité et au fonctionnement de ces installations publiques peut être jugée devant un tribunal militaire, rouvrant allègrement la porte au jugement de civils par les tribunaux militaires, en dépit des dispositions de la Constitution.

    D’une manière générale, le positionnement de Sissi et du régime actuel vis-à-vis de la jeunesse est ambivalent: il alterne entre des excuses (pour le manque de prise en compte des revendications de la jeunesse), crainte des mouvements de jeune organisés et autonomes, exclusion politique et encouragements à participer à la vie sociale et économique égyptienne pour assurer le futur du pays.

    Les homosexuels

    La persécution des homosexuels n’est pas nouvelle en Egypte. Elle est cependant nettement renforcée ces derniers temps. Ce renforcement est à interpréter comme relevant d’une volonté du gouvernement de se présenter comme gardien de l’ordre moral pour satisfaire aux exigences d’une population largement conservatrice, qui condamne l’homosexualité au nom des principes de l’islam. Dans le contexte de l’après Frères musulmans, l’Etat tente de se montrer plus islamique que les islamistes. Par ailleurs, se concentrer sur la lutte contre les minorités sexuelles est un excellent moyen de détourner l’attention d’une série d’autres domaines dans lesquels l’Etat échoue ou avance avec difficultés. L’homosexualité n’est pas condamnée en tant que telle en Egypte, mais les autorités se servent allègrement de l’article 9 (c) de la loi n° 10/1961 sur la lutte contre la prostitution qui fait de la «pratique de la débauche», expression on ne peut plus vague, un délit.

    Acquittés après avoir été humiliés

    Acquittés après avoir été humiliés

    La dernière opération de grande envergure anti-homosexuels s’est déroulée le 7 décembre dernier: Mona Iraqi, une présentatrice de télévision sur la chaîne Al-Qahira wa al-nas s’en est prise à un hammam (établissement de bain traditionnel) qu’elle a qualifié de «plus grand repaire de perversion homosexuelle» dans la capitale égyptienne. Elle a ainsi suivi la police dans l’opération qui a conduit à l’arrestation de 26 hommes, que Mona Iraqi ne s’est pas privée de photographier avec son téléphone portable alors que les policiers les faisaient rentrer à demi-nus et humiliés dans leurs camions, accompagnant le tout de commentaires sarcastiques et sensationnalistes. Dans le cadre de l’enquête, ces hommes ont eu à subir des examens rectaux, pratique exécrable largement répandue dans le pays et utilisée afin de déterminer si une personne a eu ou non des rapports anaux récents. Les experts médico-légaux ont conclu qu’aucun des hommes interpellés n’avait eu de rapports homosexuels et que trois d’entre eux présentaient des stigmates de viol. Le procès a eu lieu et les 26 hommes ont finalement été acquittés, ce qui n’efface malgré tout en rien les humiliations qu’ils ont eu à subir.

    Ce procès n’est pas un cas isolé: à la fin du mois de décembre, huit hommes ont été condamnés à trois ans de prison (peine réduite à un an récemment) à la suite d’accusations de débauche après avoir organisé un simulacre de mariage gay et posté la vidéo sur Youtube. Certains chiffres évoquent jusqu’à plus de 150 arrestations de personnes soupçonnées d’être homosexuelles, sous couvert de la loi sur la débauche.

    Les athées

    Toujours dans l’optique de se présenter comme les gardiennes de l’ordre moral, les autorités s’en prennent également aux athées. Selon un rapport publié par Dar Al-Ifta (centre de recherche islamique et principale autorité en charge de l’émission de fatwas), il y aurait 866 athées en Egypte. Un chiffre étonnamment précis et fortement débattu, qui place l’Egypte en tête des pays arabes en matière d’athéisme. Etant donné le conservatisme de la société, les athées font généralement profil bas et évitent la publicité quant à leur athéisme. Il semble donc très difficile d’estimer leur nombre. Mais l’enquête a pourtant tiré une sonnette d’alarme et fait réagir les autorités religieuses et politiques.

    En novembre 2014, une grande réunion de deux jours a eu lieu entre représentants d’Al-Azhar et de l’Eglise afin de proposer des solutions à la diffusion du «phénomène» de l’athéisme. Ces représentants religieux se sont également exprimés régulièrement de façon publique dans les médias pour dénoncer les dangers de l’athéisme, souvent décrit comme une importation depuis l’Occident, un produit du matérialisme mais aussi un résultat de la mauvaise image donnée de l’islam par les groupes extrémistes.

    Le 10 novembre, un café du centre-ville (quartier de Abdeen) a été fermé par les autorités, après saisie de ses biens. Un mois plus tard, les autorités municipales ont déclaré que le café avait été fermé car des athées s’y rassemblaient régulièrement, entre autres pour pratiquer le «culte de Satan» (sic).

    Le fait d’être athée n’est pas criminalisé par la loi égyptienne, et la liberté de pensée est inscrite dans la Constitution. Cependant l’article 98 (f) du Code pénal stipule que les personnes jugées coupables de diffamation ou d’insultes envers les trois religions peuvent être condamnées à des peines de 6 mois à 5 ans de prison et des amendes de 500 à 1000 livres égyptiennes. L’écrivaine et journaliste Fatima Naout risque ainsi de faire les frais de cette loi dans les jours à venir: elle comparaîtra le 28 janvier devant un tribunal pour insulte à l’islam après avoir écrit sur sa page Facebook que l’Aïd el-Kebir est «le plus grand massacre commis par les êtres humains» et que «ce massacre annuel est basé sur le cauchemar passé d’un des prophètes, un jour, à propos de son fils, et bien que ce cauchemar sacré soit terminé pour le bonhomme et son fils, le mouton en paie encore le prix aujourd’hui». Autre verdict marquant: le 11 janvier 2015, un jeune homme de 21 ans a été condamné à 3 ans de prison et 1000 livres d’amende pour insulte à l’islam après avoir révélé son athéisme sur Facebook. Il a été arrêté en novembre 2014 après être allé déposer plainte au poste de police pour harcèlement (notamment par un journal local). Son propre père a témoigné contre lui. (Article paru sur le site Actu Egypte, 12 janvier 2015)

    Publié par Alencontre le 13 - janvier - 2015
    Par Mathilde du Pradel

    [1] «Remarques sur la consolidation autoritaire et ses limites» in A. Boutaleb, J.-N. Ferrié, B. Rey (coord.), L’Autoritarisme dans le monde arabe. Autour de Michel Camau, Luis Martinez, Le Caire, Cedej, coll. Débats, mai 2005

    [2] http://www.madamasr.com/opinion/politics/egypt-nation-snitches-makes-comeback

    [3] Voir l’article d’Actu Egypte du 30 octobre 2014 à propos des ONG https://actuegypte.wordpress.com/2014/10/30/le-projet-de-loi-sur-les-ong/

    [4] https://www.cpj.org/reports/2014/12/journalists-in-prison-china-is-worlds-worst-jailer.php

    [5] http://afteegypt.org/media_freedom/2014/12/10/8868-afteegypt.html

    http://alencontre.org/moyenorient/egypte/point-sur-la-repression-en-egypte-ces-derniers-mois.html

  • Schlomo Sand : « Je ne suis pas Charlie » (UJFP)

    Rien ne peut justifier un assassinat, a fortiori le meurtre de masse commis de sang-froid.

    Ce qui s’est passé à Paris, en ce début du mois de janvier constitue un crime absolument inexcusable. Dire cela n’a rien d’original : des millions de personnes pensent et le ressentent ainsi, à juste titre. Cependant, au vu de cette épouvantable tragédie, l’une des premières questions qui m’est venue à l’esprit est la suivante : le profond dégoût éprouvé face au meurtre doit-il obligatoirement conduire à s’identifier avec l’action des victimes ?

    Dois-je être Charlie parce que les victimes étaient l’incarnation suprême de la liberté d’expression, comme l’a déclaré le Président de la République ? Suis-je Charlie, non seulement parce que je suis un laïc athée, mais aussi du fait de mon antipathie fondamentale envers les bases oppressives des trois grandes religions monothéistes occidentales ?

    Certaines caricatures publiées dans Charlie Hebdo, que j’avais vues bien antérieurement, m’étaient apparues de mauvais goût ; seule une minorité d’entre elles me faisaient rire. Mais, là n’est pas le problème ! Dans la majorité des caricatures sur l’islam publiées par l’hebdomadaire, au cours de la dernière décennie, j’ai relevé une haine manipulatrice destinée à séduire davantage de lecteurs, évidemment non-musulmans. La reproduction par Charlie des caricatures publiées dans le journal danois m’a semblé abominable. Déjà, en 2006, j’avais perçu comme une pure provocation, le dessin de Mahomet coiffé d’un turban flanqué d’une grenade. Ce n’était pas tant une caricature contre les islamistes qu’une assimilation stupide de l’islam à la terreur ; c’est comme si l’on identifiait le judaïsme avec l’argent !

    On fait valoir que Charlie s’en prend, indistinctement, à toutes les religions, mais c’est un mensonge. Certes, il s’est moqué des chrétiens, et, parfois, des juifs ; toutefois, ni le journal danois, ni Charlie ne se seraient permis, et c’est heureux, de publier une caricature présentant le prophète Moïse, avec une kippa et des franges rituelles, sous la forme d’un usurier à l’air roublard, installé au coin d’une rue. Il est bon, en effet, que dans la civilisation appelée, de nos jours, « judéo-chrétienne », il ne soit plus possible de diffuser publiquement la haine antijuive, comme ce fut le cas dans un passé pas très éloigné.

    Je suis pour la liberté d’expression, tout en étant opposé à l’incitation raciste. Je reconnais m’accommoder, bien volontiers, de l’interdiction faite à Dieudonné d’exprimer trop publiquement, sa « critique » et ses « plaisanteries » à l’encontre des juifs. Je suis, en revanche, formellement opposé à ce qu’il lui soit physiquement porté atteinte, et si, d’aventure, je ne sais quel idiot l’agressait, j’en serais très choqué… mais je n’irais pas jusqu’à brandir une pancarte avec l’inscription : « je suis Dieudonné ».

    En 1886, fut publiée à Paris La France juive d’Edouard Drumont, et en 2014, le jour des attentats commis par les trois idiots criminels, est parue, sous le titre : Soumission, « La France musulmane » de Michel Houellebecq. La France juive fut un véritable « bestseller » de la fin du 19ème siècle ; avant même sa parution en librairie, Soumission était déjà un bestseller ! Ces deux livres, chacun en son temps, ont bénéficié d’une large et chaleureuse réception journalistique. Quelle différence y a t’il entre eux ? Houellebecq sait qu’au début du 21ème siècle, il est interdit d’agiter une menace juive, mais qu’il est bien admis de vendre des livres faisant état de la menace musulmane. Alain Soral, moins futé, n’a pas encore compris cela, et de ce fait, il s’est marginalisé dans les médias… et c’est tant mieux ! Houellebecq, en revanche, a été invité, avec tous les honneurs, au journal de 20 heures sur la chaine de télévision du service public, à la veille de la sortie de son livre qui participe à la diffusion de la haine et de la peur, tout autant que les écrits pervers de Soral.

    Un vent mauvais, un vent fétide de racisme dangereux, flotte sur l’Europe : il existe une différence fondamentale entre le fait de s’en prendre à une religion ou à une croyance dominante dans une société, et celui d’attenter ou d’inciter contre la religion d’une minorité dominée. Si, du sein de la civilisation judéo-musulmane : en Arabie saoudite, dans les Emirats du Golfe s’élevaient aujourd’hui des protestations et des mises en gardes contre la religion dominante qui opprime des travailleurs par milliers, et des millions de femmes, nous aurions le devoir de soutenir les protestataires persécutés. Or, comme l’on sait, les dirigeants occidentaux, loin d’encourager les « voltairiens et les rousseauistes » au Moyen-Orient, apportent tout leur soutien aux régimes religieux les plus répressifs.

    En revanche, en France ou au Danemark, en Allemagne ou en Espagne où vivent des millions de travailleurs musulmans, le plus souvent affectés aux tâches les plus pénibles, au bas de l’échelle sociale, il faut faire preuve de la plus grande prudence avant de critiquer l’islam, et surtout ne pas le ridiculiser grossièrement. Aujourd’hui, et tout particulièrement après ce terrible massacre, ma sympathie va aux musulmans qui vivent dans les ghettos adjacents aux métropoles, qui risquent fort de devenir les secondes victimes des meurtres perpétrés à Charlie Hebdo et dans le supermarché Hyper casher. Je continue de prendre pour modèle de référence le « Charlie » originel : le grand Charlie Chaplin qui ne s’est jamais moqué des pauvres et des non instruits.

    De plus, et sachant que tout texte s’inscrit dans un contexte, comment ne pas s’interroger sur le fait que, depuis plus d’un an, tant de soldats français sont présents en Afrique pour « combattre contre les djihadistes », alors même qu’aucun débat public sérieux n’a eu lieu en France sur l’utilité où les dommages de ces interventions militaires ? Le gendarme colonialiste d’hier, qui porte une responsabilité incontestable dans l’héritage chaotique des frontières et des régimes, est aujourd’hui « rappelé » pour réinstaurer le « droit » à l’aide de sa force de gendarmerie néocoloniale. Avec le gendarme américain, responsable de l’énorme destruction en Irak, sans en avoir jamais émis le moindre regret, il participe aux bombardements des bases de « daesch ». Allié aux dirigeants saoudiens « éclairés », et à d’autres chauds partisans de la « liberté d’expression » au Moyen-Orient, il préserve les frontières du partage illogique qu’il a imposées, il y a un siècle, selon ses intérêts impérialistes. Il est appelé pour bombarder ceux qui menacent les précieux puits de pétrole dont il consomme le produit, sans comprendre que, ce faisant, il invite le risque de la terreur au sein de la métropole.

    Mais au fond, il se peut qu’il ait bien compris ! L’Occident éclairé n’est peut-être pas la victime si naïve et innocente en laquelle il aime se présenter ! Bien sûr, il faut être un assassin cruel et pervers pour tuer de sang-froid des personnes innocentes et désarmées, mais il faut être hypocrite ou stupide pour fermer les yeux sur les données dans lesquelles s’inscrit cette tragédie.

    C’est aussi faire preuve d’aveuglement que de ne pas comprendre que cette situation conflictuelle ira en s’aggravant si l’on ne s’emploie pas ensemble, athées et croyants, à œuvrer à de véritables perspectives du vivre ensemble sans la haine de l’autre.

    Shlomo Sand

    mardi 13 janvier 2015

    (Traduit de l’hébreu par Michel Bilis)

    http://www.ujfp.org/spip.php?article3768

  • Nouveautés sur Europe Solidaire Sans frontières

    WARSCHAWSKI Michel - 11 janvier 2015
     
    Tunisie CRLDHT
     
    KELLNER Manuel - 13 janvier 2015
     
    WARSCHAWSKI Michel - 11 January 2015
     
    NPA - 11 janvier 2015
     
    RASD - 9 janvier 2015
     
    RSF - 11 janvier 2015
     
    PCF, PG, FG, Ensemble - 10 janvier 2015
     
     UJFP, AFPS, Associations de l’immigration -11 janvier 2015

     

  • Nouveautés AFPS

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  • Nouveautés sur Europe Solidaire Sans frontières

     UJFP, AFPS, Associations de l’immigration - 11 janvier 2015
     
     Le Monde.fr - 11 janvier 2015
     
    ROY Olivier - 9 janvier 2015
     
    Alternative libertaire, NPA, PCOF - 10 janvier 2015
     
     ROUSSEAU Martine, HOUDART Olivier - 9 janvier 2015

     BONHOMME Marc - 10 janvier 2015

    La tuerie de Charlie Hebdo – Deux poids deux mesures dans la dénonciation du fanatisme

     Associations de l’immigration - 11 janvier 2015
     
     MASSIAH Gustave - 10 janvier 2015

     LAFFETER Anne, Luz - 10 janvier 2015

    Luz, survivant de Charlie Hebdo : « On doit porter une responsabilité symbolique (alors que) Charlie se bat contre le symbolisme »

     LGO - 28 December 2014
     
     DAHER Joseph - 9 December 2014
     
    10.01   Kurdistan in Syria DAHER Joseph
     
    DAHER Joseph - 9 janvier 2015
     
     AL AHRAM HEBDO - 9 January 2015
     
     ISO - 8 January 2015

    Collectif Urgence Solidarité Syrie - 9 janvier 2015

    Solidarité avec Charlie Hebdo – De Damas à Paris, en passant par Raqqa, résistons !

     BEAUDET Pierre

     
    Front populaire IdF, NAWAAT de Tunisie, FTDES, PPDU, SNJT, OARL, Vigilance, CTLP, STRL, OLAT, ATDVU, CCDLE -8 janvier 2015
     
    Anonyme - 9 janvier 2015

     

  • Affichettes...

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  • TROIS BOURREAUX DU PEUPLE PALESTINIEN A PARIS LE 11 JANVIER : QUELLE HONTE ! (Ujfp)

    Benjamin Nétanyahou, Avigdor Lieberman et Naftali Bennett représenteront le 11 janvier l’Etat d’Israël à la grande manifestation européenne de riposte aux fusillades contre Charlie Hebdo et contre le magasin casher à Paris. Ces trois personnages sont des criminels de guerre qui relèvent de la Cour Pénale Internationale pour les meurtres de masse commis à Gaza et ailleurs.

    Ce sont trois sinistres artisans de la volonté d’Israël d’écraser le peuple palestinien : Nétanyahou, le dirigeant des massacres à Gaza, Lieberman et Bennett, deux ministres colons, l’un prévoit l’expulsion de tous les Palestiniens, y compris ceux qui vivent en Israël et l’autre se vante d’avoir tué des Palestiniens.

    Ce qui est tout aussi grave, c’est la signification que leur présence confirme, concernant la nature de cette manifestation.

    C’est pourquoi nous exhortons les diverses associations amies du peuple palestinien qui comptent se rendre à cette manifestation à reconsidérer leur décision.

    La manifestation devait être soi-disant « d’unité nationale » contre le terrorisme et pour la liberté d’expression.
    Elle sera en réalité une représentation des « valeurs du monde civilisé occidental » contre les « menaces terroristes du monde arabo-musulman », une manifestation bien dans la tonalité du « choc des civilisations » qui d’après nos gouvernants, même quand ils se défendent de diffuser ce point de vue, régit le monde actuel.

    En fin de compte tous ceux qui souhaitaient manifester demain leur solidarité avec les victimes de ces terribles attentats et pensaient sincèrement montrer une société française unie contre le crime, se sont fait confisquer leur manifestation par les organisateurs autoproclamés d’une grande messe de « l’Axe du Bien » : le gouvernement, ses amis et tous ses concurrents de droite – hormis le Front National, dont l’idéologie n'a nul besoin d'invitation pour prospérer. Les grands alliés internationaux seront présents : ces mêmes représentants d’État dont les politiques contre les peuples ont permis l’apparition du terrorisme djihadiste, les courants islamophobes, les amis de l’État d’Israël et bien sûr les représentants de cet État.
    Quant aux populations dangereuses, postcoloniales, jeunes, éventuellement porteuses de signes ostentatoires musulmans, elles subiront le dispositif de contrôle renforcé dans la période qui s’ouvre. Nous ne pouvons oublier qu’à tous ceux-là les manifestations de solidarité et la liberté d’expression ont été interdites, l’été dernier, pendant l'opération « Bordure de protection » menée contre Gaza par les trois invités israéliens de demain.

    Les représentants d’Israël ont commencé à faire de grands appels à la population juive française, soi-disant victime d’un déferlement antisémite sans précédent, pour qu’elle émigre en Israël, pays « de grande liberté ». Une fois de plus, les dirigeants israéliens mettent sciemment en danger les Juifs français par la peur et l’incitation au départ.

    Le Bureau National de l’UJFP le 11 janvier 2015

  • Les réfugiés Syriens, premier contingent au monde, avec 3 millions de personnes (Huff Tunisie)

    Les Syriens constituent la plus importante population de réfugiés au monde relevant de la compétence du Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR), avec plus de 3 millions de personnes ayant fui la guerre, chiffre susceptible d'augmenter d'ici fin 2015, selon un rapport du HCR publié mercredi.

    Avec plus de 704.000 nouveaux réfugiés entre janvier et juin 2014, le chiffre total dépasse actuellement les 3 millions et pourrait même atteindre les 4,27 millions dans les pays voisins d'ici décembre, a indiqué le HCR.

    "En l'absence de perspective de solution politique et de terme à la confrontation armée, le nombre de personnes touchées par le conflit interne en République arabe syrienne va certainement augmenter en 2015", estime-t-il.

    Avant l'éclatement de la guerre en 2011, la population de la Syrie se situait autour des 20 millions d'habitants. Après des manifestations pacifiques violemment réprimées en mars 2011 par les autorités, le conflit s'est transformé en une guerre civile, faisant plus de 200.000 morts en près de quatre ans. Pour la seule année 2014, le pays déplore 76.000 morts, soit l'année la plus sanglante du conflit, selon des données de l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

    Derrière la Syrie, dans le classement établi par le HCR, viennent l'Afghanistan (2,7 millions de réfugiés), la Somalie (1,1 million), le Soudan (670.000), le Soudan du Sud (509.000), la République démocratique du Congo (493.000), la Birmanie (480.000) et l'Irak (426.000).

    Les Palestiniens, dont le nombre de réfugiés est estimé à 5 millions, ne sont pas comptabilisés car ils ne dépendent pas du HCR mais de son organisation soeur, l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA).

    En juin dernier, date du dernier rapport annuel de l'organisation, le haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés Antonio Guterres avait annoncé que le nombre de réfugiés recensés sur l'ensemble de la planète avait dépassé la barre des 50 millions pour la première fois depuis 1945.

    "Tant que la communauté internationale ne parvient pas à trouver de solutions politiques aux conflits existants et à prévenir le déclenchement de nouveaux conflits, nous continuerons à devoir gérer les conséquences humanitaires dramatiques", a déclaré le haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés Antonio Guterres.

    Les pays voisins de la Syrie ont accueilli le plus de réfugiés, à l'instar de la Turquie où leur nombre s'élève à près de 800.000 selon le HCR, mais de plus en plus de réfugiés tentent dorénavant de traverser la Méditerranée.

    Trois cargos, chargés au total de près de 2.000 personnes, hommes, femmes et enfants, en majorité originaires de Syrie, ont ainsi débarqué sur les côtes italiennes depuis le 20 décembre.

    Conséquence de la crise syrienne, selon le rapport, le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont désormais les régions accueillant le plus grand nombre de réfugiés, devant la région Asie-Pacifique qui abritait la plus importante population réfugiée en 2013.

    Avec 1,6 million de réfugiés afghans accueillis sur son territoire, le Pakistan est le premier pays d'accueil, devant le Liban (1,1 million), l'Iran (982.000), la Turquie (824.400), la Jordanie (737.000), l’Éthiopie (588.000), le Kenya (537.000) et le Tchad (455.000), indique le rapport.

     

    Publication: 07/01/2015 10h19 CET Mis à jour: 07/01/2015 10h54 CET
     
  • L'Arabie saoudite a prévu de commencer vendredi la flagellation publique d'un militant condamné à 1 000 coups de fouet (Amnesty)

    Amnesty International a appris que le militant saoudien emprisonné Raif Badawi serait flagellé en public demain, après la prière du vendredi, devant la mosquée d’Al Jafali à Djedda.

    Raif Badawi a été condamné l’an dernier à 10 ans de prison, 1 000 coups de fouet et une amende d’1 million de rials saoudiens (environ 226 000 euros) pour avoir créé un forum en ligne destiné au débat public et « insulté l’islam ». D’après les informations recueillies par Amnesty International, Raif Badawi recevra jusqu’à 50 coups de fouet ce vendredi 9 janvier et le reste de sa peine de flagellation sera appliqué sur 20 semaines.

    « La nouvelle du début de la flagellation de Raif Badawi demain est choquante. Les autorités saoudiennes doivent immédiatement suspendre tout projet d’application de ce châtiment brutal. La flagellation et les autres formes de châtiments corporels sont prohibées par le droit international, qui interdit la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

    « Il est effrayant de penser qu’un châtiment aussi vicieux et cruel doit être infligé à une personne qui n’a rien fait de plus qu’oser créer un forum public de débat et exercer pacifiquement son droit à la liberté d’expression. »

    Amnesty International considère Raif Badawi comme un prisonnier d’opinion et demande l’annulation de sa peine et sa libération immédiate et sans condition. 8 janvier 2015

    http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/saudi-arabia-commence-public-flogging-activist-sentenced-1000-lashes-2015-0

    Pour plus d’informations, veuillez consulter le document suivant :

    Un cybermilitant saoudien est condamné à 1 000 coups de fouet et 10 ans de prison http://www.amnesty.org/fr/for-media/press-releases/thousand-lashes-and-10-years-prison-online-saudi-arabian-activist-2014-05-0