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  • Liban: La guerre contre les réfugié(e)s syrien(ne)s ou la continuation de la guerre de classe (LCR.b)

    A chaque fois qu’on formule des expressions telles que « le prestige de l’Etat », « l’armée est une ligne rouge », et la  « préservation de l’institution militaire », ou autres phrases ronflantes que serinent à l’envi les politiciens des pivots confessionnels de l’intérieur des retranchement du pouvoir libanais, ou de l’extérieur, je sais alors que l’Etat libanais mène par le biais de l’armée une nouvelle guerre de classe contre les réfugiés, les pauvres, les travailleurs, hommes ou femmes.

    Notons ici que l’institution militaire de la classe dirigeante et de l’Etat libanais ne se limite pas à la police et l’armée, -mais s’étend aux milices et aux nervis de quartiers qui composent l’appareil « local » du pouvoir libanais et qui assument la tâche de maintenir « les populations » dans des compartiments confessionnels, et sous le prestige de directions « populaires-locales » qui ont étendu leur pouvoir aux quartiers.

    Mais cette institution militaire à travers ses branches, officielles ou non, joue un autre rôle encore plus féroce.

    C’est l’oppression et la torture des réfugié(e)s, des travailleur(se)s étrange(ère)s. Avec l’intensification de leur main de fer, elle arrête, tue et détruit des camps de réfugiés, se montre gentille devant les armes miliciennes et confessionnelles sophistiquées, de Saïda à Beyrouth et Tripoli, la Bekaa et le Sud. Cette institution militaire n’a joué qu’un rôle d’officier de la Sûreté politico-confessionnelle. Elle n’a jamais défendu le peuple et les gens face aux massacres confessionnels, mais elle s’y est adaptée et s’est transformée elle aussi en milices soutenant des directions confessionnelles contre d’autres, comme c’est arrivé pendant la guerre civile. Avec le retour de l’ère de « la paix », après l’accord de Taïef, les milices combattantes ont été intégrées dans l’armée « nationale » et sont devenues un appareil parmi d’autres appareils de contention de classe et confessionnelle, de par les quotas confessionnels à l’embauche, pour les promotions ou autres. Elles ont été les premières à exécuter les décisions du régime du Bath au Liban, où elles ont eu le privilège et l’orgueil de porter ses dogmes.

    Cette institution militaire a toujours été le bras droit des guerres du pouvoir libanais contre les réfugiés, sous le couvert de « lutte nationale » ou de « lutte anti terroriste ».

    Dans les deux cas cet appareil ne s’attaque pas à l’occupation israélienne par exemple, ni aux milices confessionnelles armées, mais elle torture, contraint à la fuite et frappe les réfugié(e)s, les pauvres. Nous l’avons vu au camp de Nahr El Bared en 2007 et nous le voyons aujourd’hui à Ersal : c’est une nouvelle version de la seule guerre qui soit, à savoir celle du régime contre les réfugiés.

    Cette année-là, les factions palestiniennes ont proposé leur aide à la direction militaire pour se débarrasser de Fath Al Islam dans le camp de Nhar El Bared, sans recourir à la destruction du camp. Mais l’armée à décliné l’offre de ceux qui connaissent le camp pierre par pierre, et le bombardement ne s’est calmé qu’après la destruction totale du camp et le martyre de nombreux civils palestiniens et de soldats libanais au cours de la bataille.

    En 2008, l’armée libanaise en collaboration avec des milices du 8 mars à Beyrouth et d’autres régions a contribué au rééquilibrage « militaire-confessionnel » interne dans toutes les régions du Liban, notamment à Beyrouth et à la « pacification » de la situation entre forces s’entre égorgeant, et bien sûr aucun homme armé des partis au pouvoir n’a été arrêté.

    Nous ne pouvons pas oublier non plus 2004, lorsque cette institution nationale s’était opposée à la grève générale d’alors, tuant cinq travailleurs dans le quartier de Salam. Elle avait réprimé elle-même les mouvements revendiquant l’électricité et avait tué des citoyens pendant des années en menant la répression de ces mouvements.

    L’histoire libanaise contemporaine a vu plusieurs exemples de ce qu’ont enduré les Palestiniens au Liban par exemple, ou les Libanais eux-mêmes, avant, pendant et après la guerre civile, aux mains des institutions militaire et sécuritaire libanaises. A qui l’aurait oublié, nous rappelons la grève de l’usine de Gandour, et la manifestation au cours de laquelle a été tué Maarouf Saad à Saïda, ainsi que la guerre d’annihilation entre Aoun et Geagea, lorsque ce qui restait de l’armée s’est réparti entre les deux camps.

    Cette institution dans son dogme, identifie le nationalisme par l’embrigadement confessionnel, en d’autres termes son rôle reste confiné à la sphère de l’équilibre militaire politico-confessionnel, en uniforme « national » et il n’est pas étonnant que la seule institution considérée comme « nationale » au Liban soit l’institution militaire et de sécurité, soit l’institution dont le premier pilier est la violence organisée.

    Dans la logique du système confessionnel libanais, le gouvernement national est l’antithèse du confessionnalisme, mais dans la réalité il n’est qu’un pouvoir sécuritaire et dans la plupart des cas une déclaration de guerre de classe, permanente, à certains moments contre les travailleurs et les mouvements sociaux, qui menaceraient la paix sociale, et à d’autres moments, contre les réfugié(e)s au prétexte de la construction d’une identité « libanaise » qui les sauverait de la crise sociale économique et politique du régime, et le meilleur moyen pour la bourgeoisie, où qu’elle se trouve, pour fuir sa crise, c’est le racisme et le fascisme.

    C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui. Du fait de l’absence de volonté de pans du pouvoir politique de trouver une solution à la question des otages de façon politique, ou même militaire,- ce qui a été fait maintes fois avec l’ennemi sioniste ou les milices libanaises-, le pouvoir politique et l’institution militaire transforment leur combat en affrontement contre les réfugiés syriens, pour fuir leur impuissance. Bien que les familles des soldats enlevés eux-mêmes aient répété plusieurs fois qu’il n’y avait pas de rapport entre les réfugiés syriens et la question du kidnapping. Et comment pourrait-il y avoir un rapport puisqu’ils sont eux-mêmes les premières victimes de Daech et de leurs actes terroristes.

    Quant à ce racisme, bien des plumes tentent de le justifier par l’existence de causes objectives contingentes, comme la question du gagne-pain et de la concurrence pour les emplois et autres, ou encore l’héritage de la relation libano-syrienne sous le protectorat.

    Mais, et pendant la période du pouvoir du Baath au Liban, la direction militaire fut de façon permanente le bras droit de l’exécution de toutes les exigences de l’autorité d’Assad. Ses commandants et ses troupes ont été formées pour porter et défendre la « relation stratégique avec la Syrie d’Assad », c’est-à-dire l’alliance entre le régime confessionnel libanais et le régime tyrannique du Baath.

    Dans les combats actuels d’Ersal à la suite de l’enlèvement des soldats libanais par Daech et En-Nosra, l’institution militaire libanaise a mis le feu aux camps de réfugiés, harcèle et arrête les réfugiés syriens dans tout le Liban, sous l’égide d’un discours raciste et haineux qui considère tout Syrien comme « daechiste » ;

    La fabrication de cette relation entre Daech et les réfugiés syriens n’est que racisme, direct et clair, qui se refugie derrière « la lutte contre Daech » pour combattre les réfugiés syriens au Liban.

    Aujourd’hui comme hier, le pouvoir libanais procède à une catégorisation raciste claire sous couvert de lutte anti-terroriste, feignant d’oublier et d’ignorer la réalité que Daech ou En-Nosra ne sont ni l’une ni l’autre des organisations syriennes, de même que Fath Al Islam n’était pas une organisation palestinienne, mais il s’agit d’organisations confessionnelles tekfiries transnationales, parrainées par les forces régionales et locales, qui vont des classes dirigeantes libanaise ou syrienne aux monarchies et émirats du Golfe.

    Au lieu de riposter à Daech et En-Nosra, qui ont enlevé les soldats, nous les voyons appuyer et maintenir l’équilibre confessionnel et militaire et régional. Les exigences de « nationalisme libanais », soit ce prestige s’enorgueillissant au rythme des bottes qui écrasent sont les conditions sine qua non de la préservation de ce système à la botte de l’institution militaire.

    Dans les années qui ont suivi 1948, c’est-à-dire dans la première phase d’exil palestinien au Liban, résultant de l’expansion de l’occupation sioniste en Palestine, le pouvoir libanais avait transféré les camps de réfugiés du Sud au Centre et dans la Bekaa et à Alep (le convoi d’Alep s’est arrêté au Nord et s’est stabilisé au camp de Nahr Al Bared), et avait administré les camps de façon sécuritaire directe par la police et l’armée. Avec la création du deuxième bureau à l’époque du général président Fouad Shehab, la main de fer sécuritaire et du renseignement s’est accrue contre les Palestiniens, et parmi les plus importantes « réalisations »  du deuxième bureau d’alors, la mort en martyr du militant Jalal Kaoush sous la torture dans son cachot.

    Il n’aurait pas été nécessaire de parler ne serait-ce qu’une journée de « l’importance » du maintien du prestige de l’Etat si l’armée s’était engagée dans une confrontation contre l’occupation israélienne par exemple, dans le peu de fois où cela a été le cas, mais cela aurait alors salué son héroïsme, mais ce prestige ainsi que la nécessité de le préserver sont d’actualité seulement lorsque l’institution militaire mène une guerre de classe contre les réfugié(e)s, les pauvres et les travailleur(euse)s.

    Les récents événements d’Ersal qui ont conduit à l’enlèvement de soldats libanais par Daesh et En-Nosra, sont le nouvel « argument » utilisé par la plupart des forces politiques libanaises pour réhabiliter leur racisme préexistant, tenter d’en étendre la portée et d’embrigader toute la société dans une nouvelle guerre contre les réfugié(e)s.

    Ce racisme n’est pas étonnant de la part de l’Etat libanais, ou de ses partis, car la plupart des partis qui composent le pouvoir en place, ont construit leur légitimité « nouvelle » sur les ruines des massacres et des guerres sociales interminables contre les réfugiés palestiniens, et ce racisme a été couronné par l’accord de Taïef qui a prolongé et fixé les mesures arbitraires et les politiques de punition collective contre les Palestiniens au Liban.

    Aujourd’hui, le régime libanais commence une autre guerre contre les réfugiés syriens au Liban, qui va des politiques d’expulsion, d’annulation des statuts de réfugié, d’incendie des camps et d’arrestations arbitraires, d’humiliations par les fouilles, pour en finir par les passages à tabac, la torture et autres méthodes violentes et arbitraires.

    En outre, une guerre économique est menée contre eux par l’augmentation des  loyers, sans parler de la répétition hystérique de ce que « Les Syriens volent le pain libanais », l’obligation faite aux réfugiés syriens de payer le prix de leur assignation à résidence dans des tentes de réfugiés aux propriétaires des terrains, aux intermédiaires et aux courtiers de l’asile qui volent leurs ressources puis les chassent de leurs abris, et autres moyens détournés qui font que dans la plupart de cas, la condition du réfugié est plus difficile que la guerre elle-même.

    Certains pourraient s’étonner de l’emploi du terme « racisme » ici, puisque les Syrien(ne)s et les Libanais(e)s ne sont pas des éléments différents, et certains renonceront à utiliser ce terme ou tentent de le justifier comme une « une réaction naturelle » dans la situation que nous vivons. Le racisme et le confessionnalisme ne sont pas nouveaux pour la classe au pouvoir et l’Etat libanais tout entier. La « première république » qui a vu le jour et s’est développée dans le giron du mandat français, s’est édifiée sur l’héritage des massacres confessionnels perpétrées par la féodalité libanaise lors de la guerre de 1860 contre les paysans, qui a été encouragée par l’Empire ottoman et dont a profité le colonialisme européen, pour construire un équilibre confessionnel et géopolitique en Syrie et au Liban, qui a garanti à tous les deux une domination concurrentielle dans l’espace libano-syrien. Le grand Liban fut l’incarnation réelle du confessionnalisme fabriqué par la féodalité libanaise lors de cette guerre.

    Tandis que la plupart des dirigeants politiques libanais,-indépendamment de leur position au sein de la répartition libanaise-, en appellent à expulser de larges pans des réfugiés syriens, nombre de municipalités ont commencé en retour à expulser les réfugiés syriens de leurs localités.

    En même temps, les milices libanaises et leurs nervis dans les quartiers lancent des menaces et les attaquent, frappent et kidnappent les réfugiés et les travailleurs syriens dans les régions où ils sont présents, réalisant ainsi (de façon concrète), les espoirs de leurs dirigeants en se débarrassant des réfugiés syriens au Liban.

    En outre, sous le parapluie et sous couvert « national » l’institution militaire libanaise dans toutes ses  branches, harcèle, fait fuir et frappe des milliers de réfugiés syriens lors de raids dans les camps, en les incendiant, en les détruisant, tout cela pour « lutter contre le terrorisme ». L’armée est le premier et le dernier ressort de la couverture « nationale » du régime confessionnel libanais.

    Avec l’institution militaire, la violence confessionnelle et raciste et de classe menée par le régime se transforme en violence « laïque » ornée dans le passé et chaque jour de slogans tels que « 100% Libanais » et « Armée, peuple et résistance » et  « Gloire à tes bottes » et autre expressions de la psychose de la soldatesque et du chauvinisme « national » et de la soumission totale face aux scènes d’écrasement menées par l’armée nationale contre les réfugié(e)s syrien(ne)s, comme elle l’a fait précédemment contre les Palestinien(ne)s et contre les Libanais(e)s pendant la guerre civile. Ces scènes d’écrasement ne diffèrent guère de celle qu’elle a pratiquée et que pratique la soldatesque du régime syrien indifféremment contre les Libanais(e)s, les Syrien(ne)s et les Palestinien(ne)s. La soldatesque n’a qu’une seule nationalité, l’identité d’«écrasement», le dispositif à travers lequel on impose et on applique cette violence de classe, confessionnelle et raciste.

    Depuis l’Egypte qui est l’un des plus importants centres de la contre-révolution jusqu’au Golfe à l’est et à l’Océan atlantique à l’ouest, en passant et en arrivant en Syrie et au Liban, le racisme a été une arme aux mains des régimes et ce qu’endurent les travailleurs étrangers dans les monarchies du pétrole ne diffère en rien des souffrances des travailleurs africains en Tunisie ou en Liban, et ce à quoi sont exposés les Amazigh au nord de l’Afrique n’est pas différent de la situation des Kurdes sous le régime du Baath, irakien et syrien. Actuellement, alors que la révolution régresse, ou s’éteint par les épées de Daech, les fusées de la coalition internationale et les bottes de l’armée, il faut, alors que se coalisent les régimes dictatoriaux arabes et leurs parrains impérialistes mondiaux ou régionaux, former une alliance révolutionnaire des peuples insurgés pour s’opposer à ces régimes, en dépassant l’illusion des divisions nationales, de frontière et identitaires, vers un mouvement solidaire pour faire face aux régimes de la répression et de l’oppression.

    (Le texte ci-dessus est le dernier article de Bassem Chit. Notre camarade y mettait la touche finale dans la nuit du 30 septembre, quelques heures avant sa mort. (Publié par le comité de rédaction)

    (Traduction de l’arabe, Luiza Toscane, Rafik Khalfaoui)

    lien vers l’article en arabe : http://www.al-manshour.org/node/603

    http://www.lcr-lagauche.org/liban-la-guerre-contre-les-refugiees-syriennes-ou-la-continuation-de-la-guerre-de-classe/

  • Nancy Palestine

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  • La liberté d’expression en régression (El Watan)

    Rapport de Human rights watch sur l’algérie

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    Aucune amélioration générale de la situation des droits humains n’a pu être constatée en Algérie en 2014, malgré les promesses d’introduire des réformes faites par le gouvernement depuis 2011.» C’est par ce constat que le rapport annuel de Human Rights Watch, rendu public jeudi dernier, entame son analyse de la situation des droits humains en Algérie.

    Le dit rapport, évaluant l’état des droits humains au cours de l’année 2014 dans le monde, souligne que les autorités algériennes ont «restreint la liberté d’expression et les droits à la liberté d’association, de réunion et de manifestation pacifiques, et ont eu recours à des arrestations et à des poursuites à l’encontre de militants politiques et syndicaux».

    L’ONG HRW note que même si elle a été autorisée (première fois depuis 2005) en octobre 2014 à tenir une conférence de presse sur la situation des droits humains dans les camps de réfugiés de Tindouf, le gouvernement algérien a «continué à bloquer l’enregistrement juridique des organisations non gouvernementales algériennes de défense des droits humains et a maintenu sa non-coopération avec plusieurs experts et mécanismes de droits humains des Nations unies».

    La liberté de réunion est fortement menacée en Algérie, les manifestations pacifiques continuent à être interdites et empêchées.

    Dirigeants syndicaux et défenseurs des droits humains font l’objet d’arrestations et de poursuites judiciaires sur des accusations de rassemblements illégaux, indique le rapport qui a cité, entre autres cas, l’arrestation Mohand Kadi militant de RAJ et du Tunisien Moez Ben Ncir inculpés pour «attroupement non armé qui peut troubler la tranquillité publique». HRW cite aussi le cas de 26 jeunes à Laghouat condamnés à des peines de prison pour des «accusations de participation à un attroupement armé» et de violence contre la police en se basant sur des témoignages de policiers qui n’incriminaient pas les accusés de façon individuelle.

    Sur les 26 accusés, 17 militants des droits humains ont été condamnés par contumace. Ils se sont rendus aux autorités et ont eu droit à un nouveau procès, au cours duquel ils ont été acquittés». L’entrave à la liberté d’expression est aussi une réalité. HRW cite le cas de Youcef Ouled Dada arrêté à Ghardaïa après diffusion d’une vidéo sur facebook montrant des policiers dévalisant un magasin à El Guerara.

    Le 1er septembre 2014, la cour d’appel de Ghardaïa prononce à l’encontre de Ouled Dada une peine de prison de deux ans et l’amende qu’un tribunal de première instance avait imposées en juin et ce pour le motif «d’outrage envers corps constitués» et «diffusion de document de nature à nuire à l’intérêt national».

    «Les ONG vulnérables à une ingérence gouvernementale excessive»

    La loi sur les associations promulguée en janvier 2012 est un réel blocage et une atteinte à la liberté d’association. Exigeant de toutes les associations, dont celles activant déjà, l’obtention d’un récépissé d’enregistrement délivré par le ministère de l’Intérieur qui a le droit de refuser d’enregistrer une association au motif très vague «d’activités contraires aux constantes et aux valeurs nationales, à l’ordre public, aux bonnes mœurs et aux dispositions des lois et règlements en vigueur».

    «Ces critères vagues donnent aux autorités une grande latitude pour refuser l’enregistrement, sans lequel les organisations ne peuvent pas légalement tenir des réunions publiques ni accepter des fonds de l’étranger», commente HRW en soulignant que les activités de certaines ONG, ayant obtenu une inscription avant la loi 2012, se trouvent restreintes à cause de procédés administratifs de blocage. La loi 2012 autorise aussi le ministère de l’Intérieur à suspendre ou dissoudre une association au motif «d’ingérence dans les affaires internes du pays ou d’atteinte à la souveraineté nationale».

    Aussi, le gouvernement algérien se donne un droit de regard et d’avis sur les accords de coopération qu’entretiennent les associations avec des organisations internationales. «Ces exigences accordent des pouvoirs excessifs au gouvernement sur l’établissement et le fonctionnement légaux des organisations indépendantes… La loi rend ces organisations vulnérables à une ingérence gouvernementale excessive», estime le rapport de HRW. Ce dernier évoque aussi avec inquiétude les entraves à la constitution et au travail des syndicats indépendantes.

    Le combat des familles de disparus pour la vérité et la justice ainsi que l’impunité consacrée par la charte pour la paix et la réconciliation nationale figurent dans le rapport de HRW, soulignant que le gouvernement algérien n’a pas accordé l’accès aux mécanismes des Nations unies relatifs aux droits humains depuis 2011. «Les demandes d’accès en attente comprennent celles des rapporteurs spéciaux sur la torture et sur la liberté de réunion pacifique et d’association, et les groupes de travail de l’ONU sur les disparitions forcées ou involontaires et sur les détentions arbitraires»

    Nadjia Bouaricha le 31.01.15 | 10h00

    http://www.elwatan.com/une/la-liberte-d-expression-en-regression-31-01-2015-286345_108.php

  • Algérie: des marches anti-schiste aujourd’hui à travers le pays (El Watan)

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    Il y a une mois, jour pour jour, et dans un scénario comparable à tant d’autres contestations, les autorités ont commencé par banaliser, puis discuter, ensuite intimider avant de promettre une réponse positive à la revendication unique, à savoir l’arrêt des puits expérimentaux de Dar Lahmar et enfin maintenir le programme et lancer l’appât de la promotion de cette daïra en wilaya. L’opposition au gaz de schiste se propage à travers le pays et dans la diaspora.

    In Salah a réussi le pari de la résistance, elle entame son deuxième mois de soulèvement par une série de manifestations de solidarité, une prise de conscience citoyenne contagieuse et un nouveau round de négociations avec les autorités, non pas à l’aéroport d’In Salah, mais à El Mouradia. Au moment où une dizaine de wilayas du pays ainsi que les villes de Paris et de Lyon, en France, organisent aujourd’hui une série de manifestations de soutien aux opposants au projet de gaz de schiste d’In Salah, la société civile locale de cette ville a désigné une trentaine de délégués chargés de mener un nouveau round de négociations avec la Présidence.

    Le comité des 22, auto-dissous après les menaces de Mahmoud Djemaa, wali de Tamanrasset, qui avait demandé la levée du camp au lendemain du show télévisé du Premier ministre, a fini par se reconstituer. «Le groupe bénéficie de la confiance des gens, les membres ont été obligés à poursuivre les démarches, on veut qu’ils soient automatiquement présents en compagnie de huit autres personnalités reconnues», apprend-on auprès d’un proche du comité.

    La marche du 31 janvier sera une nouvelle supplication, une prière collective chez cette population qui est restée pacifique jusqu’au bout : «Ya Allah ya Rahim, Arhamna Yallah». Il faut croire que la résistance continue au moment où la ville est quasiment encerclée par les radiations de la bombe nucléaire de Reggane, les puits expérimentaux de gaz de schiste à l’ouest, la séquestration du CO2 et la réinjection des eaux au nord.

    La seule direction qui reste vraisemblablement libre est celle de l’est : «Le gouvernement nous a laissé la Qibla, Dieu merci, prions pour notre salut.» A la place de la Résistance, les prises de parole se succèdent tout au long de la journée : «Si le deuxième puits est torché, il emportera avec lui le reste de confiance, nous sommes en train de réprimer les jeunes qui veulent passer à la vitesse supérieure.»

    Mobilisation

    Ouargla, Metlili, El Ménéa, Adrar, Oran, Djelfa, Laghouat, Béjaïa, Paris et Lyon organisent aujourd’hui des «milyonias» anti-gaz de schiste

       Plus de 80 organisations d’Afrique, d’Europe et d’Amérique ont apporté, la semaine dernière, leurs soutien et solidarité à la résistance d’In Salah. En Algérie, la communauté scientifique a apporté son soutien actif par des manifestations tant scientifiques que populaires tout au long du mois qui va se terminer en apothéose avec des manifestations simultanées. Adrar a organisé, hier matin, une marche de soutien où la présence de la gent féminine était visible, colorée et déterminée avec des autocollant anti-gaz de schiste sur leurs vêtements, un autobus d’étudiants a d’ailleurs parcouru les 400 km séparant Adrar d’In Salah pour participer aujourd’hui à la grande marche prévue dans la matinée. Hier, la police a essayé d’intimider les manifestants, pour la première fois ils portaient la tenue d’intervention rapide en signe d’hostilité, mais les jeunes ont réussi à garder leur calme. «Silmiya, silmiya», tel est le mot d’ordre qui a été répété.

    Ghazi ou Ouyahia

    Pendant ce temps, la délégation des «ambassadeurs d’In Salah», tel qu’il plait à la population de les appeler, se prépare à affronter le négociateur choisi par la Présidence. Quel qu’il soit, il aura en face de lui la crème des protestataires d’In Salah qui vient d’accepter l’initiative de Mohamed Baba Ali et Abbas Bouamama, respectivement député de Tamanrasset et sénateur d’Illizi. Il s’agit des seuls élus qui se sont, dès le départ, rangés du côté des revendications de la population, tout en menant de front une campagne médiatique et de sensibilisation du gouvernement. Une quarantaine de parlementaires du FLN sont attendus demain à Tamanrasset et In Salah, apprend-on auprès de l’APW de Tamanrasset.

    Houria Alioua le 31.01.15 | 10h00

    http://www.elwatan.com/actualite/des-marches-anti-schiste-aujourd-hui-a-travers-le-pays-31-01-2015-286342_109.php

  • In Salah : La population intercepte un convoi destiné à la fracturation hydraulique (El Watan)

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    Alors que de nouveaux pourparlers sont prévus au courant de la semaine prochaine entre une délégation d’habitants d’In Salah et un représentant du Président de la République à Alger, une dizaine de jeunes de la ville auraient mis au jour, vendredi, vers 17h, l’arrivée d’équipements destinés à la fracturation hydraulique au niveau du puits de gaz de schiste TP214 à Dar Lahmar, à quelque 28 Km d’In Salah.

    Selon nos informations, le convoi de camions banalisés, ne portait pas le sigle de la multinationale chargée de la fracturation hydraulique, seconde étape du 2eme forage prévu dans la région. Un des chauffeurs ayant été sommé de s’arrêter a affirmé que les camions appartenaient bien à Halliburton, qu’ils venaient d’Aqebli située à 140 Km d’In Salah, territorialement dépendante de la wilaya d’Adrar et qu’ils se rendaient à In Salah.

    En fait, comme le convoi empruntait l’évitement des poids lourds et se dirigeait vers le site des puits de gaz de schiste, les jeunes n’ont pas trop cru à la version du chauffeur et lui ont demandé de prendre la route de la base de vie de Halliburton, située elle à 9 km d’In Salah. Les jeunes, qui ont suivi le camion jusqu’à destination ont été reçu par le responsable de la base qui leur a répondu « khatina taksir hydrauliki » « nous ne sommes pas concernés par la fracturation hydraulique ».

    A In Salah, ou le rituel du vendredi vient d’être achevé à la place Somoud, l’information a fait le tour de la ville en quelques minutes. Les représentants de la société civile dénoncent une nouvelle entourloupe, ils appellent la population à plus de vigilance et convient les protestataires à un meeting demain matin pour prendre les décisions qui s’imposent apprend-on auprès du comité.

    Houria Alioua le 30.01.15 | 21h48

    http://www.elwatan.com/actualite/in-salah-la-population-intercepte-un-convoi-destine-a-la-fracturation-hydraulique-30-01-2015-286337_109.php

  • Sahara libre!

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  • Un anniversaire au goût amer pour les femmes en Égypte (Amnesty)

    Manifestation contre le harcèlement sexuel, au Caire ©Getty Images.

    Manifestation contre le harcèlement sexuel, au Caire ©Getty Images.

    Les rues sont vides. Les prisons sont pleines. Le 4e anniversaire de la « Révolution du 25 janvier » se déroule dans le plus grand silence, nombre des jeunes militants qui en ont été les chefs de file se trouvant désormais derrière les barreaux.

    Pour de nombreuses femmes en Égypte, ce dimanche ravivera des souvenirs particulièrement amers – souvenirs d’un bref moment pendant lequel elles ont cru qu’un avenir meilleur s’ouvrait enfin.
    Les femmes se sont tenues aux côtés des hommes tout au long du soulèvement de 2011. Mais depuis, s’abat sur elles une vague de violences et de discriminations.

    Et il n’y a pas d’endroit où se mettre à l’abri.

    Des témoignages choquants révélés par Amnesty International montrent que les femmes subissent des violences de la part de leurs partenaires, de la population et de la police.

    Elles ne sont pas en sécurité chez elles. Une femme a raconté à Amnesty International les violences que son époux lui infligeait :

    « Il avait l’habitude de m’attacher au lit et de me frapper avec une ceinture… Un jour, alors que j’étais enceinte, il m’a frappée et m’a poussée dans les escaliers. J’ai fait une fausse couche. »

    En Égypte, les lois relatives au divorce empêchent les femmes de partir, sauf si elles renoncent à leurs droits financiers ou se préparent à mener une bataille judiciaire longue et coûteuse.

    « Pour une femme, la procédure est inhumaine », a déclaré une journaliste qui a traduit son époux devant les tribunaux pour obtenir le divorce.

    Les femmes ne sont pas non plus en sécurité dans les rues. Si la « Révolution du 25 janvier » a fait connaître la place Tahrir du Caire au monde entier, elle est désormais rendue tristement célèbre par les agressions sexuelles collectives dont les manifestantes sont victimes.

    L’une d’entre elles a raconté son agression place Tahrir le 25 janvier 2013 :

    « J’ai senti des mains qui me touchaient de toutes parts, et j’ai été déplacée, presque soulevée, jusqu’à l’intérieur du cercle pendant que les hommes continuaient de me dire : «  Ne t’inquiètes pas  ». Ils me disaient ça pendant qu’ils me violaient… »

    Les rares femmes qui osent solliciter l’aide de la police ou du bureau du procureur se retrouvent face à des agents méprisants ou peu formés – c’est ce que révèlent les recherches menées par Amnesty International.

    « Les policiers n’en ont rien à faire, nous a confié une victime de violences conjugales, selon eux, ce n’est pas un problème si un mari bat sa femme. »

    Loin de venir en aide aux femmes qui survivent à ces violences, les forces de sécurité en sont parfois la cause.

    Une jeune femme qui a purgé deux ans de prison pour adultère a raconté à Amnesty International qu’un policier l’avait giflée et s’était contenté de regarder lorsque son époux l’avait frappée dans le poste de police.

    « Aucune femme décente ne quitterait son mari et ses enfants, femme de mauvaises mœurs », lui a dit le policier.

    Elle était enceinte de six mois à l’époque.

    Les femmes sont également confrontées aux violences sexuelles et fondées sur le genre dans les prisons et les postes de police. Les manifestantes arrêtées par les forces de sécurité expliquent que, bien souvent, les agents les pelotent et les harcèlent lors de leur arrestation.

    Une étudiante nous a raconté qu’un policier antiémeutes avait menacé de la violer après l’avoir arrêtée sur le campus en décembre 2013.

    « Je vais te montrer ce que c’est d’être traitée comme une femme », lui a-t-il dit.

    Ce sont les militantes égyptiennes, et non les pouvoirs publics, qui se mobilisent pour contrer cette vague d’atteintes aux droits humains.

    Des groupes de femmes sont intervenus pour combler le vide laissé par l’inaction des pouvoirs publics, recensant les atteintes aux droits humains et offrant un soutien solide aux victimes. Des militants ont lancé des campagnes de sensibilisation de la population et fait pression sur le gouvernement pour améliorer les lois et le maintien de l’ordre.

    Toutefois, les autorités freinent, bloquant des financements vitaux pour des organisations de défense des droits humains et refusant à des ONG l’autorisation d’ouvrir des centres d’accueil pour femmes.

    En raison de la répression incessante, de nombreuses associations sont contraintes de réduire leur travail.

    Les promesses du président Abdel Fattah al Sissi de faire des droits des femmes une priorité, à la suite d’agressions brutales visant les femmes place Tahrir au moment de son investiture, sonnent creux.

    Jusqu’à présent, les autorités ont esquivé les grandes réformes. Elles préfèrent se contenter de mesures partielles et purement symboliques.

    Elles hésitent, et les femmes souffrent. La majorité des violences faites aux femmes ne sont pas signalées, ne font pas l’objet d’enquêtes et demeurent impunies. Chacun se renvoie la responsabilité des atteintes aux droits humains dans le cadre d’incessantes disputes partisanes.

    Il est temps d’arrêter de se renvoyer la balle.

    Plus de « si », plus de « mais ». L’Égypte a besoin d’une stratégie nationale qui s’attaque à la violence contre les femmes. Les autorités doivent modifier les lois afin de protéger les victimes de violences et placer les droits des femmes au cœur du programme politique.

    Le président Abdel Fattah al Sissi a fait le serment à Davos de redresser l’économie de l’Égypte. Pour ce faire, son gouvernement doit commencer par reconnaître que les Égyptiennes sont une partie de la solution.

    Les femmes ont besoin d’un environnement sûr, dans lequel elles pourront participer en toute sécurité à la vie économique, sociale et politique du pays, sans discrimination ni violence.

    Mais aujourd’hui, toute promesse de véritable réforme semble bien lointaine.

    Comme nous l’a dit une ancienne détenue : « Si vous avez un problème, plaignez-vous à Dieu. »

    Cet article a été publié dans The Huffington Post.

    Par Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

     

  • Tunisie : Victoire des mineurs à Jérissa (Afriques en lutte)

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    Jérissa : Les ouvriers de la mine ont suspendu leur grève et repris le travail ce matin, a déclaré Monji Chikhaoui président directeur général de la mine à Jawhra fm.

    Comme explication, il a précisé que le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines a répondu à toutes les revendications des ouvriers en grève depuis le 5 janvier 2015. D’ailleurs, les primes seront attribuées et une ambulance sera mise au service des ouvriers de la mine, a ajouté Monji Chikhaoui.

    source : African Manager 27 janvier 2015

    http://www.afriquesenlutte.org/afrique-du-nord/tunisie/article/tunisie-victoire-des-mineurs-a

  • Assassinat de Chayma Al Sabbagh en Egypte (Afriques en lutte)

    Chayma Al Sabbagh (ou Shaima Al Sabbagh), militante du Parti Socialiste de l’Alliance Populaire, 32 ans, a été assassinée ce 24 janvier 2015 par un policier alors qu’elle participait à une manifestation pacifique pour commémorer la révolution de 2011 au Caire. Mariée et mère d’un enfant, elle était surtout connue dans la région d’Alexandrie pour son action aux côtés des travailleurs en lutte. Après s’être battue contre Morsi, elle est morte tuée par un flic du régime de Sissi en commémorant les martyrs de la révolution de 2011. RIP.

    Mise à jour, 25/01/2015 : Manifestation contre le régime militaire lors des funérailles de Chayma Al Sabbagh

    Dimanche ont eu lieu ses funérailles. A Alexandrie, la ville de Chayma, des milliers de personnes qui voyaient en elle une avocate des droits des travailleurs et des droits des enfants, ont participé à la cérémonie (selon le journal Al-Shorouk). Les ouvriers de l’usine textile KABO ont déployé une large bannière avec le portrait de Chayma. Pendant la procession, la foule criait des slogans comme « A bas le régime militaire ! » ou « Les agents du ministère de l’intérieur sont des voyous ». Sur une vidéo montrant le transfert du cercueil samedi depuis la morgue principal du Caire, on entend le slogan suivant : « Tant que le sang des Égyptiens coulera, à bas chaque président ! ».27 janvier 2015

    Source : https://sanscompromisfeministeprogr...

    http://www.afriquesenlutte.org/afrique-du-nord/egypte/article/assassinat-de-chayma-al-sabbagh-en

  • Nouveautés AFPS

     

    63 députés européens demandent la suspension du traité entre l’Union Européenne et Israël

    Communiqué de la CECP, mercredi 28 janvier 2015
    Coordination Européenne des Comités et Associations pour la Palestine - Un groupe de 63 députés influents ont appelé la chef de la politique étrangère de l’UE, Mme Federica Mogherini, à suspendre l’accord d’association UE-Israël, le principal traité entre l’UE et Israël. Par cette importante initiative inter-partis, c’est la première fois, depuis (...)