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  • Syrie: Guerre médiatique à Palmyre (NPA)

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    Entretien. Archéologue originaire de Palmyre, Mohamed Taha est à Paris un animateur infatigable d’initiatives de solidarité avec le peuple syrien. Il répond ici à nos questions.

    Comment Daesh a-t-il pu prendre Palmyre le 21 mai 2015 ?

    On peut dire que le régime a remis la ville à Daesh. Malgré la présence de 15 000 militaires de la base aérienne de Palmyre, mais aussi la présence de deux autres aéroports militaires à une distance qui ne dépasse pas 40 km, Daesh a pu déployer son offensive en traversant le désert, et prendre le centre de Palmyre facilement. Il a établi son emprise sur la ville pendant 307 jours, se glorifiant d’avoir libéré la plus célèbre prison du régime avant de mettre en scène ses propres méthodes sanguinaires.

    Comment le régime Assad a-t-il pu reprendre la ville il y a quelques jours ? Est-ce une grande victoire pour lui ?

    Aussi facilement qu’il avait perdu Palmyre, le régime a repris la ville dans un même spectacle médiatique, en ajoutant cette fois la destruction de la ville par des bombardements avec toutes sortes d’armes durant un mois.

    Comme l’a publié la coordination populaire de Palmyre, « Les forces militaires russes, l’artillerie et les missiles n’ont pas cessé de frapper la ville au hasard et sans différenciation entre les humains et les pierres, […] avec  des bombes à sous-munitions interdites en plus des obus, des roquettes et des barils explosifs. Ces attaques barbares étaient menées sous le prétexte de combattre l’État islamique, qui se bat en dehors de la ville et a été peu affecté par ces bombes et ces attaques, sauf un minimum de soldats à l’intérieur de la ville.

    Les raids russes ont complètement détruit les infrastructures, les écoles, les hôpitaux et les mosquées. Plus de 50 % des quartiers de la ville ont été détruits. » Finalement, toutes les forces de Daesh se sont retirées tranquillement, avec un déplacement de 5 heures dans le désert sans être inquiétées !

    Le but du régime est d’envoyer le message qu’il est capable de récupérer des territoires, de vaincre Daesh, et de protéger le patrimoine syrien, dont les antiquités de Palmyre qui constituent une partie importante du patrimoine de l’humanité. Rien n’est plus faux, car le régime a contribué lui-même à détruire Palmyre, la ville antique, et Daesh n’a fait que compléter la destruction.

    Quelle est la situation de la population de Palmyre ? Comment résiste-t-elle face à ces deux pouvoirs sanguinaires ?

    La population de Palmyre vit un drame humanitaire avec de nombreux morts, et en ayant perdu 150 000 habitants déplacés à cause des combats. Après avoir vécu sous le joug des barbares de Daesh, 525 familles ont encore dernièrement fui Palmyre pour échapper aux exactions des forces du régime. Elles se sont déplacées pour trouver un refuge et sont actuellement dispersées dans 10 villes du nord de la Syrie. 227 familles vivent sous des tentes, au sud de la Syrie à la frontière jordanienne. Il faut imaginer l’ampleur du désastre ! L’armée d’Assad entreprend maintenant de piller les maisons des habitants qui ont quitté la ville à cause des bombardements. Le mercenaire, que sa petite cervelle limite à récupérer une bonbonne de gaz ou une couverture en laine, aura-t-il un esprit « noble ou bien civilisé » pour sauvegarder et défendre le patrimoine de l’humanité ? Car « le monde se préoccupe » de la reconstruction de la ville antique, alors qu’Assad, baissant les rideaux sur le spectacle, se vante de pouvoir coopérer avec les USA pour combattre les terroristes, oubliant qu’il avait accusé dès le début de 2011 les manifestants pacifiques de comploter avec les USA !

    Certains disent que le mouvement révolutionnaire démocratique est actuellement presque totalement étouffé en Syrie, sur le plan civil et surtout militaire. Qu’en penses-tu ?

    L’opposition démocratique a disparu ou été étranglée seulement dans les médias ! La société civile administre le pays depuis plus de trois ans en l’absence de l’État. Elle résiste en même temps à l’offensive du régime et à Daesh. Lorsque les hostilités ont été moindres récemment, une vague de manifestations pacifiques s’est réactivée dans de nombreuses villes. La route de la liberté et de la démocratie est très longue et difficile pour notre peuple, on le sait. Nous avons commencé à marcher sur cette route et ne nous nous arrêterons pas. Et l’histoire des révolutions confirme que le choix du peuple est celui qui va gagner à la fin, malgré le prix très cher habituellement payé…

    Propos recueillis par Jacques Babel

    Initialement publié sur

    https://npa2009.org/actualite/international/syrie-guerre-mediatique-palmyre

    http://www.anti-k.org/2016/04/07/syrie-guerre-mediatique-a-palmyre

  • Le pouvoir marocain tente d’éteindre le feu qui couve dans les mouvements sociaux (Anti-k)

    De notre correspondante à Rabat (Maroc).

    En apparence, rien ne bouge au Maroc.

    Pourtant, une réelle culture de la manifestation se dessine dans le pays, jusque dans les endroits les plus reculés. Le problème reste leur coordination et leur implication politique.

    Au Maroc, on dénombre au moins cinquante manifestations quotidiennes.

    Ce sont les chiffres officiels, annoncés en janvier dernier par le ministre de l’intérieur, comme un signe de bonne santé démocratique. Pourtant, cinq ans après les protestations du Mouvement des Jeunes du 20-Février, qui revendiquaient un changement politique et social profond et qui avaient réuni en 2011 des groupes sans aucun liens idéologiques ou structurels, la contestation semble être au point mort.

    Là réside le paradoxe du Maroc.

    En apparence, rien ne se passe. Néanmoins, une réelle culture de la manifestation se dessine aux quatre coins du pays, jusque dans les endroits les plus reculés. Structurés ou spontanés, parfois anciens, un nombre important de mouvements sociaux sont bel et bien vivants. Ils sont toutefois isolés et, du coup, peinent à déboucher sur un réel changement. C’est pourquoi les autorités misent à chaque crise sur l’essoufflement, notamment en négociant séparément avec chacun.

    7 avril 2016  Ilhem Rachidi

    Source: https://www.mediapart.fr/journal/international/070416/le-pouvoir-marocain-tente-deteindre-le-feu-qui-couve-parmi-les-mouvements-sociaux

    http://www.anti-k.org/le-pouvoir-marocain-tente-d'eteindre-le-feu-qui-couve-dans-les-mouvements-sociaux

     

  • RASSEMBLEMENT pour Ali Mécili (Algeria Watch)

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    À l’initiative de sa famille et de ses amis

    Samedi 9 avril 2016 à 14h30
    Cimetière du Père Lachaise – Entrée principale

     

    Le rassemblement que nous organisons cette année à la mémoire d'Ali Mécili revêt un caractère particulier.

    La disparition de Hocine Aït Ahmed au mois de décembre dernier est une tragédie pour nous, et pour tout le peuple algérien. Oui, une tragédie, à la mesure de l'homme et du combattant qu'il fut.

    Hocine a toujours été à nos côtés dans notre lutte pour obtenir la vérité et la justice dans l'assassinat d'Ali par les services secrets algériens, le 7 avril 1987. Par sa présence fidèle et attentive, il nous a aidés à supporter son absence et aujourd'hui, nous sommes à nouveau orphelins. Leur amitié était profonde. Ils partageaient les mêmes valeurs et le même combat. Ils représentaient ce qu'il y a de plus noble dans la politique et un véritable espoir pour l'Algérie.

    Leurs voix se sont tues, mais leur idéal d'une Algérie démocratique et plurielle est bien vivant. Il appartient aux Algériens de poursuivre le combat qui a uni ces deux hommes d'exception.
    Nous nous retrouverons ce 9 avril pour nous recueillir et leur rendre hommage.

    Paris le 1er avril 2016

    Annie Mécili

    http://www.algeria-watch.org/fr/mecili/rassemblement

    Pour en savoir plus:

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ali-André-Mecili

  • Nouveautés sur Agence Médias Palestine

     

     
    2ème édition du Festival Ciné-Palestine du 23 mai au 5 juin 2016 à Paris

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    La deuxième édition du Festival Ciné-Palestine se tiendra du 23 mai au 5 juin 2016, à Paris et dans plusieurs départements de la Région Île-de-France. Forte du succès de la première édition en Mai 2015, tant sur le plan de la fréquentation que celui des retombées médiatiques, cette nouvelle édition veut amplifier son rayonnement au...
     
     
    Février 2016 : 97 foyers palestiniens démolis par l’armée israélienne

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    Samedi 5 mars, par IMEMC Selon les statistiques d’un rapport publié jeudi par l’Institut de recherche appliquée de Jérusalem (ARIJ), les forces d’occupation israéliennes ont démoli environ 97 foyers et 86 infrastructures en Cisjordanie occupée pendant le seul mois de février 2016, au prétexte de « construction illégale ». D’après le Réseau d’information palestinien (Palestine...
     
     
    Samar Batrawi: Comprendre la propagande de l’État Islamique sur la Palestine

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      par Samar Batrawi, le 30 mars 2016 Aperçu Comment et pourquoi l’État Islamique (EI) parle de la Palestine, ce sont des questions qui devraient importer aux Palestiniens, surtout depuis que l’EI s’est démené pour parler dans sa propagande des nouveaux remous de ces derniers mois en Palestine et applaudir aux attaques au couteau comme...
     
     
    Des Israéliens s’assemblent en faveur du soldat qui a exécuté un palestinien

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    Par Ali Abunimah, 28 mars 2016 Une nouvelle vidéo (https://www.youtube.com/watch?v=_fsusHX_YIo) montre un soldat israélien serrant la main à un chef des colons juste après que le soldat ait été filmé exécutant visiblement un Palestinien blessé à Hébron, ville occupée de Cisjordanie. La vidéo est apparue alors que les Israéliens, y compris de hauts dirigeants, s’assemblent...
     
     
    Comment Israël fait de l’argent avec le blocus de Gaza

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      Ryan Rodrick Beiler – The Electronic Intifada – 29 mars 2016   Un agriculteur palestinien récolte ses fraises dans son champ à Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, le 10 décembre 2015. (Mohammed Asad APA Images) Les Palestiniens dont les moyens de subsistance sont, par force, empêtrés dans le système...
  • Djibouti : terreur électorale à l’ombre des bases militaires et dans l’indifférence internationale (Afriques en Lutte)

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    L’élection présidentielle djiboutienne est prévue les 8 et 22 avril.

    Depuis qu’il a succédé à son oncle il y a 17 ans, Ismaël Omar Guelleh a déjà imposé à son peuple 3 présidentielles et 3 législatives fraudées ou au résultat inversé. En 2010, il a fait supprimer de la constitution par le parlement la limite de deux mandats de 5 ans. Confrontée à des processus électoraux sans démocratie, l’opposition a boycotté les législatives de 2008 puis la présidentielle de 2011.

    Pour les législatives de 2013, les démocrates se sont unis dans la coalition Union pour le Salut national (USN). Ces législatives ont atteint le comble africain en terme d’inversion du résultat, puisque la majorité à l’assemblée a été complètement inversée en fonction de chiffres entièrement fictifs basés sur aucun procès verbaux issus des bureaux de votes. Aussitôt, en argumentant sur logique militaire régionale, Ismaël Omar Guelleh a obtenu un soutien diplomatique croisé franco-européen[1] qui deviendra une cause de détérioration de la situation politique en 2015 et 2016. En 2013 et 2014, l’USN a refusé de siéger.

    L’inversion extrême du résultat a cependant alerté les diplomates internationaux en particulier ceux de l’Union européenne (Ue) sur la gravité de la situation et le risque de fracture entre population et pouvoir. L’Ue a corrigé sa position suite à la désapprobation du parlement européen en juillet 2013[2], en réclamant à partir de mai 2014 la publication des Procès Verbaux des législatives[3]. En 2014, les diplomates européens et français ont accompagné une négociation entre l’USN et le pouvoir pour désamorcer les tensions électorales[4]. Cette négociation a abouti le 30 décembre 2014 à un compromis très médiatisé, l’Accord-cadre. Cependant, en 2015, l’attention internationale sur le processus électoral s’est relâchée, laissant la possibilité au président de contre-attaquer.

    Ismaël Omar Guelleh, poussé par son clan, a refusé de suivre l’Accord-cadre sur ses points principaux : le statut et le respect de l’opposition, une commission électorale indépendante paritaire. Trois mois avant le scrutin, il a montré sa volonté de s’imposer pour un quatrième mandat en dehors des règles de la démocratie, interrompant brutalement le processus de démocratisation. Le 21 décembre, la garde présidentielle et l’armée ont tiré sur les participants d’une réunion privée, faisant au moins 27 morts[5], sans compter les disparus[6]. Le même jour, la police a tiré sur les dirigeants de la coalition de l’opposition, l’Union pour le Salut National (USN) en réunion. Le président de l’USN, Ahmed Youssouf Houmed, 75 ans, blessé, a dû être opéré. L’ancien ministre Hamoud Abdi Souldan et le député Saïd Houssein Robleh ont été blessés par balle. Le secrétaire général de l’USN et maire de Djibouti, Abdourahman Mohamed Guelleh, a été arrêté. D’autres membres de l’USN et le défenseur des droits humains Omar Ali Ewado ont été faits prisonniers sans charges[7]. Fin mars 2016, Abdourahman Mohamed Guelleh et Hamoud Abdi Souldan sont « toujours en mandat de dépôt à prison centrale de Gabode »[8].

    Ismaël Omar Guelleh a ainsi mis à mort l’Accord-cadre du 31 décembre 2014 qui était soutenu par les diplomates internationaux[9]. Depuis les violences qui ont provoqué assez peu de réactions internationales, en dehors de la réaction de l’Ue, il est décomplexé dans ses attaques contre l’USN. Il a cherché à détruire son unité et à attiser les divergences. Le 31 décembre 2015, suite à l’exclusion des députés de l’opposition, une loi instaurant l’Etat d’urgence empêchant la vie politique pendant deux mois renouvelables a été adoptée par le parlement[10]. Il impose un processus électoral déterminé par la répression de l’opposition. Le ministre de l’intérieur a refusé la participation au scrutin à plusieurs partis de la coalition USN et a attribué le statut légal de plusieurs partis de l’USN à des membres corrompus. Il a exclu du scrutin, par ses manœuvres, la coalition d’opposition telle qu’elle s’était construite en 2013. En violation de la loi, le 28 mars, la Cour constitutionnelle a refusé de permettre la vérification de la liste électorale.

    Le président Ismaël Omar Guelleh s’appuie sur la position stratégique du pays, proche du Moyen-orient et de la Somalie, et sur les bases militaires étrangères. Il est soutenu par un clan profitant des richesses et en particulier des loyers des bases militaires[11]. Après son coup de force, certain que la communauté internationale accorde sa priorité à sa politique militaire au Moyen-Orient par rapport à la démocratie et les droits humains à Djibouti, il fait venir le premier contingent d’une base militaire chinoise[12] et vient de négocier l’ouverture d’une base militaire saoudienne[13].

    Son entêtement à se maintenir au pouvoir risque d’entrainer, comme lors des législatives de 2013, une communauté internationale passive vers le cautionnement d’un arrêt du processus de démocratisation. Déjà, début 2013, l’Ue s’était refusée de mettre en danger son action militaire dans la lutte contre la piraterie maritime sévissant au large des côtes somaliennes, importante dans le démarrage d’une Politique de sécurité et de défense commune (PSDC)[14], et cette position avait permis au président de franchir le cap des législatives.

    Le ministre des affaires étrangères français, Laurent Fabius, a laissé en 2014 et 2015, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, décider de la politique française en Afrique. Ce dernier s’est rendu à Djibouti fin juillet 2015, mettant l’accent sur les questions sécuritaires au moment où les questions électorales auraient dû s’imposer en priorité[15]. Début janvier 2016, l’ambassadeur de France, Serge Mucetti, rejeté par Ismaël Omar Guelleh, a été remplacé par Christophe Guilhou, ancien directeur de la paix, de la démocratie et des droits de l’homme au sein de l’Organisation internationale de la francophonie. Jean-Yves Le Drian a envoyé, les 8 et le 9 mars 2016, le Chef d’Etat major de l’armée française, le général Pierre de Villiers à Djibouti[16]. Le 18 mars, le nouveau ministère des affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, s’est félicité d’un progrès entre l’Erythrée et Djibouti permettant d’« apaiser la situation dans la corne de l’Afrique, région fragile et en proie au terrorisme »[17].

    Le 22 mars, Jean-Marc Ayrault a reçu le ministre des Affaires étrangères djiboutien, Mahamoud Ali Youssouf. Ils ont « évoqué le climat politique, à l’approche des élections »[18], sans qu’aucune condamnation n’apparaisse. Le ministre a ensuite pu discuter avec le secrétaire d’État chargé du développement et de la Francophonie, André Vallini, sur le « développement social et économique », alors que le pays, dont les caisses sont alimentées par les loyers des bases militaires, sombre dans la dictature forte. La vision française de Djibouti comme zone militaire et le soutien à la dictature continue pendant la préparation d’un nouveau coup d’Etat électoral.

    En 2016 encore, quelques dizaines de morts avant une élection au Congo Brazzaville ou à Djibouti ne suffisent pas pour déclencher des sanctions internationales. Les démocrates africains sont peu soutenus, faute de droit international dans le domaine des processus électoraux. Une élection présidentielle crédible et transparente n’est plus possible à Djibouti en avril 2016. L’USN est partagée entre partisans d’un boycott et partisans d’un candidat issu de l’USN[19]. Au final, le président sortant pourrait tenter une inversion de résultat au moment de la compilation des Procès Verbaux, puisqu’il ne dispose que d’un électorat réduit, au second tour, ou directement en s’attribuant 50% au premier tour, comme Denis Sassou Nguesso vient de le faire.

    Si les résultats sortis des bureaux de vote et les résultats annoncés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne sont pas conformes, la population djiboutienne qui a observé le printemps en Afrique du nord en 2011 et s’est déjà fortement mobilisée pacifiquement suite à l’inversion du résultat des législatives de 2013, n’acceptera pas l’immobilisme dans la répression.

    A Djibouti, la communauté internationale et africaine se retrouve une nouvelle fois prise à témoin. Elle est actuellement silencieuse. Les acteurs internationaux, en particulier les pays possédant une base militaire, sont interpellés sur l’arrêt du processus de démocratisation. Une vision conservatrice de Djibouti, associé au Moyen-Orient sans démocratie, dans les compromis avec la dictature, s’oppose à la volonté de la population djiboutienne. Dans la Corne de l’Afrique, aussi la paix ne s’installera durablement qu’en s’appuyant sur la démocratie et l’Etat de droit. Un clivage entre militaires et diplomates français et européens, et population, risquerait de pousser une partie de cette population, si ce n’est pas vers le désespoir, vers d’autres voies, en pratique et intellectuellement.

    C’est pourquoi, le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique recommande au gouvernement français de :

    - · condamner le massacre du 21 décembre 2015 et l’arrêt du processus électoral par la répression de l’Union pour le Salut National, et d’exiger la libération des prisonniers politiques, en particulier d’Abdourahman Mohamed Guelleh et d’Hamoud Abdi Souldan,
    - · demander au Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies d’enquêter sur les violations des droits humains lors du processus électoral[20],
    - · faire pression sur le gouvernement djiboutien pour que soient respectées les libertés constitutionnelles, en particulier le droit de manifester, et les droits humains pendant la période électorale,
    - · exiger un dialogue entre gouvernement djiboutien et partis d’opposition de l’USN concernant un rassemblement des résultats et de la publication de résultats détaillés vérifiables,
    - · dénoncer toute fraude, tout manquement à la transparence garantissant la valeur des résultats, et toute inversion de résultat probable qui pourraient advenir au premier et second tour de la présidentielle,
    - · se concerter avec les Nations-Unies, l’Ue, l’Ua pour prévenir une crise électorale majeure après le scrutin et un blocage définitif du processus de démocratisation, et éviter que les stratégies militaires régionales conduisent par défaut à un soutien d’un régime non-démocratique,
    - · se concerter avec l’Ue pour adapter la coopération européenne[21] en fonction du respect de la qualité du processus électoral et de l’accord-cadre du 30 décembre 2014, en entamant la procédure de consultation prévue dans l’accord de Cotonou, y compris à l’article 96,
    - · considérer la lutte contre le terrorisme dans la Corne de l’Afrique en évitant à Djibouti le soutien d’un régime non-démocratique et la confusion entre personnalité au pouvoir et fonction présidentielle,
    - · réorienter la politique française en Afrique dans le sens d’un soutien accru à la démocratie, en limitant l’influence de la politique de défense et sécurité et de ses acteurs, en particulier au Tchad et à Djibouti.

    7 avril 2016 par Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politique en Afrique

    14 signataires :

    Union pour le Salut national (USN), Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD), Alliance Nationale pour le Changement Ile-de-France (ANC-IDF, Togo), Fédération des Congolais de la Diaspora (FCD, Congo Brazzaville), Forces vives tchadiennes en exil, Rassemblement National Républicain (RNR, Tchad), Union des Populations du Cameroun (UPC), Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise (CODE, Bruxelles et Paris), Conseil National pour la Résistance - Mouvement Umnyobiste (CNR-MUN/Cameroun), Mouvement pour la Restauration Démocratique en Guinée Equatoriale (MRD), Amicale Panafricaine, Afriques en lutte, Parti de Gauche, Europe Ecologie les Verts (EELV).

    http://www.afriquesenlutte.org/djibouti/article/djibouti-terreur-electorale

  • Maroc Arrestation d’une délégation internationale de juristes en soutien aux prisonniers de Gdeim Izik (Essf)

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    Une délégation envoyée par le collectif international de juristes en soutien aux prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik a été arrêtée mercredi 6 avril à Rabat.

    A 18 heures (heure locale), Me Ingrid Metton, avocate française, Eric David, professeur de droit international belge, Jesus Maria Martin Morillo, magistrat espagnol ainsi que Me Maria Nieves Cubas Armas, Me Juan Carlos Gomez Justo et Me Altamira Guelbenzu Gonzalo, tous trois avocats espagnols, ont été arrêtés par la police marocaine à leur hôtel. Ils effectuaient une mission au Maroc afin d’apporter leur soutien aux prisonniers de Gdeim Izik qui ont observé une grève de la faim pendant 36 jours pour protester contre leur torture et leur détention arbitraire.

    Cette arrestation intervient la veille de la conférence de presse organisée par la délégation pour dénoncer l’injustice subie par les détenus sahraouis.

    « Nous venons d’apprendre que leur expulsion est en cours », a déclaré Hélène Legeay, responsable des programmes Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT. « Les atteintes à la liberté d’expression sont de plus en plus massives dans le royaume. Le sort réservés aux opposants Marocains est encore bien pire que celui subi par les visiteurs étrangers qui leur témoignent un soutien. »

    « Le collectif international de juristes appelle les chancelleries française, belge, espagnole et l’Union européenne à dénoncer publiquement cette arrestation arbitraire uniquement motivée par le soutien apporté par la délégation à des prisonniers politiques », affirme Me Joseph Breham, membre du collectif qui devait rejoindre la délégation ce soir.

    Communiqué de presse

    , par ACAT France

    Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT)

    http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37627

  • Nouveautés sur Association France Palestine Solidarité

  • Tunisie : Mauvais traitements généralisés en vertu de la loi contre la drogue (Afriques en lutte)

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    Un nouveau projet de loi sur les stupéfiants réduirait les peines pour usage de drogues sans toutefois répondre à toutes les préoccupations en matière de droits humains suscitées par la loi actuelle, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Les autorités tunisiennes devraient réviser la loi afin d’éliminer toutes les peines de prison pour usage ou possession de drogues dans un but récréatif.

    Le rapport de 33 pages, intitulé : « ‘All This for a Joint’ : Tunisia’s Repressive Drug Law and a Roadmap for Its Reform » (« "Tout ça pour un joint” : La loi répressive sur la drogue en Tunisie et comment la réformer »), documente les violations des droits humains ainsi que les lourdes conséquences sur le plan social résultant de l’actuelle loi draconienne sur les stupéfiants, en vertu de laquelle des milliers de Tunisiens sont condamnés chaque année à des peines de prison simplement pour consommation ou possession de petites quantités de cannabis pour usage personnel. Le 30 décembre 2015, le gouvernement a approuvé et transmis au Parlement un projet de révision de la loi sur les stupéfiants. Le Parlement n’a pas encore fixé de date pour le débat et le vote relatifs à ce projet de loi.

    La Tunisie dispose d’une législation sur les drogues qui est extrêmement sévère.

    Human Rights Watch a mené des entretiens avec 47 personnes qui ont purgé des peines de prison en vertu de la loi sur les stupéfiants, y compris de jeunes habitants de quartiers défavorisés de diverses villes, des étudiants, des artistes et des blogueurs. L’organisation a également interviewé des responsables de l’État et des avocats qui ont défendu des personnes poursuivies en vertu de la loi sur les stupéfiants, et examiné 20 dossiers d’affaires de drogues, y compris des rapports de police et des décisions judiciaires.

    Si vous fumez un joint en Tunisie, vous risquez d’être arrêté, battu par la police, contraint à faire un test d’urine et finalement condamné à un an de prison dans une prison surpeuplée avec des criminels endurcis comme compagnons de cellule. Si la Tunisie réussit sa réforme de la loi sur les stupéfiants, ce pays pourrait devenir un modèle pour la région. Amna Guellali, directrice du bureau de Tunis

    La loi n° 92-52 relative aux stupéfiants (« Loi 52 »), adoptée en 1992, impose une peine minimale obligatoire d’un an de prison pour toute personne reconnue coupable d’utilisation ou de possession d’une drogue illicite, y compris le cannabis. Les récidivistes risquent une peine minimale de cinq ans de prison. Même dans les cas impliquant la possession d’un seul joint, les juges n’ont pas le pouvoir d’appliquer des peines alternatives à l’incarcération telle que des travaux d’intérêt général ou d’autres peines administratives.

    En décembre 2015, 7 451 personnes ayant fait l’objet de poursuites pour des infractions liées à la drogue se trouvaient dans les prisons de Tunisie, dont 7 306 hommes et 145 femmes, selon l’Administration générale des prisons et de la réhabilitation du ministère de la Justice. Environ 70% de ces personnes – soit environ 5 200 personnes – ont été reconnues coupables d’utilisation ou de possession de cannabis, connu en Tunisie sous le nom de « zatla ». Les infractions relatives aux drogues représentaient 28 % de la population carcérale totale de l’État.

    S.T., 28 ans, a déclaré qu’il s’était senti « brisé » après avoir passé cinq mois en prison en 2014 pour usage de cannabis avant d’être gracié. Il ajoute : « Quand j’en suis sorti, les gens me regardaient comme si j’étais un criminel. Quelqu’un qui a purgé une peine de prison est toujours considéré comme un criminel. »

    Human Rights Watch a documenté la façon dont l’application de la loi sur les stupéfiants a entraîné de graves violations des droits humains. Les personnes interviewées ont mentionné des passages à tabac et un comportement insultant des policiers pendant l’arrestation et l’interrogatoire, des mauvais traitements durant les tests d’urine et des perquisitions de domiciles en l’absence de mandat judiciaire. Le faible critère de suspicion requis conformément à la loi avant que la police ne place une personne en état d’arrestation accorde à la police un pouvoir discrétionnaire de détenir les gens en garde à vue sans preuves suffisantes et puis de de les contraindre souvent dans la pratique à prendre des tests d’urine afin de voir ce que les tests vont révéler.

    Une fois déclarée coupable, une personne dont le seul « crime » est d’avoir fumé un joint se trouvera enfermée dans de très mauvaises conditions, avec des criminels endurcis dans une cellule tellement bondée que les prisonniers doivent se relayer pour dormir, ou bien sur le sol, ou bien à deux sur un matelas. Après leur remise en liberté, ils doivent subir le fardeau de leur casier judiciaire tout en affrontant un marché de travail déjà assez dur.

    Le projet de loi abolit les peines de prison pour les personnes arrêtées une première et deuxième fois dans toutes les affaires de possession de drogues pour usage personnel ainsi que les condamnations obligatoires pour les récidivistes. Il accorde également aux juges le pouvoir discrétionnaire d’imposer des peines alternatives et met davantage l’accent sur les services de traitement.

    Mais le projet de loi contient des dispositions susceptibles de violer le droit à la liberté d’expression et à la vie privée. Il ajoute une nouvelle infraction de « incitation à commettre des infractions liées à la drogue. » Cette disposition, telle qu’elle est rédigée, pourrait être utilisée pour poursuivre les membres de groupes qui militent pour la dépénalisation des drogues, ainsi que les rappeurs et chanteurs dont les chansons parlent de drogues, les organisations fournissant des services visant à réduire les dommages liés à la drogue et autres personnes s’exprimant pacifiquement sur les drogues.

    En outre, en maintenant l’option des peines de prison pouvant aller jusqu’à un an pour l’usage et la possession répétés de drogues illicites, le projet de loi ne tient pas compte des appels des experts internationaux en matière de droits humains et de santé qui exhortent les États à éliminer les peines privatives de liberté pour usage ou possession de drogues. Les gouvernements ont un intérêt légitime à la prévention des dommages sociétaux causés par les drogues. Cependant, criminaliser l’usage récréatif des drogues interfère avec le droit des personnes à la vie privée.

    « Le nouveau projet de loi reconnaît tacitement les lourdes conséquences sur le plan social que la loi actuelle fait subir aux Tunisiens », a conclu Amna Guellali. « Le Parlement devrait aller au bout de la logique en éliminant toutes les peines de prison pour usage personnel de drogue ou possession de drogues pour usage personnel. » 3 avril 2016 Human Rights Watch

    http://www.afriquesenlutte.org/tunisie/article/tunisie-mauvais-traitements

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